Veillées et souvenirs : le Noël des politiques
Farouches défenseurs de nos crèches, des racines et de l’identité chrétiennes de la France, on ne présente plus ces hommes politiques courageux. Animés par une liberté intérieure inébranlable, ils bravent les foudres de la bien-pensance, portant haut et fort les valeurs de notre civilisation.
Pour Boulevard Voltaire, Manuel Aeschlimann, Éric Zemmour, Robert Ménard et Philippe de Villiers ont accepté de replonger dans leurs souvenirs d’enfance et de nous les confier. Du père Noël au saint Nicolas en passant par l’Algérie, l’Aveyron et la Vendée, ils nous invitent à partager avec eux ces instants merveilleux où traditions et mémoire se mêlent, et où chaque récit scintille comme une lumière d’enfance dans la nuit de l’hiver.
Entre deux signatures de son dernier livre La Messe n’est pas dite (Fayard), Éric Zemmour remonte le fil de son enfance. Il témoigne qu’il doit beaucoup au catholicisme. Une religion qui a pétri la France et qui a su faire d’un petit enfant juif épris de culture et de littérature un Français de gratitude et de passion. Pour Noël, il se souvient des cadeaux et du sapin naturellement, et déjà curieux dès le plus jeune âge, il témoigne, le visage éclairé d’un sourire malicieux : « Enfant, j’ai toujours essayé de surprendre le père Noël, mais sans jamais y parvenir ! »
Manuel Aeschlimann - le maire LR d’Asnières-sur-Seine que des militants d’extrême-gauche ont tenté, en vain, d’empêcher de rappeler que Noël signifie la naissance de Jésus - puise à son tour dans sa mémoire et nous partage « un souvenir simple » : « celui de mes parents, venant me réveiller le 25 décembre au matin pour me dire que saint Nicolas était passé déposer des cadeaux. Je me levais, et j'allais avec ma sœur, mon père et ma mère, découvrir le joli sapin éclairé avec de véritables petites bougies accrochées aux branches, la crèche et saint Nicolas qui était là au milieu des cadeaux. » Une enfance faite de rites et de traditions transmises joyeusement qui ont probablement nourri aujourd’hui cet enracinement mis au service de son engagement.
Le dernier Noël en Algérie
C’est aussi ce dont témoigne cet autre maire auprès de Boulevard Voltaire : « il ne faut jamais lâcher la main du petit enfant que l’on a été », rappelle Robert Ménard. L’élu biterrois se remémore le souvenir de Noël qui l’a marqué : « Évidemment, c’était le dernier Noël en Algérie. Nous sommes en décembre 1961, et nous fêtons Noël avec mes parents. Ce qui me frappe rétrospectivement, c’est notre inconscience face à la situation. Elle était pourtant dramatique, nous le savions. Je me souviens avoir vu des personnes tuées en sortant de mon école à Oran. Et pourtant, il nous était impossible d’imaginer que ce serait le dernier Noël. Nous pensions continuer à vivre en Algérie, où ma famille était installée depuis 1850. Même mes parents n’imaginaient pas que tout cela pouvait s’arrêter.
Le Noël suivant, en 1962, nous étions à Brusque, dans l’Aveyron. Pour ma famille, c’était une immense tristesse de ne plus être à Oran, la ville où je suis né, où mon père était né, où son grand-père était né. Mais, comme tout enfant, il y avait aussi la joie : pour la première fois, voir la neige, ramasser du houx et le déposer sur la table de Noël. Je trouve cela réconfortant. Même au cœur d’un immense malheur, on retenait ce qu’il y avait de beau.
La maison était froide : c’était une maison d’été, conçue pour nous accueillir en métropole pendant les vacances. Il n’y avait pas de chauffage, et l’hiver 1962 a été terrible, avec une neige abondante et un froid intense, encore plus rude que celui de 1954. C’est le choc entre ces souvenirs : l’inconscience de 1961, la peine de 1962, et, malgré tout, cette constante — les enfants ne retiennent au fond que ce qu’il y a de beau et de merveilleux à Noël, même lorsque les adultes, eux, ont pleinement conscience de la tragédie. »
Enfin, Philippe de Villiers, puisant dans la mémoire de son enfance, élève avec tendresse et poésie ce souvenir intime au rang d’apologue qu'il nous livre en exclusivité.
« Mon enfance était une symphonie et une liturgie »
« Une symphonie, parce que chaque matin montait jusqu’à mes persiennes la triple mélodie de l’Angélus : la cloche, le marteau de l’enclume et le chant du coq. Trois bruits qui réveillaient la campagne : l’appel à la prière, l’appel au travail et l’appel du jour.
Mais aussi une liturgie, car la vie était rythmée par les fêtes et les rituels cérémoniels qui submergeaient notre quotidien et l’illuminaient. Bien sûr, il y avait les œufs de Pâques, la crécelle, les cloches qui partaient à Rome, la Chandeleur et ses crêpes. Mais surtout, il y avait Noël et la crèche.
Quand j’étais petit, un mois avant Noël, les enfants des écoles étaient convoqués par le curé, qui s’appelait Zénobe Roturier, pour aller chercher de la mousse et des feuillages afin d’apporter notre contribution à l’immense crèche installée à côté de la nef, à droite de l’autel. Elle était réalisée par tous les adultes de la paroisse. Il y avait notamment un ange dont la tête bougeait en signe de remerciement quand on glissait une pièce pour les pauvres.
Le souvenir qui m’a le plus marqué concerne l’un de mes camarades d’école, à Boulogne. Je le vois en larmes, le jour de Noël, l’après-midi. Je lui demande pourquoi il pleure. Il s’appelait Étienne. Il me répond : "J’ai eu mon orange, comme mes trois frères et sœurs, dans mon sabot. Mais on n’a pas pu aller à la messe de minuit, parce qu’avec mon père, il a fallu faire le vêlage d’une de nos vaches."
La vache, trésor de la ferme, et la messe de minuit, l’horizon spirituel
J’ai trouvé dans cette confidence une tendresse immense, un dilemme affectif entre la vache, trésor de la ferme, et la messe de minuit, qui en est l’horizon spirituel. En même temps, je me disais que mes petits camarades paysans étaient si pauvres qu’ils gardaient leur orange dans leurs mains jusqu’à ce qu’elle pourrisse, tant elle était précieuse.
La leçon de cette histoire, pour moi, de cette parabole, c’est que l’on attache du prix aux choses qui illuminent le for intérieur, et que la vie prend toute sa valeur lorsque le temporel est ordonné au spirituel. »
Et le dépositaire de l’âme de la Vendée de conclure avec cette double actualité : « les persécutions contre les crèches de Noël, au nom d’un laïcisme du vide, et les éleveurs qui n’iront pas à la messe de minuit parce qu’ils sont contraints de détruire leur cheptel au nom d’une nouvelle morale climatique et de normes de santé publique prétendant sauver l’humanité en faisant mourir les bêtes. »
Finalement, malgré les combats, les exils et les controverses, ces souvenirs nous rappellent que Noël, entre traditions et gestes simples transmis de génération en génération, reste un moment de lumière et de joie. Ce soir, que l’on soit à Paris, à Oran, en Aveyron, à Béziers ou en Vendée, que les cloches résonnent ou que l’on pose un orange dans un sabot, demeure ce trésor immuable : le bonheur de retrouver l’enfant que l’on a été, et de célébrer la naissance de Celui qui a été humblement dans une mangeoire emmailloté.
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16 commentaires
Philippe de Villiers a tout dit : « les persécutions contre les crèches de Noël, au nom d’un laïcisme du vide, et les éleveurs qui n’iront pas à la messe de minuit parce qu’ils sont contraints de détruire leur cheptel au nom d’une nouvelle morale climatique et de normes de santé publique prétendant sauver l’humanité en faisant mourir les bêtes. ». C’est ça la France de demain que nous promet la gauche. Elle a tenu 60 ans en Russie avant de mourir de la lèpres qu’elle avait créée. Les habitants étaient tellement heureux dans ce paradis socialiste que les dirigeants avaient dû inventer une police des frontières non pas pour arrêter un éventuel envahisseur, mais pour empêcher ses propres habitants de le fuir… Que du bonheur, on vous dit, avec la gauche…
Éric Zemmour = chrétien ? C’est un scoop.
Simplement un homme qui ne cherche pas à imposer ses croyances à tout le monde et qui, sans renier les siennes, respecte celle du pays qui l’à accueilli. J’admets que ce soit assez difficile à comprendre pour vous…
Noël appartient aux croyants à ceux qui ont une âme ceux qui se souviennent ceux qui prient…les autres vont faire un bon repas et évaluer leurs cadeaux . Ce n’est pas la même fête …et on ne peut empêcher l’incompréhension et la bêtise.
« le veau d’or est toujours debout »
Il etait un enfant Robert Ménard, tant mieux pour lui, moi c’était different j’avais 20 ans, et cinq copains d’enfance étaient morts suite à des attentats, et surtout que je ne reviendrai pas dans notre Pays. J’avais un copain de classe qui était arabe, nous étions copains, aucun ressentiment. L’Algérie etait composé. De kabyle, d’Arabes, de Francais (mon Père né à Marmande) Maman née à Berrouaghia Algérie ces grands-parents née dans la Provence de Murcia Espagne.l’Algérie était composée de toute la bordure méditerranéenne et même Anglais et Allemands, les Israëlites et les Berberes furent présents avant les Arabes.Mêmes les Romains s’établissent dans toutel’Afrique du Nord. les Turques colonisaire Alger et lancerent des razias sur les côtes du Sud de la France. Les arabes ne vivaient pas en tant que Pays, mais des chefs de guerre qui se combattait entre eux.
J’étais dans ma petite enfance en Algérie … Je n’ai que des flash de certains moments assez marquants… il s’agissait bien d’une guerre …
J’étais la 4e generation à être née à Oran du côté de Maman…. Je n’y suis jamais retournée …..
A ray 1349. A chacun ses idoles!
On aurait apprécié le descriptif d’autres politiciens comme Mélenchon entre autres.
N’en déplaise à BV, Zemmour et Ménard, aucun intérêt !!
N’en déplaise a bruneau.. commentaire méchant et sans intérêt.. joyeux Noël!
Je m’associe à RAY 1349 !!
Vous parlez pour vous ! Et uniquement pour vous !
Merci à BV pour cet excellent article !! Et joyeux Noël
Ne vous en deplaise ça, ce n’est QUE votre avis. Souffrez que tout le monde ne pense pas comme vous… Et c’est heureux.
Ne vous en déplaise, ça ce n’est QUE votre avis. Souffrez que tout le monde ne pense pas comme vous et c’est heureux.
Vous ne croyez pas qu’on côtoie assez la bêtise et la méchanceté les autres jours de l’année ?
Faire une pause ça peut faire du bien et chacun a le droit de dire son ressenti pour Noel
Zemmour aime la France et Ménard se bat pour les crèches de Noel , il vous faut quoi de plus ?
Ne vous en déplaise, votre commentaire est bien ce qu’en dit RAY1349 Méchant et sans intérêt. J’ajoute personnellement que ce n’est pas le premier commentaire de votre part que je qualifierais de la sorte.