Sexisme : Daniel Bravo, Vanessa Le Moigne, autopsie d’une indignation sélective
Daniel Bravo a été suspendu d’antenne sur beIN Sports. L’ancien milieu de terrain du Paris Saint-Germain et de l’équipe de France, reconverti en commentateur sportif, a pris un carton rouge après avoir tenu des propos jugés sexistes.
Rappel des faits : le samedi 31 janvier, le Paris FC reçoit l’Olympique de Marseille dans le cadre de la vingtième journée de Ligue 1. Une des caméras présentes dans le stade s'arrête sur Gaëtane Thiney, ancienne internationale française et actuelle directrice sportive du Paris FC Féminines. La sportive ne semble « pas très attentive » à ce qui se passe sur la pelouse, comme le remarque Daniel Bravo, qui la voit en grande conversation avec sa voisine de tribune. Christophe Josse, l’autre commentateur de la rencontre, lui répond : « Elle fait comme vous, elle donne des explications techniques. » Daniel Bravo a une autre interprétation : « J’ai l’impression qu’elle parle de lingerie. »
Suspension immédiate
Indignation générale ! Médias, associations et amateurs de football se ruent sur Internet pour dénoncer ces propos. Le magazine spécialisé So Foot, qui se plaît à croire que le problème, dans le football, est le nazisme, offre même à ses lecteurs une analyse très poussée dans un article intitulé « Daniel Bravo, autopsie d’un sexisme ordinaire ». Le très sérieux Nicolas Kssis-Martov (dont nous nous moquons gentiment dans notre titre) y écrit : « Les quelques mots de l’ancien joueur du PSG […] révèlent la persistance d’une représentation constamment sexualisante des femmes, forcément exclues des affaires sérieuses du ballon rond. » Il ajoute : « La séquence se révèle peu reluisante. Elle interroge sur la capacité et la liberté pour les femmes d’exercer une activité professionnelle, devant les caméras ou dans un club, sans être sans cesse ramenées à un statut d’infériorité et, en quelque sorte, d’"imposture" dans ce sport. » Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.
Certes, la tirade est aussi peu drôle que ce qu’elle est lourde, mais l’ancien footballeur doit-il être cloué au pilori pour autant ? La femme est-elle une si petite et faible chose qu’il faille la défendre à la moindre parole n’étant pas que bienveillance ? En écartant Daniel Bravo, c’est ce que laisse entendre la chaîne qatarie.
Pourtant, lorsque Vanessa Le Moigne, commentatrice sur la même antenne, a été menacée et insultée sur les réseaux sociaux après la finale de la Coupe d’Afrique des nations, beIN Sports n’est pas monté au créneau. La chaîne a attendu ce deuxième épisode pour évoquer les « attaques inacceptables dont l’une de [ses] journalistes a récemment fait l’objet sur les réseaux » et rappeler qu’« aucun jugement ou commentaire sexiste n’a sa place sur [ses] antennes et médias sociaux ». La différence de temps de réaction entre les deux affaires est révélatrice d’un deux poids deux mesures dépendant, dans ce contexte, du coupable. D’un côté, Daniel Bravo, le mâle blanc de 60 ans, condamné en quelques heures ; de l’autre, des supporters sénégalais mécontents des questions posées par la journaliste, que la chaîne a mis deux semaines à dénoncer.
Indignation à retardement
beIN Sports n’est évidemment pas le seul média à pratiquer l’indignation sélective. C’est même, en matière de sexisme et de féminisme, une pratique très courante. Selon le profil de la victime ou celui de l’auteur, on monte ou non en épingle « une affaire ».
Loin de nous l’idée d’excuser Daniel Bravo, qui aurait pu et dû s'abstenir, mais force est de constater que les réactions ont pour beaucoup été disproportionnées. À commencer par celle du Paris FC, qui n’a pu s’empêcher de régler ses comptes avec le commentateur dans un « simple rappel » publié sur X puis supprimé : « Daniel Bravo, c’est 150 sélections en équipe de France de moins que Gaëtane, mais 1.000 fois plus d’erreurs d’analyses footballistiques en direct à la télé, année après année… » Tout cela manque cruellement de hauteur et d’équilibre.
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51 commentaires
Effectivement, d’un côté on supprime l’accès aux antennes à Daniel Bravo.
De l’autre, on laisse le prédateur sexuel Jean-Marc Marc Morandini continuer d’exercer sur CNews.
Tous les deux sont condamnables mais pas au même niveau …
Bravo n’a pas fait de faute, elles peuvent effectivement parler de lingeries a porter sous le short et le maillot, le choix et grand entre le slip « Petit Bateau » et celui en dentelle, c’est toujours une conversation autour du Football. Mais si certain veulent se payer Bravo, il est facile de manipuler.
Ma femme, qui s’est toujours battue pour la cause des femmes et des droits dont elle peut se prévaloir aujourd’hui, s’est dite outrée par les propos machistes de Daniel Bravo.
Ce triste retour en arrière l’inquiète.
Nous sommes tous féministes …
Le Paris FC fait du masculinisme, c’est une honte , une enquête est en cours pour déterminer les circonstances précises de la dérive verbale….
Bernard GUILHON,
Pour rappel, Jordan Bardella lui-même a du sang italo-algérien.
Vous regrettez donc qu’il vive en France ?
La phrase de Daniel BRAVO j’aurais pu la sortir pour imager le contexte, et je n’y vois rien mais absolument rien de sexiste et si les personnes concernées eussent été des hommes je me vois bien déclarer « j’ai l’impression qu’ils parlent de la clé de 12 ». Bref il faut à tout pris créer de la polémique, et donc, il faut trouver l’argumentaire à sens unique, dans n’importe quel domaine. Au fait si tous ces gens pouvaient foutre la paix aux mouches, ça leur laisserait du temps pour créer quelque chose d’utile, et puis ces pauvres petits insectes pourraient gambader tranquilles et sans prendre de risque.
Victor, je suis une femme et croyez moi les réactions de ces pseudos féministes commencent à me gaver, elles me font honte !!!!!
Rassurez vous, toutes les femmes heureusement ne sont pas comme elles et ne sentent aucunement représentées par ces furies
C’est assez drôle comparer Bravo et Morandini ! L’un est viré pour UN propos vaguement mysogine, l’autre maintenu après avoir été condamné. J’avoue ne pas comprendre.
Continuez à ne pas comprendre et je ne vois pas ce que Morandini a à voir là dedans , il faudrait peut être arrêter avec ça, vous faites le jeu des gauchistes
Pauvre Daniel Bravo.
Si ça se trouve, elles parlaient vraiment chiffon ( le nouveau maillot ? ) , on ne peut plus rien dire, sauf si on insulte des gens de droite.
Le speaker a dit la vérité, il doit être exécuté ! (air connu) . Et bravo à lui.
Ca devient du grand n’importe quoi, on ne peut plus rien dire et les hommes « blancs » bien sur sont visés, je ne vois pas où c’est « sexiste » et je suis une femme enfin je pense encore !!!
Alors si une journaliste sportive, voit deux hommes connus parler entre eux sans s’intéresser aux match, si elle dit » ah ils parlent mécanique, ou bricolage » c’est pourtant sexiste puisque ça réduirait l’univers masculin à ces préoccupations , serait ce sanctionné ,? NON bien sur
Candéloro, dont j’ai entendu l’intervention hier était ulcéré et désabusé, comme il le disais si bien, « le petit Robert va être de plus en plus petit puisque bon nombre de mots ne peuvent plus être utilisés »
Pour info, Daniel Bravo aurait été noir, maghrébin, asiatique, le constat aurait été le même.
Arrêtez de sanctuariser celui que vous appelez l’homme blanc.
Ne vous en déplaise, nous vivons dans une société multiethnique, multiculturelle et multiconfessionnelle.
Ne vous en déplaise, nous vivons de force dans une société multiethnique, multiculturelle et multiconfessionnelle.
Bernard merci de répondre à ma place car pour moi je ne veux pas faire son jeu et répondre à ses provocations trop fréquentes
Moi non plus je ne veux pas vivre dans cette société multi tout ce que vous avez dit, quand on voit les conséquences, ça me conforte dans mon choix
Marrant quand même que ceux qui nous obligent cette société vivent dans des quartiers privilégiés et chouinent si on met une superette trop près de chez eux ou un CRA ou un centre pour mineurs, alors qu’ils nous les imposent, pas chez eux c’est bien connu