[VIVE LA FRANCE] En Irak, deux églises restaurées avec le concours du savoir-faire français 

À Mossoul, deux églises ravagées par Daech ont été inaugurées le 15 octobre dernier.
@ L'Œuvre d'Orient
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« C’est un signe fort d’espérance ! », salue L’Œuvre d’Orient. À Mossoul en effet, la rénovation de deux églises ravagées par Daech marque un jalon d’importance pour la petite communauté chrétienne d’Irak victime de l’invasion islamique de 2014 à 2017. Elles ont été inaugurées en grande pompe le 15 octobre dernier.

Il y a sept ans, ces deux églises se trouvaient encore dans un état très médiocre, profanées notamment par les terroristes qui en avaient martelé les inscriptions et symboles chrétiens, mais aussi marquées par la guerre et le défaut d’entretien consécutif au départ massif des chrétiens du vieux Mossoul. C’est dans cet état de délabrement avancé que Guillaume de Beaurepaire, architecte du patrimoine, les découvre. Fort d’une première expérience de restauration sous maîtrise d’ouvrage de l’association Fraternité en Irak, cet architecte français formé à l’école de Chaillot parcourt, appareil photo en main, les rues d’un Mossoul tout juste libéré et alerte sur l’état du patrimoine.

 

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Une expérience qui vient à point correspondre aux besoins de la fondation ALIPH (Alliance internationale pour la protection du patrimoine). Créée pour sauvegarder le patrimoine menacé, notamment par faits de guerre, la fondation lance un vaste projet de restauration de monuments à Mossoul, parmi lesquels deux mosquées et deux églises, l’église Al-Tahira des catholiques chaldéens et Mar Toma des syriaques orthodoxes.

Les chantiers des églises et d’une des deux mosquées sont alors confiés à Guillaume de Beaurepaire, assisté d’un autre architecte français, Guillaume de Salins, mais aussi d’archéologues et d’experts internationaux.

Transmettre un savoir-faire aux Irakiens

Au-delà d’une simple restauration, l’objectif des projets est de développer, chez les Irakiens, un intérêt pour leur patrimoine et tout un savoir-faire pour en prendre soin. « L’idée était qu’il y ait un transfert de compétences », explique Guillaume de Beaurepaire à Boulevard Voltaire, car « la fonction d’architecte du patrimoine n’existe pas en Irak, où l’on trouve soit des archéologues, soit des ingénieurs, soit des architectes qui ne travaillent que sur du neuf. » « Pour tout ce qui est travaux en plâtre et pierre sculptée, nous avons fait venir des restaurateurs français qui sont venus faire des ateliers de formation. Il y a donc eu un vrai transfert de compétences auprès d’ouvriers irakiens. Le fils du gardien de Mar Toma, par exemple, a acquis une grande compétence et a continué ensuite à restaurer d’autres sculptures. »

 

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Des chantiers écoles

Un constat partagé par le conservateur-restaurateur français Fulbert Dubois, qui a œuvré sur le chantier : « Un des buts principaux de notre mission était la transmission, afin que le personnel irakien formé puisse mettre en œuvre des interventions de manière autonome après notre départ », confie-t-il à BV. Le chantier a donc pris la forme d’un « apprentissage in situ » qui a permis à des ouvriers irakiens, qui « n’avaient pas forcément des compétences techniques », de devenir « des ouvriers spécialisés ». « Ils sont très heureux d’avoir appris de nouvelles compétences qui leur permettront, on l’espère, de pouvoir retravailler ensuite dans la ville actuelle », se réjouit le restaurateur. Ces chantiers ont en effet permis de faire travailler des dizaines d’ouvriers, selon L’Œuvre d’Orient, qui a piloté la restauration de l’église de Mar Toma. En fin de compte, et comme Guillaume de Beaurepaire l’explique à Boulevard Voltaire, « la conséquence heureuse de la guerre aura été de mettre un coup de projecteur sur le patrimoine irakien » et de « recréer un vrai intérêt pour toutes ces questions », autant à l’international qu’à l’intérieur du pays.

Porté par des experts et des associations internationales, le projet a été piloté avant tout par des Français, qui y auront laissé leur patte, puisque les cloches qui résonnent désormais sur la plaine de Ninive, du haut des deux églises, ont été fondues en Normandie, à la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Poêles, à l’endroit même où ont été restaurées celles de Notre-Dame de Paris. Elles sonnent comme un rappel de la beauté du savoir-faire français, capable de rayonner jusqu’aux extrémités de la Méditerranée !

Vos commentaires

19 commentaires

  1. « Les chantiers des églises et d’une des deux mosquées  »
    Deux mosquées ?
    J’oubliais, elles ont été construite grâce au génie des chrétiens.

  2. Il y avait des millions de chrétiens en Irak avant la guerre. Ils ne parlent pas arabe mais araméen. Ils ont une église à Paris et une à Sarcelles.

  3. Superbe ! Espérons là une petite pierre pour défendre le destin des chrétiens d’orient, si menacé par ailleurs, alors que ces derniers descendent historiquement des premiers desdits chrétiens.

  4. Et pendant ce temps là, Macron qui cache son bellicisme sous l’image de la restauration de la Cathédrale Notre-Dame, qui vend et offre des armes à Zelensky, et veut entraîner la France, oh pardon, la Macronie dans une guerre contre la Russie…
    Et bien pendant ce temps là, des pays qui se relèvent de la tyrannie et de la guerre reconstruisent leur patrimoine religieux avec l’aide d’experts français !
    Ce genre d’experts que nous avons vu à l’œuvre à la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ou à la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, à la Basilique Notre-Dame de la Garde, etc.
    La France s’honore et se grandit en envoyant à l’étranger ses experts de l’Art, pas en travaillant à la guerre, ou en exposant des horreurs gonflables Place Vendôme !

    • Quant à reconstruire, intéressons-nous aux 1200 victimes du Hamas le 7 oct 2023. Vous me dites que c’est pas possible car ils sont morts? Incroyable, les morts par principe ne pouvant être que palestiniens.

  5. Magnifique. C’est le genre de coopération qu’il nous faut avoir avec l’Ukraine, et pas de fournir des armes !

    • On acceuille déjà toute la misère du monde, on ne va tout de même pas reconstruire le monde entier, détruit par des mafieux

  6. Dieu y pourvoira, sans cela, c’est un coup d’épée dans l’eau. Espérons que de part et d’autres des gens raisonnables y contribuent.

  7. Peut être un apprentissage de la restauration dans les 2 sens , puisque cela a permis en même temps au conservateur français d’apprendre à restauration d’une des 2 mosquées. Il va bientôt y avoir beaucoup de travail de restauration en France.
    Le ministère de la culture français participe au financement de ces restaurations en Irak? le Louvre peut il compter y mettre à l’abri une part de sa collection islamique?

  8. Pour combien de temps ? Car en terre d’Islam tolérant,les églises deviendraient pérennes ? Les exemples en France peuvent inquiéter.

    • J’ai eu la même pensée, cette expérience pourrait être reprise en France , nous ne manquons pas de chômeurs

  9. Très beau ces 2 réalisations, il est dommage que seul BV en parle, pas un mot dans les JT, faut il avoir honte d’être chrétien pour la presse et les médias de gauche

Commentaires fermés.

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