Gouvernement : au secours, la gauche revient ! Ou, du moins, elle en rêve…

Puisque Sébastien Lecornu doit mener « d'ultimes négociations », ces jours-ci, LFI et consorts espèrent en être.
Capture d’écran © Youtube Jean-Luc Mélenchon
Capture d’écran © Youtube Jean-Luc Mélenchon

La solution aux problèmes politiques d’Emmanuel Macron se situe-t-elle à gauche toute ? Ce serait, à entendre la gauche elle-même, la seule solution pour sortir de la crise. Car le grand malheur de la France viendrait — toujours selon la gauche — de ce qu’Emmanuel Macron a refusé « de prendre en compte les résultats des élections législatives [de 2024] », pour reprendre les mots d’un communiqué d'Europe Écologie Les Verts. Comprenez : ces élections que nous, la gauche, avons remportée haut la main. D’où sa « légitimité » à frapper à la porte de Matignon. L'éphémère candidate LFI au poste de Premier ministre Lucie Castets n’est pas en reste : il n'est pas trop tard « pour respecter les résultats de 2024 »… Pas un parti qui ne réclame son gouvernement : « Pour en sortir, qu’il [Macron] nomme enfin la gauche », réclame Fabien Roussel (PCF). Même son de cloche, du côté des socialistes.

Appels du pied

« Notre camp politique doit être à la hauteur de l’Histoire et des difficultés que rencontre notre pays, écrit, l’air grave, Marine Tondelier (EELV). Pour la France, pour les Françaises et pour les Français, nous y prendront [sic] toute notre part. » Cela ressemble à s’y méprendre à une lettre de motivation adressée au président de la République : disponible de suite, appelle-moi. Il est vrai qu’elle l’est, disponible, Marine Tondelier ; trois fois battue face à Marine Le Pen aux législatives à Hénin-Beaumont.

Ce n’est apparemment pas la ligne France insoumise. « Emmanuel Macron doit démissionner ou partir suite à un vote des assemblées », a tweeté Mélenchon. Démission, voire destitution. « Plus que jamais, nous réclamons la destitution de Macron. Ne les laissons pas décider à notre place », clame LFI. Mais peut-être n’est-ce qu’une discrète adresse faite à Macron : nomme un Premier ministre LFI ou nous demandons ta tête. Une manière virile et menaçante de faire de la politique bien dans les façons de la gauche radicale. Lecornu, démissionnaire mais de retour, consulte de nouveau les forces politiques : on ne voit pas Mélenchon passer son tour.

Un nouveau NFP ?

Aux heures décisives — lorsque approchent des élections ou l'occasion d'un maroquin —, la gauche a l’art de se regrouper et de s’unir. Dernier exemple en date, le NFP. Cela fait un effet bœuf, mais trompeur. Le front républicain avec le bloc central a permis aux gauches de rafler plus de sièges que ce qu’elles représentent réellement. Le barrage républicain qui s’est mis en place pour barrer la route au RN lors de ces législatives est sans doute un élément majeur de la crise actuelle. Cela, la gauche n’est pas prête à l’entendre.

Pour l’heure, les gauchistes verraient bien « NFP II, le retour », comme l'explique Mathilde Panot : « Nous proposons une rencontre cet après-midi [lundi 6 octobre] aux organisations fondatrices de la NUPES et du NFP afin d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation. » Cela permet, et de préparer de possibles élections, et de discuter de l’hypothèse d’un Premier ministre sorti de leurs rangs.

Viabilité et imprévisibilité

Si l’on admet que la gauche puisse réussir à se mettre d’accord sur un prétendant à Matignon, et si l’on admet que ce soit la solution d’Emmanuel Macron — tous ces si ! —, faudrait-il encore que la personnalité choisie ne soit pas un épouvantail. On a vu l’effet Bruno Le Maire sur l’opinion, brutal, répulsif. Alors, quel serait celui d’une personnalité LFI aux propositions radicales, fort éloignées de celles du bloc central et encore plus d’une France RN-compatible, en matière de budget, de sécurité ? Attelage improbable, popularité zéro.

Autre aspect de la question, les chances d’un gouvernement de gauche devant l’Assemblée. À supposer que les députés LFI, socialistes, écologistes, communistes… s’allient aux députés Ensemble pour la République, MoDem, Horizons, etc., cela tient. Sur le papier. Dans les faits, les centristes dont le cœur penche à droite défendraient-ils un gouvernement d'extrême gauche ? Cela n’est pas si sûr. Cela éclaterait encore davantage le bloc central, « façon puzzle », et ça n’est sûrement pas le rêve de Macron. Mais vu l’imprévisibilité du bonhomme et la volatilité de la situation, on ne peut jurer de rien.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

57 commentaires

  1. On ne saurait avoir tout lu, tout vu, tout entendu….mais quelle est donc l’opinion de Monsieur Hollande en ce moment ? Comme on aimerait le savoir ! Peut-être attend-il que Monsieur Macron l’appelle pour secourir Jupiter ? Car secourir la France ni Monsieur Macron, ni Monsieur Hollande ne savent faire.

  2. Un vrai front républicain n’exclut personne. Les autoproclamés LFI et C° ne sont pas républicains, puisqu’ils n’acceptent pas la contradiction et se pensent plus malins que Jupiter et incitent à tout casser. Comment une 6ème république comme le prétend l’homme qui crie plus fort que tout le monde peut-elle être créée, alors qu’il ne se présente pas devant le suffrage universel et que ses acolytes sont régulièrement battus dans les départements où ils devraient être élus puisque très populeux et plutôt ouvriers? La majorité je le rappelle, et c’est du niveau de classe élémentaire, c’est 577/2= 289 arrondi puisque je ne vais pas couper un élu en 2 sauf s’il ne se met pas en 4 pour être au service de la nation. Or , pour gagner des élections, il faut bien atteindre ou dépasser 289 élus, n’en déplaise à M.FAURE. Retournez à l’école et révisez vos cours d’arithmétique, pendant ce temps-là nous aurons le temps de réfléchir sérieusement au moyen de redresser le pays et non d’écouter des propos de café du commerce. Il est vrai qu’ il faut être Faure pour mépriser la majorité qui n’a pas voté comme il faut. Pensée unique= crotte de bique comme disait mon grand-père.

  3. Au milieu du n’importe quoi politique rares sont les personnalités de bon sens (heureusement il y en a) mais très nombreux sont ceuxzécelles qui en profitent pour avancer ce qu’ils croient être leurs pions. Monsieur Roussel fait partie de ces derniers. Il s’invente tout à coup compétent ! Les autres sont incompétents, mais lui, un miraculé du PS, est bien entendu du côté de la compétence. Ridicule et gratuit.

  4. Le vote pédestre me semble le plus probant, en l’état actuel de délabrement de ce pays moribond.

    Pour ceux qui le peuvent.

  5. Évidemment, une telle nomination serait la fin des fins pour la France, macron déjà bien à gauche nous permet d’apprécier. Néanmoins, ce même macron, acculé et sans perspective autres que la démission, serait tout à fait capable, pour durer encore un peu, de donner le coup de grâce à la France.

  6. Le barrage républicain de toute la gauche et d’une partie de la fausse droite est seul responsable de cette situation , au résultat , il n’est sorti aucune majorité , le gouvernement nommé est aussitôt démis , je crains que les législatives de demain produiront le même résultat , on assistera au même cirque , la gauche qui se déchire n’est d’accord sur rien mais sait se rassembler pour battre l’adversaire , la droite idiote .

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