Editoriaux - 16 octobre 2018

Défense de la langue française : un combat sur plusieurs fronts

Lors du XVIIe sommet de la Francophonie, qui vient de s’achever à Erevan, capitale de l’Arménie, Mme Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, qui vient de substituer l’anglais au français comme langue officielle, a été élue secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), avec le soutien d’Emmanuel Macron.

« Quand je parle de langue française, je parle de nos langues françaises », a assuré le président de la République, complétant ainsi une de ses précédentes déclarations niant l’existence d’une culture française au profit de « cultures en France », ajoutant que « la langue française est la propriété de tous : elle s’est émancipée de son lien avec la nation française pour accueillir tous les imaginaires ».

Si, comme le rappelait Victor Hugo, « la langue française n’est point fixée », toute langue reste intimement liée à la nation qui l’a forgée à travers les siècles, exprimant un mode de pensée, une culture et un art de vivre qui lui sont propres. Considérer que le français est devenu un simple langage universel dont l’incarnation géographique pourrait tout aussi bien se situer dans le bassin du Congo apparaît mortifère pour notre civilisation.

Autre sujet d’inquiétude, la déliquescence de l’enseignement scolaire, impuissant à transmettre notre langue à des enfants issus de l’immigration musulmane, toujours plus nombreux et dont le français n’est pas la langue maternelle. Cédant à la pression des multiples agents de l’islamisation de notre pays, et plus largement de l’Europe, nos gouvernants envisagent,parallèlement au français, l’apprentissage de l’arabe dès l’école primaire.

Pour comprendre l’importance du phénomène, il faut se reporter au document, aisément accessible sur Internet, intitulé Stratégie de l’action islamique culturelle en dehors du monde islamique, adopté en 2000 par l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), émanation de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui regroupe 57 pays musulmans.

Expliquant l’échec scolaire des jeunes musulmans par le refus de l’école laïque, particulièrement en France, « d’aménager dans ses programmes une place à la culture vécue des enfants musulmans », ce texte prône la généralisation de l’enseignement de l’arabe, y compris par les enfants autochtones, qui leur fera « apprécier cette langue et découvrir sa richesse culturelle », soulignant par ailleurs que la langue arabe, « langue du Coran et véhicule de la pensée », constitue la « vraie détentrice de l’identité culturelle des musulmans ».

Sachant que l’anglais doit également être enseigné dès le plus jeune âge, il semble évident que le français deviendra très vite une variable d’ajustement, dans la mesure où la majorité des parents préféreront que leur progéniture acquière au plus tôt les rudiments d’une langue devenue indispensable dans le monde du travail.

En dépit d’une solide législation protectrice (ordonnance de Villers-Cotterêts du 10 août 1539, article 2 de la Constitution, loi Toubon du 4 août 1994), la langue française n’a jamais été aussi menacée : il est urgent que tous nos compatriotes se mobilisent pour que les générations futures puissent continuer librement à « être et parler français ».

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