[SATIRE À VUE] Aux Baumettes, les détenus apprennent à dégrader l’espace public

Il faut croire que ça aide, pour la réinsertion.
© Samuel Martin
© Samuel Martin

L'agression d'un surveillant de la prison des Baumettes donne l'occasion d'apprendre qu'il existe un atelier graffitis au sein de l'établissement.

Le 1er avril, à la prison des Baumettes, un détenu est hors de lui. Un surveillant vient de lui annoncer qu'il ne participera pas à l'atelier « graffitis ». En prison, il a perdu ce savoir-faire qui lui permettait d'écrire sur les murs moult menaces de mort contre des policiers. Cette privation d'une activité qui allait faciliter sa réinsertion lui est intolérable. De rage, il frappe le porteur de la mauvaise nouvelle et se retrouve ainsi, le 18 juillet, pour la 25e fois, devant un tribunal correctionnel.

Atelier « graffitis » ou « tag » ? Entre deux mots, l'administration pénitentiaire a choisi celui qui évoquait un monde en noir et blanc avec ses murs des bas quartiers parfois couverts d'inscriptions et de dessins salaces. Des parois de toilettes publiques pouvaient en être couvertes. Les instigateurs de cet atelier surréaliste n'ont pas osé l'intitulé « tag », tant il renvoyait à des dégradations de bâtiments publics et privés, à des rames de métro défigurées et autres brassées de millions nécessaires à la rénovation de supports souillés.

Selon l'article de La Provence relatant la comparution du tagueur frustré, le tribunal n'a pas jugé utile d'examiner le cas du surveillant qui, sur ordre de sa hiérarchie, proposait aux condamnés de s'adonner à l'apprentissage d'une activité illégale. De toute évidence, l'incriminé, Gérard V., avait été formé aux graffitis lors de ses séjours précédents. D'autres attendaient leur tour de savoir manier la bombe de peinture. À l'atelier « Incendie de voiture », le moniteur ne savait plus où donner de la tête. La demande était forte, l'envie de briller en société tenaillait les détenus.

Dans l'univers carcéral progressiste, le primo-délinquant se voit formé aux techniques de pointe dès son arrivée. Petit voyou deviendra grand. À quand cette devise inscrite au fronton des Baumettes ?

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Tout ça pour les réinsérer à détériorer, visiblement pour être directeur de prison, il faut être aussi intelligent que les ministres de macron! Cet entre soi de médiocrité est devenu la norme!

Commentaires fermés.

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