Assassinat de Samuel Paty : le procès en appel de quatre accusés s’ouvre à Paris

La cour d’assises spéciale réexamine les responsabilités de plusieurs mis en cause dans l’attentat du 16 octobre 2020.
Ce 4 novembre s'ouvrait le procès de l'attentat d'Eragny-sur-Oise à Paris. © Bvoltaire
Ce 4 novembre s'ouvrait le procès de l'attentat d'Eragny-sur-Oise à Paris. © Bvoltaire

Le 16 octobre, peu avant 17 heures, le corps de Samuel Paty était retrouvé, désolidarisé de sa tête, à 300 mètres du collège du Bois-d’Aulne où il enseignait.

C’est la deuxième fois que ces premiers éléments du rapport d’enquête sont lus, ce 26 janvier, devant la cour d’assises spécialement composée de Paris. Le procès en appel de quatre des mis en cause dans l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, décapité à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020 par un islamiste tchétchène, s’est ouvert ce lundi. Sont rejugés Naïm Boudaoud, Azim Epsirkhanov, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui.

Vers une requalification des chefs d’accusation ?

Les deux premiers, amis du terroriste, avaient été condamnés en première instance à seize ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat. Il leur était reproché d’avoir aidé Abdoullakh Anzorov à acheter l’arme ayant servi à tuer Samuel Paty et de l’avoir conduit devant le collège du Bois-d’Aulne.

Les deux autres avaient, eux, écopé de treize et quinze ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste. Ils avaient diffusé des vidéos hostiles au professeur à la suite des accusations mensongères de la fille de Brahim Chnina, révélant son nom et son lieu de travail, et le livrant ainsi à la haine d’une partie de la communauté musulmane et du terroriste. Tous avaient interjeté appel en décembre 2024, contestant les qualifications retenues à leur encontre.

Les enjeux du procès

Au cœur de ce nouveau procès se trouve la question de la conscience qu’avaient, ou non, les accusés de la menace terroriste pesant sur Samuel Paty. La cour devra établir s’ils connaissaient les intentions meurtrières d’Abdoullakh Anzorov ou s’ils savaient que leurs propos, leurs actes ou leurs relais pouvaient être portés à la connaissance de profils radicalisés susceptibles de passer à l’acte.

S’agissant de Brahim Chnina et d’Abdelhakim Sefrioui qui avaient qualifié le professeur de « voyou » et de « malade » et avaient lourdement appuyé sur le prétendu caractère blasphématoire de son cours, la chambre d’instruction avait estimé que l’existence d’une entente entre le père de famille et l’imam était démontrée. Elle relevait que le contenu de leurs discours traduisait une intention manifeste de s’adresser à un public déjà sensibilisé, voire radicalisé, sur la question des caricatures. Il appartiendra à la cour de déterminer si, par leurs propos et leur comportement, ils avaient conscience de l’influence qu’ils exerçaient et des conséquences potentielles de cette mobilisation.

Concernant Abdelhakim Sefrioui, l’instruction soulignait également sa proximité avec certains milieux radicalisés, marqués par l’idéologie frériste. La suppression de ses vidéos après l’attentat était analysée comme un indice de la conscience du caractère potentiellement terroriste de leurs contenus, même si l’intéressé a toujours soutenu que sa démarche visait uniquement à obtenir la suspension, voire l’exclusion, du professeur mis en cause. Son nouvel avocat, Me Francis Vuillemin, a déjà choisi d'annoncer sa ligne de défense qui n'a pas manqué de créer une vive polémique : « La décapitation de Samuel Paty est tellement horrible qu’elle écrase tout le dossier, a-t-il déclaré au micro de l'AFP, ce lundi. Il y a un tabou : nous n’avons pas le droit de dire qu’il procédait à la discrimination des élèves musulmans. Lui disait que c’était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature, mais on ne protège personne dans l’école de la République en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion ». L'avocat du prévenu s'appliquera donc à démontrer que Samuel Paty « faisait la même chose dans le précédent établissement où il était affecté, en 2016 » mais que « personne ne l’a jamais dit ».

Pour Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, amis du terroriste, l’enjeu est différent. Les deux accusés ont toujours nié avoir eu connaissance du projet mortifère d’Abdoullakh Anzorov. En matière de complicité et d’association de malfaiteurs terroriste, la cour devra apprécier s’il peut être retenu qu’ils ont sciemment participé à une entreprise criminelle. Les deux hommes risquent la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui sont passibles de 30 ans d’emprisonnement.

Vos commentaires

26 commentaires

  1. La peine de mort a changer de camp. Aujourd’hui c’est les victimes qui doivent se justifier quelle honte! Pour les personnes qui paient de leurs vie cette idéologie galopante. A quand une vrai justice pour eux!
    Hélas, même sur la justice il y aurait beaucoup de chose à dire? Parfois on ne comprend pas que pour tel personne les sanctions sont importantes et que pour d’autre pour les mêmes dire c’est le silence et même la complaisance des médias.

  2. Il faut d’abord se féliciter qu’un tel procès ait lieu dans toute l’étendue des complicités en cause et que les peines du Parquet ne soient pas insignifiantes. Mais reste l’essentiel : que dans la France de Voltaire la caricature ne soit pas en roue libre, qu’on ne puisse pas, sous peine de courir un danger de mort menaçant, rire de caricatures coraniques. C’est un recul inimaginable de la liberté de pensée. Voir un pays qui a peur, une presse ligotée, prudente, craintive est un tableau qui nous replonge dans un obscurantisme qu’on croyait aboli définitivement. Jésus, Moïse, le Bouddha peuvent être mis à mal sans danger, et le surmonter d’ailleurs, mais pas touche à Mahomet. Nous n’aurons gagné la partie que lorsque les musulmans de France pourront rire de leur prophète. Caricaturer n’est pas un acte impie mais un éclair de la raison, une foi comme une autre.

  3. Les 4 assassins doivent avoir la prison à vie car ils sont aussi coupable que l’assassin de Samuel et la jeune fille qui à dénoncer samuel par laquelle le meurtre est arrivé combien de prison pour elle 15 ans c’est le minimum.

  4. Au regard des explications de Maitre Francis Vuillemin , avocat d’ Abdelhakim Sefrioui , Samuel Paty aurait eu tort , selon lui , de prodiguer des cours en laissant entrevoir une discrimination envers les élèves de confession musulmane . A tomber sur le c.. , ce qui sous entend que d’une part il a cherché à se mettre à dos la communauté musulmane tchétchène d’où s’en serait suivi sa mise à mort , mais aussi si un professeur ne peut enseigner sous peine de se voir infliger la peine suprême en supposant offusquer ceux qui ne pensent pas comme lui. Et c’est avec ces arguments abjectes que cet avocat va plaider, il ne faut point s’étonner dès lors qu’une majorité de français ne fassent plus confiance à la justice.

  5. Autrefois ces criminels auraient eu la peine capitale . mais Badinter est passé par là !
    Pourquoi n’est-elle pas remplacée par la perpétuité ? Ce serait logique !
    Si Samuel Paty est mis au Panthéon sera-t-il placé à côté de Badinter ???

  6. Comme dans toutes ces affaires liées au terrorisme islamiste, il est difficile de trouver les Thibault et Kevin si chers à M. Darmanin. Cela confirme aussi que l’accueil des Tchétchènes et autres Afghans, Syriens, Soudanais…..au titre de l’asile est mortifèfe pour la France. Mis à part quelques cas de « formidable intégration », notamment par le sport, la majorité continue de vivre de façon clanique.

  7. Pourquoi un procès en appel, ce pauvre homme n’y a pas eu droit, lui. Ce procès est celui de la petitesse de nos « élites » incapables de faire régner l’ordre républicain dans notre pays imposant la submersion et les dérives qui en découlent. Quand on voit les circonvolutions de nos dirigeants pour simplement donner le nom de ce professeur à son collège, on comprend qu’ils ne sont pas à la hauteur pour remettre la France à flot.

  8. J’ai commencé à voir certains éléments, et failli m’étrangler à entendre un « avocat » charger S Paty, pour lui il est responsable car il aurait sali les musulmans, ben voyons
    Il appliquait je le rappelle le programme d’histoire géo et avait justement dit aux élèves de cette confession de sortir pour ne pas les choquer, il a été bien gentil justement
    Et cette menteuse qui a tout provoqué puisqu’elle n’était même pas là, c’est très grave ce qui s’est passé, il y a chasse à l’homme, son honnêteté bafouée et ne pas oublier la fin horrible qu’il a eu, et ce serait lui le responsable ?
    Non mais on va où là ?
    La sœur de S Paty devrait porter plainte contre cet « avocat »

  9. La France creolusee si chère à Mélancon ? Dans cette affaire, ce ne sont pas 49 % des prévenus qui ont des noms à consonnance étrangère mais bien 100%. Qu’en pensé Mélancon ? Et l’Etat, n’a t’il aucune responsabilité dans cette affaire barbare ?

  10. Quand je pense que mes impôts vont nourrir , blanchir , soigner ces tristes individus et qu’on manque cruellement de moyens dans les hôpitaux : merci badinter …

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