Allemagne : l’histoire de la Fête de la bière, perturbée par un homme poseur d’explosifs

Symbole de convivialité bavaroise, l’Oktoberfest a été brutalement interrompue par la crainte d’un drame.
Photo Magda Ehlers-Pexels
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Chaque automne, dans la capitale de la Bavière, Munich, retentissent des chants joyeux et des fanfares dans le fracas des chopes de bières qui s’entrechoquent et les odeurs appétissantes des spécialités bavaroises. L’Oktoberfest, ou fête de la bière, est ainsi devenue, au fil des décennies, un emblème mondial de la convivialité germanique, un rendez-vous festif où se mêlent traditions locales et foule internationale. Cependant, le festival allemand n’est pas à l’abri de drames et de dangers. Ce 1er octobre 2025 en a apporté la preuve : une explosion et un incendie mortel ont entraîné la suspension provisoire des festivités, rappelant que des moments d’euphorie peuvent rester vulnérables face au danger.

Une fête menacée

Le matin du 1er octobre 2025, alors que l’Oktoberfest battait son plein, Munich s’est réveillée dans un climat de sidération. Dans le quartier résidentiel de Lerchenau, au nord de la ville, une maison a pris feu avant d’être secouée par une explosion. D’après le Times, un Allemand de 57 ans aurait tué son père de 90 ans, blessé grièvement sa mère de 81 ans et sa fille de 21 ans, avant d’incendier sa maison qu’il avait préalablement piégée avec des grenades à main. L’homme aurait ensuite quitté le domicile et mis fin à ses jours dans un parc voisin.

Au cours des investigations, les autorités ont mis au jour des éléments inquiétants. Dans ses affaires, les enquêteurs ont retrouvé une lettre de menaces visant explicitement l’Oktoberfest. Cette découverte a immédiatement fait craindre que le festival, qui rassemblait alors des dizaines de milliers de visiteurs sur la Theresienwiese, puisse être la cible d’un attentat. Les autorités bavaroises, invoquant le principe de précaution, ont donc décidé de suspendre la fête et de faire évacuer les festivaliers.

Après une fouille minutieuse et en l'absence de découverte suspecte, l’alerte a finalement été levée. Vers 17 h 30, le maire de Munich, Dieter Reiter, a annoncé, sur Instagram, la réouverture de l’Oktoberfest et a tenu à rassurer les visiteurs sur le bon maintien de la sécurité jusqu'à la fin de l’événement.

Une histoire royale

L’Oktoberfest puise ses racines dans une union royale. Le 12 octobre 1810, le prince héritier Ludwig, qui deviendra plus tard le roi Louis Ier de Bavière, épouse la princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen. Pour célébrer ce mariage princier, le roi Maximilien Ier décide d’organiser une série de festivités auxquelles la population munichoise est conviée. Ces réjouissances se déroulent autour d’une prairie située alors aux portes de la ville. Peu après, une course de chevaux est organisée, le 17 octobre, dans ce champ devenu le Theresienwiese (la prairie de Thérèse), en hommage à la jeune mariée. C’est ainsi que naît, dans une atmosphère d’allégresse populaire, la première « fête d’octobre », l’Oktoberfest en allemand.

Dès l’année suivante, le modèle est reconduit et l’organisation est confiée à l’« association agricole bavaroise », qui y voit l’occasion de promouvoir l’agriculture locale. Petit à petit, aux simples courses hippiques et réjouissances populaires s’ajoutent des stands de bière, des manèges et des attractions, amorçant la transformation de la fête en grand rendez-vous populaire.

Cependant, avec les guerres, les crises et les bouleversements politiques, l’Oktoberfest connaît plusieurs interruptions, notamment pendant les deux guerres mondiales. Dans l’après-guerre, le festival renaît, assumant à la fois une forte dimension touristique dans un développement de la culture de masse mais aussi la promotion des traditions bavaroises. L’Oktoberfest devient alors la vitrine d’un patrimoine local célébré aussi bien par les Allemands que par des visiteurs venus du monde entier. Le festival, qui fermera ses portes le 5 octobre prochain, a ainsi accueilli près de 6,7 millions de visiteurs, en 2024.

L'histoire de la fête compte déjà des drames. Le 26 septembre 1980, un attentat perpétré par un extrémiste de droite, reconnu comme tel en 2020, provoqua la mort de 13 personnes et fit plus de 200 blessés. Mais la fête a su surmonter les épreuves et perdure, s’affirmant plus que jamais comme une véritable institution de la culture allemande.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Si on touche à la fête de la bière c’est le déclic qui va réveiller nos voisins qui vont enfin réagir !!

  2. Toutes les fêtes culturelles, les bons moments, nos traditions , ici ou ailleurs sont supprimées tout ça à cause de certains, ces gens qui ne tolèrent pas qu’on puisse s’amuser et vivre !!!

      • @BM je n’ai nommé « personne » volontairement sinon ça passait pas, même quand je fais de l’humour avec un appareil , certains n’ont pas d’humour bref
        Nous devinons fort bien qui peut en vouloir à nos fêtes, là pour Munich, ce n’était pas un Allemand de souche

  3. Mouais… Curieux…
    « Le 26 septembre 1980, un attentat perpétré par un extrémiste de droite, reconnu comme tel en 2020, provoqua la mort de 13 personnes et fit plus de 200 blessés. »
    Oktoberfest : il n’y a pas plus traditionnel ou alors c’est une « droite » bizarre.
    Evidences détruites, pas de preuves sur le coupable, le flou absolu mais cela arrange bien certains.
    Affaire à creuser qu’ils ne souhaitent manifestement pas creuser.

  4. a l epoque la fête durait 24 h sur 24 mais ferme maitenant la nuit a cause d un attentat a la bombe 1 980

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