[VU D’ARGENTINE] Javier Milei a remis l’Argentine sur le chemin de la croissance
Javier Milei vient de fêter sa première année et demie de mandat. Au vu du rythme frénétique de la vie politique et économique en Argentine, établir un bilan tous les six mois peut être considéré comme une bonne pratique pour suivre l’évolution des affaires. C’est ce que nous proposons au lecteur.
Cette date lui a apporté deux satisfactions. La première, fort attendue, est l’arrêt de la Cour suprême confirmant la condamnation de Cristina Kirchner à six ans de prison et une inéligibilité perpétuelle. La deuxième, de beaucoup, la plus importante : le chiffre de l’inflation mensuelle du mois de mai tombé à 1,5 %.
Condamnation de Cristina Kirchner
Au terme de 17 ans de procédure, la Justice argentine n’a certes pas battu des records de célérité et rien ne semble indiquer une soudaine fulgurance pour le traitement des trois autres procès fleuves que doit affronter l’ancienne présidente. La loi argentine prévoit qu’au-delà des 70 ans, la peine peut être domiciliaire. Mme Kirchner devra en principe renoncer à son mandat de présidente du Parti justicialiste, ce qui lui donnera du temps libre pour affronter la Justice.
Au niveau politique, il est encore trop tôt pour savoir si, dans les bases traditionnelles du kirchnérisme (en gros 25 % des électeurs), la figure de la pauvre victime d’une atroce erreur judiciaire va prévaloir sur le soulagement de l’élimination d’un personnage devenu trop encombrant. En d’autres termes, déterminer si le péronisme traditionnel va se fracturer, qui va en récupérer les morceaux et quel va être le prix à payer pour l’éventuel vainqueur. La bataille a déjà commencé, elle s’annonce féroce et le mieux que pourra faire Javier Milei sera de prendre de la hauteur. Suivant ses termes, il pensera certainement qu’une bande de « babouins » sauraient faire preuve de plus de civilité que cette armada en déroute, mais il serait préférable qu’il se retire sur l’Aventin.
Les Argentins ont coutume de dire que le péronisme est comme les chats et qu’il dispose de sept vies. Cependant, pour une résurrection politique, il faut de l’argent, beaucoup d’argent et, pour ce faire, de la corruption. Javier Milei a éliminé l’un et l’autre. Dansez, « babouins » !
Et l'inflation ?
Au niveau du bilan économique et pour un esprit européen, un chiffre d’inflation de 1,5 % mensuel, qui équivaut pratiquement à 20 % par an, ne paraît pas particulièrement sympathique. Cependant, si l’on remonte un an et demi en arrière, le taux de 25,5 % du seul mois décembre 2023 (54 % en prix de gros) projetait le pays au niveau stratosphérique de 18.000 % d’inflation annuelle. Nos lecteurs se souviennent des treize zéros amputés à la monnaie, et les Argentins aussi. Il y a donc un rapport direct entre les dixièmes de point d’inflation et le vote populaire… Les élections de mi-mandat sont dans moins de quatre mois.
Par définition, tout bilan est basé sur des chiffres, nous ne souhaitons cependant pas saturer le lecteur. Nous ne reviendrons pas sur la stricte discipline fiscale avec la fin de l’émission monétaire, base d’un budget excédentaire, sur la libération quasi complète du marché des changes, sur le dégraissage du mammouth de l’appareil de l’État, sur l’élimination de milliers de normes bureaucratiques de type presque soviétique qui paralysaient le fonctionnement du pays, ou sur la réduction drastique de 30 % des dépenses publiques. Il faudrait encore ajouter l’élimination presque complète des subventions aux services publics. Une mise en marche d’un plan de privatisations lent mais solide… La liste serait interminable.
Baisse historique du taux de pauvreté
Ces réformes, qui sont aussi le fruit de la capacité de résilience du peuple argentin, et en particulier de la petite classe moyenne, ont permis que le taux de pauvreté, qui était de 42 % en 2023, tombe à 33 % au début 2025. Ces chiffres sont indignes d’un pays du potentiel de l’Argentine mais vont dans le bon sens. En attendant, la croissance est estimée par le FMI à 5,5 % pour l’année 2025.
Pour le proche avenir, la tâche est immense. L’urgence est de consolider définitivement le secteur externe avec une recapitalisation de la Banque centrale et aussi d’engager une réforme fiscale profonde qui seule peut baisser le coût argentin et permettre ainsi aux entreprises de supporter une inévitable et nécessaire ouverture de l’économie.
Javier Milei doit, plus que jamais, agir avec décision, pragmatisme mais aussi prudence. Surfant sur la vague actuelle, et avec l’aide de ses alliés de centre droit, au mois d’octobre, une majorité à la chambre basse semble lui être promise. Pour l’instant, il souffle les bougies.
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28 commentaires
Comme quoi, après une (longue) période de chienlit, seule une dictature s’impose ! Franco avait réussi à tenir 30ans en Espagne comme çà. Pour la France, plus on attend, et plus la reprise en main sera difficile…. et douloureuse.
5,5%… et qu’en dit Maduro?
Dommage que l’Argentine ne propose pas encore de stages de formations. Nous avons de gros besoins en la matière.
Nous on s’enfonce dans le marigot avec les nains qui nous gouvernent.
Le président Milei peut compter sur l’aide d’un puissant Ami lui même président , qui bouleverse actuellement le commerce international .
Comme quoi, c’est possible.
croissance en argentine 5,5 en europe 2,5 en france … 0,4 ! choisis ton camp camarade !!
Quoi qu’il en soit, ce courageux et déterminé président doit conserver le cap pour sortir son grand pays du marasme dans lequel l’avaient plongé ses prédécesseurs.
Bravo à lui, il a montré au monde que rien est définitivement perdu.
La France devrait prendre modèle…..
Bien
Mon espagnol assez médiocre ne m’a pas permis de trouver la valeur exacte du taux de base bancaire argentin au jour d’aujourd’hui, mais il doit tourner entre 25 et 30 %, ce qui est énorme. Il s’agit certes d’un outil efficace pour la lutte contre l’inflation, mais c’est aussi un frein à l’activité économique. Si l’auteur de ce billet pouvait m’éclairer, je l’en remercie d’avance.
Il a remplacé le karcher par la tronçonneuse et cela marche.
Excellent article. Quand j’ai lu le deuxième paragraphe du sujet « Et l’inflation ? » j’ai cru revoir le programme de Reconquête mis à jour par Sarah KNAFO. J’envie les Argentins qui ont su prendre le bon « chauffeur ».
Imaginez un Milei en France qui propose le même programme ? Aux élections, il ferait 2 ou 3%. La politique de Milei est tout simplement celle qui a fait la prospérité de l’occident. Mais en France, on ne veut pas le voir. L’endoctrinement gauchiste subi depuis 1981 et entretenu par l’UE, nous a rendu avachis et nous a appris à nous reposer sur l’Etat (c’est à dire sur l’autre).
… « la réduction drastique de 30 % des dépenses publiques »… Avec un Milei, la France redeviendrait forte. Et ça, l’Europe n’en veut à aucun prix. Van der Leyen et Macron y veillent.
Arrêtez de nous donner envie..le seul qui pourrait est E.Zemmour,mais tellement diabolise par tous les médias mainstream…
N’est pas Milei qui veut. Il faut du charisme. Zemmour n’a qu’un seul sujet : l’immigration. Et politiquement Zemmour a tout accepté : injection, ukraine, israel…toujours dans les pas de l’occident profond. Avec le peuple français aujourd’hui, il n’y aura pas de Milei.
MILEI : exercice de STILH !
Ohlala, matricule2860 !
Bravo pour ce trait d’humour.
Une bonne marque.