Stéphane Bern cherche 500.000 euros pour le Prytanée militaire de La Flèche
Depuis le cœur de la ville de La Flèche, dans la Sarthe, s’étend un site chargé d’Histoire : le Prytanée national militaire. Cet établissement prestigieux, lycée militaire préparant au baccalauréat et aux concours aux grandes écoles militaires, fondé au XVIIe siècle et transformé au fil des époques, conserve un patrimoine architectural d’une grande valeur, malheureusement fragilisé aujourd'hui par l’usure du temps et les aléas des siècles. Face à cette situation, la Fondation du patrimoine a ainsi décidé de lancer une campagne ambitieuse de restauration. Pour cela, elle peut alors compter sur le soutien non négligeable d’un certain Stéphane Bern.
Restaurer le Prytanée pour l'ouvrir au public
Au cœur du projet de restauration se trouve la remise en valeur d’éléments patrimoniaux emblématiques du Prytanée, particulièrement situés dans son quartier historique central. La Fondation du patrimoine indique ainsi que les travaux visent notamment à restaurer les médaillons, le buste d’Henri IV qui, selon la tradition, fut conçu à La Flèche, et la fontaine de la cour de Sébastopol, mais également les quatre baronnes, de petits pavillons caractéristiques, ainsi que les bassins du parc. Ces éléments, souvent encrassés, altérés par des infiltrations ou dégradés par des enduits inadaptés, réclament ainsi une intervention minutieuse et spécialisée.
Cependant, le projet ne s’arrête pas à de simples restaurations. En effet, l’objectif final est de redonner vie à ces espaces, de les rendre accessibles au public, de sécuriser le site pour les élèves comme pour les visiteurs et de créer des parcours culturels et pédagogiques. Le Prytanée, en partenariat avec la ville de La Flèche, ambitionne ainsi de faire de ce patrimoine restauré un levier de dynamisme local et touristique.
Pour financer ce projet, un appel aux dons a été lancé par la Fondation du patrimoine. L’objectif a été fixé à 500.000 euros, et à ce jour, environ 26.000 euros ont déjà été collectés. Afin d’encourager les Français et les amoureux des vieilles pierres à participer à cette aventure, Stéphane Bern vient apporter son soutien. Sa présence est ainsi attendue lors d’une grande « Soirée du Patrimoine » organisée le 16 octobre prochain au Prytanée. L’événement proposera alors une visite guidée de l’établissement en compagnie des élèves, un récital sur l’orgue du XVIIe siècle dans l’église Saint-Louis et se clôturera par un cocktail ainsi que des discours.
Ce futur chantier s’inscrit toutefois dans une longue suite de travaux. En effet, en juin 2024, l’entreprise Atulam avait déjà procédé à la restauration et au remplacement de plus de 1 700 fenêtres du Prytanée, respectant des techniques traditionnelles. Par ailleurs, l’église Saint-Louis, joyau baroque du site, avait elle aussi bénéficié de restaurations, notamment celle du clocheton de son campanile, entamée en 2017 et achevée en 2021. Ces interventions successives témoignent ainsi d’un engagement durable en faveur de la conservation de ce patrimoine exceptionnel et de son histoire
« Tant que la France vivra, le Prytanée sera »
Les origines du Prytanée remontent au début du XVIIᵉ siècle. En effet, en 1604, Henri IV décide d’implanter à La Flèche un collège royal, qu’il confie aux bons soins des jésuites. Le Vert-Galant souhaitait même que son cœur et celui de son épouse Marie de Médicis reposent dans l’église du collège, témoignage de l’importance qu’il attachait à cette institution.
Au fil du XVIIᵉ siècle, l’architecture de l’édifice évolue vers un style classique, sous la direction de l’architecte Louis Métezeau. Le portail royal, achevé en 1655, devient alors l’un des symboles de l’ensemble, tandis que l’église Saint-Louis, avec ses éléments baroques, complète cet ensemble remarquable. Dans ce cadre majestueux, le collège royal Henri-le-Grand devient alors l’une des institutions éducatives les plus prestigieuses du royaume.
Cependant, la Révolution française bouleverse profondément le fonctionnement du site. En effet, les Sans-Culottes s’emparent rapidement du Prytanée et le vendent comme bien national, après avoir tenté de détruire l’urne contenant le cœur d’Henri IV et de Marie de Médicis. Fort heureusement, un chirurgien local en récupère quelques fragments, qui seront restitués en 1814.
Sous le Premier Empire, en 1808, l’empereur Napoléon Ier souhaitant habiter le château de Fontainebleau, en chasse l’École spéciale impériale pour l’installer à Saint-Cyr où résidait déjà le Prytanée militaire. Ce dernier est alors transféré par décret à La Flèche et permet à l’édifice de retrouver sa vocation première : former l’élite de la jeunesse française.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Prytanée traverse une période particulièrement troublée. L’armée allemande investit les lieux et y installe ses troupes, imposant une cohabitation difficile avec les élèves encore présents sur le site. Cette occupation marque profondément l’histoire de l’établissement, qui connaîtra ensuite une lente reconstruction après la Libération.
Un siècle plus tard, en 2004, à l’occasion du quadricentenaire de l’institution, le ministre de l’Éducation nationale François Fillon rendit hommage à ce lieu emblématique en déclarant : « Tant que la France vivra, le Prytanée sera. » Aujourd’hui, le Prytanée national militaire demeure un établissement d’excellence, accueillant près de 900 élèves, répartis entre enseignement secondaire et classes préparatoires. En 2025, il a même été classé 27ᵉ meilleur lycée de France, une distinction qui témoigne de la qualité de son enseignement et de la solidité de ses traditions ancrées dans la pierre centenaire de ses murs classés Monument historique.
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25 commentaires
@ANTISYSTEME59, ne doutez pas que beaucoup de Brutions le font.
Demander aux anciens élèves : ils ont quasiment tous bien réussi » leur vie », non ? Surtout avec le carnet d’adresses entamé et étoffé par la suite. On y apprend aussi l’art des magouilles et des « plans de carrière », en sus de la force brute ?
Allez vite y faire un tour et surtout attardez vous un peu devant les plaques de marbre du péristyle , vous verrez que beaucoup de Brutions ont payé le prix du sang pour leur patrie .
il faut demander une subvention à l’ AFD !
Qu’il aille au Qatar
Supprimons une chaîne publique, on aura tout l’argent qu’il faudra pour ça, et en plus, on aura double bénéfice en protégeant ainsi la démocratie.
Bravo
Monsieur Macron au lieu de distribuer notre argents aux pays étrangers il serait plus logique de défendre notre patrimoine.
Les français payent beaucoup d’impôts, mais doit ils doivent encore se substituer à l’Etat pour donner des moyens à la santé, La Défense du patrimoine, la lutte contre la pauvreté, aux victimes de calamités naturelles.
Vive les Brutions et chica Bahut
« usure du temps et aléas des siècles » ? Moi, Stéphane bern ne viendra pas pour entretenir ma maison !
Pourquoi ne pas demander à l’association des anciens de ce collège prestigieux de mettre la main au portefeuille ?
@ ANTISYSTEME59, ne doutez pas que beaucoup de Brutions le font.
Merci monsieur, bel article, comme à l’accoutumée. Mme Dati aurait-elle la possibilité de fournir quelques subsides?
Il s’agit, si j’ai bien compris du Prytanée national militaire. Il me semble que sa conservation est de la responsabilité du Ministère des Armées, non ? Ah, c’est bien vrai, j’ai oublié (la vieillesse est un naufrage) que l’armée « moderne et de métier » n’a plus, dans ses rangs, de « bidasses ». Ceux-çi assuraient, sous forme de corvées, les divers travaux d’entretien et de maintenance des locaux. Maintenant, je suppose qu’on fait appel à des intervenants extérieurs, on externalise, comme ils disent. Seulement, ça coûte et l’état n’a plus de ronds. Aussi, encore et toujours, on tape le clampin qui se laissera amadouer. Mon propos est sans doute critique, mais est-il si loin de la vérité. Je précise que j’admire l’engagement entier et sincère de Monsieur Stéphane Bern.
Vous avez vu ou connu beaucoup de bidasses rénover des monuments historiques ?
Chic à Bahut .bel article merci
Je pense qu’il faut le transformer en centre d’hébergement pour migrants. Les subventions arriveront alors sans problème.
excellent
Minable
Il faudrait demander a l »AFD, il donne pleins de sous a la terre entière avec nos impôts. Sur un malentendu ca peut passer.