« Passéiste, nationaliste » : Télérama vomit la gastronomie française

Visiblement, une émission culinaire diffusée sur M6 donne la nausée aux palais délicats de la presse parisienne.
Capture d'écran BA
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La cuisine française serait-elle d’extrême droite ? C’est ce que l’on pourrait se demander, à la lecture d’un récent article de Télérama. Publié le 3 octobre 2025, le papier en question se veut une critique assassine de l’émission de M6 La meilleure cuisine régionale, c’est chez moi !, dans laquelle les chefs Norbert Tarayre et Yoann Conte sillonnent le territoire à la recherche des meilleurs restaurants de cuisine française. Un affreux « périple aux saveurs passéistes et au fumet nationaliste », selon le magazine télé. La preuve : les deux jurés emploieraient le mot « tradition » à toutes les sauces. Le journaliste en a dénombré huit occurrences. C’est vous dire à quel point ce programme est nauséabond. « Peu de chances de croiser "mangeur de tofu" et autre "homme soja" que les viandards d’extrême droite fustigent sur les réseaux », s’indigne-t-il.

 

Dans sa recension, l’hebdo bobo moque, notamment, un certain Théo qui a l’idée saugrenue de cultiver l’endive « comme ses parents et grands-parents avant lui » ou un autre producteur dont le pain de campagne à la moutarde mériterait d’être mis « à la carte des estaminets du Puy du Fou ». Chaque ligne suinte la détestation des Français, le mépris de leur savoir-faire ancestral.

Pour apporter un vernis d’intellectualité à son articulet, le rédacteur a appelé à la rescousse un de ses amis du Monde, auteur d’un livre sur le racisme des « jeunesses blanches ». Un homme très bien placé, donc, pour donner son avis sur une émission culinaire. « C’est la valorisation d’une France moyenâgeuse, d’une virilité chevaleresque », a ainsi commenté Sébastien Bourdon, spécialiste autoproclamé de « l’extrême droite ».

Une cuisine française jugée excluante

Ce n’est pas la première fois que l’on appelle à la déconstruction de notre cuisine traditionnelle. En 2021, une chercheuse du CNRS expliquait que la « blanchité alimentaire » participait à « renforcer la blanchité comme identité raciale dominante ». En juin dernier, une professeur de Boston s’en prenait au guide Michelin et lui reprochait d’encore trop mettre en valeur la cuisine européenne, malgré un salutaire « mouvement de décolonisation de l’alimentation en repensant l’héritage colonial du pouvoir ».

Plus récemment, encore, en juillet 2025, Le Monde avait dénoncé le contenu du CAP Cuisine, dont les enseignements seraient « en décalage avec les tendances gastronomiques ainsi que les enjeux environnementaux et humains contemporains ». L’article s’était ému de la présence de protéine animale dans la majorité des plats traditionnels, mais aussi, et surtout, de recettes « centrées sur le patrimoine français métropolitain ». Et de regretter l’absence, au programme, de spécialités venues d’ailleurs. « Les pâtes ou le couscous sont aujourd’hui enracinés dans nos cuisines », arguait le quotidien de gauche.

 

Voilà donc le problème. Notre cuisine traditionnelle est trop franco-française, trop blanche. Sans doute devrait-elle s’effacer au profit de mets plus inclusifs. Moins de blanquettes de veau et de profiteroles, plus de poulets yassa et de kebabs. Ces derniers ne manquent pourtant pas, en France. On en trouve, désormais, à chaque coin de rue. Comme en parlait l’analyste politique Jérôme Fourquet, il y a quelques jours, sur Europe 1, ces estaminets orientaux se sont installés « d'un bout à l'autre de la France », pour le plus grand plaisir d’une jeunesse coupée de ses racines et adepte de malbouffe. Mais, sans surprise aucune, Télérama voit d’un très bon œil cette colonisation culinaire. En 2018, le magazine avait publié son « palmarès des 11 meilleurs kebabs de Paris ». Un article tout à l’honneur de « ce classique de la street food ».

Comme dit le dicton, « des gouts et des couleurs, on ne discute pas », n'est-ce pas....

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

130 commentaires

  1.  » Les cons ça ose tout c’est même à cela qu’on les reconnait  » Comme M. Audiard nous manque !

    • Oui. Le monde évolue. Aucun gaulois ne mangeaient de pommes de terre….nous avons oublier leur patrimoine culinaire et même les ingrédients, importer des aliments exotiques, et peut être des américains hésitent à venir manger des frites en France ou en Belgique.
      Il faudra peut être moins de 20 ans pour les touristes viennent découvrir les kebabs végétariens. La France a déjà eu par le passé l’idée d’être à la pointe du progrès pour attirer les touristes. Ils plébiscitent toujours la tour Eiffel dont bien des français, et notamment les riverains, se seraient bien passés.
      Certains mangent dans une chaîne qui s’appelle  » french tacos », pourquoi pas des « french kebabs » et dans un avenir plus lointain des « french steak » avec des frites de pommes golden ?

  2. Cela fait trois ans que je vis au Gabon , je n’en peux plus seule envie retour à Beaumont de Lomagne (82500) manger poulet de vraie ferme , saucisson etc etc , quant à Télérama , est-ce vraiment une référence, vous me direz : y a des gens qui l’achètent , au même titre qu’il y a des gens qui ont voté deux fois macron , les mêmes ?

  3. Lors de mon dernier voyage (fantasmé, ne rêvons pas) j’ai été étonné de l’exclusion de leur cuisine.
    Pas une seule paëlla, pas un seul couscous, pas une seule spaghetti carbonara il faut tout leur apprendre concernant la gastronomie inclusive.
    Heureusement qu’il n’y avait pas de blanquette, ça m’aurait horrifié.

  4. Quoi de plus normal que de manger français en France ?
    En Italie je mange italien.
    Au Danemark je mange danois.
    La cuisine locale fait partie du voyage.

    • En Provence vous mangez provençal, en Alsace vous mangez alsacien…
      En Bretagne vous ne mangez pas d’olives…

      C’est bien, mais ça oblige quand même à voyager beaucoup pour varier le menu.

      Certains ne s’interdisent pas comme vous de manger chinois sans aller en Chine….
      Tout le monde n’a pas les mêmes moyens ou ne travaille pas chez Air France.

    • Le problème est que même si peu qui l’achètent, ce truc survit par les subventions, une fois de plus

  5. J’ai toujours affirmé qu’on découvrait vraiment un peuple au travers de sa cuisine, sa musique et sa littérature .
    Dans 20 à 30 ans, les touristes viendront en France découvrir le Kebab, le rap et Télérama.

  6. >>> … sa remarque stupide sur la cuisine de nos régions. <<<
    Pas sûr du tout qu'il s'agisse d'une remarque stupide.
    Dans le contexte que vous dénoncez à juste titre, il s'agit plutôt de l'acharnement à accommoder les restes de la France à la sauce "mondialiste" .

  7. Télérama …. La référence de quoi ? Des no os gauchos qui se croient intellectuels parce que leur source c’est Télérama ? Journal qui ne survit que grâce aux grasses subventions de l’état et que ce soit des gens de droite sui contribuent à ce financement ça ne le gêne pas … ras le bol de cette détestation de la France. Tous les pays du monde ont le droit d’être fiers de leur culture et de leur gastronomie… sauf nous ? N’oublions pas que la cuisine française a une renommée mondiale ce qui n’empêche pas d’apprécier d’autres cuisines et c’est le cas sinon il n’y aurait pas de pizzeria, de couscousserie, de cuisine asiatique, grecque, espagnole, etc etc alors aérerons avec Francebashing si prisé des bobos gauchos hors sol. Qu’ils continuent de manger leur soja et leurs graines et qu’ils nous lâchent la grappe

  8. Je viens de me faire plaisir: mon déjeuner s’est composé d’une saucisse de Montbéliard et de lentilles….C’est français les lentilles? Ah oui, le puy!

    • Bonjour GolfRomeo; Nous avons sans doute d’autre points communs, mais mon déjeuner d’aujourd’hui était une saucisse de Morteau aux choux avec laquelle ont cuit haricots verts petits pois et carottes. C’était aussi un plaisir, j’allais presque dire » partagé ». Bon dimanche.

    • Décidément, vous n’êtes vraiment pas dans la modernité. Moi oui.
      C’était pour ma part un brunch. Oui messieurs, un Brunch. Œufs pochés, Jambon, saucisson de montagne de l’Ardèche, pais aussi panceta grillée façon « bacon » et mortadelle car j’adore ça.
      Pour la conscience, une petite salade de tomates huile d’olive et ail, puis une tasse de thé vert… moderne je vous dis… mais après deux grands bols de café.
      Un peu de progressisme que diable, le brunch du dimanche :-)) quand ce n’est pas poulet rôti – purée maison en famille.

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