[STRICTEMENT PERSONNEL] Le grand méchant ours

Les outrances essentiellement verbales du Président français sont aussi mal fondées que malvenues.
IL20240409190919-jamet-dominique-929x522

L’été qui s’achève bientôt finira-t-il, comme il a commencé, sur le fond de tableau rouge et noir des carnages qui font rage, ici et là, et de ces incendies apocalyptiques qui dévastent un peu partout sur la planète ses plus belles forêts ? Et si l’on se changeait les idées, pour changer ? M’est revenu en mémoire, je ne sais pourquoi, un temps que les plus de cinquante ans ont encore vécu, mais que leurs cadets ne peuvent donc pas connaître. Un temps où il y avait encore des quotidiens imprimés sur papier et qui sortaient, à l’occasion, des éditions spéciales tirant jusqu’à un million d’exemplaires. Un temps où il y avait encore quelques crieurs de journaux. L’un d’entre eux, en particulier, écumait et égayait par sa faconde les cafés et les brasseries de Montparnasse. Je le revois, je crois l’entendre encore, qui passe devant la terrasse de la Rotonde, vendant, vantant et inventant l’actualité au gré de sa fantaisie : « SENSATIONNEL ! SENSATIONNEL ! l’Armée rouge envahit l’URSS ! » Il était déjà ailleurs, quand les clients qu’il avait affolés et appâtés riaient et lui pardonnaient sa bonne blague.

L’armée russe, on ne le sait que trop, a envahi l’Ukraine il y aura, cette semaine, très exactement trois ans et demi, et il s’agit de tout, hélas, sauf d’une blague. Vladimir Poutine, au mépris des traités, en violation du droit international, a voulu, ordonné et perpétré cette agression qui lui a valu un mandat d’arrêt plus symbolique qu’autre chose pour le dirigeant d’un pays qui ne reconnaît par plus que la Chine ou les États-Unis la juridiction de la CPI.

Au fait, où est exactement le crime ? Quand mon crieur de journaux vendait son invasion de l’URSS par l’Armée rouge, il était évidemment, et savait être, dans l’absurde et ses acheteurs abusés un moment se ressaisissaient aussitôt et savaient qu’il s’agissait d’un non-sens.

« Make Russia Great Again »

En s’attaquant à l’Ukraine, Vladimir Poutine ne pouvait au contraire ignorer qu’il s’en prenait à un État souverain dont il avait formellement reconnu l’indépendance, après que Nikita Krouchtchev, lui-même personnellement (génétiquement) à demi ukrainien, eut reconnu l’autonomie de la République d’Ukraine, généreusement grossie de la Crimée, dans le cadre de l’Union soviétique, et surtout que l’ivrogne Eltsine l’eut bradée, vraisemblablement à l’insu de son plein gré. Cette décision téléguidée depuis Washington, ni Vladimir Poutine ni ceux d’entre ses proches et ses concitoyens qui cultivent la nostalgie de la grande Russie, telle que les tsars l’avaient bâtie et léguée bien à contre-cœur au pouvoir bolchevique, ne l’ont jamais admise.

S’il y a quelqu’un qui est enclin à comprendre, parce qu’il les partage, s’agissant de son propre pays, les sentiments de ceux qui veulent restaurer la grandeur de la Russie (« Make Russia Great Again »), c’est bien le président Trump. S’il y a un pays dont les dirigeants, du moins s’ils connaissaient son Histoire et s’inscrivaient dans sa continuité, devraient faire preuve de retenue, voire de compréhension sur le dossier ukrainien, c’est bien le nôtre.

L’Histoire de l’Ukraine et celle de la Russie étaient intimement liées depuis mille ans. Formellement indépendante depuis 1991, l’Ukraine était attachée à la Russie, dans tous les sens du mot, pour le meilleur et parfois pour le pire, depuis 1760. Il en était de même, chez nous, pour l’Alsace, française depuis Louis XIV, lorsque Bismarck, à la suite de nos désastres, fit reconnaître par le traité de Francfort sa cession à l’Empire allemand. La IIIe République n’admit jamais ce droit issu de la force et 1.400.000 soldats français furent envoyés entre 1914 et 1918 au sacrifice pour recouvrer la chère province perdue, dont les habitants ne furent d’ailleurs pas plus consultés en 1919 qu’en 1871.

La guerre déclenchée par Poutine a d’ores et déjà, semble-t-il, fait plus d’un million de victimes, entre morts et mutilés. Pour atteindre son objectif ou le réaliser au moins en partie (réintégration de la Crimée, du Donbass, voire davantage, dans l’ensemble russe), Poutine n’a pas reculé devant la réprobation, les condamnations morales, les sanctions financières et, pour finir, la quasi-cobelligérance de l’Occident ; du moins jusqu’à la rentrée en scène de Donald Trump.

Poutine, rusé, cynique, cruel et implacable...

L’analyse de ses motifs, de ses moyens, de ses buts et du péril mortel qu’il représenterait, telle que la présentent la plupart des gouvernants et la quasi-totalité des médias européens, n’en obéit pas moins au plus grossier des travestissements. Rusé, cynique, cruel, implacable tant qu’on voudra, le président russe, systématiquement rabaissé au rang qui était le sien il y a trente ans (l’officier du KGB), n’est pas, comme on nous le dépeint, un avatar de Hitler, de Gengis Khan, pas davantage un émule de Staline et moins encore un autre Trotski. Tout au plus un continuateur anachronique de Catherine II ou de Pierre le Grand. Un patriote russe et non le vecteur d’un impérialisme qui étendrait la menace puis l’orage à tout le continent, voire au-delà.

Comment ne pas comprendre qu’au regard de leur passé, et plus récemment de ce que leur a imposé le système soviétique, l’Occupation, la soumission, la Terreur, la dictature et le goulag, les Baltes, les Finlandais et les Polonais nourrissent des craintes que semblent justifier l’Histoire et la géographie ? Mais comment ne pas constater qu’en dépit de la résistance héroïque du peuple ukrainien, en dépit de l’aide que lui ont apportée les pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN, le président russe, limitant le champ de bataille à son objet et les moyens de la guerre aux armements conventionnels, s’est soigneusement abstenu de l’escalade que chacun pouvait redouter et que beaucoup prédisent toujours sans le moindre indice sérieux.

Le Petit Poucet pousse trop loin les pieds de nez

Vladimir Poutine, qui ne donne pas le moindre signe de démence, est le mieux placé pour savoir ce que d’ores et déjà la guerre a coûté à l’ours russe, dont le conflit a rogné les griffes et peu à peu réduit les ambitions initiales. Il n’est pas question, disaient certains, dont le courageux et malheureux Zelensky, de négocier avec Poutine. Et avec qui d’autre ? Au moment où le président américain met tout son poids dans la balance pour faire pencher l’avenir du côté de la paix, les outrances essentiellement verbales du Président français sont aussi mal fondées que malvenues. Le Petit Poucet pousse trop loin les pieds de nez à un croquemitaine fantasmé. Faire du président russe un prédateur sans limite, l’ogre des contes de Perrault, le grand méchant ours prêt à dévorer, tout crus et l’un après l’autre, les vingt-sept petits cochons de l’Union européenne, c’est nous prendre, nous, pour des enfants.

Picture of Dominique Jamet
Dominique Jamet
Journaliste et écrivain Président de l'UNC (Union nationale Citoyenne)

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Bravo monsieur Jamet, et merci de remettre l’église au milieu du village. Je ne sache pas que Macron traite de la même manière la Turquie, qui occupe par les armes la moitié de Chypre, pourtant pays faisant partie de l’Europe, ni fustige la Chine qui a envahi le Tibet… Va-t-il aussi dénoncer la manière dont la France a pris possession de Mayotte, par un referendum bidon dont etaient exclus les autres Comoriens, ou exécuter les résolutions de l’ONU (il y en a eu plus d’une dizaine depuis 1974) réaffirmant la souveraineté de la République des Comores sur l’île de Mayotte et enjoignant la France à restituer ce territoire à son propriétaire… d’autant que, comme vous le dites, la Russie reprends son bien millénaire, comme la France a repris son bien en Alsace. Mais surtout, Poutine fait ça pour empêcher les Americains de faire rentrer l’Ukraine dans l’OTAN afin de pourvoir y implanter ses missiles à quelques kilomètres de la Frontiere Russe. On se rappelera la réaction de Kennedy quand Krouchtchev a voulu faire de même à Cuba, à porté des côtes Américaines…

    • Que les missiles américains soient en Allemagne ou en Pologne ou en Ukraine ne feront aucune différence, ce que l’amerique ne veut pas c’est que la grande Europe avec la Russie se fasse.

    • François47
      Parfaitement, Poutine riposte à une attaque de l’OTAN , qui dure depuis trop longtemps…aucun Pays de la mer Baltique n’aurait dû entrer dans l’OTAN…août 1962…accords entre Krouchtchov et Kennedy…( or ils y sont tous, c’est une honte, une véritable trahison ).
      Qu’on se le dise !!!!

  2. Les Occidentaux, USA et CEE n’avaient absolument rien à faire dans les rapports entre l’Ukraine et la Russie. Kiev est la première capitale de la Russie pendant quatre siècles, avant que les invasions Turco-mongoles chassent les Russes vers le Nord. Le conflit Russie-Ukraine ne concerne que ces deux pays.
    C’est une prétention occidentale qui dure depuis deux siècles : s’immiscer partout dans les affaires du monde au nom de la « démocratie »
    Les Russes ne sont pas venus s’occuper des problèmes de la Corse, des Basques, des Bretons ou des Irlandais au nom la Démocratie. Le Président Macron et ses semblables feraient mieux de s’occuper de la démocratie chez eux et pas chez les autres.

  3. Comme à l’accoutumée, l’auteur demeure dans son aveuglément idéologique occidental,: le méchant Russe qui envahit ses voisins pour reconstituer un empire nostalgique, en ignorant totalement les origines du conflit maintes fois répétées par les personnes compétentes et objectives de part le monde; il suffit d’écouter la récente intervention du colonel Jacques Baud sur Omerta : pas mieux pour comprendre la géopolitique actuelle

  4. Auriez-vous oublié les débuts de ce conflit qui a commencé en 2014 dans le Donbass et l’ambition des Russes de conquérir Kiev et l’ensemble de l’Ukraine en 2022 ? Bien sûr, l’Ukraine n’est pas l’oie blanche que l’on voudrait parfois nous faire croire et ils firent probablement des erreurs. Mais vouloir par le sang, les déportations d’enfants, les bombardements de civils envahir son voisin ne sera jamais un acte légitime, et aucun argument historique, géopolitique, voire une fantasque menace d’un Occident décadent tellement empêtré dans sa propre invasion, ne le justifieront jamais.Tout particulièrement quand il s’agit d’une grande nation comme la Russie, disposant doit je le rappeler de l’un des plus puissants arsenaux nucléaires. Tenter de faire croire, ici, à certains, que la Russie aurait été menacée même par l’OTAN est franchement indécent, digne des porteurs de voix médiatiques du Kremlin.

  5. Bien sûr on peut comprendre ce million de morts et d’estropiés , il s’agit de patriotisme n’est-ce pas et de défendre les droits menacés n’est-ce pas des russophones d’Ukraine et bien sûr demain des Pays Baltes et de Moldavie, ça excuse tout enfin n’oublions pas cette expansion inqualifiable de l’Otan, à la Pologne à la Finlande etc..ces pays autrefois tributaires des tsars blancs ou rouges devront bien sûr rendre des comptes

  6. Zélenski, le courageux et le malheureux? C’est rire que de proférer telle hénaurmité! Zélenski le malheureux s’est taillé une fortune en grattant généreusement dans les subsides offerts par les états euro-naïfs, s’il n’est pas chopé à temps, il s’évanouira dans un certain confort! Zélenski, le courageux, oui, avec la peau des autres, comme d’habe! Car c’est bien lui qui a provoqué l’opération spéciale, avec ses ridicules prétentions à rejoindre l’UE et l’Otan! L’UE, économiquement, ce serait une ruine pour les pays européens supposés l’extraire du post-soviétisme, mais cela convient parfaitement à l’agenda destructeur de macron! L’Otan, là aussi, cela suppose une poursuite du réarmement curieusement engagé avant l’officialisation par leur créature du mépris des fils rouges énoncés par Poutine!
    Zélenski est un comédien, il a joué un président, les américains l’ont hollywoodé président en lui arrangeant sa campagne (merci, USaids), puis il s’est pris au jeu, cela explique la bonne entente avec Macron aux débuts, entre histrions… Oh, il y a peut-être, je dis bien peut-être un vernis de sincérité dans le personnage, mais il n’a jamais été voué à une quelconque réussite, sachant la piètre constance de ses maîtres, dont les seules motivations resteront l’attrition des armes russes et l’essai « en vrai » des armes américaines qui avaient été stockées pour l’éventualité d’un fort hypothétique déferlement russe sur l’occident… Il a pris son autonomie – bien obligé… – à la faveur de la déroute démocrate, et incidemment du deep state qui lui est affidé, mais perdez rapidement cette vision naïve du chef en treillis, la vision charismatique n’est que de la com pour presser les citrons!

  7. L’auteur de l’article oublie que raconter n’importe quoi aux Français n’est jamais inutile. La preuve, une majorité de ceux qui votent ont réélu Macron. C’est dire.

  8. Un détail certes mais les alsaciens ont dû demander leur réintégration dans la nationalité française après 1918, quand bien même ils avaient servis dans l’armée française pendant la guerre. Ils ont donc eu un choix.

    • Non ils n’ont pas eu le choix de se gouverner eux mêmes sur leur territoire, et d’ailleurs si les vainqueurs n’ont pas voulu faire entériner l’annexion par un référendum comme Napoléon III avec la Savoie c’est bien qu’ils en craignaient le résultat

    • Ils ont donc eu un choix…En Belgique, les Allemands qui se sont retrouvés, en 1920, en Belgique ont eu aussi, le « choix », se déclarer belge avec bon de ravitaillement, ou pas…

  9. Je vous donne raison a 100%. Nous sommes en train de brader notre territoire aux musulmans qui nous haïssent. Viendra un jour qu’on les repoussera comme Charles Martel. Comment un Président digne de ce nom accepte cet envahissement. Il sera considéré dans l’histoire comme un traite a sa Patrie.

  10. Poutine, comme ses prédécesseurs, estiment avoir un droit de regard, mieux, légitime de contrôler les pays qui l’entourent, comme un coussin de sécurité. Vous semblez avoir cautionné cette approche. Est-ce que nos « démocraties » jugent cela légitime ? Bien sûr que non ! Mais, quand cela vient de la Russie, ça n’a pas l’air de vous gêner.
    Mieux, quand l’URSS a annexé l’enclave de Kaliningrad, pour avoir une porte d’entrée et une large fenêtre sur l’Europe, pour mieux la surveiller, et la convoiter, les gouvernements de l’époque n’ont rien
    trouvé à redire.
    Donc, quand ça vient d’outre Oural, pas de problème.
    C’est curieux, cette vision à géométrie variable.

    • Votre vision est tout aussi parcellaire.
      Les occidentaux avaient pris possession de l’Ukraine et installé des bases à la frontière Russe. Je vous rappelle que les USA avaient moyennement apprécié les fusées Pershing à Cuba.

      • Connaissances historiques époustouflantes, patgic ! A Cuba, pendant la crise de 1962, c’étaient des missiles SS4 et SS5 Russes qui menaçaient les USA… Les fusées Pershing étaient Américaines !

    • Les Russes, les Russes, les Russes, ces méchants… Depuis la fin de l’Allemagne en 1945 qui a mené les guerres les plus sanglantes à travers le monde ? Corée, Vietnam, Afghanistan, ex Yougoslavie, bombardement de la Serbie en dehors de tous accords internationaux, Libye, Irak ou les Americains « savaient de source sûre » (ils avaient même un échantillon brandit par Colin Powel) que Saddam Hussein détenait des armes biologiques… qui n’existaient pas…, Syrie… Et maintenant l’Ukraine pour pouvoir y implanter des missiles ? Qui a envahi Panama pour y mettre un président à leur botte… Les Russes ? Ouvrez les yeux !
      « La pire calamité de l’humanité n’est pas l’ignorance, mais le refus de savoir”…

  11. La Russie ne veut surtout pas d’une europe dégénérée, elle ne veut que les provinces russophones de Donestk et de Lougansk plus la Crimée qui est déjà Russe.Quant aux raisons de la guerre , se rappeler Maidan, Minsk1 et Minsk2

  12.  »Prendre pour des enfants » le Président Macron voit les français tels qui sont, du moins dans leur immense majorité. L’épisode du covid a été un révélateur de la soumission volontaire et du manque total d’esprit critique du gaulois  »réfractaire ». Il suffit que BFM LCI du matin au soir bourrent les cranes vides avec de pseudo spécialiste, hier médecin de l’APHAP qui n’ont jamais vu un patient de leur vie aujourd’hui généraux cantonnés à la guerre asymétrique contre des traines savates pour que l’opinion public soit conquise. Bientôt il y aura 80% de va en guerre comme il y a eu 80% de vaccinés. Sauf que les effets secondaires de cet endoctrinement risque d’être dévastateurs cette fois.

  13. Monsieur Jamet, je souhaiterais une leçon d’histoire.
    Je ne me rappelle plus avec qui la Finlande et l’Ukraine se battaient contre l’URSS et qui commettait des atrocités envers les civils Russes.
    Je ne rappelle plus non plus comment et pourquoi la Crimée et devenue Ukrainienne. Peut être comme l’Alsace est devenue Allemande à une certaine époque.
    Je ne me rappelle plus les conditions dans lesquelles Zelensky est parvenu au pouvoir, comment il s’y maintient hors constitution Ukrainienne ni pourquoi les civils russophones après l’arrivé de leur président courage ont été victimes de persécutions et de bombardements de la part de leur propre gouvernement.
    Discriminer une partie de son peuple pour l’éliminer à déjà été testé à grande échelle en Europe, ça c’est plutôt mal terminé par le discriminant et l’histoire à tendance à se répéter.
    Une dernière
    Je ne rappelle plus non plus par qui, comment et pourquoi le Kosovo, cœur originel de la Serbie à été arrachée à ce pays. Probablement des dictateurs assoiffés de sang comme W Poutine.

  14. Monsieur Jamet, je ne rappelle plus avec qui la Finlande et l’Ukraine se battaient contre l’URSS et des atrocités commises contre les civils Russes.
    Je ne rappelle plus non plus par qui et comment et pourquoi le Kosovo, cœur originel de la Serbie à été arrachée à ce pays. Probablement des dictateurs assoifés de sang comme W Poutine.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Jean Bexon démonte les FAKE NEWS sur la mort de Quentin Deranque au micro de Christine Kelly
Jean Bexon sur Europe 1

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois