« Save our girls » : les footballeuses iraniennes en danger ?
« S’il vous plaît ! Protégez ces jeunes femmes ! » À l’instar de J.K. Rowling, célèbre auteur de la saga Harry Potter, de nombreuses personnalités internationales s’inquiètent du sort des joueuses de l’équipe féminine de football d’Iran. Ce dimanche soir, en Australie, aux abords du stade de Gold Coast où l’équipe féminine d’Iran disputait son dernier match de la Coupe d’Asie des nations de football, plusieurs supporters se sont rassemblés pour arrêter le bus de la délégation iranienne aux cris de « Save our girls » [Sauvez nos filles, NDLR]. Certains expliquent même avoir détecté des signaux de détresse envoyés par des joueuses… Après trois défaites consécutives, et alors que l’équipe iranienne est supposée rentrer en Iran, beaucoup s’alarment en effet du sort qui pourrait être réservé à ces sportives qui ont osé ne pas chanter leur hymne national.
Everything that happened tonight in Australia and Iranian women’s football team.
The Iranian-Australian community gathered outside the stadium initially just to chant against the regime and show love to our players who days prior refused to sing the regime’s anthem.
As the bus… pic.twitter.com/6QHfe99bs9
— Throwback Iran (@Tarikh_Eran) March 8, 2026
Un acte de désobéissance civile
C’était le 2 mars dernier. L’image a fait le tour du monde. Avant de disputer leur premier match face à la Corée du Sud, les onze joueuses de l’équipe iranienne de football décident de garder le silence lors de l’hymne national. Stoïques, ces sportives ont impressionné une grande partie de la communauté internationale. Si elles n’ont pas expliqué leur silence, leur attitude a été interprétée par beaucoup comme un signe de protestation à l’encontre du régime des mollahs et de grand courage, n’en déplaise à nos féministes occidentales…
En Iran, l’un des présentateurs de la chaîne de télévision officielle les a d’ailleurs qualifiées de « traîtres à la nation » ayant adopté un comportement « au comble du déshonneur ». Et il a ajouté : « Quiconque prend des mesures contre le pays en temps de guerre doit être traité plus sévèrement. » Une menace à peine voilée…
Lors des deux matchs suivants de la compétition, les joueuses ont finalement chanté l’hymne iranien avec un salut militaire, laissant penser que des pressions ont pu être exercées sur l’équipe. Selon certains médias internationaux, comme ABC News (un média public australien), des « personnes ayant des liens avec le corps des Gardiens de la révolution font partie de la délégation officielle de l’équipe », allant jusqu’à surveiller les communications des joueuses.
Risque de représailles en Iran
Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, s’est lui-même inquiété du sort de ces footballeuses. « Les joueuses de l'équipe nationale féminine de football iranienne subissent d'importantes pressions et des menaces constantes de la part de la République islamique. En raison de leur acte courageux de désobéissance civile, consistant à refuser de chanter l'hymne national du régime actuel, elles s'exposent à de graves conséquences si elles retournent en Iran », résume-t-il. Il appelle donc le « gouvernement australien à garantir leur sécurité et à leur apporter tout le soutien nécessaire ».
The members of the Iranian Women’s National Football Team are under significant pressure and ongoing threat from the Islamic Republic. As a result of their brave act of civil disobedience in refusing to sing the current regime’s national anthem, they face dire consequences should…
— Reza Pahlavi (@PahlaviReza) March 8, 2026
Une demande portée par de nombreuses personnalités. Masih Alinejad, une Iranienne, opposante influente au régime des mollahs, exilée aux États-Unis, abonde dans le même sens : « Ne les renvoyez pas au danger. Protégez-les, je vous en prie. » Une membre du gouvernement israélien a par ailleurs écrit à ses homologues australiens en leur demandant d’agir face à « la menace réelle [qui pèse] pour leur liberté et même leur vie ». Une pétition a été lancée en Australie pour demander l’asile pour ces joueuses et rassemble déjà plus de 30.000 signatures. En France, des personnalités, comme le député européen Jean-Paul Garraud, appellent l'exécutif à intervenir également.
Mais la situation est complexe. Comme le rappelle Zaki Haidari, militant d’Amnesty International Australie, à ABC Sport, « il n'y a aucun moyen qu'elles puissent retourner en Iran. L'autorité iranienne les arrêtera et les poursuivra à leur arrivée. […] Quiconque est sorti, a protesté contre le régime iranien, en a subi les conséquences. » Seulement, si les joueuses ne rentrent pas, « leurs proches feront face à un certain niveau de punition », alerte le militant.
Ce 9 mars, en début d’après-midi, la presse internationale, reprenant une information de l’entourage de Reza Pahlavi, affirme que cinq joueuses de l’équipe d’Iran, dont la capitaine, ont réussi à quitter le centre d’entraînement où elles se trouvaient et obtenu une protection en Australie.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































29 commentaires
Combien de sportifs issus de l’URSS ne sont jamais rentrés chez eux après compétition européenne ou américaines!
Souhaitons que ces courageuses footballeuses ont préparé leurs familles à se protéger….
Pas pour les meme raisons….les sportifs URSS étaient des adorateurs de COCA et BURGERS…..des traites il y en a partout……
Allo mathilde panot, manon aubry ? Il y a quelqu’un ? (Pas de majuscule pour ces minuscules)
Se sauver, mais condamner sa famille, cela me rappelle ce qui arrivait aux Alsaciens recrutés par les nazis. S’ils s’échappaient, la famille était déportée.
Bravo les filles et bravo l’Australie. Par contre les 21 autres viennent de sauver leurs familles mais vont perdre la vie…
Cette guerre en Iran va augmenter le flux des immigrés/réfugiés en UE , les victimes vont venir , mais aussi les bourreaux , et le combat va continuer chez nous , comme d’habitude .