Italie : la statue de Jean Paul II vandalisée. Quand l’ignorance pousse à la violence
Ce samedi 4 octobre, la statue du pape Jean-Paul II, érigée sur la piazza dei Cinquecento à Rome, a été vandalisée en marge d’une manifestation de soutien à Gaza. Une procédure de nettoyage et de restauration a été entamée.
Un vandalisme outrageant qui suscite l'indignation
Sur la statue de Jean-Paul II, ces mots « fasciste de merde » ainsi que le symbole de la faucille et du marteau, emblème du communisme. Un mélange assez contradictoire, puisque qualifier le défunt pape de « fasciste » semble aussi absurde que de revendiquer cette insulte au nom du communisme. L’acte a d’ailleurs suscité une vive réaction et une vague d’indignation politique au-delà des Alpes. La chef du gouvernement italien Giorgia Meloni a fustigé un « acte indigne commis par des personnes aveuglées par l’idéologie, témoignant d’une ignorance totale de l’Histoire et de ses protagonistes ». L’historien Yves Chiron, spécialiste de l’histoire de l’Église catholique joint par BV, s'indigne. Cet acte se situe « à la limite entre la provocation et la profanation », puisqu’il s’agit d’un monument à la mémoire d’un saint. « C’est la contradiction absolue », ajoute-t-il, abasourdi par une telle incohérence.
« Traiter Jean Paul II de fasciste, c’est le propre d’une inculture abyssale, car si il y a vraiment un homme qui n’était pas fasciste, c’était Jean Paul II », réagit l’historien Bernard Lecomte, auteur de plusieurs ouvrages sur ce pape, dont Le Monde selon Jean Paul II (Taillandier).
Anticommuniste
Fasciste, Jean-Paul II ? Comment en arrive-t-on à un tel amalgame ? Polonais d’origine, Karol Józef Wojtyła a plutôt fait les frais des régimes totalitaires : on sait qu'il a été persécuté par les nazis en tant que clerc, pendant l’occupation de la Pologne, avant d'être combattu par les communistes. Son œuvre et son action en tant que pape témoignent d'une lutte infatigable contre les régimes totalitaires et pour l’établissement d’une paix universelle difficilement conciliables avec un esprit fasciste. Par son action diplomatique, le pape est notamment considéré comme un des acteurs majeurs de la chute du mur de Berlin en 1989. En mars 2000, Jean-Paul II priait devant le mur de Jérusalem, un geste symbole de réconciliation qui avait suscité l’émotion, et parfois l’indignation, du monde croyant. Le saint pape a également beaucoup travaillé à la reconnaissance de la dignité humaine universelle. Il y a notamment consacré sa lettre encyclique Evangelium vitæ « sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine », publiée le 25 mars 1995. « Si vous trouvez dans les six mille discours et homélies que ce pape a prononcés un seul propos fasciste, prévenez-moi », lance Bernard Lecomte.
« Fasciste », insulte galvaudée
Mais l'accusation est bien commode. Si, à l’origine, le terme fascisme renvoyait à l’idéologie politique de Mussolini qui a sévi en Italie des années 1920 à 1940, son acception a été élargie au refus de la démocratie au profit du gouvernement autoritaire d’une seule personne, au culte de la force allié au refus de la faiblesse et, enfin, au culte de la nation, donc au refus de l’universalisme lié aux droits de l'homme. Sur ces trois points, le catholicisme de Jean-Paul II est loin de correspondre à ces critères. Grand défenseur de la dignité humaine, il fut le premier à combattre l’autoritarisme de l’URSS.
L’expression « fasciste » est aujourd’hui galvaudée et reprise à outrance, notamment par les militants de gauche pour agonir tout ce à quoi ils s’opposent. Ces défenseurs de la démocratie autoproclamés désignent ainsi ceux qui ne partagent pas leurs idées comme violents et légitiment, du coup, la violence qu’eux-mêmes exercent vis-à-vis de leurs opposants. Lorsque l’ignorance pousse à la violence, cela ressemble davantage à un refus de la faiblesse et à un culte de la force : une réaction... fasciste.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































27 commentaires
Est-il pertinent de douter , que ce genre de souillure publique va rapprocher la population italienne des thèses de l’extrême Gauche . Dans toute l’Europe celle-ci montre le même visage haineux , violent , inculte . Un vrai repoussoir idéologique pour les classes moyennes .
Jean Paul II fachiste? L’incommensurable stupidité de la gauche n’a pas de fond, c’est un abîme insondable où tous les idiots des pays civilisés se réfugient!
Ne cherchez pas d’explication à la bêtise ultime. Ces gens de gauche ont un vocabulaire extrêmement pauvre, limité à deux ou trois mots: fasciste, extrême droite.
@RV on le voit ici, pauvreté des arguments, toujours les mêmes litanies
Les crétins font la loi après leur passage au bar du coin. Arguments à la mode : nazi facho ; venant d’incultes
abrutis c’est presque recevoir le prix d’excellence.