Reconnaissance de l’État de Palestine : Jean-Noël Barrot s’est encore surpassé !

« Une grande victoire diplomatique pour la France ! » Cet homme sait-il de quoi il parle ?
Capture d'écran
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Il faut bien reconnaître une chose à Jean-Noël Barrot : il ne déçoit jamais. Ministre démissionnaire de l’Europe et des Affaires étrangères, il est donc venu, ce mardi matin, sur le plateau de TF1 faire le SAV de la prestation du président de la République à la tribune des Nations unies : la reconnaissance de l’État de Palestine au nom de la France, mais surtout – on l’a bien compris - au nom d’Emmanuel Macron. Au passage, on ne s’étonne même plus, en ces temps de Ve République fatiguée, qu’un ministre démissionnaire, et donc en principe chargé d’expédier les affaires courantes, c’est-à-dire de signer les piles de parapheurs dans son cabinet en attendant qu’un successeur soit nommé, après avoir accompagné le Président dans son périple new yorkais, vienne sur un plateau télé commenter un acte qui est tout, sauf une affaire courante. Bref, passons.

 

Barrot va sans doute un peu vite en besogne

Jean-Noël Barrot ne déçoit jamais, disions-nous. Effectivement, pour lui, la reconnaissance de la Palestine est « un désaveu catégorique pour le Hamas et son isolement définitif ». Pas certain que le Hamas le voie ainsi, lui qui, en juillet, lorsque Macron avait annoncé son intention de reconnaître la Palestine, s’était empressé de saluer « une étape positive dans la bonne direction pour rendre justice à notre peuple palestinien opprimé et soutenir son droit légitime à l’autodétermination ». Certes, Mahmoud Abbas, le président complètement démonétisé de l’Autorité palestinienne, appelle aujourd’hui le Hamas à rendre les armes et affirme que ce dernier n’aura aucun rôle dans le gouvernement palestinien. Est-ce bien certain ? Du reste, s’il devait y avoir des élections libres sur les territoires palestiniens, qui dit que le Hamas ne sortirait pas vainqueur des urnes ?

Par ailleurs, cette reconnaissance par la France peut aussi avoir les effets contraires à ce que souhaite Macron. Preuve en est la poussée actuelle, en Cisjordanie, des colons israéliens, encouragés par le gouvernement de Benyamin Netanyahou, au détriment des Palestiniens. C’est pourquoi Barrot va un peu vite en besogne et prend sans doute ses désirs (et ceux de son maître) pour des réalités lorsqu’il déclare qu'avec cette reconnaissance, « c’est donner raison à ceux qui, parmi les Palestiniens, on choisi de renoncer à la violence et de renoncer au terrorisme ».

C'est quoi, « une grande victoire diplomatique pour la France » ?

Mais là où le lointain, très lointain, successeur de Talleyrand se surpasse, c’est lorsqu’il déclare sans rire, dans une sorte d’hallucination stupéfiante, que cette reconnaissance de la Palestine par la France est « une grande victoire diplomatique pour la France ». Le pire, en l’écoutant et en le regardant s’exprimer, c’est qu’on a vraiment le sentiment qu’il y croit. Cet homme sait-il de quoi il parle ? Une grande victoire diplomatique, c’est quoi, en fait ? C’est, par exemple, lorsque le lointain, très lointain, prédécesseur de Barrot, Talleyrand en l’occurrence, évita au congrès de Vienne l’humiliation à une France vaincue après les guerres napoléoniennes. Ce n’était pas gagné d’avance. Ainsi, le « diable boiteux » réussit à imposer la France à la table des conférences, initialement limitée aux quatre grands vainqueurs (Russie, Prusse, Autriche et Grande-Bretagne) ainsi que d’autres pays secondaires comme la Suède, l'Espagne et le Portugal afin d’avoir des appuis dans les négociations. Une autre grande victoire diplomatique ? Plus récente, cette fois-ci. C’est lorsque le général de Gaulle réussit – certes avec la complicité de Churchill - à imposer aux Américains et aux Russes la France comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies à l’issue de la conférence de San Francisco en 1945. Là aussi, ce n’était pas du tout gagné d’avance, avec, notamment, un de Gaulle qui avait été exclu de la conférence de Yalta.

« Grande victoire diplomatique pour la France » ? Symbolisée par cette photo qui fait le tour des réseaux sociaux où l’on voit un Emmanuel Macron congratulé par l’ancien djihadiste Ahmed Al-Jolani, aujourd’hui président non élu de Syrie, et par ce grand ami de la France qu’est l’émir du Qatar et soutien du Hamas.

 

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

142 commentaires

  1. Macronie aux abois, sentant la fin venir
    Au mépris de nos lois et de notre avenir,
    Fait sortir de ses bois ses militants les pires.
    Ces gens de peu de foi mentent comme ils respirent.

    Et Jean-Noël Barrot, bouffon de notre sire
    Parmi tous les falots qui sur terre respirent
    Invente tout de go des mots pour travestir
    Aux yeux de tous les sots, la vérité qui expire.

  2. Je proclame (comme ‘André paris’ à 12h09 ci dessous :
    « La priorité aurait dû être, avant tout, la libération des otages » !!
    Sinistre comédie que tout le reste.

  3. Il y a déjà eu sous la cinquième république des ministres des affaires étrangères très médiocres mais Jean Noël Barrot est vraiment hors concours.

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