Un amendement de gauche pour minimiser les « faits divers » dans les médias

La gauche n’hésite pourtant pas à récupérer les rares faits divers qui nourrissent son discours
Capture écran CNews
Capture écran CNews

En croisade contre le « brainwashing ». Dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public, un aréopage d’élus de gauche - dont Alexis Corbière, Clémentine Autain et Sandrine Rousseau - a déposé, à l’Assemblée nationale, un amendement visant à réduire la place des « faits divers » dans le traitement de l'actualité. Le groupe Écologiste et Social estime ainsi que les médias publics doivent donner l’exemple et « ne pas céder à l'instrumentalisation des faits divers, devenue méthode de cadrage de l'information sur certaines chaînes privés ». Sur le ton de l’indignation, ces députés citent en exemples le meurtre de Lola, à Paris en 2022, et celui de Thomas, à Crépol en 2023, qui auraient été l’occasion de « véritables campagnes de diffusion d’une sémantique racialisante de la part de représentants politiques, d’éditorialistes et de médias d’extrême droite ».

Sus aux médias mal-pensants

Quels sont ces affreux médias qui défendraient « des visions du monde réactionnaires, sécuritaires et racistes, centrées en particulier sur la menace que constituerait l’immigration » ? CNews et le reste de l’« empire médiatique Bolloré » (Canal+, C8, Europe 1, JDD) sont évidemment pointés du doigt, ainsi que « la fachosphère », et notamment Fdesouche, qui n’est pourtant qu’une simple revue de presse. Il faut croire que le récit objectif des faits relève déjà, pour certains, d’un discours anti-immigration intolérable… Très inquiets, les auteurs de l’amendement déplorent la diffusion des « faits divers » au sein de médias historiquement associés à la droite conservatrice (Le Point ou L’Express), dans les journaux télévisés et jusque dans la presse quotidienne régionale.

https://twitter.com/BastionMediaFR/status/1940382143563104735

Sur X, cet appel à la censure du réel a été fraîchement accueilli : « Ces gauchistes me donnent envie de vomir », « Des enfants français ont été violés, massacrés, découpés et des députés veulent qu’on se taise ? », « Ils veulent bâillonner la presse ? C'est dans quel genre de régime, ça ? », « Le seul fait divers autorisé, c'est quand un musulman se fait poignarder par un Blanc dans une mosquée »...

Les bons et les mauvais « faits divers »

Le deux poids deux mesures décrié par les internautes n’est en effet pas le fruit de leur imagination. Ceux qui dénoncent la « récupération » des faits de société par certains médias ou hommes politiques de droite sont les premiers à instrumentaliser le moindre événement susceptible de nourrir leur discours. Après le meurtre d’Aboubakar Cissé dans une mosquée de La Grand-Combe, on a ainsi vu Alexis Corbière se rendre sur place, ceint de sa belle écharpe tricolore, pour y dénoncer « le racisme islamophobe qui se diffuse dans le pays ». Et tant pis si l’acte n’avait en réalité rien de raciste, l’assassin étant atteint de troubles psychotiques

Après l’annonce, dans les médias de service public, d’une soi-disant « agression » d’une femme voilée à Reims, on a aussi vu Clémentine Autain tweeter plus vite que son ombre et affirmer, sans la moindre preuve, que ladite musulmane avait été prise à partie par « une vingtaine d'hommes qui l'ont obligée à retirer son voile ». Et tant pis si le procureur de Reims a indiqué que le caractère anti-musulman de l’altercation « n’a pas été démontré », et que la « victime » supposée ne répondait étrangement plus aux enquêteurs.

https://twitter.com/SlMONWEINBERG/status/1937065364405592404

Dans leur amendement, les députés du groupe Écologiste et Social citent un certain Samuel Bouron, sociologue de son état. Ce maître de conférences en sociologie à l'université de Paris Dauphine joue carte sur table : selon lui, « la structuration contemporaine de l’espace médiatique assure une diffusion croissante aux cadrages proposés par l’extrême droite, au détriment des cadrages avancés par la gauche ». En clair, la gauche a perdu le contrôle des médias et doit tout faire pour le récupérer. En janvier dernier, le même homme avait pris la parole, appelant son camp au sursaut : « L'extrême droite sature l'espace médiatique. Nous devons agir sur les structures de l'espace médiatique pour inverser la tendance et diffuser nos idées », exhortait-il alors, au bord de la panique.

À mesure qu’elle perd le combat culturel et la bataille des idées, la gauche se radicalise. Elle n’a plus d’autre arme que la censure pour imposer son récit.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

31 commentaires

  1. Cette manœuvre des gauchistes dont leur but c’est d’endormir la population est l’évidence que que les faits divers liè étroitement aux faits de société sont en fort augmentation incontrôlable.

  2. On voit le niveau de tolérance de ces gens là, et qui nous traitent de fach’o tous les 5 minutes alors que ce sont bien EUX justement
    Donc ne plus dire quand un FDS se fait assassiner c’est si facile et ne relater que les actes dont leur electorat serait soit disant victime !!!
    Ces gens sont vraiment dangereux, pour ceux qui n’ont pas encore compris !!!

  3. Un amendement pour légaliser une situation, l’omission ou la défiguration d’actes barbares qui explosent ? Mais la presse d’Etat pas besoin d’un amendement pour ce faire : elle le fait déjà, ça doit être dans les gènes des islamo gocho.

    • Tout a fait, écouter l’audiovisuel publique c’est vivre serin à la manière de l’autruche jusqu’au jour où… ..

  4. Pourquoi limiter, interdisons carrément. Le Conseil d’État pourrait devenir le Ministère de la véritable information, on pourrait faire une journée de la haine anti droite ( pour ceux qui n’ont pas encore lu 1984)

    • À croire que « 1984 » est le bréviaire de la gauche. Ces gens-là ont le totalitarisme dans les gènes. Ce serait tellement mieux des informations filtrées et diffusées obligatoirement dans chaque foyer.

    • Je l’ai acheté et pas encore lu, mais à force d’en entendre parler, j’ai un peu peur je dois dire

  5. Que ne ferait-on à l’extrême gauche pour défendre racailles et barbares. En fait il ne sont pas plus reluisants que ceux dont ils minimisent les exactions …

  6. La gauche est aux abois mais se trompe de combat. Les réseaux sociaux ont libéré la parole et les français sont de moins en moins aveugles et ne s’en laissent plus conter.

  7. La gauche qui contrôle 95% des media trouve que ce n’est pas démocratique. Il leur faut 100% pour recréer la Pravda …

  8. pour moi ce ne sont pas des faits divers ce sont des crimes perpétrés par des adolescents qui devraient être traités comme des adultes car pour moi un enfant bien éduqué ne commet pas de tels actes.

  9. Censures, menaces, anathèmes, la gauche perd pied et n’a plus que ces moyens pour tenter d’exister…

  10. Quand tu ne peux plus cacher la vérité… tu censure …. Heureusement plus personne de sensé n’écoute ni ne regarde ces médias si chers à nos porte -feuilles !!!

  11. Comme dit plus haut: « À mesure qu’elle perd le combat culturel et la bataille des idées, la gauche se radicalise. Elle n’a plus d’autre arme que la censure pour imposer son récit. » Pauvre gauche…

  12. Ces gauchistes ce jour en pls.
    Eric Zemmour a été relaxé pour avoir fait le lien entre immigration et la délinquance.
    Durant sa campagne électorale en 2022

  13. Ils sont visiblement très inquiets. C’est peut-être ce qui les perdra, car ils vont accumuler les comportements excessifs.
    Ne pas admettre le caractère extrêmement grave de crimes qui par ailleurs se multiplient, c’est inadmissible. C’est aussi particulièrement cruel pour les familles.

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