[TRIBUNE] La France laisse mourir ses agriculteurs et feint de s’en étonner

La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété.
©Jean Bexon
©Jean Bexon

La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété : celui du temps court contre le temps long, de l’idéologie contre le réel, de la posture morale contre la souveraineté.

Depuis des années, les gouvernements successifs traitent l’agriculture non comme une activité vitale, mais comme un problème à encadrer. Chaque crise donne lieu à un plan d’urgence, chaque colère à une promesse, chaque drame à un chèque. Mais jamais à une remise en cause de fond. On colmate, on subventionne, on communique - pendant que les exploitations disparaissent, que les campagnes se vident et que les vocations s’éteignent.

 

Ce n’est plus une incohérence : c’est une trahison

L’agriculteur vit dans le temps long. Il raisonne en saisons, en rotations de cultures, en fertilité des sols, en transmission d’exploitation. Le politique vit dans l’instant : un plateau télé, un tweet, une échéance électorale. Cette fracture temporelle est au cœur du désastre. On gouverne le vivant comme un dossier administratif, à coups de normes changeantes, d’interdictions soudaines et d’objectifs contradictoires.

On exige des agriculteurs français qu’ils produisent moins, plus cher, plus propre - ce qui peut s’entendre - tout en ouvrant grand les frontières à des produits importés qui ne respectent aucune de ces contraintes. Une fois entrés dans l’Union européenne, ces produits circulent librement. La morale s’arrête aux frontières ; le dumping, lui, circule sans entrave. Ce n’est plus une incohérence : c’est une trahison.

Même aveuglement sur les intrants agricoles. Au nom d’une écologie de slogans, l’Europe a sacrifié une part de sa capacité à produire ses propres engrais, créant une dépendance stratégique majeure. Résultat : explosion des coûts, vulnérabilité géopolitique, et agriculteurs sommés d’absorber seuls les conséquences de décisions prises loin des champs.

Le débat agricole est devenu un champ de bataille idéologique. La science n’y est convoquée que lorsqu’elle conforte les dogmes dominants. On interdit avant d’évaluer, on condamne avant de comparer. Le principe de précaution est devenu un principe de renoncement. Pendant ce temps, les rendements baissent, les revenus s’effondrent et les normes s’accumulent.

On célèbre l’agriculteur dans les discours officiels, on l’applaudit au Salon de l’agriculture, puis on l’écrase sous les contraintes administratives le reste de l’année. Cette hypocrisie n’est plus tenable. Une agriculture qui ne vit plus de son travail est une agriculture condamnée. Une nation qui accepte cela abdique sa souveraineté alimentaire.

Il est temps de dire les choses clairement : on ne sauvera pas l’agriculture française avec des primes, mais avec de la liberté, de la cohérence et du courage politique. Cela suppose de refuser les importations déloyales, de remettre la science au-dessus de l’idéologie, et de reconnaître enfin que nourrir un pays est un acte stratégique.

Les civilisations ne disparaissent pas toujours dans le fracas. Certaines s’éteignent doucement, en laissant mourir ceux qui les nourrissent - puis en feignant de s’en étonner.

Picture of Yves d'Amécourt
Yves d'Amécourt
Chef d’entreprise, ingénieur de l’Ecole des Mines d’Alès, ancien élu local de Gironde 2004-2021 (conseiller général, maire, président d’EPCI, conseiller régional).

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Le Mercosur est complot contre l’agriculture française qui aura duré un quart de siècle. C’est un actecde guerre de niveau nucléaire.

    • Non ce sont les sur-réglementations françaises qui sont un acte de guerre contre les agriculteurs.
      Si les agriculteurs pouvaient travailler avec moins de contraintes, le Mercosur ne serait pas un problème, car nos agriculteurs seraient concurrentiels.

  2. Depuis 60 ans la classe politique au pouvoir a tout sacrifié pour leur propre compte à savoir s’en mettre plein les poches sur le dos des Français. Ils doivent être condamnés pour avoir donné sciemment la mort à mon pays et de surcroît dans un total cynisme allant jusqu’à vouloir faire croire que j’étais une facho. Je les dénoncerai et les combattrai jusqu’à mon dernier soupir.

  3. …..et il veut faire la guerre à Poutine .Ce sale gosse ne sait pas que le principal problème quand on est en guerre , c’est de « bouffer » . Demandez à vos grand-parents…quand les denrées viendront d’Amérique du sud ,les bateaux seront de belles cibles .FREXIT ?FREXIT !!

  4. Tout à fait vrai concernant l’agriculture mais encore plus vrai concernant les autres domaines comme l’industrie, la santé, l’éducation la sécurité, etc….
    C’est l’œuvre des idéologies progressistes, écologistes et autres mondialistes.
    Il est où le Trump qui nous sauvera ?

  5. Actuellement des agriculteurs passent en jugement et seront bien évidement condamnés pour avoir utilisé des pesticides que nos bons écolos on réussi à faite interdire en France, alorscqu’ils sont autorisés dans les pays voisins dont il est tout à fait autorised’importer et des vendre des légumes produits avec ses mêmes pesticides. « Le France est inscrite au championnat du mond de 100 mètres, mais ses participant ont interdiction de courir… ». Il n’y pas plus intelligents que les ecolos.

    • Des insecticides sont interdits…mais comme avec big pharma pour les vaccins, certains nous fournissent encore en neonicotinoides qui tuent nos abeilles vecteurs de vie !

      • Et que vos fruits et légumes viennent de pays où les néonicotinoïdes sont autorisés et où les abeilles ne manquent pas, cela ne vous perturbe pas ?

  6. Pas que l’industrie est dans le même circuit pendant que les cornus chantent « ça ira mieux demain » ! regardez les candidatures pour les prochaines élections locales et nationale et vous y verrez votre avenir de cornus.

  7. ce ne sont pas les Français qui font mourir nos agriculteurs mais ces inutiles qui prétendent gouverner notre pays et la méthode de travail de nos travailleurs de la terre, ceux qui nous nourrissent et savent mieux que ces écolos bobos qui se contentent de pondre des lois et méthodes complètement stupides qui en général n’ont jamais vu une vache , ni la façon de planter un arbre, ces gens se permettent de commander alors qu’ils ne connaissent rien, les agriculteurs respectent leurs animaux , savent travailler leurs terres eux alors foutez- leur la paix et laissez- les faire ce qu’ils aiment.

  8. La France n’a pas de pétrole ni de gaz ni de terres rares.
    Mais elle a une terre agricole riche
    Alors on abat, on saccage, on importe du bout du monde pour qu’il ne lui reste rien

  9. La France ne laisse pas mourir ses agriculteurs, ce sont les FRANCAIS EUX MEMES qui tuent leurs agriculteurs parce qu’ils ont gobé toutes les sirènes écologistes.
    Combien de lecteurs de BV ont participé à la ruine de l’agriculture en signant par exemple la pétition contre la loi Duplomb ?

    La loi Duplomb réautorisait un néonicotinoïde indispensable pour protéger des récoltes. Nous étions le seul pays du monde à l’avoir interdit dépassant de très loin les normes de Bruxelles. Certains prétendent que c’était pour protéger les abeilles et donc la pollinisation des fruits et légumes mais ne sont pas surpris de voir nos étals plein de fruits et légumes venant des pays où les néonicotinoïdes sont autorisés.
    Visiblement, là où on utilise des néonicotinoïdes, les abeilles se portent bien !
    Les néonicotinoïdes sont la face immergée de l’iceberg.
    La France interdit de nombreux autres produits de traitement, indispensables, que l’UE européenne autorise pourtant partout et qui ne posent de problèmes nulle part.
    Nous sommes le pays le plus radical écologiste d’Europe et pourtant les partis écolos ne font pas 10% aux élections.

    La loi Duplomb relançait la création des bassines. C’est fini par la faute de ceux qui ont signé la pétition.
    Avant les bassines, les agriculteurs pompaient dans les nappes phréatiques sans contrôle et c’était effectivement un problème.
    Cela a été interdit et on leur a dit, on va faire des bassines qui seront alimentés par pompage régulé par des géologistes spécialistes des nappes, comme cela les nappes seront protégées. Chaque agriculteur aura un quota d’eau.
    Les agriculteurs ont dit ok mais dans la foulée, on leur a interdit le lac de Caussade (pourtant autorisé au départ) et on leur a détruit leurs bassines et arrêté la construction de nouvelles et ils n’ont plus le droit de pomper dans les nappes.
    Et maintenant certains prétendent qu’on peut cultiver avec beaucoup moins d’eau ?
    Au lieu de gober les sirènes écolos, lecteurs de BV, divisez par 2 la quantité d’eau que vous donnez à vos plantes de balcon, en été, et regardez la gueule qu’elles font dans 3 semaines ?

    On veut moins d’engrais, moins de pesticides, et même moins d’eau, c’est possible avec des plantes OGM ou NGT, génétiquement modifié. Ces plantes sont cultivées dans de très nombreux pays du monde depuis 40 ans et consommés sans que jamais elles n’aient posé de problèmes.
    Mais les français sont hostiles aux OGM, un mot que 80% ne sauraient même pas expliquer, mais ils sont contre par qu’ils ont gobé la propagande verte et du coup, aucun gouvernement n’a osé autorisé les OGM.

    Le français moyen et le lecteur moyen de BV veut des petites fermes à l’ancienne, mais elles ne sont absolument pas rentables et seraient bien incapables de nourrir les français. Quel lecteur de BV accepterait de trimer 12h/jour à l’ancienne pour 500 euros/mois, sans week end ni vacances ?

    L’histoire des poulaillers est intéressante.
    En France, les réglementations sont telles que faire une ferme de seulement 5000 poulets est un cauchemar réglementaire et en plus des écolos viendront manifester pour s’y opposer.
    Le poulet que l’on mange maintenant en France, vient majoritairement d’Ukraine, et est produit dans des fermes d’un million de poulets. On ne peut pas lutter sur le plan concurrence.
    On peut aussi dire que le boeuf d’Argentine vient d’élevages qui font 50 000 hectares, l’agneau de Nouvelle Zélande vient de prairies de quelques milliers d’hectares et ces agneaux n’ont jamais eu peur du loup, il n’y en a pas.

    VOUS Français et parmi eux, nombreux lecteurs de BV, êtes responsables du sort des agriculteurs !

      • Mon médecin farouche partisan de la vaccination covid en 2022 dit maintenant qu’il asse son temps a en traiter les effets néfastes…scleorses et cancers beaucoup plus nombreux sans parler des maladies psychosomatiques..zonas,urticaire uruptions cutanées.. etc etc..mais il a du devenir « complotiste. »…..en se vaccinant tois fois…

      • Il n’y a jamais eu aussi peu de cancers de l’estomac. On a une augmentation des cancers du pancréas et 80% des études désignent le sucre comme responsable, notamment les boissons sucrées qui sont un fléau. Le cancer du foie est lié aux hépatites et la responsabilité des boissons sucrées est également en train de dépasser l’alcool.

    • Sans oublier, à propos de l’eau que les escrologistes veulent des sacs écolos pour les légumes, les fruits, les poissons… fabriqués à base de maïs.
      or le maïs a besoin d’eau. Nous voyons des champs entiers de maïs arrosés lors de périodes de sécheresse, dans des terrains sablonneux! (sans doute des subventions? cela je ne le sais pas).
      Ensuite, eh bien ces sacs sont tellement solides qu’il en faut deux pour y mettre un gros chou ou des poissons, sans qu’il craque. Et en plus, ils n sont ps ré-utilisables…
      C’est beau l’escrologie!

      • Le maïs consomme moins d’eau que le blé, mais il a besoin d’eau en été, d’où le stockage des pluies de printemps ou d’hiver.

    • Ce que j’attends comme procès, c’est celui des 2 millions de français qui ont signé la pétition contre la loi Duplomb.
      La loi Duplomb mettait fin à des interdictions de pesticides, d’engrais et à des restrictions d’eau auxquels sont soumis les agriculteurs français et qui sont uniques au monde et même en Europe.
      Nos agriculteurs auraient pu redevenir rentables et sortir la tête de l’eau. 2 millions de français s’y sont opposés et devant la pression, le gouvernement a cédé.

  10. Président de la médiocrité diversitaire et décomposante!
    Macron, la France en minuscule, en crépuscule, en archinul!

  11. Tant qu’un tracteur ne défoncera pas la porte de l’Elysée, il n’aura pas peur, mais si on vient le chercher vraiment, vous verrez que le courage ne s’apprend pas à l’ENA!

    • Le 1er courage (et la 1ère marque d’intelligence) aurait été de ne pas signer la pétition contre la loi Duplomb.

      Cette pétition officiellement débutée par une étudiante en master « Qualité, Sécurité, Environnement et Responsabilité Sociétale des Entreprises » (pour résumer une étudiante en publicité du business vert) mais a été réellement mis en place par les groupes écolos à l’AN (sinon la pétition ne pouvait pas passer par le site de l’AN) qui n’ont pas hésité à affirmer n’importe quoi sans la moindre preuve scientifique.
      2 millions de français ont signé, gobant la propagande écolo et achevant l’agriculture française.

      Il faut reconnaitre que comme publicitaire pour le big business bio, cette jeune étudiante s’est forgé un nom pour une grande carrière.

      • Oui bon ca va..! Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de signataires de cette pétition ici a part « kielowsky.. ».. en tout cas pas moi…
        .

  12. Macron n’a voté contre le Mercosur que lorsqu’il a été sûr que ce traité s’appliquerait grâce à une majorité d’autres pays !

  13. J’ai constaté qu’il était plus facile d’être Migrant qu’Agriculteur.
    Les Migrants traversent les frontières facilement et peuvent circuler librement dans notre pays, alors que Nos Agriculteurs se retrouvent devant des interdictions de circuler , de manifester pour leur survie.
    Les migrants , en outre, bénificient d’aides et de considération contrairement à ceux qui nous nourissent.
    Français REVEILLEZ vous et faites preuve de soutien à nos agriculteurs.

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