À Jérusalem, J.D. Vance délaisse le Mur des Lamentations pour le Saint-Sépulcre

Le vice-président a peut-être voulu, à l’image de l’Amérique, affirmer son indépendance et ses valeurs.
Capture écran Vice President JD Vance
Capture écran Vice President JD Vance

À Jérusalem, chaque pas est un voyage à travers les âges et à la rencontre des grandes religions monothéistes. C’est dans ce décor où chaque pierre et chaque ruelle témoignent d'une histoire millénaire que le vice-président américain J.D. Vance a effectué une visite aussi symbolique que politique. Placé sous le signe de la paix et de la foi, ce déplacement a surpris par un choix singulier : celui de visiter le Saint-Sépulcre sans se rendre au Mur des Lamentations.

Un pèlerin américain

C'est le 23 octobre 2025 que J.D. Vance s’est rendu dans la vieille ville de Jérusalem, à l’occasion d’une mission diplomatique visant à soutenir la trêve fragile entre Gaza et Israël. Après avoir rencontré des responsables israéliens, notamment le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le vice-président a souhaité accomplir un acte de recueillement personnel au sein de l’un des lieux les plus saints du christianisme.

Il a ainsi assisté à une messe privée dans l’église du Saint-Sépulcre, que la tradition chrétienne identifie comme le site de la crucifixion, de la mise au tombeau et de la résurrection du Christ. Lors de sa visite, Vance s’est également recueilli devant la Pierre de l’Onction où, selon la tradition, le corps de Jésus fut préparé avant son ensevelissement.

Sur X, il a commenté cette visite avec une certaine émotion : « Quelle bénédiction extraordinaire d'avoir visité le lieu de la mort et de la résurrection du Christ ! Je suis infiniment reconnaissant aux prêtres grecs, arméniens et catholiques qui prennent soin de ce lieu sacré. Que le Prince de la Paix ait pitié de nous et bénisse nos efforts pour la paix. » Cette visite est loin d’être anodine, car elle illustre le cheminement spirituel et personnel du vice-président, converti au catholicisme et baptisé en 2019.

 

Le site de la Passion et de la Résurrection

L’église du Saint-Sépulcre, située dans le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem, est considérée comme le lieu le plus sacré du christianisme. Ce sanctuaire est également le fruit d’une longue histoire. Au début du IVe siècle, l’empereur Constantin le Grand fit construire une basilique sur les lieux identifiés par sa mère, sainte Hélène, comme ceux de la Passion du Christ. L’édifice fut consacré en 335, marquant la naissance d’un centre de pèlerinage pour les chrétiens du monde entier.

Cependant, le Saint-Sépulcre dut affronter, au fil des siècles, de nombreux incendies ainsi que les ravages des guerres et des rivalités religieuses. En 614, la basilique fut partiellement incendiée lors de l’invasion perse, marquant le premier grand drame de son histoire. Ensuite, en 638, la ville passa sous domination musulmane, mais le nouveau pouvoir respecta les grands édifices chrétiens et en permit la préservation. Cette tolérance, toutefois, ne dura pas. En effet, en 1009, le calife Al-Hakim bi-Amr Allah ordonna la destruction totale du sanctuaire, provoquant un immense émoi dans toute la chrétienté. Reconstruit dès 1048 grâce à un accord entre l’Empire byzantin et les autorités musulmanes, le Saint-Sépulcre devint néanmoins le symbole d’une foi meurtrie. Cet épisode tragique contribua à nourrir l’élan des croisades. Après la conquête de Jérusalem en 1099, les croisés entreprirent d’embellir et de réorganiser l’édifice, lui donnant en grande partie son apparence actuelle : un ensemble complexe de chapelles, de cours et de sanctuaires superposés.

Aujourd’hui, le Saint-Sépulcre est géré conjointement par trois confessions chrétiennes : catholique, grecque-orthodoxe et arménienne. Cet équilibre, régi depuis 1852 par un arrangement appelé le « Statu Quo », constitue, malgré certains différends, un rare exemple de coopération œcuménique entre plusieurs familles du christianisme.

Le Mur des Lamentations : vestige d'un peuple dispersé

À quelques pas de là, le Mur des Lamentations, ou Kotel, se dresse dans le quartier juif. Il constitue le dernier vestige du Second Temple de Jérusalem, édifié par le roi Hérode le Grand vers 19 av. J.-C. et détruit par les troupes romaines de Titus en l’an 70. Dès lors, les fils d’Abraham, d’Isaac et de Jacob furent dispersés à travers le monde. Le mur, haut de vingt mètres et long d’environ cinquante, est tout ce qu’il reste, aujourd’hui, de l’esplanade du Temple. Les Juifs du monde entier viennent y prier, déposer des billets dans les interstices de ses pierres, pleurer la destruction du sanctuaire et les souffrances passées de leur peuple.

Que J.D. Vance n’ait pas choisi de s’y rendre suscite donc des interrogations. Traditionnellement, les dirigeants étrangers visitant Israël s’inclinent devant ce monument millénaire du peuple hébreu. En omettant ce passage symbolique, le vice-président a peut-être voulu conférer à son voyage une portée personnelle autant que politique, rappelant qu’à l’image de l’Amérique, il entend rester maître de ses choix et fier de ses valeurs.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

36 commentaires

  1. et alors ? les présidents US prêtent serment sur la Bible – les américains sont chrétiens et fiers de l’être
    ils ne s’empêtre pas dans une laïcité qui n’a plus aucun sens, comme en France, qui consiste maintenant à promouvoir la réligion musulamane;..dans un pays chrétien
    au moins, JD VANCE est clair et transparent

  2. « ce déplacement a surpris par un choix singulier : celui de visiter le Saint-Sépulcre sans se rendre au Mur des Lamentations. »

    Bravo Monsieur Vance.

  3. Bravo M Vance !
    Quand on compare à Macron, traitre à notre nation, vendu aux frères musulmans…

  4. Merci à M. Vance d’affirmer ainsi sa foi catholique, après l’assassinat de Charlie Kirk…et les soupçons sur ses commanditaires…

  5. J’espère que vous savez tous que ce Saint-Sépulcre est une invention de Hélène, et que Jésus n’a jamais existé, qu’il est un concept inventé par des générations de juifs dissidents et prosélytes ?

    • Pauvre malheureux inculte qie vous etes .Non seulement l’existence de Jesus de Nazareth est attestee par des temoins non disciples et des non juifs comme certains centurions et hauts digintaires romains , mais egalement par les analyses effectuees depuis plus de 30 sur le linceul de Turin qui constitue a lui seul un 5 eme evangile pour les temps des rationnalistes denues de la moindre probite intellectuelle comme dans votre cas ..! Mais il n’y a de pire aveugle que celui qui refuse de voir les evidences ..

    • Une invention d’Hélène donc, vous savez je suppose qui est Hélène, si en cas c’est la mère de l’empereur Constantin, paix à son âme et elle a sans doute donné un avis comme on pensait que la terre était plate il y a 500 ans ou que le Soleil était la lumière originelle alors que les scientifiques n’avaient pas les moyens comme actuellement de remonter à cette lueur fossile, début de l’univers, le Soleil étant simplement un centre de lumière venu par après. Tiens au fait, en 2010, voilà qu’on découvre que le fameux type qui est né en Afrique et est notre ancêtre incontestable est contesté, oui homo sapiens est « né » en Afrique ( chouette il est Noir et on est tous africainx…) mais voila on ne sait pas ou plus vraiment ce qui s’est passé en Europe qu’il avait envahie (déjà) et il y avait là ces fichus hommes de Néanderthal, ( ha bon, d’autres hommes donc) et que cet « homme » avait finalement disparu au profit de nous quoi…Mais depuis 15 ans ,ce n’est plus aussi simple, il y a, aurait eu des mélanges, on dit « métissage » maintenant, et donc on a ou aurait du neanderthal dans nos gènes et puis plus tard « on  » a migré en Asie et rencontre d’autres hommes, ( encore) et re-mix avec je croix l’érectus…et donc, il n’y a plus de races depuis 25 -30 ans mais depuis peu, il y a comme un twist comme on disait dans les années 1960. Je laisse l’équipe pour cogiter , je dois partir.

  6. Selon le principe que l’on ne peut prétendre respecter et aimer l’autre, si l’on ne se respecte et s’aime pas d’abord soi-même. Le vice-Président américain a agît comme on devrait le faire plus souvent.

    • J’allais dire la même chose et surtout que le Christ était juif. Ça aurait rappellé la culture judéo-chrétienne et le lien étroit entre nos cultures mais aussi un hommage à Israël qui se bat seul contre des terroristes depuis bien trop longtemps !

      • Dans 4 ans le futur président des USA. Courage l’Occident va de plus en plus rayonner d’intelligence et de foi.

      • Le Christ n’a-t-il pas été condamné et crucifié par les juifs ? Certes c’était il y a 2000 ans mais les symboles demeurent. Vance a visité politiquement Israël et fait une visite privée au haut lieu de sa foi. C’est bien le sanhédrin qui condamné Jésus (d’après Mc/Mt.), mais n’ayant plus le droit de mort (d’après Jn 18, 31), il lui fallait déférer Jésus devant Pilate (qui a dit « je m’en lave les mains »).
        Relisons l’histoire.

      • Le lien entre tradition juive et chrétienne est ténu, d’autant que ce sont les juifs qui ont voté, à la demande de Ponce Pilate, pour la mise à mort par crucifixion de Jésus.

  7. Il est normal qu’il choisisse un lieu représentant sa religion pour se recueillir. Ce n’est donc pas faire un affront au peuple juif.

  8. On ne peut s’empêcher d’admirer le signe de Croix de JD Vance. Il nous prouve que la laïcité brime la liberté. On a hâte de voir un chef d’Etat français oser ce geste.

  9. Et on ne pourra pas l’accuser de parti pris en faveur d’Israël dans le processus de paix. Sur le plan diplomatique, je trouve ça plutôt intelligent quelle que soit la raison de son choix.

  10. Même sans être expert en diplomatie, je pense que J.D. Vance dont le deuxième prénom est David, n’a peut-être pas voulu risquer une polémique en ces temps de paix fragile, se rendant au mur des lamentations tout en délaissant l’esplanade des mosquées. Il a fait ce que tout chrétien qui se rend à Jérusalem doit faire, prier dans le Saint-Sépulcre. Les américains ont un vice-président pragmatique, nous on à Macron et Barrot comme « diplomates » qui regardent passer le train de l’avenir tout en ruminant leur impuissance.

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