Audio - Editoriaux - Entretiens - Société - Sport - 12 février 2019

Aude Mirkovic : “Il n’y a rien de drôle à inciter un mineur à aller sur un site pornographique !”

La ligue professionnelle du rugby vient de stopper net le projet de sponsoring d’un club local par un site pornographique. Une très bonne nouvelle pour Aude Mirkovic, qui est interrogée au micro de Boulevard Voltaire.

Un club de rugby avait annoncé un possible sponsoring de la part d’un site pornographique très connu. Pourquoi cette initiative vous avait-elle choquée ?

On connaît les méfaits des vidéos pornographiques sur les mineurs. On sait qu’ils sont une cible, parce qu’ils peuvent être subjugués et dépendants de ces images extrêmement violentes qui faussent leur relation aux autres. Les professionnels de santé alertent sur ce point. Même le gouvernement, en la personne de Marlène Schiappa, a annoncé vouloir prendre des mesures pour protéger les mineurs de la pornographie.
Dans ce contexte, un club de rugby, qui par ailleurs promeut de belles valeurs avec son côté familial et festif, annonce vouloir se faire financer par un site pornographique ! Les jeunes qui vont au match recevraient un message les incitant, en rentrant chez eux, à se connecter sur un site porno ? Je pense que cela se passe de commentaires.

Si on était atrocement libertaire, on pourrait vous rétorquer que le rugby, c’est aussi l’esprit paillard. Ne peut-on pas tout simplement considérer ce partenariat sous l’angle de l’humour ?

Je crois qu’il y a quand même une toute petite différence entre l’esprit paillard et le porno… Il y a une différence entre chanter un chant un peu osé à la troisième mi-temps et encourager le public à aller se connecter à des sites de vidéos pornographiques. Beaucoup ont voulu prendre ce sponsoring à la légère, mais je ne vois pas ce qu’il y a de drôle à ce qu’un jeune soit incité, en allant au match, à découvrir un site pornographique. On n’est plus dans l’humour.
De plus, la loi interdit de mettre à portée des mineurs des messages à caractère pornographique. Le fait qu’il n’y ait aucune image à caractère pornographique sur le maillot des joueurs ne préserve pas les jeunes. Le but de ce sponsor est tout de même bien que les gens aillent ensuite sur le site. Sinon, le site en question ne financerait pas l’équipe.

La Ligue professionnelle de rugby s’est opposée à cette initiative. Il y a donc encore quelques valeurs qui tiennent…

En effet, c’est une très bonne nouvelle. Et il y a beaucoup de valeurs qui tiennent très bien, même si elles sont très attaquées. Malheureusement, nous négligeons souvent de les défendre. Elles méritent pourtant d’être défendues. C’est ce que vient de faire la Ligue de rugby et nous saluons cette décision.
C’est ce que nous espérions. Nous n’avions, d’ailleurs, pas saisi la Justice. Nous avions d’abord écrit au club et aux responsables nationaux du rugby pour, justement, attirer leur attention sur les méfaits de cette pseudo-blague. Conformément à nos attentes, ce partenariat n’aura pas lieu. Nous nous en réjouissons, évidemment. Il y a de l’avenir et pour les valeurs et pour le rugby !

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