« Chine : un incident sur un réacteur nucléaire EPR s’est produit… », titrait, le 14 juin, , dans l’article d’un Jean- Bezat dont le propos ci-après trahissait la jubilation : « C’est un nouveau coup dur pour l’EPR, la dernière génération de centrale développée par la filière française. On en ignore encore l’importance, mais une “fuite” s’est récemment produite dans l’un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Taishan… »

 

Ainsi, entre les grandes manœuvres déployées par la phalange internationale antinucléaire, grimée d’écologisme et habilement mobilisée par CNN, le faux nez du département d’État américain et l’écho servile que s’est empressée de leur donner la presse française ne se sera-t-il passé que très peu de temps.

Depuis deux ou trois jours, c’est en effet à qui rivalisera d’alarmisme dans les rédactions concernées sur la simple foi d’un communiqué d’exploitation dont CNN a perfidement instrumentalisé l’indiscrétion en se faisant les gorges les plus chaudes possibles sur un contenu technique des plus ordinaires pour quiconque fréquente ou appartient au secteur techno-industriel concerné.

Empressons-nous de rassurer ceux de nos compatriotes que ce tout petit monde s’efforce benoîtement de terrifier à dessein, depuis des décennies.

L’inétanchéité des gaines des crayons combustibles composant le cœur d’un réacteur PWR n’est pas quelque chose de rare, durant son exploitation sur un cycle ne dépassant pas 12 à 18 mois, avant son rechargement. Ce n’est pas pour rien que les conséquences de ces possibles inétanchéités sont constamment surveillées par une signalisation très sophistiquée de la qualité chimique du fluide primaire dans lequel baigne ledit cœur. Aussi, sauf en situation accidentelle intempestive – excursion(s) prohibitive(s) de température, rupture(s) mécanique(s) brutale(s)… –, la dérive correspondante des paramètres chimiques, notamment gazeux, de l’eau primaire peut-elle attendre le rechargement du réacteur. Jusqu’à preuve du contraire, rien de tel ne s’est passé à Taishan et la technologie EPR ne peut en aucune manière être mise en cause : seule, pourrait l’être la qualité des assemblages du cœur actuellement exploités.

 

Toutefois, pour fixer les idées de la manière la plus rassurante qui soit, je crois nécessaire de faire brièvement état des conséquences radiologiques, sanitaires et environnementales de l’accident enveloppe le plus redouté, en l’espèce la rupture de 100 % des gaines combustible constituant le cœur d’un réacteur REP 900 MW. Je tiens à la disposition de quiconque le détail de ces données autrefois modélisées par l’IPSN, l’Institut de protection et de sûreté nucléaires du vrai CEA et non pas de son avatar aujourd’hui écologisé par vingt ans d’idéologie ministérielle.

 

Ainsi, tous les gaz rares, les iodes et les aérosols contenus dans lesdits crayons seraient-ils libérés dans le circuit primaire, puis rapidement dans l’enceinte du bâtiment réacteur et, pour finir, relâchés à l’atmosphère de façon concertée, quand la pression dans l’enceinte aurait atteint un seuil rédhibitoire.

Eh bien, dans les pires conditions qui se puissent réunir – circuit primaire déjà très contaminé par un combustible en fin de cycle, météo défavorable… –, les doses radiologiques attendues à 1 et à 5 km du site seraient les suivantes :

À 1 km : 0,06 millisievert (mSv) de dépôts ; 0,2 mSv au corps entier et 56 mSv à la thyroïde.

À 5 km : 0,003 millisievert (mSv) de dépôts ; 0,015 mSv au corps entier et 3 mSv à la thyroïde.

 

On rappelle quand même que tout Terrien reçoit naturellement, chaque année, de 2 à 10 mSv au corps entier, selon les régions du globe, qu’une seule radiographie de la hanche, c’est 0,3 mSv, celle du transit gastroduodénal 3 mSv… et qu’un seul scanner abdomino-pelvien, c’est 10 mSv !

18 juin 2021

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