[CHRONIQUE] La gauche totalitaire aime la guillotine

Plus de 17.000 personnes ont été guillotinées, durant la Terreur : hommes, femmes, jeunes gens, vieillards.
© Paris Musées CC0
© Paris Musées CC0

Lors de la manifestation du 18 septembre, des manifestants ont exhibé une guillotine factice au son des tambours et entourée de danseurs frénétiques, voulant sans doute donner à l’engin une allure festive. Sur l’instrument du supplice étaient inscrites des phrases telles : « Bolloré, Arnault, Stérin : couic » ou encore « Si t’es écolo, plante un facho ». Rien qui prête à rire. Imaginez le tollé si les noms d’Ernotte ou de Mélenchon avaient figuré sur cette guillotine !

La Révolution française, matrice de tous les totalitarismes

Rappelons que plus de 17.000 personnes ont été guillotinées, durant la Terreur : hommes, femmes, jeunes gens, vieillards. Paris sentait le sang humain ! La mort fut transformée en spectacle, ce qui est particulièrement révoltant. Soulignons que la pantomime de la guillotine promenée de façon festive durant la manifestation du 18 septembre relève du même esprit. La réalité est que la « glorieuse » Révolution française a légitimé la violence comme moyen d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir. En cela, elle est bien la mère et la matrice de tous les totalitarismes qui ont ensanglanté l’époque contemporaine. Lénine en faisait son modèle, Mussolini l’invoquait pour légitimer l’usage de la violence. Près de 500.000 Français furent victimes de la fureur républicaine, dont plus de 200.000 en Vendée militaire - hommes, femmes et enfants. LFI se réclame de ce sinistre précédent et Mélenchon a des trémolos dans la voix quand il évoque Robespierre, parfait exemple du psychopathe sanguinaire qui fera de nombreux émules, de Lénine à Hitler en passant par Staline, Mao ou Pol Pot.

La Révolution française a inventé le totalitarisme moderne avec son cortège d’horreurs, et elle n’a tenu aucune de ses promesses : ni la liberté, ni l’égalité, ni la fraternité, mais la tyrannie, l’inégalité et la haine. La guerre de 1914-1918, cette horreur inutile, a vomi de ses entrailles les deux totalitarismes qui ont empoisonné le XXe siècle : le marxisme-léninisme et le national-socialisme. Ces deux-là se sont voué une haine féroce, mais c’était une querelle de famille, donc d’autant plus inexpiable. Tous deux ont affirmé le primat absolu d’un État, confondu avec un parti, sur les personnes. L’un brandissait un drapeau rouge frappé d’une faucille et d’un marteau, l’autre un drapeau rouge frappé d’une croix gammée, et ces deux étendards avaient évincé le vieux drapeau national. L’un proclamait la supériorité d’une classe sur les autres et en justifiait sa dictature, l’autre la supériorité d’une race sur les autres et en justifiait sa dictature.

La coercition étatique

Michel Onfray appelle à résister au « fascisme de gauche », c'est-à-dire, pour être peut-être plus exact, au totalitarisme de gauche. Or, celui-ci lui est intrinsèque car, fondamentalement, la gauche vise à détruire la liberté et l’autonomie des personnes par une coercition étatique qui prétend contraindre l’homme à devenir un homme nouveau, façonné à l’aune de l’idéologie. Quand Mussolini, cet ancien socialiste, dit « Tout par l’État, tout pour l’État, rien hors de l’État », il exprime l’essence du totalitarisme et manifeste, en fait, que le fascisme qu’il a créé est une forme d’idéologie de gauche. Parler de « fascisme de gauche » est, en quelque sorte, une tautologie si l’on entend, par fascisme, totalitarisme.

Au demeurant, le « progressisme » s’inscrit aussi dans une logique totalitaire, puisque lui aussi, par la contrainte réglementaire, légale et idéologique, entend accoucher d’un homme nouveau, idéologiquement pur, c'est-à-dire coupé de la réalité charnelle, et dont il faut régler tous les aspects de l’existence. L’Union européenne pousse jusqu’à la caricature cette volonté de façonner un homme nouveau par l’accumulation des normes qui l’enserrent et l’étouffent.

La gauche se crispe

La radicalité toujours plus marquée de la gauche, que chacun constate, s’explique par ce que celle-ci qui, depuis 1789, prétendait à un magistère moral et à la conduite du peuple, à force de mépriser celui-ci et de méconnaître ses préoccupations réelles, s’est coupée de lui. Elle sent bien qu’elle est en train de perdre le combat des idées, car celles-ci servent à expliquer le réel, non à le nier. « Les faits sont têtus »,  proclamait Lénine, pourtant le pire des idéologues.

Sentant que son emprise sur les esprits et les cœurs lui échappe, la gauche se crispe, s’affole et menace de plus en plus la liberté d’expression. Il lui est intolérable qu’une pensée qui n’est pas la sienne puisse s’exprimer. Se dévoile alors son totalitarisme intrinsèque et elle envisage de plus en plus ouvertement la violence comme moyen de conserver ou de prendre le pouvoir. C’est toujours ainsi que « les minorités agissantes » ont procédé. Face à ce totalitarisme assumé par une minorité de plus en plus virulente, « la France des honnêtes gens » fait piètre figure. Pour reprendre une terminologie gaullienne, c’est une « France combattante » qu’il nous faut pour gagner la seule querelle qui vaille : celle de la dignité de l’homme.

Picture of Stéphane Buffetaut
Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

80 commentaires

  1. Aujourd’hui, c’est l’extrême droite qui est favorable à un retour de la peine de mort.
    Merci pour votre courage, M. Badinter.
    Les Pays où elle est pratiquée sont majoritairement des dictatures ou des démocratures.

    • Vous posez une vraie question: le statut de la peine de mort. Débat difficile. Je suis contre l’avortement (même si je ne veux me substituer à la décision des femmes…), et pour la peine de mort pour les crimes les plus graves. Prendre ses responsabilités pour défendre la société peut amener à des décisions dures. Pénibles. C’est une prise de responsabilité. Par contre prétendre voir là l’indice d’une dictature est non fondé. D’autant qu’une majorité de citoyens semble pour. Je dis bien, pour des crimes extrêmes. Mais si j’admets votre position de principe, je rejette vos conclusions.

      • @Gayant, je suis comme vous contre l’avortement et je suis une femme, je ne supporte pas l’idée que l’on tue des fœtus et qu’on se serve de ce droit qu’est l’avortement pour en faire un moyen de contraception
        Ce que je souhaite aussi ce serait que les peines telles qu’elles devraient être accomplies, à savoir VRAIE perpétuité, pas de possibilité de sortir, les peines de 30 ans et ainsi de suite vraiment effectués et que on mette de vraies peines pour des crimes comme le viol, le meurtre, quand on voit les peines prononcées alors que la victime ou les familles, elles prennent vraiment cher , le traumatisme est à vie, pour un proche assassiné, l’horreur pour les familles
        Badinter, a supprimé la peine de mort mais pour les innocents, par pour les coupables, a fait ce que la justice est aujourd’hui, où le coupable est la victime, inversion des valeurs, peines non effectuées en totalité, jeu des remises de peine, et aussi le « confort » des détenus
        Et que ce personnage entre au Panthéon prochainement me donne la nausée
        Et pour finir ce sont bien des gauchistes qui ont brandit la guillotine dernièrement ….

      • Je conçois que l’on puisse être contre le droit à l’IVG mais il faut reconnaître que celui-ci a été acquis de haute lutte grâce à l’engagement de femmes qui ont souhaité faire évoluer la société. Clandestin ou pas, l’avortement aurait toujours lieu : trop de femmes sont mortes dans des conditions sanitaires déplorables lors d’avortements clandestins.
        Ce n’est pas qu’un problème idéologique mais aussi une question sanitaire.
        Faire entrer le droit à l’avortement dans la Constitution a été une bonne chose. On ne sait jamais qui peut arriver au pouvoir.
        On voit bien ce qui se passe dans certains pays européens.

    • Notons qu’à la suite de la suppression de la peine de mort, M. Badinter a initié une politique pénale ostensiblement favorable aux délinquants, voire aux criminels. Une politique que l’on qualifie désormais couramment de « laxiste » avec beaucoup de modération.
      Si, au lieu de cela, Maître Badinter avait initié une cohérente jurisprudence de substitution à la peine de mort, comme l’aurait fait tout véritable professionnel blanchi sous le harnais, les restes de la France ne seraient sans doute pas ce qu’il sont.

    • Badinter avait sur les mains le sang de nombreuses victimes de tueurs récidivistes qui n’aurait pas recommencer à tuer s’ils avaient étés éliminés. De nos jours les seules peines de mort qui sont effectives sont celles des victimes de ces monstres et la peine de perpétuité se voit attribué au chagrin éternel des parents et des proches.

      • Pour répondre au camarade Kielowski ,je dirais que l’IVG était un pis aller mais pas une fin en soi ni ne devrait être une contraception bis.
        Ce qui ne devrait pas en faire un élément de la constitution .
        On est capable de faire rentrer l’avortement dans la constitution mais il serait impossible pour notre constitution de permettre d’organiser un réferendum sur l’immigration voulu, pourtant ,par 70 pour cent des français .

      • @Hadrien, bien des meurtres ou viols auraient pu être évités si Badinter n’avait pas supprimé la peine de mort et faire que les peines à perpétuité ne soient plus réelles et nous savons que des criminels qui ne devraient plus être de ce monde , sont libérés et recommencent !!!
        Les criminels lui disent merci, nous par contre…..
        Les familles elles prennent perpet ça c’est sur
        Hier sur à face à l’info, la maman de Philippine, je fus en larme pendant une demi heure, cette femme courageuse et digne, qui elle dit qu’elle ne pardonnera pas alors quelle le dit, elle est profondément catholique et je la comprends
        Le témoignage était poignant vraiment, tous sur le plateau étaient émus et au bord des larmes

        @bm, bah oui comme d’hab il ne veut pas comprendre, que l’IVG n’avait rien à faire dans la constitution, c’était encore une mesure démagogique pris par les gauchistes
        L’IVG est devenu un droit de tuer des fœtus innocents , alors qu’il y a des moyens de contraception, certains cèdent à la facilité, ne voulant pas s’imposer la prise de pilule, on est enceinte alors hop avortement, en plus ça coute super cher à la sécu !!!
        Cela devrait être pour des cas spécifiques, incestes, viols, fœtus malformé, mise en danger de la vie de la maman et c’est tout !!!

    • Non! Monsieur Badinter n’a pas été courageux . Il a juste respecté le projet de programme commun de 1981 . L’abolition de la peine de mort a initié le début du laxisme, des peines de prisons non effectuées et des multirécidivistes et aussi les mesures non voulues par le peuple mais par les juges et les élites .
      La peine de mort était le mètre étalon de la justice de l’époque .
      Cette peine de mort n’était rarement effectuée mais elle mettait la barre haute et en faveur de la victime contre le coupable . Et cela ne plaisait pas à une gauche qui privilégie la responsabilité de la société qui serait responsable du parcours meurtrier ou délinquant d’un individu coupable .

  2. La Gauche glorifie la révolution française , mais se garde bien de la présenter aux écoliers français sous son vrai visage , comme le fait avec justesse Monsieur Buffetaut . Il ne faudrait pas trahir l’omerta historique .

  3. J’ai toujours pensé et soutenu que la Révolution fut le pire moment de notre histoire dans sa barbarie sanguinaire !
    ce qui est amusant c’est qu’ils se prennent pour la conscience du monde

  4. Le symbole n’est pas gratuit, guillotine dressée en place de Grèves. A la première exécution? en avril 1792, d’un simple voleur, la foule, accoutumée depuis fort longtemps, à des supplices plus raffinés, se montra déçue de la rapidité du procédé. La Terreur dura un an et un mois entre juin 1793 et juillet 1794. Robespierre y voyait l’incarnation de la justice. Maximilien Robespierre fut guillotiné avec 21 de ses partisans en juillet 1794. Les chefs révolutionnaires, craintifs pour leur personne, se sont retournés contre lui, en l’exécutant. Ceci laisserait à réfléchir à ces actuels artisans de la guillotine…

  5. La gauche a toujours aimé l’odeur du sang, on l’a vu pendant la révolution, n’empêche que même Robespierre y passa !!!
    Là on voit leur haine, à vouloir occire des opposants, ces gens sont dangereux

    • Comme Trump aux États-Unis qui veut réécrire l’Histoire de son Pays en supprimant toutes les oeuvres critiquant l’esclavage.
      Les deux extrêmes se ressemblent beaucoup, finalement.

      • Tous les noirs américains ne sont pas des gauchos décervelés ni des démocrates hors sol .
        Je n’y crois pas à cette info . C’est une Fake news qui n’est pas l’apanage des patriotes.

      • Vous êtes citoyen américain Kieslowski.1974 ? Non alors de quel droit vous permettez-vous d’insulter le président des états unis d’Amérique, élu démocratiquement ?

  6. L’auteur est « Badinteriste »?
    Ce n’est parce qu’une poignée de décérébrés brandissent une guillotine pour leurs petits intérêts personnels qu’il faut la vouer aux gémonies.
    Sans « la « glorieuse » Révolution française » (sic) vous et tant d’autres en seriez encore à payer la gabelle, mener vos porcs à la glandée, payer pour utiliser le moulin du seigneur et curer les fossés des châteaux des aristos!
    Vous faites le rapprochement Mélanchon/Robespierre de mauvaise foi : Robespierre était nationaliste contrairement à l’autre. Utilisez ce fait pour le combattre au lieu de nous la jouer « humaniste ».

    La guillotine fut une avancée de la Révolution : elle permettait au bourreau de ne pas manquer son coup.
    Bien sûr, seuls les droits communs convaincus de meurtre doivent la subir mais est ce pire que les perpétuités qui n’en sont pas et les récidives qui en résultent parfois?
    L’humanisme Badinterien a ses limites. A mon sens, il a largement été franchi au bénéfice des criminels.

      • les principaux accusés de fascisme et d’extrême droite ne se reconnaissent par dans ces accusations gratuites qui devraient être punies par la loi .Hors les vrais fascistes tel qu’il ont existé en Italie avec Mussolini ou les nazis d’Hitler se revendiquaient avec force ,comme tels et s’habillaient en chemises brunes ou croix gammées pour être reconnus comme SA ou fascistes.
        Aujourd’hui un raciste ou fasciste selon la gauche ,c’est quelqu’un qui refuse l’immigration de masse .
        Normal ,la gauche ne doit sa survie politique et son semblant de légitimité que par le vote des immigrés en leur faveur au détriment de l’avenir de la France .
        Ce qui pousse la gauche vers les extrêmités pour capter cet électorat .
        Y compris la gauche socialiste .

  7. J’ai été scandalisée par cette guillotine. Mais quels gens indignes et qui ont bien montré leur dangerosité. Leur rappeler que tous les adeptes de cet horrible chose, ont terminé sous son couperet.

  8. AH, oui, ils aiment la guillotine ???? ces gauchistes n’ont aucune pudeur ! que l’on rétablisse la peine de mort au lieu d’engorger nos prisons avec des individus particulièrement dangereux !!

  9. On devrait cesser de parler de Révolution « française » et plutôt dire Révolution « satanique ». Il faut appeler les choses par leur nom, même si cela choque.

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