Ultra-gauche à Sainte-Soline : Mediapart et Libération déchaînés contre nos gendarmes

"Ces images révèlent des consignes de la hiérarchie normalement interdites, car dangereuses", explique Mediapart.
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Mediapart et Libération s’y sont mis à deux. Les rédactions du site créé par Edwy Plenel et du quotidien de gauche héritier de Sartre ont produit un travail de bénédictin – horresco referens ! – pour passer au tamis 84 heures d’images tournées par les gendarmes, à l’aide de leur caméra portée, le 25 mars 2023. Ce jour-là, plusieurs cortèges de manifestants déferlent sur les terres des agriculteurs de Sainte-Soline, une petite commune des Deux-Sèvres. Objectif : empêcher la création de la retenue d’eau mise en place par un collectif d’agriculteurs disposant pourtant de toutes les autorisations nécessaires. Et casser du flic.

Ces images venues des caméras des gendarmes ont été saisies par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dans le cadre d’une enquête préliminaire du parquet de Rennes portant sur le comportement des quelque 3.000 gendarmes mobilisés, à la suite d'une plainte de quatre manifestants blessés. Les mêmes images sont donc, comme par magie, aux mains des deux médias qui ont tout épluché.

Dans leur quête, Mediapart et Libé sont convaincus d’avoir fait la preuve que certains gendarmes excédés ont commis des erreurs. « Ces images révèlent des consignes de la hiérarchie normalement interdites, car dangereuses, explique Mediapart, qui consacre à l'affaire une dizaine d'articles. Et une apparente cruauté de certains gendarmes, qui semblent tirer sans discernement : ils se réjouissent à de nombreuses reprises de blesser lourdement des manifestant·es. À la vue de ces images, l’IGGN aurait pu signaler au parquet ces potentielles infractions : elle n’en a rien fait. » Les gendarmes, ces forces bestiales...

« Des carences »

Facile, vu de Paris. Plus compliqué, sur le terrain. Joint par BV, une source expérimentée, au fait du dossier au sein du ministère de l'Intérieur, réagit : « Les images [de Mediapart] restituent l’ambiance de guerre qui régnait : on voit des gendarmes touchés par un très haut niveau de stress du fait des violences et des attaques dont ils font l’objet, attaques comprenant des jets de cocktail Molotov. » Les tirs tendus sont destinés à éviter l’encerclement. Les gendarmes visent en particulier les banderoles qui dissimulent des objets d’attaques.

Pour autant, pas question de nier. Les propos des gendarmes sont « crus », ils sont « inacceptables bien sûr, mais ils trahissent un état de décompression des militaires en réalité fatigués », poursuit notre interlocuteur au ministère de l’Intérieur. Cette source admet « des carences », notamment lorsque les militaires se vantent d’avoir tiré dans l’intention de blesser des manifestants, aucun gradé ne les rappelant à l’ordre...

Mais il s’agit de 12 minutes sur 84 heures et d’une dizaine de militaires mis en cause, sur les 700 présents. Évidemment, inutile de compter sur Mediapart et Libé pour chercher dans cette masse d’images celles qui mettront en cause… les manifestants !

La chasse est donc ouverte mais n’empêche pas qu’on pose quelques questions.

D’abord, il est curieux que ces documents destinés à la Justice se retrouvent entre les mains de deux médias de gauche. Qui les a communiqués à cette presse pas vraiment neutre, et pourquoi ? Les avocats des parties civiles ? Les magistrats ? Lorsqu’il s’agit de salir ceux qui assurent le maintien de l’ordre dans des conditions très difficiles, on trouve des volontaires.

Par ailleurs, ces documents sortent opportunément alors que l’enquête judiciaire est avancée mais encore en cours. Idéal, pour orienter ou réorienter les débats et pour influencer les décisions à venir...

« Oui, Serge est fiché S »

Enfin, les deux médias de gauche glissent très vite sur les exactions des manifestants d'ultra-gauche à Sainte-Soline, très proches par leur profil de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Il faut ainsi rappeler l’incroyable violence qui a déferlé autour de la bassine, ce 25 mars 2023. On a vu un agriculteur en pleurs, meurtri par cette manifestEXPLIQUation de haine contre une profession qui n’y est pas préparée.

Les manifestants, eux, sont souvent rompus à l’exercice. Les parents de Serge, un manifestant ordinaire grièvement blessé, ont ainsi expliqué au printemps 2023 : « Oui, Serge est fiché S, comme des milliers de militants dans la France d’aujourd’hui. Oui, Serge a eu des problèmes judiciaires, comme la plupart des gens qui se battent contre l’ordre établi. Oui, Serge a participé à de nombreux rassemblements anticapitalistes – comme des millions de jeunes dans le monde qui pensent qu’une bonne révolution ne serait pas de trop. »

Les trois organismes organisateurs - Les Soulèvements de la Terre, Bassines non merci et la Confédération paysanne - avaient délibérément refusé de déclarer cette manifestation, malgré les demandes de l’administration. Elle était donc interdite ; ils ont bravé l'interdit.

Mobilisés plusieurs semaines avant la date, du fait des dégâts attendus, la préfecture et la gendarmerie avaient pris soin d’interdire aussi « le port et le transport d’armes et de munitions » et « la vente, le transport et l’utilisation d’artifices et carburants au détail, acides, produits inflammables, chimiques ou explosifs ». Des victimes, on vous dit.

Dans son rapport officiel après la manifestation, la préfecture soulignait que la Ligue des droits de l’homme, la Confédération paysanne, l’Union départementale CGT 79 et Solidaires 79 avaient contesté par référé-liberté, auprès du juge administratif le 22 mars, l’arrêté sur « le port et le transport d’armes par destination »… Pourquoi ?

Pierres, boules de pétanque, cocktails Molotov, cocktails incendiaires

Face aux gentils manifestants, la préfecture avait prévu cinq équipages SAMU, 37 véhicules dits SDIS et un hélicoptère… lesquels auront du mal à approcher des zones de combat.

La manifestation est si violente que Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, prend les grands moyens : « Je constate comme vous l’extrême violence de certains groupuscules [...] et je pense notamment au groupement de fait des Soulèvements de la Terre. […] J’ai donc décidé d’engager la dissolution des Soulèvements de la Terre, que je proposerai après un débat contradictoire à un prochain Conseil des ministres. »

Sur les quelque 8.000 manifestants venus en Poitou (30.000, selon Les Soulèvements de la Terre), les gendarmes en ont contrôlé 7.000. Résultat ? Un sur dix avait déjà eu affaire à la Justice ! 130 étaient mentionnés au Fichier des personnes recherchées et 76 étaient tout simplement… fichés S !

La police note scrupuleusement les armes employées : pierres, boules de pétanque, cocktails Molotov, cocktails incendiaires, sans doute cocktail à l’acide. Bilan : quatre véhicules détruits par le feu, des blessés graves, des blessés légers des deux côtés…

49 gendarmes blessés

Si les services de l’État se mobilisent en 2023, c’est aussi parce que les précédentes éditions ont marqué. Le 21 septembre 2021, une manifestation plus petite a provoqué 20.000 euros de dégâts, deux gendarmes blessés ; le 6 novembre 2021, 400.000 euros de dégâts et trois gendarmes blessés ; le 29 octobre 2022, 61 gendarmes blessés par les manifestants qui lancent des pierres, des cocktails incendiaires et des chandelles romaines. À l’occasion des contrôles préventifs ordonnés par la préfecture, « de nombreuses armes et produits dangereux ont été découverts par les forces de l’ordre », précisait la préfète. Lors de la manifestation précédente, les 29 et 30 octobre, toujours à Sainte-Soline, la police avait déjà saisi des mortiers, pierres, boules de pétanque, cocktails Molotov et barres de fer.

Le 25 mars, la préfète dénoncera l’usage « en très grand nombre » de « cocktails Molotov, mélanges incendiaires à retardement », mortiers d’artifice ou pierres. Bilan humain et matériel : 49 gendarmes blessés, quatre véhicules de gendarmerie détruits. Sans parler des dégâts matériels et psychologiques auprès des agriculteurs pris pour cibles. Bilan judiciaire ? Seize militants d’ultra-gauche, seulement, seront condamnés, dont huit avec sursis… La dissolution des Soulèvements de la Terre demandée par Darmanin a été suspendue par le Conseil d’État en août 2023. Et, désormais, la gauche veut faire payer... les gendarmes !

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 10/11/2025 à 11:20.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

35 commentaires

  1. Je soutiens les gendarmes qui doivent en avoir ras le bol de voir et de subir toute cette violence sans pouvoir réagir. C’est le reflet de la France à l’heure actuelle. On cautionne, les voyous ont toujours raison aux yeux de Mediapart et Libération , journaux torchons. Que feront ils quand il n’y aura plus de gendarmes et autres faute de vocation. Bonne question, non ?

  2. il faut bien voire la violence extrême de ces groupuscules d’ultra gauche , a la limite du fascisme, de ces black blocs.

  3. Soutien inconditionnel à la gendarmerie qui a répliqué proportionnellement à l’attaque. Qui s’y frotte….

  4. Je soutient totalement sans aucune réserve, l’action de nos forces de l’ordre et en particulier les gendarmes attaqués à Sainte Soline.

  5. La manifestation de Sainte Soline était interdite, donc les « manifestants » n’avaient rien à faire là, et n’auraient pas dû s’y trouver. Alors de quoi se plaignent-ils ? Par contre les Forces de l’Ordre y avaient toute leur place pour en chasser par tous les moyens ces délinquants qui en plus mettaient le feu aux camionnettes de la Police

  6. A force de deblaterer sur nos forces de l’ordre et de les enfoncer systematiquement et de jamais les soutenir en cas de probleme,beaucoup vont se casser de cette profession. Risquer sa peau pour 2000€,ca tient du sacerdoce! Il sont le dernier rempart contre le chaos. Imaginez un monde ou la racaille pourrait casser et agresser les gens,sans risque. C’est ce qui risque d’arriver a breve echeance si nos politiques continuent de denigrer la police. Un jour,ils en aurons tellement marre qu’ils rentreront chez eux au lieu de proteger la population et chacun devra se defendre contre la racaille. La gurerre civile n’est pas loin.
    Merci a nos politicards depuis 1981.

    • pourquoi vous parlez au futur ? vous ne voyez pas que c’est délà le cas ! la philarmonique – le chatelet – les tirs qui ont tué une jeune femme étudiante, un petit garçon – mme halimi etc…..
      ça sent de plus en plus « la poudre » et la guerre civile : elle existe dejà dans les cités, une guerre civile atypique hourdie par la délinquance de tout poil

  7. A problème exceptionnel solution exceptionnelle. Visiblement l’exécutif a dû mal à comprendre ce concept et c’est pour ça qu’on est devenu un pays ridicule pour la terre entière.

  8. Rien de choquant là-dedans. A-t-on les enregistrements des propos tenus par les groupes d’extrême gauche ? Non, bien sûr !
    On a eu droit à la même polémique lors de la mort de khaled kelkal abattu par les forces de l’ordre. C’est tout simplement un langage qu’on tient dans le feu de l’action, au combat, c’est cru, c’est ordurier, c’est vulgaire, c’est l’adrénaline qui parle. Ces informations ne devraient pas être communiquées au public qui n’y comprend rien. Peu de gens en effet ont déjà été confrontés à un risque mortel, à des gens en face qui veulent leur mort … et c’est heureux. L’ignorance a parfois du bon et toute vérité n’est pas bonne à dire, notre sécurité est à ce prix. Si ces manifestants s’étaient comportés paisiblement, rien de tout cela ne serait arrivé, mais cette vérité semble gêner la presse de gauche.

    • Exact. Ce qui sort de la bouche dans le feu de l’action n’est pas très beau parfois, mais c’est le vivant qui réagit en situation de danger. En face, ce n’est pas mieux.
      Reste à savoir si sur le fond les manifestants n’ont pas raison ?

  9. C’est quoi cette manie de nommer les abrutis de gauche  » d’ultra gauche  » ? Ça ne veut rien dire ça, sinon il faut nommer la droite patriote d’ultra droite . Non les gauchistes sont bel et bien d’extrême gauche.

  10. C’est vrai ça, à la fin !
    La gauche permet déjà aux gendarmes de se faire molester, insulter et estropier !
    Ils ne vont pas encore « la ramener » en plus !

  11. J’ai connu des pays où l’ultra gauche était au pouvoir. Ils ne fonctionnaient que par la propagande. Avec le temps ,personne ne l’a croyait. Mais en France, cette propagande fonctionne encore et est crue par certains.

  12. Un moyen pour « masquer » les violences policières des gendarmes agressés, supprimer toutes subventions à Médiapart et Libération. La gendarmerie ne fait que répliquer.

    • Libération fait effectivement partie des 809 titres de presse recevant des subventions publiques. En 2023 ce journal a été aidé à hauteur de 4,274 millions d’euros sur une enveloppe nationale globale de 137,6 millions d’euros.
      Il existe une autre aide indirecte qui bénéficie à toute la presse écrite française sans exception sous la forme d’une TVA spéciale réduite à 2,1 % au lieu du taux normal de 20 %, ce qui représente un très gros avantage par rapport aux autres secteurs d’activités.
      Ce n’est en revanche pas le cas de Mediapart qui, pour rester indépendant et ne rien devoir au pouvoir, ne dépose aucun dossier de demande d’aide, et ne reçoit donc aucune subvention publique.

  13. Pour Mediapart et Libération, les fichés S , l’extreme gauche, les casseurs en tout genres, les lanceurs de Molotov , de bombe d’artifices sont des anges ; par contre les Gendarmes qui font respecter les lois républicaines de ce pays sont de dangereux criminel , qu’il faut dissoudre les forces de l’ordre (gendarmes, policiers) .
    Il est tant que la France retrouve un véritable gouvernement qui fasse le ménage une fois pour toute , a commencer par la presse en supprimant définitivement les aides qu’elle touche qui permettent a ces deux journaux d’exister, ainsi que remettre de l’ordre dans le système judiciaire .

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