Après le meurtre de Quentin, un tour de vis contre… l’extrême droite
Le gouvernement continue de surfer sur la mort de Quentin Deranque. Après avoir profité du drame pour se retourner contre leurs anciens alliés insoumis du « barrage » républicain et se racheter une vertu, les centristes se saisissent d’une autre occasion : procéder à la dissolution express de certaines organisations gênantes.
Dès le 24 février, Emmanuel Macron avait réuni les ministres de l'Intérieur et de la Justice, ainsi que les services de renseignement, pour cibler « les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques ». Il avait alors demandé au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez de lancer des procédures de dissolution contre plusieurs groupuscules d’extrême gauche, affiliés à la Jeune Garde. Une semaine plus tard, le gouvernement est fier d’annoncer de premiers résultats avec la dissolution du « Bloc montpelliérain », un groupe… d’ultra-droite.
Le groupe d'ultra droite Bloc montpelliérain officiellement dissous par le gouvernement https://t.co/WepzdWV7xO
— franceinfo (@franceinfo) March 4, 2026
Que reprochait-on, exactement, à ce fameux « Bloc montpelliérain » ? Pas grand-chose de très concret. Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, il aurait commis des « appels à la violence, à la haine et à la discrimination ». L’organisation est par ailleurs « soupçonnée » d'avoir agressé un syndicaliste lors de la fête des fanfares, en 2024, à Montpellier, et d'avoir attaqué un bar à Alès dans le Gard lors de la féria, l'an dernier.
Sur X, le Bloc s’est défendu dans un communiqué et a dénoncé les « moyens de renseignement faramineux » déployés pour s’en prendre à la mouvance nationaliste. « Aujourd'hui, l'État s'attaque à nous, a-t-il dénoncé. En actant la dissolution de notre groupe, Emmanuel Macron et Laurent Nuñez déroulent le tapis rouge aux militants antifa, violent par essence dans les rues de Montpellier et dans l'ensemble du département de l'Hérault. […] La gravité est sans nom. »
Une répression d’État à deux vitesses
Le gouvernement ne compte d'ailleurs pas en rester là. Dans la foulée de la dissolution autoritaire du Bloc montpelliérain, Maud Bregeon a d’ores et déjà prévenu que « trois autres dissolutions de groupuscules violents d'ultra-gauche comme d'ultra-droite feront suite ». Mais un seul de ces groupes a été précisé : il s’agit de Patria Albiges, groupe « d'ultra-droite », présent à Albi (Tarn)…
Un jeune homme nationaliste vient d’être tué à coups de pied, en pleine rue, par des militants d’extrême gauche, mais la priorité de nos gouvernants semble être de s’en prendre à ce qu’ils nomment « extrême droite ». Cet acharnement contre un côté bien précis de l’échiquier politique n’est pas récent : depuis l'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée en 2017, 25 groupes de la mouvance « ultra » ont été dissous, 20 à l'ultra-droite et cinq à l'ultra-gauche. Le Syndicat des commissaires de police (SCPN) connaît bien le sujet et déplore un « déséquilibre de surveillance » au regard des violences d’ultra-gauche, et ce, au détriment de la droite en France.
👁️ Le syndicat des commissaires de police (SCPN), par la voix de son secrétaire général, affirme que l'extrême gauche est moins surveillée que l'extrême droite - alors qu'elle est plus active, plus violente et donc plus dangereuse pour l’État.
Frédéric Lauze avoue également que… pic.twitter.com/RrINFbZN55
— L'Observatoire des violences politiques (@Observatoire_VP) March 4, 2026
À ce sujet — Meurtre de Quentin : six suspects identifiés
Ce déséquilibre s’expliquerait par une « complaisance médiatique, politique et intellectuelle ». Une mansuétude d’autant plus scandaleuse que, toujours selon le SCPN, l'extrême gauche est plus active, plus violente et donc plus dangereuse pour l’État que « l’extrême droite ». Les chiffres officiels communiqués par Europol sont en effet sans appel : en 2024, sur 58 actes terroristes commis en Europe, l’organisation de coordination policière européenne n’en a recensé qu’un seul pouvant être attribué à la droite. 24 relèvent du djihadisme, 21 sont identifiés comme de « gauche et anarchistes », huit sont d’origine indéfinie et quatre sont le fait de groupes « ethno-nationalistes et séparatistes », issus essentiellement de la frange d’ultra-gauche internationaliste des indépendantistes corses.
Au-delà des attentats terroristes, il y a aussi les actions violentes. La milice de la « Jeune garde », liée de près au parti LFI, en était coutumière et c’est à ce titre qu’elle a été dissoute en juin 2025 à la demande de Bruno Retailleau. Elle a, depuis, formulé un recours devant le Conseil d’État. L’audience qui devait avoir lieu le 11 février a été reportée. Que diront les « juges » de l’institution publique ? Accepteront-ils de causer du tort à une organisation de gauche ? Rien n’est moins sûr. Fin 2023, la dissolution de l’organisation Soulèvements de la Terre, accusée d’« écoterrorisme », avait été annulée par ce même Conseil d’État…
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63 commentaires
Ce billet est à rapprocher de celui de Gabrielle Cluzel, ce jour également. Il y a évidemment un tropisme aveuglant dans l’action de ce gouvernement à l’endroit des extrêmes : mansuétude pour l’extrême gauche et sévérité pour l’extrême droite, et ce Nunez n’est pas le premier à avoir chaussé des lunettes à vision déformée. Les médias mainstream, la justice agissent de même, et tant que les écuries d’Augias n’auront pas été nettoyées, rien ne changera.
A l’évidence macron protège l’extrême gauche, rien de plus normal. Si par malheur le RN arrivait au pouvoir, l’extrême gauche lui serait bien utile afin de causer le désordre. Et il en va de même pour les banlieues. Tout ce beau monde représente une force non négligeable.
Je Rêve qu’un jour la France soit gouvernée par la vrai droite et que tous les postes clés soient « vidés » de tous ces gens de gauches qui empêchent de faire vivre le pays !! J’ai bien dit HELAS que je rêve !!!
Je constate avec amertume que BV et ses journalistes continuent de penser que notre ministre de l’intérieur est espagnol. Son patronyme est sans cesse écrit « Nuñez » en lieu et place de Nunez.
Allons nous bientôt voir dans les articles de BV Teboune et Hassan écrits en arabe ?
TeBBoune stp !
Bien d ‘accord avec vous , enlevez ce tilde ridicule !!
Un socialiste reste un socialiste : mensonge, hypocrisie, trahison, faillite depuis Mitterrand. Ceux-là n’ont pas dérogé à la règle, ni à leur idéologie. Mais la différence, c’est qu’aujourd’hui le fonctionnement de leur logiciel de propagande délétère trompe de moins en moins d’électeurs. Alors ils croient bon d’accélérer sur la supercherie. Continuez ainsi, ce n’est plus la rose rouge qui vous identifie, mais votre nez.
On dit chez NOUS. Socialiste Francilien….. tout pour moi … rien pour le voisin
comme toujours ils inversent les choses avec la complicité du gouvernement
Á propos de la surveillance des groupuscules d’extrême droite ou gauche, il faut toujours garder à l’esprit la vieille maxime des bolcheviques de la grande époque : « dès qu’une cellule comprend plus de sept membres, il y a au moins un indicateur infiltré par la police ».
Quand le gouvernement fédéral dans les années 1980 a voulu interdire le parti néonazi, l’enquête judiciaire a révélé de les trois-quart des responsables régionaux étaient des agents infiltrés par les services de sécurité.
N’oublions pas que Nunez, notre ministre de l’intérieur a commencé à prendre ses galons les plus importants sous Hollande (Préfet de Police de Marseille) avant de continuer à grimper sous Macron en tant que directeur du renseignement puis Préfet de police de Paris avant d’être nommé ministre. Dans son for intérieur, il a donc plus qu’une sensibilité socialiste avec tout ce que cela implique.
Macron – Nunez, même combat, Des Gauchos
Ah! Ces macronistes, avec leur lâcheté et leur charisme de lavabo.
Dans le macronisme rien n est bon.
C’est tellement pratique d’voir un bouc-émissaire , monsieur le bouc-commissaire .
On attend toujours de savoir exactement ce qu’est la définition de
l’extrême droite et à qui cette locution s’adresse .
Est-ce une surprise ? Non.
Lors des législatives 2024, une majorité des partisans macronistes a appelé à faire barrage au RN quitte à faire élire des candidats PCF ou LFI. On a bien compris que le gouvernement qui s’appuie sur cette minorité parlementaire poursuit la tâche. Le mal est à l’extrême droite pas à gauche.
Pourquoi s’époumoner à le répéter , c’est toujoure la faute de » l’extrême droite « .
Normal avec un ministre de l’Intérieur de gauche , immigrationniste et islamophile …
On ne peut pas attendre d’un gouvernement socialiste qu’il lutte contre l’extrême gauche.
et comme la droite est con comme un balais on est pas prêt de les virer