Près de Troyes, le projet d’un centre pour mineurs délinquants suspendu grâce aux habitants

La petite ville de 1.800 habitants s'était fortement mobilisée contre ce projet qui est désormais suspendu.
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La victoire est tellement significative que même Le Parisien s’est penché sur l’affaire. Dans la petite commune de Sainte-Maure, en périphérie de Troyes (Aube), la mobilisation quasi unanime des 1.800 habitants a réussi à faire suspendre le projet d’une unité judiciaire à priorité éducative, autrement dit un lieu de privation de liberté pour mineurs délinquants.

Une ville contre l'État

Le projet a suscité une vive contestation chez les habitants dès le début du mois de février, lorsqu’ils ont eu vent de l’affaire. Ces derniers ont fait entendre leur désaccord au directeur interrégional adjoint de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) dans le Grand Est, Jérôme Lucien, qui a pris « acte », ce 7 février, de l’absence de « souhait de la population d’acquérir ce centre », note Le Parisien. Manière polie de reconnaître que les habitants n’en veulent pas et qu’ils ne sont pas près de lâcher le morceau. Le député de l’Aube Rassemblement national, Jordan Guitton, avait interpellé Gérald Darmanin en pointant « l’emplacement totalement inadapté » à la construction d’un tel centre et en demandant l’abandon définitif du projet, comme l’ont fait la sénatrice UDI Evelyne Perrot et le maire LR de Troyes François Baroin.

Car dans ce quartier résidentiel et familial, l’idée de voir s’installer un centre accueillant des mineurs délinquants n’a effectivement suscité ni enthousiasme ni curiosité sociologique. « J’ai deux filles de un et cinq ans. Je veux qu’elles grandissent en sécurité », confie une mère de famille à nos confrères.

Des centres pour délinquants inquiétants

On ne saurait reprocher à cette dernière de redouter de voir son cadre de vie dévalorisé par un « sentiment d’insécurité ». Car la case prison n’existant pour les mineurs que dans les cas les plus extrêmes, les méfaits des jeunes condamnés n’en restent pas moins inquiétants. Et le taux de fugue dans ces établissements, trop important pour donner envie aux riverains de courir un risque quelconque.

Les pensionnaires contraints de ces structures, âgés de 13 à 18 ans, ont commis des faits qui, s’ils avaient été majeurs, les auraient exposés à des peines d’au moins trois ans d’emprisonnement pour les 16-18 ans et cinq ans pour les 13-16 ans. On parle de trafic de stupéfiants, de violences, de radicalisation, de proxénétisme, d’agressions physiques ou sexuelles, parfois de viols. Quant aux anciens centre éducatifs fermés (CEF) dont ces unités sont la déclinaison rénovée, leur taux de fugue oscille entre 15 et 20 %.

Ces CEF avaient en effet fini par lasser jusqu’au ministère de la Justice. Gérald Darmanin en avait annoncé la suppression progressive en novembre dernier. Rebaptisés « unités judiciaires à priorité éducative », ces établissements sont donc aujourd’hui en phase d’expérimentation.

« De fermé, ils n’ont que le nom »

« De fermé, ils n’ont que le nom… Les mômes font ce qu’ils veulent », dénonçait, ce 8 février sur Europe 1, la mère d’un jeune placé dans l’un de ces centres. Faute de moyens, expliquait-elle, son fils s’est échappé à plusieurs reprises, ce qui lui avait permis de voler « des appareils photo sur des touristes » et de dérober des scooters.

C’est donc avec un certain réalisme que les Mauraciens, soutenus par leurs élus, ont refusé de cautionner ce qu'on peut considérer comme un manque de bon sens. Pas question, pour eux, de servir de terrain d’essai à une réforme encore balbutiante. On pourra toujours leur reprocher un manque d’élan civique. Ils répondent, plus simplement, qu’ils veulent protéger leurs enfants et préserver leur cadre de vie.

Vos commentaires

31 commentaires

  1. Moi je leur propose d’installer ces centres pour voyous dans les communes qui ont voté à plus de 80% pour la gauche pour qu’ils assument. Puisqu’ils vivent dans un monde parfait, avec des juges parfaits, une politique nationale et européenne parfaite et des lois parfaites, leur vie de Bisounours peut accueillir des pauvres enfants issus de la minorité et de la misère à leur porte.

  2. Je comprends parfaitement la réaction de ces habitants de cette petite commune rurale qui vivent paisiblement dans leur campagne et auxquels on veut infliger la proximité de ce genre d’établissement dont on sait les défaillances, et les risques qui en découlent.
    Pour cette raison, je prétends qu’il est absolument nécessaire d’ouvrir des « maisons de correction » fermées et bien surveillées par du personnel qualifié, qui rassurera les populations environnantes.
    De la même façon, je prétends qu’il est nécessaire de transférer les populations « dangereuses » de prisonniers, en Guyane où on leur fera d’abord construire leur prison, et où ils seront suffisamment éloignés du territoire où ils peuvent encore contrôler leurs « commerces » depuis leurs geôles où ils ont logés, nourris, blanchis pendant que nous continuons à payer des impôts écrasants…
    Marre !!! Non ?…

  3. Comme pour les centrales nucléaires ou les stations d’épuration, les français trouvent ces centres indispensables…….. mais loin de chez eux (.. ailleurs, y’a de la place, comme disait Coluche).
    Ceci dit, le problème n’est pas l’implantation même de cet établissement, mais surtout la manière laxiste de traiter les mineurs délinquants qui laisse à supposer que ceux-ci pourront s’enfuir et se retrouver dans notre jardin. Si ces établissements appliquaient la méthode salvadorienne, je pense que les gens seraient un peu plus rassuré et réagiraient moins de façon hostile.

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