Peines planchers : saccages et bavardages

Le gouvernement soutient un durcissement judiciaire face à la pression populaire. Mais les juges gardent la main.
Capture d'écran
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C’est le retour des peines planchers. S’exprimant devant la représentation nationale, le 3 juin, lors des traditionnelles questions au gouvernement du mardi, le Premier ministre a plaidé en faveur de « peines minimales ». Pour répondre aux exactions des saccageurs habituels, François Bayrou explique : « La première de ces réponses, c’est peut-être - le garde des Sceaux l’a proposé -, là où dans la loi sont inscrites des peines maximales, on puisse inscrire aussi des peines minimales. » Sur TF1, le garde des Sceaux souhaite des « peines minimales dans le Code pénal ». Par exemple, Gérald Darmanin aimerait que lorsqu’« on touche un policier, ça ne peut pas être moins de trois mois de prison, il faut vraiment faire trois mois de prison ». Face aux images désastreuses du week-end dernier, le gouvernement est acculé. Dans un sondage CNews/Europe 1/JDD, 87 % des Français veulent des peines de prisons fermes en cas de violence contre les policiers. Pourtant, en 2022, la France comptait 71.669 prisonniers pour 60.715 places, dont « plus de 19.000 détenus étrangers », soit près d’un quart de la population carcérale, de l’aveu du ministre de la Justice lui-même, il y trois mois.

500 euros d’amende pour avoir participé au pillage d’un magasin de téléphone

Sur la question des peines minimales, le Rassemblement national n’a pas manqué de souligner qu’en octobre dernier, la proposition de loi déposée pour la restauration des peines planchers par le groupe de Marine Le Pen avait été rejetée par les députés.

Gérald Darmanin suggère également de « supprimer le sursis - tout ou partie ». « Qu’il n’y ait plus d’avertissement mais que tout de suite ce soit, dès la première condamnation, de la prison ferme ou une peine ferme », a demandé l’ancien ministre de l’Intérieur, qui avait le vocabulaire guerrier : l’« autorité est attaquée », « un changement radical » est nécessaire, a-t-il martelé.

Par un exercice d’équilibriste, le garde des Sceaux réussit à ne pas évoquer le sujet qui brûle toutes les lèvres, depuis trois jours : le laxisme judiciaire. Des délinquants qui ont saccagé la capitale et ont mené bataille contre les forces de l’ordre, sur les 21 personnes jugées en comparution immédiate, mardi 3 juin à Paris, seulement 8 d'entre elles ont été condamnées à de la prison ferme ou avec sursis. Parmi elles, Hassan B., Algérien sous OQTF, qui a écopé de 7 mois de prison avec sursis pour avoir donné un coup de pied à un policier. Ou Alvyn M., qui écope d’un stage de citoyenneté et de 105 heures de travaux d’intérêt général pour avoir jeté des cailloux sur des policiers. Ou encore Ahmed F., qui est condamné à 6 mois de prison avec sursis plus 500 euros d’amende pour avoir participé au pillage d’un magasin de téléphone.

Une loi anti-casseurs déjà votée en 2019

Ici, à titre de comparaison, que le lecteur se projette et s’imagine en vacances, par exemple à Toulon. Il se gare, certes rapidement, mais innocemment, pour acheter des cigarettes, qu’il aura la mauvaise idée d’aller fumer sur la plage. Il se rendra coupable de 135 euros d’amende de stationnement très gênant, plus 135 euros d’amende pour avoir fumé sur la plage, puisqu’à partir du 1er juillet 2025, cela sera interdit. En effet, le ministre de la Santé, Catherine Vautrin, après avoir bataillé pour permettre aux anciens de partir rapidement (Philippe de Villiers l’a affublée, lors de son émission hebdomadaire du 30 mai sur CNews, d’un qualificatif : « Madame Euthanasie »), souhaite désormais préserver la santé des enfants. « La liberté de fumer s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air sain », a-t-elle expliqué devant les députés, le 3 juin. Comparées, voilà deux sommes qui ne sont pas très éloignées.

Le ministre de l’Intérieur s’est exprimé pour soutenir la proposition de loi des députés Les Républicains visant à instaurer le principe du casseur-payeur, présentée par le député Corentin Le Fur. « Plus un seul euro d’aide de l’État ne doit aller à ceux qui cassent, pillent, brûlent, agressent et transforment chaque grand rassemblement en champ de ruines », a expliqué le député des Côtes-d'Armor. Pourtant, en 2019, une loi anti-casseur était déjà étudiée et votée par le Parlement. Alors, face à l'arsenal judiciaire déjà existant, la clé n’est-elle pas entre la main des juges ?

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Peine plancher ? Appliquées par le parquet, je crois plutôt qu’ils font tout faire pour cacher le problème sous le tapis ! En tous les cas, cela manque de hauteur !

  2. Tant que les juges rouges, Macron, le Conseil constitutionnel, la majorité à l’Assemblée nationale LFI-Macroniste-centriste-socialiste, liés par le pacte progressiste-mondialiste-immigrationniste, resteront au pouvoir, rien ne changera, toute réforme salutaire pour le pays sera bloquée.
    Reste actuellement une justice hyper laxiste avec les délinquants des banlieues, dure avec les gilets jaunes et autres Gaulois, un gouvernement de la poudre aux yeux, impuissant mais aussi de mauvaise volonté à assurer la sécurité des gens, incapable de juguler la dette et le désastre économique, ne voyant comme échappatoire que la guerre avec la Russie. En route vers l’enfer…

    • Cela nous a pris 50 ans pour détruire notre beau pays. Les juges rouges ont une grosse part de responsabilité dans ce gâchis.
      Il nous faudra autant d’année pour reconstruire..
      Bon courage à tous….

  3. Nous sommes entrés en « magistocratie ». Darmanin demande le renforcement des peines , la suppression du sursis l’instauration de peines minimum ( plancher?) et les juges benoîtement disent aux pilleurs de samedi qu’ils n’ont pas été malins. Les recommandations d’Oswald Baudot sont encore de circonstance semble-t-il.

  4. Le début d’un règlement de bien des problèmes insupportables : virer Macron.
    Tant que ce prétentieux occupera indûment le fauteuil confortable de l’Elysée, rien ne sera possible, malgré les urgences.
    Il est assis sur ses fonctions régaliennes : le reste n’est que littérature et blablabla.
    On souffre, et il reste encore 2 ans : c’est long…

  5. Pour conclure, chacun a bien parlé, s’est exprimé. Tout le monde est tombé d’accord, ça c’est important, mais rien n’a changé. Chez moi ça porte un nom, stérilité verbale d’incompétents.

  6. Le juge est un fonctionnaire, les politiques sont des élus représentant le peuple (du moins on l’espère !). C’est bien un des problèmes majeurs de ce pays : une fonction publique hors de contrôle qui prime sur l’exécutif et le législatif. Il faut interdire les syndicats dans la fonction publique, en particulier le syndicat de la magistrature, et rétablir une hiérarchie rationnelle, entre ceux qui décident et ceux qui font appliquer. Le problème est que cela ne sera pas possible avec un exécutif complètement discrédité, et qui a été coopté au départ par les juges (affaire Fillon)..

  7. Ex et futurs des LR , les DuDont et DuRond, ennemis un jour mais complice toujours, Darmanin et Retailleau ont pour mission, confiée par le tintin élyséen, de ne rien faire qui l’empêche de terminer son saccage de la Nation France en 2027.
    Six mois de centro bayrouïsme et ça fonctionne. Aucun n’osera donner le coup de pied dans la fourmilière.
    Le 3ème pouvoir, celui des juges, restera l’outil de répression majeur des deux premiers pouvoirs.
    Un pouvoir non élu, échappant au contrôle du Peuple, « indépendant » du pouvoir exécutif mais nommé par lui… qu’attendre de ces Belloubet, de ces DUPONT moretti et de ce Darmanin, au service de macron depuis HUIT ans? Rien!
    Retailleau amuse la galerie et dit avec emphase ce que le franchouillard veut entendre. Du verbiage pour occuper les écrans.
    Que Retailleau démissionne des « pleins pouvoirs personnels » qu’il conforte en restant, et rejoigne L’Union Nationale aux côtés du RN et des ciottistes. Il sera plus utile et retrouvera son Honneur de Citoyen.

  8. On ne s’en sortira pas sans remettre en cause le fameux « état de droit » qui nous a été imposé dans les années 80 sans référendum. Il est inadmissible que ces juges (qui s’auto-désignent) aient plus de pouvoir que les élus.

    • Le seul pouvoir qui a le droit d’être indépendant, c’est le pouvoir qui est élu. Les fonctionnaires qui se cooptent entre eux et n’ont de compte à rendre à personne, c’est la porte ouverte au magouillage. Un juge est un fonctionnaire, puisque payé par l’Etat. La situation actuelle est un signe de plus que la France ne fonctionne plus, et qu’il n’y a plus personne pour mener le bateau.

  9. Les futures élections à très bientôt venir, sont déjà présentes dans tous les esprits, et elles se font déjà ressentir, et ce n’est pas un « sentiment », aussi tout est bon pour noyer l’électeur de base : de souche, blanc, plouc, et provincial.
    Darmanin qui n’a rien fait de bien Place Beauvau, et s’excite comme un pantin shooté à on se demande bien à quoi, Place Vendôme !
    Retailleau plein de bonnes volontés, mais qui perd toute crédibilité, collaborant au gouvernement Bayrou-Macron.
    Et enfin Macron le belliciste veut la guerre, afin de pouvoir rester à l’Élysée.
    Alors qu’en vérité tous ne recherchent que le statu quo.
    Tout cela est bien la-men-ta-ble !

  10. Le sursis par définition est une dispense de peine.
    On dispense de la peine à condition de ne pas commettre une nouvelle « faute »…ou si l’on en commet une nouvelle…de ne pas se faire, cette fois attraper…Il serait en ce sens intéressant d’établir une corrélation entre l’augmentation des peines de sursis et la recrudescence des refus d’obtempérer, non ?
    Le sursis est une douce hypocrisie, c’est le simple aveu (dissimulé) d’un manque indiscutable de places en prison. Il n’a de sens que pour ceux (par naïveté ou négligence) qui un jour ont commis « une erreur », pas pour tous les autres.

  11. Encore deux de Macronisme et la France sera définitivement à terre. Il doit partir, il faut de nouvelles élections, un ou des référendums pour donner la parole des citoyens, de nouvelles lois pour contraindre les juges rouges infiltrés, faire payer les casseurs, stopper l’immigration, arrêter de subventionner les associations nuisibles et utiliser cet argent pour construire des prisons.

  12. Casseurs payeurs….il y a des années qu’on entend ce refrain par les mêmes prestidigitateurs qui sont « aux manettes » Ces médiocres devraient se taire

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