[POINT DE VUE] Euthanasie : cette étude qui montre que les Français n’en veulent pas

Cette étude conduira-t-elle la représentation nationale à revoir sa copie ?
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Le député du MoDem Olivier Falorni avait prétendu que la loi sur l’euthanasie était « une loi qu’attend une très grande majorité de nos concitoyens ». Pourtant, l’étude que vient de sortir la Fondapol, signée par l’universitaire Dominique Reynié, est formelle : « L’étude que nous publions montre que cette majorité n’existe pas et que, s’il en est une, elle est hostile à l’esprit de la proposition et à la plupart de ses dispositions », précise-t-il en introduction.

 

 

Sur la base d’un échantillon représentatif d’un peu plus de 3.000 personnes, interrogées à la fin du mois d’octobre 2025, les résultats sont formels. 50 % des Français sont favorables aux soins palliatifs plutôt qu’au « droit à l’aide à mourir ». 52 % des personnes interrogées, si elles étaient confrontées à la maladie grave d’un de leurs proches, préfèreraient le soin à l’euthanasie. Les trois quarts d’entre elles insistent sur la nécessité d’un avis psychiatrique dans le cas où une personne demanderait à mourir. Plus significatif, encore : la majorité des Français, toutes tendances politiques confondues, s’opposent à l’euthanasie. Les plus enthousiastes envers ce « droit à mourir » sont les macronistes, qui ne sont que 49 % à s’y opposer.

Un débat « précipité »

Dans l’ensemble, l’étude de la Fondapol montre que le débat sur l’euthanasie a été « précipité » et que son déroulement express n’a pas permis à l’opinion publique de s’en saisir ni même de donner son avis. Autre fait intéressant : l’étude rappelle ce sondage pour le moins surprenant, commandité par l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), sorti en 2024. Deux questions posées par ce sondage obtenaient respectivement 92 % et 89 % de réponses favorables à une loi sur l’euthanasie. Curieux, non ?

Voyons maintenant les profils de l'étude de Fondapol. Sans surprise, ce sont les croyants (catholiques et musulmans) qui manifestent le plus leur désaccord, ainsi que les gens de droite. Petite surprise, en revanche : les sondés qui se positionnent à l’extrême gauche sont tout aussi hostiles à ce prétendu « droit à mourir ». On note, également, une lueur d’espoir générationnelle : ce sont les 18-24 qui sont le plus opposés à ce que l’on pratique l’euthanasie.

Pleins de bon sens, les Français interrogés demandent massivement que les « majeurs protégés » qui souhaitent mettre fin à leurs jours ne puissent pas le faire tant que l’on n’a pas obtenu l’avis du médecin qui les suit habituellement. À l’heure actuelle, la loi ne le prévoit pas. Même chose pour l’avis d’un psychiatre : les Français le veulent, mais la loi ne le prévoit pas. Pourtant, les pays qui ont adopté le même genre de loi (ils représentent, à eux tous, 4,6 % de la population mondiale) l’ont tous rendu obligatoire. Enfin, la création d’un délit d’entrave à l’euthanasie est prévue par le texte de loi, tandis que le délit d’incitation à l’euthanasie n’est pas envisagé. Les Français interrogés ne trouvent pas cela normal… et ils ont raison.

Bref, non seulement cette loi a été validée à toute vitesse à l'Assemblée nationale (elle doit encore être examinée par le Sénat avant un retour à la chambre basse, NDLR), mais elle l’a été en présupposant (est-ce de la malhonnêteté ou de l’inconscience ?) que les Français voulaient massivement qu’une telle disposition législative soit adoptée… alors qu’ils privilégient très majoritairement les soins palliatifs, s’opposent aux dispositions les plus mortifères et se caractérisent par l’équilibre et le bon sens de leurs réponses. En somme, à l’inverse de ce que prévoit la nouvelle loi, laquelle s’oriente vers l’euthanasie pour tous, sans entrave. Cette étude conduira-t-elle la représentation nationale à revoir sa copie ? Saluons, au passage, le courage de la Fondapol, qui se prépare sans doute à affronter la haine des gens qui n’ont que la mort pour horizon, que le suicide de la population, à la demande, pour désir.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Moi je suis pour le suicide assisté (je persiste et je signe)? Celà évitera de me jeter sous un train lorsque j’aurais décidé d’en finir (en emm…. 10000 voyageurs à chaque fois en imposant 3h. de retard à tous les trains de la ligne)

  2. Cela me fait franchement peur, surtout quand on a vu la triste époque du covid où nos anciens n’avaient pas le droit d’être soignés à l’hôpital et soulagés au rivotril et qu’il y avait bien des soignants pour appliquer ce protocole honteux
    Donc si certains estiment que vous êtes trop « vieux » pour être soignés ou qu’il faut de la place dans les EHPAD, je vous laisse deviner la suite
    Je suis méfiante c’est dans ma nature mais les faits m’ont hélas donnée raison

    • Je ne suis pas pour mais pour certain cas je suis d’accord si vraiment il n’y a plus rien a faire. Par contre j’ai peur des dérives par ce qu’il y en aura toujours. C’est comme l’avortement je suis contre mais pas si la femme ou l’enfant a naitre pourrait avoir de graves problèmes ou éventuellement le viol. Par contre pour les autres il y a plusieurs façons de contraceptions.

      • @Christian, oui je vous comprends et suis d’accord pour certains cas mais quand on a vu les dérives dont j’ai parlé plus haut, je suis dubitative et inquiète aussi
        Pour l’avortement, cela devrait être pour des cas précis et non un moyen de contraception, qui en plus coute fort cher à la sécu donc à nous

  3. Alors macron, êtes-vous satisfait de votre loi « suicide assisté » ? Quel génie, pour se débarrasser des anciens …..

    • Triste pays en effet où on a le droit de tuer des fœtus en toute légalité (augmentation significative en un an) ,
      plus de 250.000 par an voire plus et on nous parle de baisse de naissance surtout des autochtones, ce qui est fort inquiétant. Et on veut aussi se débarrasser des anciens qui « coutent trop cher » à la société
      Ces gens qui décident ces monstruosités , ont ils compris qu’ils seront VIEUX eux aussi un jour ?

  4. Les Français n’en veulent pas ? Alors, comme pour l’immigration, l’Europe de Van der Leyen, le guerr en Ukraine, Macron va l’imposer avec l’Aide du Conseil Constitutionnel et du Conseil d’Etat… selon ce qui son mode de gouvernement : « vous n’en voulez pas, vous l’aurez quand même. Il l’a dit : « j’ai envie d’emmerder les Français « … Le premier qui a ouvert le bal c’est Sarko avec le traité de Lisbonne. Et ça a marché puisqu’aujourd’hui une majorité de Français l’encense. Les gens ont une mémoire de poisson rouge…

  5. Ne dites surtout pas que « les Français n’en veulent pas », ce serait le prétexte pour qu’ils nous l’imposent. Regardez les sondages sur à peu près tous les sujets, ce gouvernement et ces idéologues font systématiquement le contraire de ce que veut la majorité populaire. C’est que ces élites là, monsieur, ne s’en laissent pas conter, avec le populisme, ils savent eux contre vents et marées ce qui est bon ou pas pour ce petit peuple insignifiant, ces Français à qui ils ont supprimé le droit constitutionnel de s’exprimer par voie référendaire.

  6. Les français ont voté, donc ils veulent l’euthanasie. S’ils ne la veulent pas, alors c’est qu’elle n’est pas un déterminant de leur vote. Il fallait y penser avant.

  7. Ma belle-mère avait un cancer de la gorge et des poumons. Elle a demandé à vivre jusqu’au bout. Cela a duré 7 ans. Pour autant osez vous dire qu’elle est morte dans « l’indignité » selon la formule du jour ? Ce terme de dignité est une honte : la Mort est un échec pas une dignité. Gérez votre mort, n’en faites pas une Loi sous le faux prétexte de dignité. Vous voulez vous suicider ? Libre à vous.

    • Votre vision est toute personnelle et vous inversez le sujet. personne ne dit qu’une personne qui choisit de vivre sa maladie et ses souffrances jusqu’à l’issue fatale est indigne. Par contre laissez le choix inverse, la loi n’imposera la mort à personne. Une personne qui souffre 24H/24 avec un pronostic vitale qui ménera au décès à le droit de choisir. Une personne en état de coma permanent et dans la durée, réduite à l’état de légume avec aucune chance de répit, c’est digne ??? L’archarnement thérapeutique c’est digne ?? si cette personne a rédigé ses directives anticipées, pourquoi ne pas répondre à ses derniers souhaits. C’est un choix , quand en appeler aux gens dans la souffrance et la détresse à se suicider c’est pour le moins être dénué d’empathie .

  8. Ne vous inquiétez pas, il y aura des médecins supplétifs, « a formation extra européenne », palliant au déficit médical hospitalier, qui se chargeront d’appliquer strictement la loi dans les hôpitaux et permettront ainsi de substantielles économies a la CQ dont ils sont également bénéficiaires. La loi Léonetti est suffisante et ne doit pas être modifiée.

  9. Il suffit de tous ces sondages à deux balles, je pourrai en dénicher plusieurs qui démontrent le contraire de celui de cet « article » . Chacun devrait être en droit de choisir sa fin de vie. Il serait si simple que tout un chacun remplisse ses directives anticipées dès sa majorité, que l’on soit pour ou contre le « suicide assisté ». Je n’oblige personne à y avoir recours, mais que personne ne me dicte en retour mon choix. Je serai curieux de connaître l’état d’esprit d’une personne contre l’aide à mourir dans la dignité , et en phase finale d’une maladie comme la maladie de Charcot ! et surtout que l’on ne vienne pas me parler de considérations religieuses !

  10. Peu importe ce que pense les commentateurs de cet article, c’est le peuple qui doit décider par référendum. Nous oublions trop souvent que la démocratie est le pouvoir au peuple et que nos dirigeants ne sont que nos larbins!

  11. Assez de cette propagande en contradiction totale avec tous les sondages qui ont été faits.
    Pour les personnes atteintes de maladie incurable et qui souffrent, le droit à mourir est un basique de l’humanité. Nous n’avons pas le droit de leur interdire.
    Dans les siècles passés, quand une personne était atteinte de la rage et condamnée à mourir dans des souffrances horribles, on l’étouffait entre des matelas en présence du curé qui donnait les sacrements.
    Au moins, en ce temps, l’église savait se montrer humaine.

  12. Cette loi, sans doute vite faite mal faite, sert surtout à favoriser le Grand-Remplacement… Perso je suis pour — et pourtant je vote RN ! — mais uniquement pour ma propre personne. N’ayant plus de famille, je serais abandonnée aux palliatifs. Je stipulerai par écrit, bien avant d’éventuellement tomber malade, ma volonté d’être débranchée plutôt que de devenir un légume et d’à peine survivre grâce à un respirateur et d’autres machines.

  13. Tuer, tuer, tuer : tuons les malades, tuons les vieux, tuons les bébés dans le ventre de leur mère, tuons les troupeaux de vaches pour 1 suspectée de DNC, tuons 8500 canards pour 1 cas de grippe aviaire, etc, etc. Quand arrêterons ces fous furieux à la tête de l’état ?

    • Je vous souhaite de ne jamais souffrir le martyr d’une maladie incurable et de ne jamais avoir à accompagner un de vos très proches dans des souffrances terribles, auxquelles en France, il est interdit de mettre fin.

      • Louis Marie a raison, quand va-t-on arrêter ces fous furieux qui nous gouvernent ? il n’y a pas besoin d’une loi pour ça . euthanasie assistée = meurtre assisté et déguisé

    • Je suis d’accord avec Louis Marie et en en désaccord avec Reney, car les soins palliatifs sont fait pour accompagner les malades en grande souffrance, en fin de vie.
      J’ai eu aussi un proche, en très grande souffrance , nous l’avons accompagné jusqu’au bout et il est décédé à son domicile entouré de tous les siens

      • Je suis en total désaccort avec Marie qui mélange tout et n’importe quoi. Les soins palliatifs, il faut croire que nous ne sommes pas tous égaux devant les soins palliatifs, car une connaissance décédée d’un cancer du pancréas à eu le droit aux soins palliatifs qui n’ont pas pallié à grand chose car décédé dans d’atroces souffrances, souffrances inutiles . A partir de l’instant ou c’est un choix personnel en quoi cela dérange ceux qui pourraient être contre ??? Je n’obligerai jamais personne a avoir recours au « suicide assisté » qu’en retour on respecte le choix de ceux qui veulent y avoir recours. Nous n’arrêtons pas de nous abreuver du sens du mot démocratie , et nous posons sans arrêt un interdit sur le choix de notre fin et ce droit basique de disposer de notre vie et notre fin de vie .

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