Pourquoi et comment Valeurs actuelles va changer

L'hebdomadaire de droite sera prochainement acquis par Pierre-Édouard Stérin, la famille Caude et Benjamin La Combe.
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Comme les grands patrons qui ont investi dans l’École supérieure de journalisme (Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé…), ces entrepreneurs en ont assez de la mainmise de la gauche sur le débat public. La famille Caude, Pierre-Édouard Stérin et l’entrepreneur Benjamin La Combe vont acquérir Valeurs actuelles auprès des enfants du Libanais Iskandar Safa. L’ancien propriétaire du titre et des Constructions mécaniques de Normandie (constructions navales) est décédé brutalement, en janvier 2024, à 68 ans. Ce chrétien libanais marqué par la guerre, à l’allure impressionnante, avait combattu dans les Brigades du Cèdre au Liban, avant de devenir un entrepreneur à succès : nous l’avions rencontré plusieurs fois à Londres pour le magazine Challenges.

La page Safa sera bientôt tournée. Les nouveaux actionnaires misent, au nez et à la barbe des médias de gauche, sur l’avenir de Valeurs actuelles. Le titre a souffert d’un flottement dans sa gestion depuis le décès d’Iskandar Safa, d’une désaffection des annonceurs lorsque VA prit parti en faveur d’Éric Zemmour lors des dernières présidentielles, et d'une baisse des abonnements provoquée par le départ de l’ancienne équipe pilotée par Geoffroy Lejeune, aujourd'hui à la tête du JDD.

Selon nos informations, le titre compte aujourd’hui une trentaine de journalistes à temps plein âgés de 55 ans en moyenne et un volant de pigistes. L’arrivée d’un nouvel actionnaire ouvrira automatiquement une clause de cession qui permettra aux journalistes qui le souhaitent de partir dans des conditions avantageuses.

Les repreneurs pourraient compter sur la réduction de la masse salariale pour remettre à l’équilibre un titre qui vend 73.239 exemplaires, en moyenne, en 2024-2025 (contre 114.000 en 2021), dont 33.400 abonnés, selon l'ACPM. Actuellement, l'hebdomadaire perd 1 à 2 millions d’euros par an, pour 12 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les trois nouveaux actionnaires, qui investiront chacun deux millions par an, visent l’équilibre d’exploitation dès 2026.

« Se confronter aux défis contemporains »

Le nouveau Valeurs actuelles sera ouvert à toutes les familles de la droite française et consacrera un tiers de ses pages aux finances personnelles : placements, fiscalité, etc. Un retour aux sources pour le magazine créé en 1966 par Raymond Bourgine autour d’une offre éditoriale politique, sociétale et financière. L’offre Internet sera développée et bénéficiera d’un investissement d’un million d’euros.

À la tête du nouveau Valeurs actuelles, l’entrepreneur Benjamin La Combe, âgé de 50 ans, se consacrera entièrement à ce défi. Ce littéraire reconverti dans les affaires a fait fortune plusieurs fois. Après une hypokhâgne à Versailles et une maîtrise d’histoire réalisée à Saint-Quentin-en-Yvelines, il a obtenu son diplôme de l'EDHEC. Passé par le groupe Sodexo, il passe son CAP de paysagiste à 35 ans et fonde son entreprise d’aménagement paysager, MUGO, en 2009. Benjamin La Combe a revendu, début 2025, cette entreprise de 500 salariés devenue florissante pour plusieurs dizaines de millions d’euros.

Le futur président du conseil d’administration de Valeurs actuelles a reçu la passion de la politique dans ses gènes. Il est le petit-fils de René La Combe, député gaulliste du Maine-et-Loire, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, commandeur de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération et croix de guerre 1939-1945. On est loin des caricatures volontiers diffusées par une certaine gauche… « L’ambition des actionnaires, c’est de jouer un rôle dans la société, affirme notre source, de se confronter aux défis contemporains, au-delà de leurs affaires. »

Il faudra attendre encore quelques semaines pour voir apparaître la nouvelle formule de Valeurs actuelles.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 04/10/2025 à 11:17.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

54 commentaires

  1. J’étais abonné et ne le sus plus parce que je ne peux pas passer ma journée entière à lire tous les magazines, papier ou numériques, auxquels j’étais abonné jusque-là. Je ferai peut-être un effort pour me réabonner si la ligne politique et patriote me convient mais il ne faudrait pas que les analyses financières et boursières indigestes occupent trop de place tout de même !

    • Je suis exactement dans la même situation que vous, et je pense, comme vous, que trop d’économie et de finances décourageraient le lecteur.

  2. Abonné à Valeurs Actuelles depuis 1966, âgé de 18 ans, j’appréciais beaucoup la partie économique et financière qui mettait à la portée de tous ces informations réservées bien souvent à des spécialistes. Autre qualité de cet hebdomadaire, son style et le respect rigoureux de la langue française. Je vais donc différer ma décision de me désabonner, la formule actuelle, d’une présentation lugubre, verse trop dans le bavardage.

  3. J’attends de voir à quoi ressemblera la nouvelle mouture de V.A. Mais je tiens à préciser que ce journal nous importe parce qu’il nous apprend de la politique, de la culture, des éditoriaux. Pour l’économie, il y a l’excellent Figaro Economie qui, chaque jour, décortique tous ces domaines. Ce n’est pas ce que l’on attend de V.A. Et si on pouvait voir moins souvent en photo de couverture la tête de notre exécrable président, ce serait un plus !

  4. Très déçue au moment du départ G Lejeune et C d’Ornelas, je trouve plutôt positif ce que je le aujourd’hui.
    En attente que l’avenir conforte cette impression

  5. Je redoute le tiers de pages qui sera consacré à l’économie. La proportion actuelle, modérée, me convient parfaitement. Ce n’est pas l’économie qui me fait apprécier VA, mais les éditoriaux, les articles sur la marche de la société et les pages culturelles. Je ne m’explique pas la baisse considérable du chiffre des ventes entre 2021 et 2024. Je comprends que le départ de Geoffroy Lejeune, de Charlotte d’Ornelas, et d’autres journalistes moins connus, ait pu contrarier des lecteurs, mais à ce point! Notons que nos amis se sont avantageusement recasés et ont étendu l’influence des idées que nous partageons avec eux. Et par ailleurs, Tugdual Denis n’a pas démérité à la tête de la revue.

    • Nombre de abonnés a VA,et je suis du nombre, ont fini par se lasser de lz censure implacable qui frappait à l envi les réactions des uns et des autres en réaction aux articles publiés par le magazine.la desafection des abonnés a été concommitante avec le depart de J Lejeunetm et de C d Ornelas.VA s était bien trop recentre au Centre Gauche.

  6. SUITE…Vu les avis ci dessous et nous sommes nombreux à avoir eu la même réaction . Il faut prendre en compte pour l’avenir quelque soit nos ressentiments , qu’il n’y a rien d’autre pour défendre le peuple patriote.
    Le JDD ok +++ mais ce n’est pas assez ! Donc jouons le jeu dès le départ et on avisera ensuite !

    • Oui mais les lecteurs de Valeurs Actuelles sont-il des pro qui de delecteront de pages économiques. Pas sûr…

      • Comme je l’ai précisé, pour ce domaine, nous avons chaque jour le Fig Eco, remarquablement documenté, et qui suffit amplement.

  7. Comme CMP pour les même raisons je m’étais désabonné après 25 ou 30 ans de fidélité …
    J’ai repris l’abonnement il y a quelques mois et je serai très attentifs sur la suite de l’affaire .
    Si Zemmour et Sarah K n’occupent pas la même place que les autres leaders de droite je stopperai l’abonnement !

  8. Je m’étais désabonné de ce pérodique VA après son recentrage d’il y a quelques années,et après le départ fracassant de Charlotte D’Ornelas et de G. Lejeune.Je verrai ce que ça donne avant de recoller au truc.

    • J’ai été tenté de vous imiter. Après réflexion, je me suis dit qu’il serait plus raisonnable d’attendre et de voir. J’ai vu, et je ne suis pas déçu. VA sous Tugdual Denis n’a rien perdu des qualités qui me le font apprécier. Par ailleurs, par fidélité aux anciens responsables de la revue, je me suis abonné au JDD et suis devenu un inconditionnel de CNews!

  9. Abonné à VA depuis des lustres et au moins jusqu’au printemps prochain, je ne peux qu’espérer que ce changement aboutisse au départ des billettistes octogénaires ou du dernier recruté trentenaire. A défaut, ce sera mon départ.

    • Le trentenaire en question doit mûrir, apprendre. Pour son âge et son expérience, il ne se débrouille pas mal. Et il est le fils de… ce qui nous le rend sympathique, par filiation.

  10. Oh là là. On signale un boom dans l’immobilier de loisir aux Kerguelen et un effondrement sur l’île de Ré et le Lubéron. Les bobos gauchos sont malins…

  11. Je viens de renouveler mon abonnement après hésitation. J’apprécie les pages culturelles, les éditoriaux de Laurent Dandrieu et de Pierre Lellouche. Si le nouveau VA consacre 1/3 de sa revue à l’étude des marchés boursiers, je vais regretter ma décision.

  12. j’ai quitté VA au départ de Lejeune, licencié par son patron pour des motifs qui ne me plaisaient pas. Je jugerai sur pièces en fonction de ses numéros successifs si j’y revient ou pas.

    • idem – j’ai été abonnée et acheté VA depuis mes 18 ans donc la première fois en aou^t 1969
      j’ai arrêté dès que vA a viré lejeune et je n’y reviendrai pas

      • Avec ses articles incidifs Boulevard Voltaire remplace avantageusement VA a mes yeux. D autant que lz censure de BV est plus élastique que ne l était celle de VA.

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