[TRIBUNE] Municipales : la sécurité, premier enjeu pour les Français. Que faire ?

En tête des préoccupations des Français (51 %), loin devant les questions économiques (31 %) ou d’environnement.
police

Selon le dernier baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat, la sécurité, à l’occasion des prochaines élections municipales de 2026, arrive largement en tête des préoccupations des Français (51 %), loin devant les questions économiques (31 %), de propreté ou encore d’environnement (26 %).

Pour les futurs maires de 2026, la sécurité, une priorité absolue

Face à l’évolution rapide de la délinquance, en particulier dans ses manifestations les plus violentes, et à l’exigence croissante de tranquillité publique, la sécurité des habitants ne peut plus se contenter d’un modèle d’intervention cloisonné et réactif. Les maires - c’est le message envoyé par ce sondage - doivent faire de la sécurité locale une priorité absolue. À l’heure où nos concitoyens expriment un fort besoin de protection, il est temps d’assumer pleinement ce que la loi autorise : faire de la commune un acteur à part entière de la sécurité du quotidien. La sécurité n’est pas seulement l’affaire de l’État, elle se vit, se construit et se protège d’abord au coin de la rue, sur la place du marché ou devant l’école. Ce sont nos élus locaux, nos policiers municipaux, nos partenaires et nos habitants qui, ensemble, peuvent garantir ce « bien commun » qu’est l’ordre public.

Notre pays dispose d’atouts que beaucoup nous envient, une police nationale et une gendarmerie efficaces, une police municipale reconnue comme la troisième force de sécurité publique, des outils juridiques renforcés, même si pas toujours utilisés avec pertinence, et la possibilité de coproduire la sécurité avec l’État. Mais ces atouts ne suffisent pas si nous ne les transformons pas en actions concrètes ; présence policière sur le terrain aux heures où les problèmes surviennent vraiment, coopération fluide avec la police nationale, la gendarmerie et le parquet, écoute des habitants et retour régulier sur les résultats obtenus.

Diagnostiquer les « points noirs »

La lutte contre la délinquance du quotidien doit être menée avec constance. La sécurisation des abords d’écoles et la prévention auprès des jeunes sont des piliers, tout comme l’amélioration de l’éclairage et la rapidité de remise en état des espaces publics dégradés. Établir une politique communale de sécurité efficace nécessite de passer par trois étapes successives. En premier lieu, diagnostiquer les « points noirs » de sécurité en associant forces de l’ordre, élus et habitants. Dans un second temps, déployer les ressources là où elles sont utiles, patrouilles pédestres ou véhiculées, vidéoprotection ciblée, arrêtés municipaux adaptés. Enfin, évaluer les actions menées en toute transparence avec des indicateurs publics, des réunions de quartier et un dialogue permanent.

D’un point de vue strictement opérationnel, il conviendra, pour les équipes municipales nouvellement élues, de veiller à la clarification des missions et à la répartition de celles-ci entre l’État et les autres collectivités parties prenantes. Sans doute faudra-t-il, dans de nombreuses communes, renforcer les effectifs de police municipale afin d’optimiser le temps d’occupation de la voie publique, en particulier en soirée et la nuit. De nouvelles compétences techniques devront être mises en place afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle des policiers municipaux sur le terrain : accès aux fichiers, armement généralisé, possibilité de relever l’identité, etc. Par ces moyens, les polices municipales doivent pouvoir « soulager » significativement la police nationale et la gendarmerie de nombreuses missions de prévention, tout en étant parfaitement coordonnées avec elles.

Un effort important devra également être réalisé afin de doter les polices municipales des moyens techniques et humains indispensables. Humains par des recrutements ciblés et adaptés, techniques par le développement de la vidéoprotection et des autres outils, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle. Des socles de formation communs aux différentes forces de sécurité devront également être développés.

Trop longtemps considérée comme un slogan électoral que de nombreux élus s’empressent d’oublier, une fois parvenus aux responsabilités, la sécurité du quotidien est un engagement qui se travaille jour après jour pour que chacune et chacun se sente respecté, libre et protégé. Cela suppose des moyens, de la volonté politique, mais aussi l’implication des habitants : signaler, dialoguer, participer aux instances locales de sécurité. Et c’est au maire, garant de l’ordre public et qui dispose de nombreux pouvoirs dans ce domaine, d’agir en chef d’orchestre de la coproduction de sécurité. À ce titre il coordonne police municipale, forces de sécurité de l’État, parquet et acteurs locaux. Il fixe des priorités claires, déploie les moyens nécessaires et rend compte à ses administrés des résultats obtenus. Visibilité, rapidité, transparence, trois clefs pour rendre la sécurité tangible et regagner la confiance des Français. Voilà quel sera l’enjeu majeur, lors des prochaines élections municipales.

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Olivier Damien
Conseiller régional RN de Bourgogne-Franche-Comté, Commissaire divisionnaire honoraire

Vos commentaires

54 commentaires

  1. 51% des français, quelle majorité !!! Des dirigeants inconscients ( ou faisant mine de l’être ) une opinion publique ignorante de la destruction de notre pays et de notre civilisation car conditionnés par des médias majoritairement gauchisantes…Pourquoi notre « douce France » est devenue en si peu de temps ce triste pays où l’on ne dit pas ce que l’on pense, par peur de représailles. Oui, pourquoi ???

  2. Encore du bla bla et de l’usine à gaz. Une répression sans faille, des condamnations immédiates, le sursis, seulement pour de menus délits et une seule et unique fois, camp disciplinaire à la moindre récidive.

  3. Ce qui est décrit là est valable pour des villes moyennes ou grosses. Dans ces villes la contradiction des électeurs est de se préoccuper légitimement de leur sécurité. Mais c’est aussi dans ces villes que ces mêmes électeurs votent immanquablement et de plus en plus pour des représentants de partis qui agissent à l’inverse et qui sont, pour certains, anti-police.
    Pour les petites villes, ou les villages plus ou moins gros, quid de l’action des maires ? Car ici pas de police municipale car trop petits et de moins en moins de gendarmes. Et pourtant la délinquance s’étend de plus en plus dans nos campagnes à cause des politiques gouvernementales. Délinquance qui devrait vite prendre de l’ampleur dans ces villages où les forces de l’ordre sont absentes (ou qui préfère attendre 3 heures au bord d’une route pour attendre l’hypothétique excès de vitesse …).

  4. la police municipale !!!!! « ouverte » de 7H à 18 H 30……….avec un chef, copain du maire, planqué dans son bureau et pour lui c’est 9H à 12H30 et 13H30 à 18 H…….
    un bureau comme un autre……

  5. « QUE faire » ?.. 1/ autoriser les policiers à tirer 2/ embastiller les fauteurs de trouble au premier faux pas/ 3/ Appliquer la perpète quand elle est prononcée ET 4/Revenir sur la peine de mort par un referendum !

    • Bien vu furioso, je rajouterais arrêter l’immigration massive et réactiver le délit de présence illégale abrogé par Hollande en 2012 .

  6. Pour ma part c’est l’économie le plus grave et imminent des dangers, car sans le nerf de la guerre on ne peut rien faire : il manque du personnel soignant, faute d’argent !
    FDO un peu limite en effectifs et ressources… faute d’argent !
    Pas assez de place en prison… faute d’argent !
    Routes en mauvais entretien … etc, etc
    Et cette dette qui ne cesse d’augmenter vertigineusement !

    L’insécurité n’est que la conséquence de l’indigence de nos pouvoirs publiques, du manque de fermeté de la Justice politisée à gauche, du « pas de vagues » présidentiel qui a peur pour son image !

  7. Il me semble qu’il manque un violet important dans cet article, la justice. Remise en liberté presque immédiate, condamnations plutôt légères. Il serait sans doute intéressant de passer de l’éducatif au répressif, n’en déplaise à notre belle gauche.

  8. La sécurité, premier enjeu pour les français . Autrement dit , les français ont peur partout et à toute heure et cela à juste titre . Or , une population qui vit dans la crainte est susceptible d’avoir des réactions d’ampleur imprévisibles . Même la propagande mondialiste immigrationniste ne pourra éteindre l’instinct héréditaire enfoui au plus profond de nous .

  9. Multiplier la présence de la police un peu partout ne sert à rien tant que les policiers n’auront pas le droit d’utiliser leur arme .
    Tirer quand attaque et mise en danger autant d’un policier que du public !! Et ça en calmerait qques uns …. pourquoi les policiers ont-ils une arme? Question à poser aux responsables payés pour y répondre!!

    • et même si on doublait les effectifs de police, cela ne servirait à rien tant que la justice sera aussi laxiste qu’aujourd’hui ! L’impunité permanente actuelle est bien la source de l’insécuité grandissante que nous vivons.

  10. La sécurité et l’immigration en premier lieu, une bonne gestion des communes. Idem pour les présidentielles.

  11. Les outils pour lutter contre l’insécurité existent. Il faut les utiliser . Mais les parlementaires ne le veulent pas qu’ils soient de gauche ou comme certains de droite. Le voudraient ils que les magistrates judiciaires administratives , des conseils d’état ou constitutionnel s’y opposeront par ideologie. Et pour commencer il faut avoir le courage de dire qui est l’ennemi.

  12. Nombre de maires mettent de caméras et même des caméras avec IA. Ces maires arment leur police municipale. Mais ce n’est que cautère sur une jambe de bois.
    L’affaire Nahel a montré que le pouvoir socialo-macroneux embastille des policiers et non des racailles !!! Quant à la présomption d’innocence…
    Il faut mettre fin à ce scandaleux principe de proportionnalité dans la légitime défense. Si un islamiste vous attaque à la machette et que vous le descendez avec une arme à feu, la « justice » vous accusera de ne pas avoir riposté de manière proportionnée. Car certains juges sont dingues et sont capables du pire.
    Il faut établir une présomption irréfragable de légitime défense quand un policier sort son arme. ça refroidira les lanceurs de mortiers, mais aussi ceux qui s’amusent avec des kalachnikovs.
    Il est grand temps de remettre le bagne au milieu du village !

    • Pourquoi armer.la police municipale puisqu’ils la police n’a pas le droit de se servir de son arme sous peine de se retrouver en prison….à la place du délinquant criminel ??

    • très juste mais on laisse courir la majorité silencieuse et ignorante couarde et résignée face a des fanatiques anti françe

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