Ce que cache le nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie voulu par Valls…
À droite de l’échiquier politique comme sur l’île, on se remet doucement du coup de bambou de l’accord de Bougival sur le statut de la Nouvelle-Calédonie. Samedi, la France a appris avec surprise que l’État français allait accoucher d’un nouvel État, l’État calédonien, assorti d’une nationalité calédonienne et d’un statut vis-à-vis de la communauté internationale auprès de qui le nouvel État associé à la France pourra envoyer des ambassadeurs ! Le projet sera soumis à un… nouveau référendum en février 2026. Astuce bienvenue ou lâchage en vue ? Sur place, les réactions sont prudentes ou critiques.
On connaît la combine. Pour les progressistes, la gauche et les européistes, tout vote opposé à leur vœu est provisoire, mais tout scrutin dans le sens voulu est définitif. Pile, je gagne et face, tu perds ! Ce moteur modérément démocratique a permis d’accoucher du traité de Lisbonne sous Sarkozy après que les Français ont refusé par référendum la Constitution européenne. Même limonade en Nouvelle-Calédonie.
Le territoire d’outre-mer a tout de même fait l’objet de trois référendums sur l’indépendance depuis 2018, avec des résultats très nets : 56,7 % des voix contre l’indépendance le 4 novembre 2018, 53,3 % contre le 4 octobre 2020 et 96,5 % le 12 décembre 2021, sur fond de boycott des partis indépendantistes.
« Un sas de sortie vers l’indépendance »
L’accord de Bougival du 12 juillet 2025 prévoit à nouveau une consultation populaire sur le statut institutionnel de la Nouvelle-Calédonie tout neuf concocté par le ministre des Outre-mer, un certain Manuel Valls… Difficile de ne pas voir dans ce statut et les termes de cet accord un toboggan vers l’indépendance. « Il y a une forme de précédent, analyse le constitutionnaliste Frédéric Rouvillois, auteur de nombreux livres, interrogé par BV. En 1958, c’est à peu près la situation des éléments de l’Empire français en passe d’être décolonisés : ils prendront leur indépendance deux ans plus tard. »
Le communiqué du gouvernement le dit, du reste, presque clairement : « Il s’agit d’une nouvelle étape sur la voie de la décolonisation et de l’émancipation de la Nouvelle-Calédonie, dans le respect des principes démocratiques et de l’État de droit. » Le chemin est tracé, mais la barrière de l’indépendance n’est pas tout à fait franchie ! Il faudra que les habitants ratifient l’accord… Étrange, cet État dans l’État, rappelle Frédéric Rouvillois, car « l’État est un ensemble souverain et la souveraineté ne se partage pas ». Le constitutionnaliste est sévère, sur ce dangereux montage : « Ce qu’on nous propose est une sorte de système fédéral, la France devenant une sorte de fédération. »
Valls met en place, selon Rouvillois, « une sorte de sas de sortie vers l’indépendance ». De quoi inquiéter les loyalistes qui savent bien que la Nouvelle-Calédonie passera, en réalité, d’une dépendance à une autre, de la France à la Chine, l’Australie ou les puissances locales qui regardent notre terre avec les yeux de Chimène. « On ouvre la porte », résume Rouvillois.
« On aura l’air malin, quand la Chine reconnaîtra l’État calédonien ! »
L’accord calédonien n’a pas, non plus, les faveurs du RN, qui n’a obtenu que 4,57 % des suffrages au premier tour des législatives de 2024, en dépit des efforts de Marine Le Pen. « Si, à brève échéance, cet accord conjure sans doute le risque du pire, il n’en demeure pas moins profondément ambigu, comme l’était en son temps l’accord de Nouméa », estime-t-elle, dans un communiqué. La patronne du groupe RN à l’Assemblée résume l’enjeu : « L’accord de Bougival s’apparente, en réalité, à la gestion de la dette publique par Emmanuel Macron : il achète du temps à crédit en en reportant le coût sur les années à venir. » Toujours au RN, le député européen André Rougé, délégué national du RN à l’outre-mer, estime anormal que le pouvoir se soit dispensé de l’avis des grands partis politiques français : « C’est comme si on invitait les conseils généraux de Brest ou de l’Allier pour décider de l’indépendance de la Bretagne ou du Bourbonnais », lance-t-il. Pour lui, « cet accord est là pour flatter l’ego de Manuel Valls », le ministre des Outre-mer.
La France a-t-elle vraiment pris la mesure de l’importance stratégique de cette présence dans le Pacifique sud aux enjeux majeurs, de cette ressource en nickel (20 % à 30 % des réserves mondiales !), de la richesse des eaux territoriales. « On aura l’air malin, quand la Russie, la Chine et l’Azerbaïdjan reconnaîtront l'État calédonien ! », lance André Rougé. De son côté, la députée européenne Sarah Knafo dessine un avenir de prospérité au territoire dans la France.
En attendant, les Calédoniens indépendantistes considèrent qu’ils ont emporté une victoire. Le précédent calédonien risque en effet de faire tache d’huile, en Corse et dans l’ensemble de l’outre-mer… Attention aux répliques. La macronie aura décidément beaucoup saccagé.
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88 commentaires
Bref on les autorise couper les liens politiques avec la Frane tout en gardant les liens financiers. Ils feront ce qu’ils veulent chez eux et on continuera à casquer…. Elle est pas belle la vie !
Il aurait été plus intelligent de larguer les amarres pour solde de tout compte sans compensation.
Ceux qui président aux destinées de la France prouvent une fois de plus soit leur incompétence soit leur trahison envers leur peuple. Je préfèrerai croire en la première option, même si dans les faits cela ne change rien au résultat, mais au moins pourrait les excuser. Une chose cependant est certaine, c’est que notre système électoral ne nous permet plus d’être dirigé par des élites attachées à l’intérêt de leur nation. Le système « républicain » vient de montrer ses limites. Il serait plus que temps d’en changer.
L’année dernière Lzcron se débrouille pour que la nouvelle cakedonie d’embrase ( coût des émeutes : 2 milliard) pouvez vous nous expliquer la différence entre cet accord et les souhaits de 2024. J ai l impression que la France a (comme d’habitude) perdu plus en 2025 que ce que demandé les indépendantistes en 2023.
Ce que cache le nouveau statut de la Nouvelle Calédonie, c’est que notre présidence française est en train d’échanger petit-à-petit une terre riche de nickel dont le cœur en majorité français contre Mayotte, qui n’est qu’une porte d’entrée en France pour tous les candidats migrants de l’Océan Indien !!!
La Nouvelle Calédonie indépendante , ça arrivera , QUID des eaux territoriales ? Du coup la France va perdre une très grande partie de son espace maritime ….
Le nickel a exploiter coute une blinde, le nickel indonésien est moins cher.
Valls est binational cela pose un problème de loyauté.
Les fonctions électives et fonctionnariat devrait être interdites aux binationaux
Macron et ses sbires suivent avec LFI leurs idéologie anti colonialiste pourtant les calédoniens par deux fois pour rester au sein de la république françaiseont vot
trois fois !
Ca ouvre grand les portes de l’indépendance , qui une fois obtenue vivra aux crochets de son colonialiste , l’algérie est un exemple .
Saccage ?
C’est peu dire.
Et la Corse ?
2 réflexions sur le sujet:
1/ Une fois de plus on va consulter le peuple de Nouvelle Calédonie, ce qui est bien. Mais qu’en est-il de l’avis des autres Français. On recommence comme à Mayotte.
2/ Quand va-t-on arrêter d’accepter des binationaux au gouvernement . Vals est Français ou Espagnol selon ses propres circonstances. On a connu la même chose avec Belkacem qui en plus entre maintenant à la cour des comptes.
Enfin, une fois de plus Marc Baudriller nous délivre une excellente synthèse.
Accepter des binationaux au gouvernement, mais bien sur… Un exemple est Madame Belcassem nommée à la cour des comptes !
nommée à la Cour des comptes, cela ne risque pas de déplaire à Mr Hollande… N’est-ce pas ?
Attendons la suite…
Est ce que la partition a été prévue ? Sud aux partisans de la France, Nord aux canaques..
C’est ce qui va arriver forcement une fois les illusions dissipées.
Indivisible ?
La France est une et indivisible, il est vrai que Valls sont pays c’est la catalogne comme il le dit
les indépendantistes ont gagné en boycottant le dernier référendum, c’est comme ça chez nous, on ne vote pas et on gagne, Valls a t-il mrntionné que s’ils deviennent indépendant, on arrête de les financer, ils verront si avec les chinois se sera la fête tous les jours.
Après Alstom, nos rafale des forces armées, la nouvelle Calédonie… le Mozart de la finance croit qu’il va encore pouvoir dépenser plus en vendant notre patrimoine … sauf que quand tout est vendu … tu te retrouve à poil!!!
L’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui ont commis le génocide des Maoris ou des Aborigènes au même titre que la France celui des Kanaks, sont indépendantes, non (juste rattachées par le fil mémoriel du Commonwealth). La décolonisation de la Nouvelle Calédonie est inscrite dans l’histoire, un jour, ou l’autre. Idem – je l’espère – pour la Guyane qui gagnerait à se rapprocher du Surinam plutôt que la mère-patrie (sic), de même que la Guadeloupe et de la Martinique qui ont leur place à terme dans une Fédération caraïbe. Reste à savoir si nous aurons l’intelligence de partir en maintenant des liens culturels, politiques, économiques… qui ne cacheraient pas une nouvelle forme de colonialisme ! Si l’on met à part la Russie, la France est le dernier Etat à posséder encore autant de colonies. Ah ! j’oubliais Mayotte : qui en veut ?
contrairement à ce que vous affirmez, les kanaks n’ont pas subi de génocide en NC. Ce qui est vrai en Australie , ne l’est pas en NC. Quant à l’organisation de l’Australie c’est un état fédéral (comparable aux USA), et tout comme la NZ, elle fait partie du commonwealth qui relie des nations aussi disparates que les Anglais, les Canadiens, les Tongiens….) Bref, rien n’est comparable….
Il n’y a plus de Maoris, ni d’Aborigènes, ni de Kanaks ? Vous dîtes n’importe quoi. Le mot Génocide a perdu tout sens commun , chez vous. Au passage, si un territoire doit revenir à ses premiers occupants, à qui revient la France ? Il faut remonter avant Néandertal, je précise. Bon courage. Les Australiens sont chez eux avec les Aborigènes. Idem pour les Néo-zélandais et les Maoris. Idem pour les Caldoches et les Kanaks. Bref. Je suis arrivé le Premier, c’est à moi…c’est pitoyable comme raisonnement.