UE : le prix Charlemagne attribué à Mario Draghi pour l’ensemble de son œuvre
Mario Draghi est désigné pour le prix Charlemagne 2026. Son nom s’ajoute à une liste déjà longue de lauréats qui ont vu honorée leur contribution « à l'Europe et à l'unité européenne ». Ursula von der Leyen en 2025. Volodymyr Zelensky en 2023. Emmanuel Macron en 2018. Que des pointures.
Le poids de l’Histoire
Ce prix est remis par la ville impériale d’Aix-la-Chapelle. Dans le comité, on trouve des « membres nés » comme le maire de la ville et le doyen de la cathédrale. Ainsi que des membres élus et des membres désignés, issus de la société civile. Président de la Banque centrale européenne de 2011 à 2019, Mario Draghi a récolté leurs suffrages. C’est la première fois, peut-être, que des gens ont voté pour Draghi, économiste et politique qui a mené sa longue carrière en étant toujours nommé — jamais élu.
Tout sonne faux, dans ce prix. D’abord, la confusion entre « l’Europe », réalité géographique, historique et civilisationnelle, et l’Union européenne, qui est une tout autre réalité. Ensuite, la démesure entre une référence, Charlemagne, et les personnalités qui reçoivent le prix. L’empereur fut un contributeur de l’identité européenne alors qu’elles sont des technocrates ardents — leur seule ardeur —, ardents à piétiner l’identité chrétienne du continent. Charlemagne et Draghi ? Un empereur haut en couleur d’un côté, un petit homme gris de l’autre.
L’Europe restée à l’état de rêve
Dans les années trente, l’intellectuel espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955) voyait comme inéluctable l’avènement d’un État continental (La Révolte des masses, Stock). À ses yeux, ce serait une nouvelle forme de « l’équilibre européen » tel qu’il se maintenait vaille que vaille entre nations depuis plusieurs siècles. Une nécessité historique que ne pourraient entraver que la Chine ou « un tremblement du grand magma islamique ». Ortega y Gasset serait surpris du fonctionnement de cette Union européenne qui laisse pénétrer sur son sol et les produits manufacturés chinois et de larges coulées dudit magma.
« Dans la super-nation européenne que nous imaginons, expliquait-il encore, la pluralité actuelle ne peut, ni ne doit disparaître. (…) L'idée nationale plus purement dynamique exige la permanence active de cette pluralité qui a toujours été la vie de l’Occident. » Une pluralité vomie par l’UE, qui impose une normalisation des lois et, dans la mesure où elle le peut, des mœurs et des pensées. C’est exactement à quoi œuvrent des gens comme Mario Draghi, passé du professorat aux institutions via la banque — sans devenir un homme d’État digne de ce nom.
Les « ennemis » de l’UE
L’Union européenne assume aujourd’hui ce que Ortega y Gasset considérait comme « le plus grand danger qui menace aujourd'hui la civilisation » : « l'étatisation de la vie, l’"interventionnisme" de l'État, l'absorption de toute spontanéité sociale par l’État ». En matière d’étatisation, Draghi s’y connaît. On lui doit un document contenant « 383 recommandations » pour réformer l’Union européenne, pas moins. Enfoncé, Charlemagne et les 82 points de son « Admonition générale » !
Le prix a été remis à Draghi pour avoir « obtenu d'excellents résultats pour l'Europe grâce à sa détermination et à sa résolution ». Il avait pourtant, en septembre 2024, reconnu officiellement les échecs de l’UE dans de nombreux domaines, échecs auxquels il n'était pas totalement étranger de par sa position : « Envahie, débordée, appauvrie, endettée », synthétisait Marc Baudriller. De quoi vous rendre eurosceptique ou frexiteur subito. Bien entendu, ce ne sont pas ces échecs que Mario Draghi a dénoncés, lors de l’annonce du prix. Il n’allait pas cracher dans la soupe. « L'Europe n'a peut-être jamais compté autant d'ennemis qu'aujourd'hui, tant intérieurs qu’extérieurs », a-t-il déclaré. On imagine qu’il vise Trump, Poutine et « l’extrême droite ». C’est dire l’envergure de sa pensée politique. Charlemagne n’a qu’à bien se tenir.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































16 commentaires
Et le prix Nobel d’économie pour Amadeus Macron !
les loups ne se mangent pas entre eux
A quand la légion d’honneur aussi ?
Vu les » nomines » ce prix devrait plutôt s’appeler » charlots »..ceci sans vouloir offenser charly Chaplin qui lui était vraiment
un acteur en son temps..
La renommée de ce prix doit se limiter aux bureaux de ses lauréats , qui ont tous œuvré comme fossoyeurs de l’Europe des nations , celle du président C. de Gaulle .
Après Macron, Zelenski et Layen, lourd fardeau ! Ahahah. Ce n’est plus « sacré Charlemagne », au fait je suppose qu’ils ne savent même pas de qui il s’agit…
Sans connaître ce Mr – il paraît qu’il aurait fait un bon rapport, cela fait congratulation de copains.
Le prix Pinocchio serait mieux adapté…
Le roi du quantitative easing, pour le prix des désastres. Le « whatever it takes » pour sauver l’euro, cette monnaie absurde. l’UE sait récompenser ses plus grands échecs.
Charlemagne déshonoré ; un chevalier c’est autre chose qu’un financier il risque sa vie pour l’honneur , un financier risque la vie des autres pour se gaver.
A vomir.
Charlemagne doit se retourner dans la tombe !
Vous avez raiosn .
Avec la liste lue sur cet article = » Ursula von der Leyen en 2025. Volodymyr Zelensky en 2023. Emmanuel Macron en 2018. » et Mario Draghi en 2026, Charlemagne va même peut être sortir de sa tombe!
Comment oser donner un prix du nom de Charlemagne à ces pitres? Mystère!
Ils doivent être content les grecs. C est quand même Draghi qui les a mis dans la merde.. comment l europe peux lui donner un pour » l’ensemble de son oeuvre. ». il est vrai que les députés n’ont pas beaucoup de mémoire ..
.La nature des fonctions de Mario Draghi chez Goldman Sachs entre 2002 et 2005 constitue la grande zone d’ombre du parcours professionnel du nouveau président de la Banque centrale européenne (BCE). En particulier, son rôle dans l’affaire du maquillage des comptes de la Grèce reste un mystère.
Pourquoi pas lui, après Micron Zélensky et Ursula un âne de plus ou de moins ne changera rien au désastre de l’UE
La récompense des cancres pour la gamelle de l’UE