[VU D’ARGENTINE] La grande liberté du président Milei
Javier Milei est un homme libre qui préside un pays libéré. Nos lecteurs qui, depuis l’aube de cette année finissante, nous font l’honneur de suivre avec abnégation nos histoires argentines considèreront probablement cette assertion comme proche du truisme. En fait, ce propos ne signifie nullement que les immenses problèmes du pays aient bénéficié d’une solution magique, tant s’en faut. Nous pouvons cependant affirmer que, dans la mesure où le président se maintient dans la ligne initialement promise et ratifiée récemment par la population, les institutions ne devraient pas lui poser de problème.
Huit décennies de dérive idéologique
En tout état de cause, l’Argentine de décembre 2023 pouvait être considérée comme un pays libre envahi et ravagé par une armée d’occupation. Nous ne voulons pas revenir sur le long glissement d’un régime porteur de gènes fascisants accommodés à la sauce de la corruption sud-américaine, d’abord infecté par la mafia locale, puis gangrené par la guérilla marxiste, pour finir comme une sorte de sous-produit du wokisme trotskisant du clan Kirchner. Ce drame qui a duré huit décennies et ruiné le pays est connu de nos lecteurs. Il semble enfin révolu.
Cependant, la Constitution argentine de 1853 a été conçue comme une réplique de la Constitution américaine : pays fédéral, régime fortement présidentiel, pas de Premier ministre, deux mandats fixes de quatre ans, possibilité de veto des lois, d’intervention des provinces, système bicaméral, pouvoir judiciaire indépendant et Cour suprême.
Nous pourrions entrer plus dans le détail, mais à ce stade, le lecteur comprendra que cette Constitution, avec sa simplicité, convient très bien au caractère à la fois autoritaire et libéral de Javier Milei. L’Argentine est un pays souverain, dispose de frontières (assez mal contrôlées mais existantes), bat sa monnaie (un peu trop allégrement, parfois) et dispose librement de sa politique étrangère. Si certains traités internationaux peuvent avoir un rang constitutionnel, la Constitution argentine est souveraine (suivez notre regard).
Mercosur et grandes organisations internationales
Cela nous amène, bien évidemment, à parler du Mercosur qui constitue une union douanière souple, pour ne pas dire vaseuse, entre quatre pays : le Brésil (PIB 2.200 milliards), l’Argentine (600 milliards), l'Uruguay (80) et le Paraguay (45). Le secrétariat de la Commission se situe à Montevideo (quelques centaines d’employés) ainsi que le Parlement (153 membres, en ce moment). Rien de terrifiant, sur le plan budgétaire ni politique non plus, car ce sont des organes à vocation essentiellement consultative… Milei a d’ailleurs déclaré que si son appartenance au Mercosur entrait en conflit avec d’autres accords bilatéraux, il aviserait. Certes, le Brésil fut une puissance impériale au XIXe siècle. Le prétendant actuel ne semble pas agressif si bien qu’aucun fantôme d’« impératrice » ne devrait troubler le sommeil présidentiel.
Pour ce qui concerne les grandes organisations internationales, Milei, qui n’est suspect d’aucun fanatisme, consomme avec modération. Au début de son mandat, il a décliné l’offre d’intégrer les BRICS. Dans la foulée, il a menacé de sortir de l’OMS, puis de se retirer des accords de Paris. Ses réserves envers l’ONU et l’Agenda 2030 sont connues.
En fait, Javier Milei n’aime pas perdre, en politique, mais ce qu’il déteste le plus, c’est de gaspiller son temps et, surtout, l’argent des contribuables. C’est pourquoi sa politique envers les médias est tout à fait transparente. Le budget de contrôle est quasiment inexistant, si ce n’est pour des détails techniques. Il a éliminé la publicité officielle pour ne favoriser personne. Pour lui, un organisme comme l’Arcom sentirait fortement le soufre. Dans des cas de diffamation avérée ou de faute grave, il y aura toujours un juge pour prendre l’affaire en main et rétablir l’ordre public. Le trinôme Vie-Liberté-Propriété implique le respect des labels. Pour les marchandises, pas pour les idées... Dans ce domaine, le rejet frontal de tout tabou ravirait Christine Kelly.
La Justice mérite un chapitre à part. Elle a, en Argentine, le même taux de popularité que les politiciens pré-Milei. C’est tout dire ! Sa restructuration sera l’un des prochains travaux d’Hercule. Cela dit, le président, en bon pragmatique, est parfaitement conscient que, pour le moment, il faut s’en accommoder. Comme contrepartie du désordre régnant, un juge pourra suspendre temporairement une loi en appliquant une mesure conservatoire, mais c’est la Cour suprême qui devra trancher. Le plus souvent avec un profil assez bas. D’une manière générale, la Justice argentine est plus suspecte d’inaction que de dictature.
Lorsque les derniers débris de l’armée d’occupation auront définitivement disparu du vaste horizon de la pampa, Javier Milei sera un homme libre et heureux de faire ce qui lui réussit le mieux : travailler.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































22 commentaires
Au moins, eux, ils ont un Président.
Combien cet homme est admirable, travaille pour son pays, son peuple avec fierté comparativement à notre foutriquet du touquet qui n’aime que la position de la soumission.
Je rêve d’un homme ou d’une femme de son tempérament pour la France
Bravo MILEI…… sa tronçonneuse marche bien , par rapport au kÄRCHER DE SARKOZY….en panne…..quelle est la marque de la tronconneuse ? une STHIL….sûrement !!!!
Y’a pas de secret. Pour diriger un pays, il faut un pouvoir fort.
En tous cas il a accompli des miracles en Argentine, F Pagny peut le dire, il connait bien ce pays puisqu’il y vit la moitié du temps
Le président argentin a fait un ménage dans les fonctionnaires, réduit le nombre de ministères et autres
Chez nous, pourquoi avons nous autant de ministres , de députés, de sénateurs , quand on voit le taux d’absentéisme notamment pour les votes importants ?
Il faut resserrer le nombre de ministres, trop et en plus doublons, avoir 2 députés et 2 sénateurs par département et ce serait bien suffisant, vu ce qu’ils nous coutent (22.000 euros par mois et par député, pour les sénateurs je n’ai pas les chiffres) mais ça doit être conséquent
Et tous ces comités qui ne servent à rien, à supprimer
Il a réduit l’inflation qui était à 200% à 30% et ça a encore baissé
Mais plutôt que de faire payer le peuple, il a fait de bons choix
En France hélas on ne verra jamais ça, ils tiennent trop à leur place et avantages
Vive la voiture à cocarde …..le chauffeur ….Les super avantages ….les petits fours ….etc…….PAYE GUEUX et ferme ta G……..E…. ( Je reste cool et poli )
Je partage votre point de vue, même à mot « couverts »
l’ex mozart de la finance le maire devrait y aller pour suivre une formation
C’est une personne comme lui qu’il nous faut en France car la France en a grandement besoin.
On avait Eric Zemmour mais encore, fallait-il lui faire confiance ! Cette opportunité de 2022 n’est pas prête de se reproduire ! Hélas pour le vieil homme que je suis (79 ans)…
« Dans ce domaine, le rejet frontal de tout tabou ravirait Christine Kelly »
Et pas que Christine Kelly !!! .
Ce serait tellement bien de copier ce qui se fait de bien ailleurs ! Il y a tant à attendre de la prochaine Présidence …. !
« en bousculant institutions, normes et dogmes internationaux »…. Et-puis-c’est- tout ! Bravo Javier, avec toi !
Pouvez-vous nous dire ce qu’il a fait des 20 milliards de dollars que Trump lui a fait parvenir juste avant les dernières élections?
Vous semblez proche de Trump et Miley pour évoquer cela !
Vous semblez bien au courant des affaires. Combien en avez-vous reçu ?
S’occuper des affaires des autres est plus simple que de faire le ménage en France où tout va mal !
Un type dangereux, il aime son pays et sa population, il est transparent et se débarrasse de tout ce qui , au fil du temps, parasite une démocratie.et de plus, comble de l’horreur, il obtient des résultats.
Inadmissible chez nos politiques professionnels et leur fond de commerce bien loin des préoccupations des politiques honnêtes .
On ne pourrait pas trouver un stage en Argentine pour nos « z’elites » ?
Bonne idée
Prochain voyage de Macron.
Il faut espérer qu’ils le garderont chez eux. Le Mozart de la finance peut les plomber, eux aussi !
Oui bravo Javier, mais une question se pose alors : quelle est l’armée d’occupation en France ?
Bonne question ! La viande argentine est-elle bien hallal ?