Supprimer le lundi de Pâques férié : Bayrou et Léaument même combat !

Après le lundi de Pentecôte, le lundi de Pâques... à quand Noël et la Toussaint, tant qu'on y est ?
Capture d'écran
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Antoine Léaument en rêvait, Bayrou l’a fait. Enfin, à moitié. En avril dernier, le député LFI suggérait, si l’on devait supprimer des jours fériés, de s’attaquer à ceux d’entre eux ayant une connotation religieuse.

François Bayrou propose donc de supprimer le 8 Mai… et le lundi de Pâques. Après le lundi de Pentecôte, et de deux !

Au fait, quel est le bilan, pour le lundi de Pentecôte, dont le sacrifice avait été vendu comme un « jour de solidarité » pour nos aînés après la canicule de 2003 ? Tellement efficace qu’il y a quelques semaines, on s’inquiétait de constater les EHPAD sous-équipés en matière de climatisation.

Toujours les mêmes

Le principe même de supprimer un jour férié laisse circonspect. En creux, c’est encore toujours les mêmes, c’est à dire les actifs, que l’on matraque. Car un jour férié, par essence, ne s’applique qu’à ceux qui travaillent. Pour les autres, c’est jour férié tous les jours.

Si, encore, on avait tout essayé, traqué les gabegies partout dans le pays… mais pas à un seul instant, comme le soulignait hier Marc Baudriller dans ces colonnes, il n’a été question, par exemple, de l’immigration et de son coût en matière sociale, sanitaire, sécuritaire, éducative, etc.

Ce mercredi matin, sur Europe 1 et CNews, le rapporteur du budget Charles de Courson répétait, dans un psittacisme paresseux, le mantra habituel : supprimer l’AME ne serait « pas raisonnable », car finalement plus cher à long terme, l’AME étant supposée éviter les épidémies que pourraient propager les migrants arrivant chez nous.

C’est évidemment faux et archi-faux. Pour se prémunir de l’importation des épidémies et pour les soins urgents et vitaux pour les migrants, il y a déjà le DSUV (dispositif de soins urgents et vitaux). L’AME, dont le DSUV ne fait pas partie, s’obtient au bout de cinq mois (trois mois sur le sol français, deux mois de dossier), autant dire que si l’on devait attendre l’AME pour les maladies contagieuses, l’efficacité serait très limitée…

Courson, en revanche, a raison quand il dénonce l’incapacité d’un gouvernement à s’appliquer à lui-même la diète financière qu’il entend imposer aux autres. Et de citer l’exemple d’Édith Cresson, Premier ministre antédiluvien que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître et qui bénéficie toujours d’une voiture, d’un chauffeur, etc.

Comment, dans ces conditions, la suppression d’un jour férié ne heurterait-elle pas ? Et quels jours fériés !

Pâques de bières ? 

Car on notera que si Bayrou évoque la piste d’une suppression d’agences de l’État (CESE, ARS, Office français de la biodiversité… elles sont plus de 2.000, mais certaines sont emblématiques et ont fait parler d’elles !), il ne s’aventure pas à donner de noms. En revanche, s’agissant des jours fériés, il n’hésite pas à désigner ses cibles. Le lundi de Pâques, qui selon lui n’a « aucune signification religieuse » - il vaut mieux entendre ça qu'être sourd ! Mais, bien sûr, on a dû mal orthographier, il devait s’agir d’un pack de bières. Même la IIIe République n’avait pas osé revenir sur ce jour férié institué par Napoléon pendant le Concordat - et le 8 Mai. Curieusement, courageux mais pas téméraire, il n’a pas choisi le 1er Mai.

Car le 1er Mai n’est pas religieux mais sacré, nuance ! Chiffonner les cathos et les anciens combattants importe peu, ils ne descendront jamais dans la rue, mais mettre en colère les cégétistes, c’est une autre limonade.

1er Mai sacré

Pourtant, la suppression du 1er Mai serait un double levier d’économies : la France s’éviterait, en sus, des émeutes, de la casse, des vitrines pillés, des voitures et des infrastructures brûlées, du mobilier urbain détruit et, bien sûr, la mobilisation policière massive pour tenter d'endiquer tout cela... beaucoup d'argent public épargné en perspective !

Mais François Bayrou préfère écouter Antoine Léaument. Un appel du pied pour s’attirer les bonnes grâces de LFI et peut-être, qui sait, éviter la censure à la rentrée ?

Qui peut être sûr que cela s'arrêtera là ? Déjà, l'ineffable politologue Thomas Guénolé demande, « puisqu'on débat sur les jours fériés, au nom de la laïcité », de supprimer Noël, Pâques, l'ascension, la Pentecôte, l'Assomption, la Toussaint... appelant ces fêtes du « très grand n'importe quoi » : « Pourquoi pas un jour férié du monstre du Loch Ness, tant qu'on y est » (sic) - c'est la seule comparaison qu'il a trouvée. Il propose de les remplacer, par exemple, par « l'abolition des privilèges (4 août) » ou encore « la séparation des Églises et de l'État ». L'Histoire le retiendra : c'est un Premier ministre supposé catholique qui aura ouvert cette nouvelle boîte de Pandore d'effacement de nos racines chrétiennes. Mais ce ne sera pas la première fois.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

88 commentaires

  1. Avec les 35 heures la France est un pays où on ne travaille pas assez alors que tous nos concurrents eux travaillent, à commencer par les pays de l’UE.
    Supprimer des jours fériés c’est une façon hypocrite de revenir sur cette folie.

  2. Scandaleux et lamentable..honte et dégoût pour ce gouvernement.démission souhaitée…et retrouvons des gens normaux à la tête du pays

  3. Je crois vraiment qu’il ne faut pas tomber dans le piège, ces propositions de suppression ne sont que des chiffons rouge agités aux nez des Français. Ainsi, il pourra négocier sur un sujet d’importance mineure, et donner l’impression de céder. Bien évidemment, les sujets qui fâchent resteront ignoré. Sans être d’une grande intelligence, Bayrou a eu, en 40 ans de grenouillage politique, le temps d’apprendre les coups tordus.

  4. Le lundi de Pâques fut concédé par Napoléon contre l’octave du même nom, dans le passé entièrement chômé, au moment du Concordat…On peut donc, pour le moins, parler, à propos dudit lundi, « d’appendice » religieux…D’autres, non moins inventifs que nos deux compères quoiqu’également macronistes par destination, ont – très sérieusement – évoqué le 15 août : il s’agit là de l’ancienne fête nationale et de celle du fameux vœu de Louis XIII, consacrant le royaume à la vierge Marie. Le 14 juillet et le 1er mai ont-ils vraiment la même valeur patrimoniale ?

  5. Pendant ce temps, les anciens présidents et premiers ministres bénéficient toujours d’avantages somptuaires, les élus « à vie » cumulent les retraites, comme Melenchon : député, Sénateur, secrétaire du Senat, député Européen, un coup,à Massy, un coup dans les Landes, un coup à Maeseille, etc… il faut rappeler qu’il y a deux ans, les députés et sénateurs se sont voté en douce des augmentations de leurs indemnités mensuelles de 300 et 700 Euros « pour suivre l’inflation »… Aucune baisse des dépenses de l’État, maintient en place de tout les comités Theodules uniquement destinés à recaser les copains. On va baisser les remboursements de sécu auxquels ont droit tous ces gens qui ont cotisé toute leur vie, mais on maintient l’AME pour des migrants qu’on fait venir toujours plus nombreux à la charge des contribuables, on supprime les 10% des retraites qui ont bossé toute leur vie pour alimenter l’économie du pays, mais on continue à subventionner des ONG qui font rentrer en France des migrants qui nous coûtent un bras. Et Monsieur Macron, qui a déjà éclaté le budget de l’Elysée en 2024, va pouvoir continuer à aller faire le beau aux 4 coins du monde, aux frais de la princesse… sans reduction de son train de vie. CENSURE !

  6. Pourquoi pas supprimer 2 jours fériés pour augmenter la production, à condition de mieux les payer? Et pourquoi pas le 1 mai pour célébrer le travail en travaillant ? La suppression du 8 mai du lundi de Pâques ressemble à une provocation qui cristallise le débat, pour masquer les autres mesures insuffisantes et contre productives.

  7. Comme le lundi de Pentecôte, le lundi de Pâques et le 8 mai, contrairement à Noël et la Toussaint, ne sont pas de fêtes religieuses! On n’a pas parlé de l’Ascension ni de l’Assomption, que je sache…

  8. Le lundi de Pâques n’a pas besoin d’être férié, par contre le Vendredi de Pâques, le vendredi saint doit l’être!

  9. La fête religieuse de Pâques est célébrée le dimanche. Le lundi n’ est pas jour chômé dans bien des pays de tradition chrétienne, notamment en Amérique. Sa supression n’ est donc guère plus scandaleuse que celle du 8 mai.
    D’ un point de vue religieux, il serait plus judicieux que ce soit le vendredi saint qui soit chômé pour pouvoir se consacrer à la mémoire du sacrifice et se préparer au dimanche de Pâques.
    Revenir sur le 8 mai, instauré par Mr Mlitterand, n’ est ce pas une mesure réactionnaire mais de bon sens? Tout l’ héritage mitterandien doit être inventorié pour être corrigé.

    • Le 1er mai on taxe les boulangers qui travaillent…?.Le 8 mai tous au boulot, on est bien dans une logique macronienne.

      • Pour ça qu’il faut supprimer le 1er mai en tant que jour férié et ça nous éviterait ces défilés syndicaux

  10. Je ne comprends pas pourquoi, dans un pays qu’on veut laïc, on reste attaché à un « lundi de Pâques  » qui n’est même pas une fête en lui-même mais un lendemain de fête. Je suis chrétienne pratiquante, je précise. On ne dit plus « vacances de Pâques  » mais « lundi de Pâques  » est sacré (???). C’est assez incohérent, non ? Et le 8 mai me paraît une date importante. D’autre part, je suppose qu’il y aurait d’autres mesures à prendre pour faire des économies substantielles, mais celles-là on ne veut pas en parler…

  11. Aucune envie de défendre le premier ministre, cependant le lundi de Pâques n’est pas religieux. Je suis d’avantage choquée par la suppression du 8 mai. On n’honore donc plus tous ceux qui ont donné leur vie pour la France ! Et estimons nous heureux qu il n’ait pas pensé à nous enlever le jeudi de l’Ascension. Ceci dit ça ne saurait tarder.

    • Ce jeudi est une provocation, prétexte à faire le pont, alors que nous devons construire une armée solide.

    • En effet, le lundi de Pâques n’ est pas bien religieux. Il induit même en erreur. Je ne comprenais pas , enfant apprenant le calcul mental, pourquoi Jésus, mort le vendredi devenu saint, ressuscité « le 3eme jour » , on célébrait sa résurrection le dimanche et bon le lundi .
      Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer et concentrer notre mémoire sur un seul jour, le lendemain du sabbat jour où les proches de Jésus ont découvert son absence au tombeau?

  12. Vu le nombre de travailleurs qui restent en France, la 1re fête à supprimer est bien le 1er Mai, la fête du Travail étant devenue la « fête de l’Assistanat ».

  13. qui va subir encore une fois c’est Nicolas qui devra travailler les jours fériés pour faire rentrer les immigrés alors non ça suffit commençons par prendre sur les dépenses faramineuses de ce gouvernement .

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