[POINT DE VUE] Dans Libé, une tribune en défense de la meurtrière de Lola
Six petits jours. La presse de gauche n’aura donc pas attendu une semaine avant de prendre la défense de Dahbia Benkired, condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, dans l’affaire Lola. C’est, ainsi, le jeudi 30 octobre que Libération a publié une tribune signée par cinq avocats au barreau de Paris qui estiment que le châtiment infligé à l’Algérienne est vraiment trop sévère. Selon eux, il s’agirait d’« une peine de mort qui ne dit pas son nom ». « Comme avocats, nous le disons clairement : la perpétuité réelle est une version moderne de la peine de mort. Elle supprime l’individu sans avoir à verser son sang, écrivent-ils. Nous refusons de participer à cette mystification et d’être plus longtemps les auxiliaires d’une Justice qui tue sans le dire, d’un système qui recycle la peine capitale sous des oripeaux républicains. Il est temps d’en finir avec ce vestige d’un autre âge et d’effacer de nos lois cet infâme substrat de la peine de mort pour proclamer enfin, sans ambiguïté, l’abolition de toute peine sans espoir. »
Dès le jour du verdict, Libération avait souligné l’exceptionnelle sévérité du jugement. « C’est la peine la plus sévère de l’arsenal juridique français. Dahbia Benkired devient la première femme à être condamnée à cette sanction rarissime en France », constatait alors le quotidien de gauche. Ce qui est un fait. Le journal précisait que « même » Monique Olivier, femme et complice de Michel Fourniret, n’avait écopé « que » de la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt ans…
La seule peine de mort qui a été infligée, c'est à Lola qu'elle l'a été
Libé, qui s'est ému du « flot d’attaques contre la justice », « à droite et à l'extrême droite », après l’incarcération de Nicolas Sarkozy, allant même jusqu'à écrire « Les Républicains versent dans le complotisme », donne maintenant une tribune à des avocats qui contestent la peine infligée à une dangereuse criminelle ayant commis des actes particulièrement atroces. La remise en cause du sacro-saint « État de droit » doit être à géométrie variable. Ajoutons à ces considérations que, contrairement à ce qu’écrivent les cinq avocats, Dahbia Benkired n’a pas seulement été condamnée à la perpétuité pour « le meurtre de Lola ». Elle a également été reconnue coupable de viol, d’actes de torture et d’actes de barbarie. Excusez du peu. Quant à la « peine de mort qui ne dit pas son nom » à laquelle cette femme aurait été condamnée, il s’agit d’une vue de l’esprit que chacun est libre de ne pas partager. En effet, Dahbia Benkired aura bien la possibilité de demander la réévaluation de sa peine, et une éventuelle sortie de prison au bout de trente ans d'exécution de cette peine. En vérité, la seule peine de mort qui a été infligée, c'est à Lola qu'elle l'a été.
Au fond, la défense du laxisme judiciaire
Pour nos cinq signataires, Robert Badinter n’est pas allé assez loin dans sa doctrine laxiste. L’abolition de la peine de mort était une « victoire historique du progrès humaniste » qui n’aurait jamais dû s’accompagner de la création d’une réclusion criminelle à perpétuité incompressible, dite perpétuité réelle. « Elle transforme la prison en tombeau et le détenu en mort-vivant du droit, s’indignent-ils. On ne coupe plus la tête en public, mais on détruit pas à pas un homme, et désormais une femme, dans le silence assourdissant de sa cellule. »
« Robert Badinter a aboli la peine de mort pour les criminels, mais pas pour les victimes. Les familles prennent perpétuité et en prime, on les oublie. »@gabriellecluzel sur Face à l’Info (@CNEWS) pic.twitter.com/5pWLErVeP7
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) October 10, 2025
À écouter ces cinq avocats, la perpétuité réelle serait le signe d’une « inflation répressive », la dérive d’un État aux « réflexes punitifs archaïques ». « La perpétuité réelle illustre parfaitement le basculement de la justice pénale dans une logique sécuritaire et populiste », écrivent nos cinq juristes. Un « basculement » tellement grave que, comme ils le reconnaissent eux-mêmes, depuis 2022, cette peine n’a été prononcée qu’à six reprises : cinq fois en matière terroriste, une fois pour meurtre. On a connu répression carcérale plus radicale…
« Une lueur, une issue possible » ?
De sa première à sa dernière ligne, cette tribune ne semble se préoccuper que du devenir des pires criminels. À aucun moment elle n’évoque la réparation du tort causé par les coupables. Le mot « victime » n’y apparaît pas une seule fois. Elle ne concède pas, non plus, le moindre mérite à la perpétuité. La mise à l’écart des barbares et la protection de la société ne sont pas ses sujets. Ces avocats comptent, par ailleurs, sur les instances européennes pour contourner la souveraineté populaire (ce jugement n'a-t-il pas été rendu au nom du peuple français ?) et contraindre la législation française. « Depuis 2013, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a tenté d’imposer une limite : pour être conforme à la convention, une peine de réclusion à perpétuité doit ainsi laisser subsister l’espoir d’une libération. Une lueur, une issue possible », espèrent les signataires, qui disent voir en l’Europe un « dernier rempart ».
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129 commentaires
Équivaut à la peine de mort ? Mais ne s’est-elle pas arrogé le droit de la donner, elle-même, à Lola ? Qui plus est avec la jouissance de la faire souffrir. Que vaut cette personne face à l’humanité ? Rien. Telle est ma sentence personnelle.
Mais bien sûr messieurs les avocats, si la victime avait été votre fille ou votre fils est-ce que votre réponse serait aussi laxiste ?
Des avocats qui n’ont de compassion que pour les bourreaux et oublient jusqu’à l’existence des victimes et de leurs familles, on est loin du beau métier de « défenseur de la veuve et de l’orphelin » !!!
Peine de mort méritée. Elle est en vie, regarde la télé, peut lire, etc… que ces gens la boucle, ils sont déplacés vis à vis de la famille de cette pauvre enfant qui eux, vivent la peine de mort permanente jusqu’à leur dernier soufle.
Sa peine est justifiée et il serait bien qu’elle aille la purger dans son pays d’origine …et qu’elle ne soit pas à notre charge !
Ça définit bien le côté « mercenaire » du métier d’avocat. Quand ces 5 là sont payés par la partie civile, l’acharnement n’est jamais trop mitigé, à contrario, ils seront prêts à toutes les ignominies pour faire libérer un coupable même avéré. C’est un métier où il ne faut pas trop se regarder dans le miroir le matin…
Mais ces hommes ne comprennent rien : elle paiera jusqu’à sa mort par sa solitude lson isolement et la peur de ses voisines, car ces femmes enfermées sont peut être des mères qui bien souvent n’admetent pas ce crime atroce de la petite Lola innocente.
De quoi ces avocats se plaignent-t’ils? Cette criminelle est encore en vie, c’est déjà bien. Qu’ils aillent expliquer aux proches de Lola que cette peine est trop sévère.
Incroyable réaction de ces avocats. Alors que cette horrible meurtrière a osé dire devant la mère de Lola « en prison, je me repose » ! Elle va donc profiter de ce repos de 27 ans à nos frais, tandis que pour la petite Lola, c’est le repos éternel.
Ces avocats deviennent complices de ce crime. Ils devraient être punis.
Je fais remarquer que la mère et le frère de Lola ont pris la perpétuité. Eux! Et que le Père est mort de chagrin. Pour une fois où la justice fait confiance au peuple au nom de qui elle devrait être rendue.
La peine de mort est sans doute plus humaine que l’incarcération à vie. Mais cette dame a infligé la peine de mort à une enfant après diverses tortures, témoignant ainsi d’un comportement qu’il serait abusif de qualifier d’humain. Par ailleurs, un des collègues de ces avocats à obtenu l’abolition de la peine de mort même pour des personnes qui n’ont, de par leurs actes, plus rien d’humain.
Alors que reste-t’il à la société ? la libérer un jour pour qu’elle puisse recommencer.
Assez de sensiblerie et réservez donc votre compassion pour les victimes et leurs familles.
Cette peine a été instaurée précisément pour éviter le peine de mort dans une sorte de contrat civil .
Eût-elle été suédoise et l’enfant victime algérienne, que ces mêmes eussent demandé la guillotine ! Nous ne sommes plus dans le principe universel mais dans l’interprétation partiale. Tout le reste est arguties.
Dans une France où la loi serait respectée par tous, Lola aurait aujourd’hui 15 ans et son père serait toujours là avec sa famille. Que ces avocats essaient de se mettre deux minutes à la place des victimes et de ceux qui restent à les pleurer. Les bons sentiment progressistes ont amené le pays là où il est… Pas de quoi être fier. Et que des monstres finissent leur vie en prison est la moindre des peines, par rapport à leurs actes.