« Il faisait sa chahada » : retour sur l’interpellation du terroriste de Romans-sur-Isère

Les policiers qui ont arrêté Abdallah Osman Ahmed à Romans-sur-Isère racontent les moments clés de l’intervention.
© BVoltaire
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À la barre, ils sont quatre, anonymes, à revenir sur l’interpellation d’Abdallah Osman Ahmed, le 4 avril 2020, à Romans-sur-Isère, après l’attaque au couteau qui avait fait deux morts et cinq blessés. Ce 29 octobre après-midi, les policiers primo-intervenants ont livré leur témoignage au troisième jour du procès de ce Soudanais jugé pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

Un suspect bien décidé

La première fonctionnaire de police qui s’avance à la barre se souvient, ce matin-là, d’un appel en renfort alors qu’elle patrouillait avec son coéquipier, à environ cinq kilomètres du centre-ville de Romans-sur-Isère. On leur signale d’abord un individu « de couleur » qui menace des passants avec une arme blanche. Sur le trajet, ils prennent « la mesure de ce qui est en train de se passer » : il y a déjà un blessé, puis deux.

Arrivés place Max-Dormoy, ils identifient instantanément le suspect qui revient de la rue d’où provient le signalement, « les mains pleines de sang ». Seul sur le boulevard, il ne court pas, marche d’un pas décidé, sans regarder autour de lui. Avec l’aide de deux autres collègues arrivés sur les lieux en même temps, ils procèdent à quatre à l’interpellation de l’individu qui, d’abord, se cache derrière une camionnette avant de lancer dessous un grand couteau dont la lame mesure 20 centimètres. L’objet sous scellés, impressionnant par sa taille, est présenté aux différentes parties.

Ce dernier geste avant son interpellation fera dire au deuxième témoin qu’à ce moment-là, le suspect est lucide « car il s’est caché, a jeté son couteau, ne s’est pas débattu voyant qu’on était plus nombreux que lui », se souvient celui qui croit avoir décelé de l’exaltation dans le regard de l’homme avant que ce dernier ne devienne hagard, selon le reste des témoignages.

« Il n’y a de dieu qu’Allah »

Lorsqu’il est mis à terre, l’homme n’émet pas de résistance particulière, ne cherche pas à s’enfuir et, surtout, il ne dit rien, pas un mot. « Je me rends compte que son attitude n’est pas habituelle quand mon collègue le met debout pour lui demander de décliner son identité et qu’il se met à prononcer des phrases en arabe semblant être des prières, les yeux révulsés », se rappelle la policière.

Une scène « d’incantations » particulièrement marquante qui durera près de quatorze minutes, dont un extrait filmé par l’un des policiers est diffusé dans la salle d’audience. On y voit un homme, à genoux face contre terre, les mains menottées dans le dos qui hurle des psalmodies en langue arabe. Si l’on distingue à plusieurs reprises les mots « Allah akbar », deux interprètes traduisent le reste : il s’agit de la chahada, la profession de foi musulmane qui atteste qu’il « n’y a de dieu qu’Allah et Muhamed est son prophète ». Il évoque encore le djihad en s’adressant aux musulmans, dans une phrase trop peu audible pour la comprendre dans son ensemble.

Lorsque la présidente de la cour lui demande ce que ces mots évoquent pour lui, Abdallah Osman Ahmed, qui affirme encore ne pas se rappeler la tuerie, répond que « ces propos ne veulent rien dire », assurant qu’on ne peut pas entendre qu’il lance un appel au djihad dans cet extrait.

L’évolution du regard de l’homme aura marqué particulièrement l’un des policiers, qui décrit un contraste entre le moment où il le voit au loin, lorsqu’il se rend compte de la présence des forces de l’ordre et se débarrasse de son arme, et celui où il devient soudain hagard lorsqu’il est mis en joue puis interpellé. S’il n’avait pas été arrêté, il aurait, selon lui, continué son périple.

Conséquences d'un drame

Après l’interpellation, ce même policier découvre les victimes : une femme en position fœtale dans une mare de sang, un homme sous le choc qui présente une large plaie au flanc... L’une d’elles lui raconte avoir croisé l’agresseur, qui lui aurait demandé s’il était musulman. « J’ai répondu que j’étais français avant tout », aurait-il dit, avant d’être poignardé.
Ce drame, confie le policier, a « énormément marqué la ville », déjà confrontée à « un rythme assez soutenu » de délinquance quotidienne en centre-ville, et particulièrement dans le quartier sensible de la Monnaie, et « qui a fait parler de lui à cause du meurtre du petit Thomas Perotto ».

Vos commentaires

48 commentaires

  1. Macron n’a pas le temps de s’occuper de ce cas la, il veut mettre Poutine en prison, le reste du temps il voyage sur toute la planète avec le Brigitte.

  2. Basta ! Ça suffit ! Nos politiques sont les alliés de ces assassins, en les faisant venir, en les protégeant au détriment des honnêtes gens.

  3. « ….un individu « de couleur » qui menace des passants avec une arme blanche… » au beau milieu de ce drame, une pointe d’humour….volontaire ou non ?

  4. Ravi au lit dit :
    30 octobre 2025 à 12 h 16 min

    Comme le disait Alphone Karr : » « Si l’on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que messieurs les assassins commencent ».

    Tout est dit : peine de mort, merci Ravi au lit !!!!

  5. Il va s’en sortir avec des circonstances atténuantes si les psychiatres requis parlent d’une altération de conscience. Ce qui signifie asile psy et remise en liberté, peu après, quand un autre expert psy jugera de la non-dangerosité de l’individu…

  6. Comme le disait Alphone Karr :  » « Si l’on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que messieurs les assassins commencent ». :)

    • Ne dites oas que vous ne connaissez pas la réponse : RIEN. Ce n’est pas et n’a jamais été son problème.

      • Macron n’a jamais été préoccupé par l’avenir du pays qu »il dirige. Sinon il n’aurait pas mis la France dans cet état lamentable. C’est un mondialiste fervent des discours des milliardaires Georges Soros et Bill Gates. Il a des ambitions internationales et ce qui se passe en France est le moindre de ses soucis.
        Il ne faut plus rien attendre de lui, car il sait qu’il est grillé, avec des sondages de popularité de plus en plus faible, jamais atteint par un président.

    • Que voulez-vous qu’il fasse ? C’est un incapable notoire qui n’a aucune empathie et ne s’intéresse qu’au paraitre de préférence à l’étranger. Il ne se rend même pas compte qu’il est la risée du monde.

      • Il est jeune et se crois un avenir international. Il ambitionne entre a la tête de l’Ordre Mondial, et fait tout pour parler de lui. Malheureusement c’est raté, ses échecs en politique nationale l’ont decridibilise mondialement.

    • Vous attendez encore quelque chose de lui ? Moi j’attends juste qu’il soit destitué, car il ne démissionnera pas.

  7. Ne pas oublier que si tous ces criminels sont instables psychiquement ils ont été abreuvés de propagande islamiste et soutenus par une gauche ne privilégiant que leur électoralisme.
    Donc pas de pardon : en tôle, dehors . . . puisque l’on ne peut pas faire mieux.

  8. Badinter avait promis la prison à perpétuité réelle, je suis pour comme je l’ai déjà écrit dans un de mes commentaire, délocalisons les peines dans des pays en voie de développement avec l’incarcération dans les normes du pays accueillant nous payerons la même somme que si le délinquant était en France, ce pactole aiderait ces pays a construire écoles et hôpitaux

    • Et oui, Badinter malgré toutes les failles et erreurs de son passage au ministère de la Justice est au Panthéon grâce à notre adolescent .

  9. De toute évidence, il s’agit encore une personne qui n’a pas bien assimilé les leçons de « laïcité » prodiguées par notre gauche pourtant bien pensante !

  10. Il y a, à peine 40 ans ce type serait passé à la guillotine sans long discours. Résultat du laxisme de nos dirigeants : plus de 3 meurtres par semaine dans notre beau pays.

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