[MUNICIPALES] Paris, forteresse imprenable des bobos à vélo

Afin que nul n’ignore le futur de la capitale, Emmanuel Grégoire a rejoint l’hôtel de ville en Vélib'.
@Adnan Farzat / NurPhoto via AFP
@Adnan Farzat / NurPhoto via AFP

C’est donc une fois encore la gauche bobo, celle qui a troqué le caviar des années Mitterrand contre les panais écolos et les patates douces de la diversité, qui remporte la première mairie de France. Emmanuel Grégoire, fils et petit-fils de notables communistes devenu social-démocrate, a été chef de cabinet de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, puis chef de cabinet adjoint près le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (sous la présidence Hollande) et, enfin, premier adjoint d’Anne Hidalgo jusqu’à leur brouille en 2024. Mais dimanche soir, c’était « Embrassons-nous, Folleville ! » Le maire sortant l’accueillait à sa descente de vélo pour lui donner solennellement l’accolade et les clefs de la capitale.

De l’art de se construire un électorat captif

Le nouveau maire l’a clamé : s’il a rejoint la mairie en Vélib' depuis son QG de campagne, c’est pour traduire devant la France son ambition pour la capitale. Il veut poursuivre l’œuvre entreprise par ses prédécesseurs : des pistes cyclables à n’en plus finir, un enfer plus chaud encore pour les automobilistes, des forêts dans les carrefours et 40.000 logements sociaux supplémentaires. Il aurait pu ajouter, au hasard, le creusement d’une dette qui s’élève déjà à 10 milliards d’euros, l’embauche de nouveaux fonctionnaires quand la mairie de Paris en compte déjà 53.000 (dont 12.000 recrutés depuis l’arrivée de Bertrand Delanoë, en 2001) et un gouffre toujours plus béant entre le Paris réellement populaire et celui, parfaitement fictif, des élites socialistes.

Cette victoire, c’est celle « d’une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire, un Paris pour tous », assure Emmanuel Grégoire. Or, la réalité, c’est que Paris, comme beaucoup de grandes métropoles, hélas, est une ville coupée en deux : d’un côté les CSP++, bobos des quartiers à la gentrification galopante, public des terrasses ensoleillées et des after endiablés, lieux où la « créolisation » n’est qu’un concept inspirant pour boutiques chics et galeries branchées de l’art contemporain. C’est le Paris des larges avenues réservées aux vélos, celui des parcs où les « papa-paman » promènent de petits bébés conçus au bout du monde dans des ventres à louer.

En face, l’autre monde, réellement populaire ; celui des cités communautarisées, du deal dans les halls d’immeuble et des viols dans les caves, celui de la colline du crack et des camps de migrants. D’un côté, les poubelles ramassées et les pavillons avec jardinet dans des cours sous haute sécurité ; de l’autre, les rats, les agressions au couteau, les entreprises et les écoles qu’on déplace pour échapper aux rixes ethniques et aux règlements de comptes des mafias.

Il faut en finir avec les pudeurs de rosière

Avec 50,5% des suffrages exprimés, Emmanuel Grégoire devance de 10 points Rachida Dati. Les Français qui l’ont élu ont sans doute peu d’enfants, puisque rien n’a freiné leur vote, pas plus le scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire que l’insécurité galopante ou l’impossibilité de se loger dans la capitale lorsqu’on a charge de famille.

On peut invoquer, comme Le Monde qui s’en réjouit fort, la mauvaise campagne d’une Rachida Dati qui se serait imposée contre son parti, sans doute plus sûrement son refus de prendre la main que lui offrait Sarah Knafo et la lâcheté d’un Bournazel qui s’est retiré pour mieux se réfugier dans le ni-ni.

La droite, une fois encore, s’est montrée d’une insondable bêtise. Non seulement incapable de s’unir au nom d’une prétendue vertu républicaine quand l’adversaire n’hésite pas, lui, à faire feu de tout bois. Figurent, en effet, sur la liste d’Emmanuel Grégoire quelques personnalités sulfureuses tels Danielle Simonnet, ex-« oratrice nationale de LFI » qui s’est illustrée aux côtés de Jeremy Corbyn (exclu du Parti travailliste pour antisémitisme) ou encore des Verts rouges à cœur et autres LFIstes en dissidence auxquels les Hollande et Faure avaient pourtant juré de ne jamais s’allier.

Quant aux méthodes, elles frisent le harcèlement auprès des électeurs. Ainsi, quelle n’a pas été ma surprise de recevoir, en rafale, ce vendredi, des SMS m’incitant à voter pour Emmanuel Grégoire. Or, je n’ai jamais milité chez les Verts, les rouges ou le PS et j’ai – comme 200.000 Parisiens des classes moyennes depuis 2001 – quitté un Paris, devenu pour moi invivable, voilà… huit ans !

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

79 commentaires

      • Surement en pire , ce qui va provoqué une nouvelle vague de départ des dernières familles qui vivent sur paris et la fermeture de commerces faute de clients de passages et des possibilités de parking a proximité.

  1. « Des forêts dans les carrefours  » , 3 arbres maigrichon , voila la « foret » façon gauche ; les seules forets que l’on voient fleurir ce sont des feu rouges implanter n’importe comment jusqu’à en mettre au sortie des carrefours , le résultat est que le carrefour est bloqué immédiatement si un véhicule tourne .
    Quand aux pistes cyclable certaines comme sur le Rivoli sont plus large qu’un semi remorque pour 3 pelés et 10 tondus qui l’utilisent sans parler du non respect permanent du code de la route , ce qui vaut des frayeurs aux conducteurs, que ce soit Vl, Pl,bus ou piétons qui traversent sur les passages piétons et des insultent lancé par des cyclistes qui forcent le passage.

    • Sans parler des voies sur berges ou l’hiver se promènent quelques personnages à vélo ou à pieds pendant que les quais sont saturés et où la pollution s’est concentrée.
      A-t-on seulement les statistiques des bienfaits apportés à cette ville en matière de pollution ? Peut-être les poissons dans la Seine ?
      Il serait également intéressant de savoir combien ces vélos ont occasionné d’accidents, car si les voitures ont l’obligation de s’arrêter aux feux, de ne pas prendre les sens interdits, de respecter les passages piétons, les carrefours, et il va sans dire les trottoirs, les deux roues en sont cordialement dispensés.
      Donc qui a voté pour cette gauche ?
      – Le parisien qui travail à Paris et n’a pas besoin de sa voiture,
      – le parisien qui a les moyens de se déplacer en taxi.
      – le parisien encore alerte et qui peut éviter tous ces dangers
      – le parisien qui vient dès les beaux jours s’agglutiner le long des berges fermées et transformées en pseudo plage (évidemment celui-là) est excusable)
      – le parisien qui a pu profiter de cette fermeture pour y installer son commerce ( bateaux restaurants, buvette, etc) et la liste n’est pas exhaustive !

      • La plupart des « parisiens » que vous citez ne sont même pas née a Paris et imposent leurs lubies aux véritables parisiens dont je fais parti.

    • Conseiller en mobilité, je prends un certain plaisir, quand c’est possible, d’expliquer quelques règles du code de la route aux ahuris sur deux roues Les cyclistes devraient être sensibilisés au fait que personne n’est roi de la route. Je reste dans du basique genre expliquer le triangle sur pointe, le rond cerclé de rouge, l’usage du passage pour piétons, le piétonnier pour les piétons,…vraiment la base !

  2. Quand je disait que les élection ne changent plus rien, Les Français et les parisiens en tête ne sont que des fainéants en vacance toutes les 6 semaines. Ce Pays France ne mérite que ce qui lui arrive et ce n’est pas fini.

    • En effet, pour la présidentielle cela ne présage rien de bon. Bardella sera écarté, Philippe sera en finale avec Mélanchon, le castorisme ( encore un nouveau mot, je vais me faire mon dico) aura encore bien fonctionné, la DPBM (Droite la Plus Bête du Monde) aura aussi bien joué son rôle habituel, sans parler des médias, des sondeurs, des magouilles de second tour etc. etc. Le « France Libre » débaptisé, devient  » le France insoumise » est la première mesure du nouveau gouvernement de la république populaire…

  3. De Gaulle disait , Paris outragé, Paris martyrisé Paris libéré. Aujourd’hui seul les deux premiers qualificatifs demeurent.

  4. Les familles moyennes avec enfants ; elles vont a champigny sur marne ville passé a droite en 2020.
    Ou a Vincennes, Nogent sur Marne ,
    Ou bien pour les plus aisées dans l’ouest parisien .

  5. Bobos parisiens qui ignorent ou détestent les familles et leurs enfants, les personnes âgées mais aussi les handicapés.
    Et détestent les touristes qui visitent et on n’a pas à leur imposer le vélo
    Sont-ils démocrates? Non ce sont les aristocrates bobos qui veulent un monde a leur service

  6. Vu comme tournent les choses, le changement de population, voulu par la gauche. La prochaine fois lfi sera maitre de paris

  7. A vélo sans casque ? combien de PV ? Pendant que les élus de gauche paradent à vélo , les super-autos à plus de 100 000 euros des bobos héritiers , des trafiquants de drogue , des chefs des mafias , continuent de circuler .

    • Elles circulent quand même de plus en plus difficilement.
      Les trafiquants de drogue ne sortent pas encore casqués mais cela devrait venir. On n’est jamais trop prudent. Le principe de précaution vaincra.

    • Les vélos circulant de ce faite sur la voie publique devrait avoir une plaque d’immatriculation comme tout les autres utilisateurs de la chaussées, cela permettrait de mieux les verbalisés pour les nombreux non respect du code de la route, il faut également mettre fin a cette dérogation qui leur permet de grillé les feux si aucuns véhicule ne passent (le petit triangle poser sur les feux).

      • Une plaque pour vélo serait un début de responsabilisation pour les cyclistes en général. Quant au maire nouveau, il ferait bien de montrer l’exemple en utilisant un casque pour vélo !

      • Il y a longtemps que je préconisais la plaque d’immatriculation, encore qu’avec un certain genre d’utilisateur cela ne servirait à rien.
        Plus avant vous écrivez que l’as parisiens dont je parle ne sont probablement pas pas tous nés à Paris, peut-être mais un grand nombre le sont.
        Je suis moi-même née à Paris, j’ai 80 ans et suis issue de plus de sept générations de parisiens, du moins jusqu’à Napoléon et j’ai tendance à me dire parisienne avant française, aujourd’hui je suis en deuil car je sais que rien ne pourra faire que cette ville, des quartiers historiques jusqu’aux quartiers populaires comme le chantait Trenet, Chevalier, Georges Ulmer et tant d’autres , retrouve le lustre et l’intérêt tant enviés à l’étranger. Une Capitale c’est l’image de tout un pays.

    • Le casque n’est pas obligatoire pour conduire un Vélib’. Dans Vélib’, il y a lib.
      Vive la liberté.

      • Sans doute, mais ma fille vient de me dire que j’ai un casque et je ferais bien de l’utiliser.

  8. Paris , la ville des ultras riches et des ultras pauvres , la classe moyenne est partie. Bientôt il parait, 40% de logements HLM pour loger les futurs électeurs de la gauche .

    • P.Sinclair.
      Du bien orchestré. Défigurer Paris notre superbe capitale, que le monde entier vient visiter.
      Installer des familles dans des tours, seront-elles plus heureuses à Paris, avec le coût de la vie ?
      Nous ne verrons aucun référendum avec Grégoire.

  9. Combien de gardes du corps en voiture, en moto pour que Grégoire puisse arriver en vélo pour la télé?

  10. Les socialistes savent faire du vélo (électrique seulement), mais c’est insuffisant pour diriger quoi que ce soit!

    • Vélos et trottinettes électriques qui roulent très vite , voir la joie béate de leurs utilisateurs , et la tête des piétons apeurés , car ils s’approprient souvent les trottoirs ,

  11. L' »islamoboboécologaucho de bureau » dans toute sa platitude prétentieuse avec nos sous, what else?
    Encore un qui va nous montrer l’exemple de son humanisme en hébergeant pas de migrants chez lui…mais chez nous malgré ses gros moyens en rémuération. Fils d’Hidalgo est bien un baron de bureau.
    A bientôt pour la commission d’enquête parlementaire « Manu qui descend en vélo mais avec CRS », car Radiofrance et la Mairie de Paris, c’est pareil, mêmes dérives, mêmes privilèges exubérants, la honte à la française.

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