« Saint Louis a laissé un royaume pacifié et prospère sur le plan économique »

François-Régis Legrier signe un “Saint Louis, modèle des chefs d'État” (Via Romana), 800 ans après son sacre à Reims.
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Huit siècles ont passé depuis le sacre de Saint Louis à Reims. La France a vécu, depuis, bien des vicissitudes, elle n'a pas oublié le grand roi auquel François-Régis Legrier, ancien colonel et professeur de géopolitique dans l'enseignement supérieur, consacre un ouvrage, Saint Louis, modèle des chefs d'État (Via Romana). Petit par la taille, mais grand par le dessein, ce livre de 140 pages, passionnant et très documenté, s'attache moins à la vie de Saint Louis qu'à l'analyse de ses décisions politiques, au sens politicien comme au sens noble du terme. François-Régis Legrier en tire des enseignements de bonne gouvernance, valables jusqu'à notre époque. BV l'a interrogé.

 

B. V. Le 29 novembre, nous fêterons les 800 ans du sacre de Saint Louis à Reims. Comment et pourquoi ce grand personnage de l’Histoire a-t-il gardé son prestige à l’ère moderne ?

François-Régis Legrier. Saint Louis a profondément marqué l’Histoire de France et celle de l’Europe. Sa renommée s’étendait même en Asie. Il a donné à la monarchie capétienne ce supplément d’âme qui fait la grandeur des nations. Comme le reconnaissait Voltaire, il a su accorder une politique profonde avec une justice exacte. Il fut véritablement l’ange de la paix dans une Europe encore minée par la violence féodale et les rivalités entre nations. Sa vie exemplaire et son souci du peuple, en particulier les pauvres et les malades, tranchent avec le faste dont le pouvoir politique, quels que soient l’époque et le régime, aime à s’entourer pour mieux exprimer sa puissance. De Louis XIV, on retient le château de Versailles mais son aïeul nous a laissé les hôtels-Dieu, l’hôpital des Quinze-Vingts et, bien sûr, la Sainte-Chapelle, ce magnifique écrin destiné à accueillir la couronne d’épines. Il a également laissé un royaume pacifié et prospère sur le plan économique.

 

B. V. Quelle est sa vision du pouvoir politique et peut-on tirer aujourd’hui, dans une période déchristianisée, un enseignement des principes profondément chrétiens qui ont guidé son action politique ?

F.-R. L. En politique extérieure, Louis défend âprement la souveraineté du royaume et fait de la France une puissance d’équilibre avant la lettre. Son action diplomatique à l’égard du Saint Empire romain et de l’Église est, à cet égard, exemplaire. Il remplit également ses obligations internationales et fait son possible pour essayer de secourir le royaume latin de Jérusalem (il y passera près de quatre ans). Il nous montre par là que l’amour de son pays ne doit pas conduire au repli sur soi mais être un élan qui nous pousse à travailler au bien commun des nations au lieu de chercher à les faire disparaître dans des constructions utopiques. S’il use de la force, c’est toujours avec modération en laissant une porte ouverte à la négociation. C’est ainsi qu’il réussit à rattacher le Midi de la France à la couronne.

Sur le plan intérieur, Saint Louis mène une action déterminée et de longue haleine pour faire émerger l’État comme garant du bien commun. Il réduit les prérogatives de la féodalité, il consolide l’administration royale et panse les plaies consécutives à la croisade des Albigeois. « Bataille n’est pas voie de droit », avait-il coutume de dire. En effet, c’est lui qui donnera à la Justice les fondements que nous lui connaissons encore aujourd’hui : le jugement sur preuves, la possibilité de faire appel et la présomption d’innocence. Une Justice qui s’applique aussi aux puissants.

 

B. V. Quels conseils donnerait aujourd’hui Saint Louis à un gouvernant en France ?

F.-R. L. Saint Louis puisait sa force dans la prière et la vie intérieure. Que l’on soit croyant ou pas, le recueillement et le silence sont des préalables indispensables à l’action. S’il revenait aujourd’hui, sans doute donnerait-il comme conseil de congédier les conseillers en communication et d’arrêter de parler à tort et à travers sur les réseaux sociaux.

Saint Louis savait également s’entourer de conseillers de très grande valeur choisis dans toutes les couches de la société. C’est un message fort pour notre époque : savoir s’entourer de personnes intègres et compétentes dans les différents domaines de l’action publique et lutter contre les castes qui minent la cohésion sociale. Enfin, Saint Louis avait une haute idée de sa fonction tout en restant accessible et proche du peuple. Un beau sujet de méditation pour ceux qui exercent une fonction politique.

Vos commentaires

21 commentaires

  1. N’importe quoi…. Louis IX a ruiné la France avec ses croisades. La rançon pour sa libération – réunie par sa mère Blanche de Castille – était d’une fois 1/2 le PIB de l’époque (!) , qu’il a bien fallu combler par de multiples taxes et impôts qui affamèrent la population. Heureusement un peu plus tard LOUIS XI lui a su remettre le territoire en état ET a été le bâtisseur de la France telle qu’elle est aujourd’hui +/-.

  2. Je ne suis pas d’accord avec cette homélie. Louis IX n’a été qu’un prédécesseur de Trump, qui a dépensé beaucoup de pognon pour aller très loin faire une guerre qui ne concernait pas les populations françaises de l’époque. Toutes ces croisades ont été des erreurs. Celle de Louis IX comme celle de Trump.

  3. « Il panse les plaies de la croisade contre les Albigeois » : c’est une plaisanterie? Ce roi a conduit cette croisade de 1226 à 1270 (date de sa mort) à travers maintes batailles et maints massacres, et celle-ci ( commencé en 1208) perdurera jusqu’en 1328 avec de nombreux massacres (Lombières notamment). La réalité historique vous dérange?

  4. On ne pourra pas en dire autant de Macron qui, en l’espace de 10 ans, aura ruiné, déconstruit, insécurisé et décivilisé notre beau ROYAUME .Non seulement il est inculte et incompétent mais il s’est entouré que de personnes aussi incompétentes que lui mais plus intéressées par les avantages de la fonction que de l’avenir de la France et du peuple.

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