Portugal : après la percée historique du parti Chega aux législatives

« Nous sommes prêts à changer le Portugal ! » déclare António Tânger Corrêa, membre du parti Chega.
Marine Le Pen et André Ventura - Capture écran Marine Le Pen
Marine Le Pen et André Ventura - Capture écran Marine Le Pen

Le parti Chega, fondé le 9 avril 2019, a connu une montée progressive, avec 18 % des voix, aux législatives de mars 2024. Ce 18 mai, ce parti conservateur a encore progressé : il dépasse les 20 % aux législatives anticipées portugaises, rattrapant ainsi le Parti socialiste (PS). Mot d'ordre du parti ? Le changement. António Tânger Corrêa, membre du parti Chega, a déclaré, sur X, le jour des élections : « Nous sommes plus forts. Nous sommes plus confiants. Et nous sommes prêts à changer le Portugal ! »

Le contexte des élections

À l'issue des élections législatives qui se sont tenues au Portugal en 2024, la coalition des partis de centre droit Alliance démocratique (AD) est arrivée en tête, mais sans remporter la majorité absolue. AD disposait alors de 80 sièges, le PS de 78 et le parti Chega de 50. Mais dans ce contexte, le Premier ministre, Luís Montenegro, a annoncé, en mars 2025, qu'il se soumettrait à un vote de confiance à l'Assemblée après des accusations de conflit d’intérêts impliquant une entreprise appartenant à sa famille. N'obtenant pas la confiance de l'Assemblée lors du vote, le 11 mars, il a donc présenté sa démission au nom des dispositions de l'article 195 de la Constitution portugaise. Cette démission forcée a donné lieu à des élections législatives anticipées, ce mois de mai. Les résultats sont donc historiques : c'est la première fois qu'un parti considéré comme « d'extrême droite » monte si haut depuis la célèbre révolution des Œillets, il y a 50 ans, qui fit tomber le régime salazariste. Dans la nouvelle assemblée, AD dispose donc de 89 sièges (+9), mais il est suivi de Chega et du PS, avec 58 sièges chacun, après une poussée de Chega (+8) et un violent recul du PS (-20).

Changements majeurs en perspective

Chega, le parti d'André Ventura, est désormais la première force d’opposition du pays, face à l'Alliance démocratique. Avant les élections, le chef du parti s'est imposé comme « la voix du changement. Rien ne restera comme avant, les Portugais verront leur pays de retour », a-t-il lancé, sur X. Une fois les élections passées, il a à nouveau appuyé  sur la notion de changement : « J'assume avec fierté la responsabilité de diriger le changement dont le Portugal a tant besoin ! » Mais Luís Montenegro, reconduit au poste de Premier ministre par le président, le 29 mai, a également annoncé avec fierté : « Le gouvernement va pouvoir poursuivre son travail. » L'adhésion recherchée par le Premier ministre ne semble pas gagnée d'avance...

Soutenu par le RN, et notamment par Marine Le Pen, sur X« Il y a trois ans, Chega, nos alliés au Parlement européen, obtenaient 7 % pour leur première participation aux élections législatives portugaises. Ce soir, ils réalisent une remarquable performance, avec près de 23 % » -, André Ventura franchit une étape avec son parti Chega, qui signifie en portugais « Assez » ou « Ça suffit ». Le changement s'étend en Europe : Portugal, Italie, Hongrie, France...Jordan Bardella lance, ce jeudi 29 mai : « Jour après jour, votre mobilisation s'amplifie : à Beaucaire comme dans de nombreuses communes de France, nos victoires aux prochaines élections municipales vont changer le quotidien de milliers de Français. » Les bouleversements en France et au Portugal pourraient annoncer des changements à plus grande échelle.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 02/06/2025 à 12:31.
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Marie Vallette
Etudiante en philosophie, stagiaire à la rédaction

Vos commentaires

32 commentaires

  1. MLP, quand on vit en Nouvelle Calédonie, rien que sa vue dégoute.
    Vous la prenez pour une patriote en France, chez nous en NC, elle a trahi la France, crachant sur nos élus loyalistes et proposant un statu quo et une nouveau référendum. C’est une prime aux émeutiers.
    Si vous en attendez quelque chose en France, penchez vous sur son mépris pour les patriotes de NC et leurs votes pour rester dans la France. Si elle était élu en France, à la 1ère crise, elle se coucherait devant les émeutiers comme en NC.

  2. Les commissaires chargés de la police électorale dans l’union européenne vont avoir de plus en plus de mal a freiner , endiguer , les élans nationalistes qui brouillent le schéma pré établi par Ursula et sa cour.

  3. Qui les considère d’extrême droite ? Les extrémistes de gauche ? Tout ce qui est extrême est insignifiant.

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