[STRICTEMENT PERSONNEL] Le RN et le tir à l’arc « républicain »
Qui dirait encore aujourd’hui - en dehors de lui-même, toujours modeste - que François Hollande a été un Président « normal » ? François Hollande a bel et bien été un Président exceptionnel. Exceptionnel dans l’insignifiance et la vacuité. La preuve ? Demandez au premier venu, et même au second, de citer des faits, des mesures, des réformes, des moments qui auraient marqué l’unique mandat du chef de l’État, alors « quinquennagénaire », entre 2012 et 2017. C’est tout juste si, en se creusant la cervelle, les meilleurs spécialistes du vide intersidéral parviennent encore à en exhumer un face-à-face humiliant et pourtant télévisé entre le locataire de l’Élysée et une jeune Gitane d’origine kosovare, une entrée triomphale, prélude à une victoire éphémère, dans Bamako, un rendez-vous galant, à bord d’un scooter, au petit matin, à deux pas du logis officiel de l’intéressé, et, quand même, l’institution du fameux « mariage pour tous ». Peu de chose, en somme.
Repêché par le suffrage universel limousin qui l’a fait rentrer, en 2024, dans le circuit politique par la porte de service du palais Bourbon pour y représenter la Corrèze, le député de Tulle, élu sans péril et sans gloire après avoir sollicité et reçu le soutien d’un mouvement extrémiste de gauche - au fonctionnement clanique, au discours irresponsable, aux manifestations provocatrices, aux pratiques douteuses, aux accointances honteuses -, a cru pouvoir, l’autre jour, déclarer comme au bon vieux temps que, du seul fait qu’il souhaiterait une révision de la Constitution, le Rassemblement national « n’était pas dans l’arc républicain ». Étrange déclaration de la part d’un personnage, d’une personnalité, qui, au-delà de son bail de cinq ans, rue du Faubourg-Saint-Honoré, fait d’ordinaire étalage de sa modération et est considéré à juste titre depuis près de quarante ans comme un grand professionnel de la politique. La préparation des prochaines législatives n’y est pas pour rien.
Grotesque insulte à l'Histoire et à la vérité
Quoi que l’on pense des conditions et du climat dans lesquels est né, il y a plus d’un demi-siècle - en 1972 ! – autour de Jean-Marie Le Pen, le Front national, lointain ancêtre du Rassemblement national, le décrire encore aujourd’hui, comme le fait systématiquement une certaine presse, comme le font nombre de ses adversaires, comme un groupuscule factieux et fascistoïde qui réunirait autour de la fille de son fondateur d’anciens Waffen-SS, plus que centenaires, quelques fidèles attachés à la mémoire du maréchal Pétain et une poignée d’octogénaires, pieds-noirs ou soldats perdus nostalgiques de l’Algérie française, n’est pas seulement une grotesque insulte à l’Histoire et à la vérité, mais un mensonge odieux craché à la face des plus de onze millions d’électeurs qui ont voté pour le RN lors des dernières élections européennes. Les excès et les outrances, voulus ou non, de Jean-Marie Le Pen ont prolongé au-delà de toute vraisemblance la survie de cette caricature.
Le temps n’est plus où le fort en gueule Bernard Tapie ne laissait aux électeurs et aux militants du FN que le choix, peu enthousiasmant, entre être des « crétins » ou des « salauds ». Ceux, nombreux, qui recourent à cette polémique de comptoir sont eux-mêmes des imbéciles, des aveugles ou des menteurs. Quoi que l’on pense des origines, lointaines, ou des thèmes porteurs de l’incessante et apparemment irrésistible montée du Rassemblement national, tout observateur de bonne foi, dès à présent, tout historien, dans les années à venir, ne peut ou ne pourra que reconnaître que c’est sans jamais sortir de la légalité, sans jamais préférer la violence, l’émeute ou le complot au débat démocratique et en se confiant à la sanction des urnes plutôt qu’au tumulte de la rue, que le Rassemblement national est devenu ce qu’il est aujourd’hui : la première force politique de ce pays, actuellement en vue, sinon aux portes du pouvoir.
La République, propriété de partis lamentables dont les Français ne veulent plus ?
Ceux qui prétendent encore, au mépris de la vérité la plus élémentaire, au mépris de l’évidence, exclure électeurs et élus du RN de ce fameux « arc républicain » qui regrouperait tous les autres partis ne se rendent pas compte ou, pour certains, font comme s’ils ne se rendaient pas compte qu’ils foulent aux pieds le principe fondateur et ciment de la démocratie : la voix du peuple. Prétendre que ne sont ni fréquentables ni éligibles les candidats ou les élus d’une mouvance qui recueille les voix d’un tiers des Français, qui, avec ses alliés ou ses proches, en représente 40 %, qui, au rythme et au gré de la droitisation de la France, approchera bientôt puis dépassera la majorité des suffrages, c’est prétendre que la République et la démocratie seraient, par on ne sait quel tour de passe-passe, la propriété, voire l’apanage, des partis lamentables et des hommes médiocres dont les Français, de plus en plus nombreux, ne veulent justement plus.
Le monde change, la France change, les temps changent. La dernière fois que le parti de gouvernement de ceux qui se disent gaullistes et qui n’ont plus rien de gaulliste a siphonné le réservoir de voix du FN, c’est lorsque Nicolas Sarkozy, en campagne, promit (promesse non tenue) de rétablir l’ordre « au Kärcher™ » dans les cités, dans les banlieues, dans le pays. Leçon comprise sur le moment, oubliée sitôt acquise la victoire du Nicolas qui promettait. On n’est plus bien loin de l’instant où les flux s’inverseront, où les barrages, républicains ou pas, se transformeront en passoires, où le RN sera confronté à l’épreuve, ardemment souhaitée et pourtant redoutable, du gouvernement de la France.
Ce parti et ses dirigeants, devenus dirigeants d’un grand pays, auront alors intérêt à se souvenir que leur victoire, si longtemps tenue pour impossible, désormais considérée comme vraisemblable, probable, voire certaine, ils l’auront due moins à une expérience qu’ils n’ont jamais eu la possibilité de faire, à des capacités dont ils n’ont jamais eu à faire la preuve, ou à un raz-de-marée d’enthousiasme, mais aux erreurs, aux fautes, aux turpitudes, à l’incapacité, à la gestion calamiteuse de ceux – parmi lesquels un certain François Hollande, puis son ingrat et désastreux protégé – qui ont lentement et inexorablement mis la France dans l’état où elle est. Nous y reviendrons.
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57 commentaires
Mais qu’est-ce qu’on a à faire des avis d’un « bonhomme » qui ne représente rien dans le pays ?
le PS, ça n’existe plus sauf « béquillé » par l’extême gauche……
Ne sous estimons pas en 2027 la force du Front Républicain qui devrait nous permettre de faire barrage à l’extrême droite.
Il y a un moment, dans l’adversité, où il faut choisir son poison.
Dans l’idéal, nous nous rallions à nos amis juifs du CRIF pour dire : « Ni LFI, ni RN » qui sont 2 mouvements qui sortent de ‘Arc républicain.
Kieslowski.1974, continuez à construire des barrages, après tout la vocation de castor, ça ne se discute pas! Quant à l’ arc républicain, la flèche du Parthe sera en 2027 le cri du peuple nous donnant la victoire!
Nous ne voulons ni du populisme, ni du complotisme.
Exporter la democrature de Trump en France, non merci.
Enfin,un bon article de Dominique Jamet !
même avis
Hollande s’était la Nullité au pouvoir , prolongation du règne Mitterrand ( début de la destruction et de la déconstruction des institutions régaliennes de la France )
Hollande insulte 15 millions de Français RN lui qui porté des chocolats au menteur racaille qui accusé les policiers , qui téléphonait à une gamine ROM (dont les parents en situation irrégulière) pour la consoler de l’expulsion ! lui dont le fils donnait des fêtes à la lanterne avec l’argent de nos impôts
Plus qu’exact !! Champagne à flot à La Lanterne à Versailles aux frais des contribuables vous savez les 47% des français qui payent l’IRPP !!! Dans la vitrine d’un boucher sa tête de veau ferait merveille !!!
L’arc républicain n’existe plus.
De LFI au RN , tout les partis politiques sont légalement représentés a l’AN et pas interdits
Le plus nul des présidents depuis 80 ans, avant que Macron ne lui fasse un croche-pied. Et, comme dit dans l’article, le plus insignifiant. On pourrait, a posteriori, en rire mais il est celui qui a accéléré grandement la déchéance de la fonction et de la France.
Tout à fait !!comparez les chiffres juste avant la crise monétaire de 2009 à ceux d’aujourd’hui !! et vous comprendrez !!
Monsieur Hollande dit n’importe quoi…
Ou bien il s’est trompé de parti politique!!!
Il voulait parler de LFI, je pense, le silence parti dans lequel il n’y a pas d’élections pour élire un « bureau ».
Le Maître créateur est assis sur son trône et règne en désignant ses porte paroles pour répandre la Bonne Parole.
Aucune trace de Démocratie dans ce mouvement politique.
Bravo, monsieur Jamet, pour votre honnêteté intellectuelle et votre courage politique !
En France et un peu partout en Europe aussi, le démocratie qui doit être un tronc, une modèle, une organisation, une référence, etc. est devenue un instrument de l’illibéralisme pour faire passer la « pilule » de l’autoritarisme et de l’autocratisme
, la dictature, au final. Et le comble est que ce régime déclare « illibéral » un homme politique comme Orban !!!
le plus nul des président avant qu’il mette son protégé au pouvoir et qui est plus nul que lui décidément la gauche est au fond du trou et elle a entrainée la france dans sa descente au enfer.
Alors là, monsieur Jamet : Bravo ! Mais le plus grave à mes yeux n’est pas ce que dit ou fait « culbuto » ni memecqu’il soit depute, mais plutôt qu’il se soit trouvé suffisamment de gens pour l’élire. C’est ça qui explique pourquoi la France est dans cet état. Rappelez-vous les dictons de nos anciens : « Comme on fait son lit on se couche… ».
Lui se recouche sans même refaire son lit.
Invraisemblable qu’on ait ré-élu ce personnage, qu’on l’écoute et qu’on diffuse ses opinions. Et après cela certains se plaindront de notre vie politique.
Dans cet arc républicain modèle François Hollande il n’y a pas que des flèches …Je ne mettrai pas une pomme sur ma tête pour que notre ex président exerce son talent de tireur. Suis pas suicidaire…
Ce géant de la politique du nul omet de dire que son père soutenait Tixier-Vignancourt et faisait partie du comité de soutient à ce candidat lors de lav présidentielle de 1965. Comme macrounet a du mal à digérer la longueur de la table, flamby ne supporte pas le choix paternel. Le premier diabolise la Russie, l’autre 11 millions de Français alors que le parti qu’il a dirigé est squelettique.
Si être « d’extrême-droite », c’est vouloir que la France reste française, que l’immigration cesse,que la sécurité revienne,que notre économie ne subisse pas de concurrence déloyale,que nous sortions de l’UE, que nous arrêtions de gaspiller un « pognon de dingue » partout pour n’importe quoi et n’importe qui et que nous puissions « trouver du boulot en traversant la rue » ,et bien j’assume d’être d’extrême-droite,car en fait,nous sommes dans la normalité ,et nos opposants sont comme ceux qui rouleraient à contresens sur une route et nous reprocheraient de circuler dans le bon sens .Être d’extrême-droite est simplement la prise de conscience du bon sens. Les autres pensent donc à l’envers c’est simple et l’actualité le démontre chaque jour.
je ne pense pas que le RN est l’extrême droite maintenant c’est le seul parti qui veut mettre de l’ordre en France la gauche c’est le parti des étrangers il défile avec des drapeaux qui n’ont rien à faire en France.
Le RN n’est pas le seul parti qui veut remettre de l’ordre en France mais c’est celui qui a tout raflé de ce qui n’est pas de gauche. Le programme de Reconquête est plus complet car il n’oublie pas le redressement économique. Sur ce dernier point on peut légitimement avoir des doutes sur les capacités du RN à résoudre quoi que ce soit.
Est considéré comme extrême droite celui qui veut vivre tranquillement, travailler correctement, être en paix la vie courante, dans le bon sens, l’Etat de Droit (et non entouré de gens qui ont « le droit ») . On va y arriver, sans trop de meurtres à la Charlie, espérons…