[VIVE LA FRANCE] « Le beaujolais nouveau est arrivé ! »
Réputée pour son vin, la France l’est aussi pour ses fêtes et ses traditions populaires ; le beaujolais nouveau a l’avantage de rassembler les trois. Depuis 1951, tous les troisièmes jeudis de novembre, commence la commercialisation de ce vin primeur, c’est-à-dire consommé juste après sa vinification. Piquette pour certains, mais surtout prétexte à la fête pour beaucoup, le beaujolais nouveau est célébré jusqu’au Japon qui, décalage horaire faisant, y a même droit avant la France !
Le beaujolais nouveau, une piquette festive ?
À l’inverse des vins « de garde », le beaujolais nouveau se consomme dans les six mois suivant sa mise en bouteille qui arrive, elle, immédiatement après sa vinification : le vin ne passe que très peu de temps en cuve. Souvent dénigré par les connaisseurs et les adeptes de grands crus, ce vin « primeur » est très léger, très peu tannique et garde des arômes très fruités. Si ce n’est pas le plaisir gustatif qui fait de l’arrivée du beaujolais nouveau un événement, c’est bien son côté festif aidé, justement, par la facilité que trouve le quidam à le consommer. D’ailleurs, pour certains, il est de bon ton et plus chic de mépriser le beaujolais nouveau, comme ces lecteurs interrogés par Le Figaro qui, pour l'une, n'y voit qu'un prétexte pour « picoler comme un beauf » et, pour l'autre, considère que « le beaujolais nouveau est certes une tradition, mais c'est aussi une affreuse piquette qui donne mal au crâne ». C’est très français, n’est-ce pas, de fêter un vin considéré comme médiocre et de s’en réjouir ! Ou alors - et c’est tout aussi français - l’arrivée de ce vin est-elle simplement un prétexte à la fête populaire ?
Une opération marketing devenue patrimoine culturel
D’après Le Baroudeur du vin, « les origines de cette tradition remontent au XIXe siècle, lorsque les premiers fûts étaient ouverts dès la fin de la fermentation, pendant leur voyage sur la Saône. Mais c'est en 1951 que la fête du beaujolais nouveau fut officiellement instituée. Cette année-là, un changement législatif permit la commercialisation anticipée des vins primeurs, donnant naissance à l'appellation "beaujolais nouveau". » D’autant que le choix du troisième jeudi de novembre date, en fait, seulement de 1985, et cela, à cause des variations des réglementations de commercialisation. La date correspond, historiquement, à la Saint-Martin, qui représente la fin du cycle de travail du vin pour les vignerons. Interrogé par 20 Minutes, Kilien Stengel, enseignant de l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation, explique que ce qui n’était à l’origine qu’une « opération marketing » a connu « un phénomène de patrimonialisation ». Une patrimonialisation qui fonctionne notamment à Beaujeu, « capitale historique du beaujolais ». Chaque nuit du troisième mercredi de novembre a lieu la fête des Sarmentelles : « une nuit de fête, de danse, de chants, une explosion de lumière, avec à minuit la fameuse mise en perce des fûts emplis du divin breuvage ».
Un succès commercial et patrimonial international
Mais si le consommateur-fêtard y trouve son compte, le producteur s’y retrouve au moins autant puisque, selon La Revue du vin de France, « réputées pour leur côté festif et convivial, les fêtes des beaujolais nouveaux sont devenues un véritable rendez-vous annuel pour les amateurs, ainsi qu’un important produit marketing. À partir des années 80, l’événement se dote même d’un slogan : "Le beaujolais nouveau est arrivé !" » Et même si, cette année, « les beaujolais nouveaux confirment leur montée en gamme et leur diversité retrouvée » et que « longtemps symboles d’un vin festif et éphémère, ils expriment aujourd’hui toute la richesse des terroirs et du savoir-faire régional », ces vins primeurs sont aussi un produit d’appel. Le Progrès explique ainsi que « le Nouveau reste l’élément déclencheur et le premier ambassadeur du nouveau millésime, mais les cavistes, restaurateurs et commerçants profitent de cette période pour faire découvrir les 12 appellations du Beaujolais ».
C’est une stratégie marketing festive et populaire qui fonctionne et qui fait rayonner la France à l’étranger : la fête du beaujolais nouveau voyage. D’après Le Dauphiné libéré, « près de 37 % de la production s’envole chaque année à l’export. Si la France reste la première consommatrice, le Japon demeure le client numéro un, suivi par les États-Unis et le Royaume-Uni. » Avec le beaujolais nouveau, la France exporte son vin, son goût de la fête, sa culture et son patrimoine viticole !
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31 commentaires
LACUNE TRES IMPORTANTE de cet article, seuls les deux beaujolais génériques, c’est-à-dire beaujolais et beaujolais village peuvent être commercialisés en primeur. Les 10 crus, eux, ne peuvent pas être vendus en primeur et ne peuvent être mis en bouteille qu’à partir du mois de mars.
Un trait d’humour qui n’est hélas pas de moi : » Jésus est parvenu à transformer l’eau en vin, il n’y est pas arrivé avec le Beaujolais nouveau » . Bon, ceci dit je vais dés aujourd’hui en acheter deux bouteilles pour que mes potes aient un avis à donner (et là je ne suis pas sorti de l’auberge) :-)
Je ne sais rien du Beaujolais nouveau mais j’ai envire de partager ce trait d’humour : » Jésus a transformé l’ eau en VIN ; il a essayé de refaire cela avec le Beaujolais nouveau : il n’ y est pas arrivé :-))
BERNARD 37 , vous avez très bien dit à la suite du bon article de Victoire. Merci à tous les deux.
Il est bien regrettable qu’au moment où la viticulture française rencontre tant de difficultés , et je m’appesantirai pas sur les causes, que le Beaujolais nouveau nous sorte un cru si médiocre.
Du Beaujolais et de la cochonaille, ça me fait oublier Macron, les islamistes et la classe politique en général.
Très bonne idée, je vais me chercher deux bouteilles et du jambon a la ferme cette semaine.
D’accord avec Guarani 24 : ce vin fort agréable est détesté par tout ce qui est woke, bobo, et j’en passe, sous des motifs évidemment fallacieux. Raison de plus pour qu’on se régale. Que voulez-vous, c’est la France, et ça ils n’aiment pas, mais alors pas du tout. Grand mal leur fasse. Et vive l’arrivée du Beaujolais nouveau!
Si j’avais l’âge d’avoir une fille , je l’appellerais « Modération « , histoire d’avoir le droit de boire un coup sans devoir m’excuser !
Le rire est le propre…
Elle est bonne celle-là MDR.
La qualité du Beaujolais nouveau de cette année est remarquable .
Il n’a plus rien à voir avec les gout de « bananes » que l’on a pu trouver à une certaine époque, et c’est très bien ainsi . Il a tout simplement retrouver son vrai gout de vin primeur .
Bravo à mesdames et Messieurs les vignerons du Beaujolais .
Un bon vin primeur vaut mieux que la plupart des bordeaux « génériques », ces AOC sans qualité autre que leur provenance, et c’est souvent moins cher.
Un verre de Beaujolais nouveau, cela vaut tous les coca-colas. Cela fait plaisir et n’augmente pas la glycémie. Boisson plaisir, boisson bonheur parfois, les vins primeurs ont les qualités de la jeunesse: vigueur, verdeur et générosité. Les vins nouveaux se trouvent désormais dans de nombreuses régions.
Alors, Français, participons à cette fête du vin nouveau… avant d’en être privés par les adeptes de l’imbuvable thé à la menthe.