[MUNICIPALES] Le logement, enjeu du second tour à Paris

La logique de E. Grégoire (et S. Chikirou) : poursuivre 25 années de gauchisme municipal à Paris.
Photo de Daniel Reynaga: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/ville-france-paris-batiments-26470917/
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Les quatre mandats de Bertrand Delanoë (2001-2014) et d’Anne Hidalgo (2014-2026) ont profondément transformé une politique toujours conduite sous Hidalgo par un maire adjoint communiste (Ian Brossat puis Jacques Baudrier). D’un côté, des logements toujours plus nombreux : le nombre de logements sociaux a doublé, pour passer de 136.000, en 2001, à 271.906, en 2024, soit 23,1 % des résidences principales parisiennes. Cette politique a eu des conséquences majeures sur les finances de la capitale, et ses arrière-pensées électorales relativement évidentes n’ont pas échappé à Rachida Dati, lors du débat d’entre les deux tours du 18 mars 2026 où elle a mis sur la table le clientélisme associé au logement social en évoquant une « réserve électorale » pour la gauche et rappelant un argument de campagne d’Emmanuel Grégoire : « Si vous votez pour Dati, vous allez être expulsé. »

Mais l’écosystème logement parisien a connu une divergence majeure de l’écosystème résidentiel de la capitale, avec des augmentations de prix de logements que ne peuvent se payer que de riches étrangers ou loués comme résidences de tourisme. Entre les deux, les propriétaires occupants représentent une part de plus en plus résiduelle du parc de logements de Paris (100.000 logements locatifs privés retirés du marché) et le prix de ces logements sélectionne les seuls ménages aisés tout en renvoyant dans la France périphérique de Christophe Guilluy les classes moyennes historiques : il faut, aujourd’hui, un revenu annuel de 220.000 euros pour qu’un ménage puisse acheter un logement de 80 mètres carrés à Paris.

L’équipe Hidalgo a traité ces difficultés avec un prurit bureaucratique et réglementaire : PLU très détaillé, encadrement des loyers du secteur privé, sans oublier des moyens toujours plus massifs pour l’hébergement d’urgence qui n’empêche pas l’occupation sauvage de l’espace public par des migrants récents.

Deux logiques s'affrontent

Le candidat Emmanuel Grégoire reste totalement dans la logique des quatre mandats précédents : 60.000 logements publics à créer (50 % logements sociaux et 50 % logements abordables), surtout à l’ouest de Paris ; taxation et réquisition des logements vacants ; interdiction des nouvelles résidences secondaires et meublés touristiques ; renforcement de l’encadrement des loyers.

Donc, Emmanuel Grégoire assume de rester strictement avec le même logiciel logement. La violence des attaques de Sophia Chikirou ne l’empêche pas d’avoir recours au même cadre de pensée : gel et baisse des loyers, tant dans le parc public que dans le parc privé, lutte contre la spéculation, durcissement de l’encadrement des loyers.

Rachida Dati, elle, a pris l’option d’une remise en cause des excès ou des aspects les plus radicaux des liste de gauche, mais sans non plus faire de « Grand Soir » du logement à Paris :

— maintien du parc locatif social à son niveau actuel (autour de 25 %) sans dépassement et, donc, sans besoins financiers spécifiques ;

— « déghettoïser le logement social » et arrêt de son développement infini et ses conséquences sur les finances de la ville ;

— en favorisant son accès aux classes moyennes aux salariés de première ligne et aux jeunes ;

— accent mis sur la qualité de la gestion locative dans le parc social ;

— volonté de créer un choc de confiance en faveur des bailleurs privés : promesse de baisse de la taxe foncière, assouplissement de l’encadrement des loyers.

Donc, la poursuite de la route vers une forme de république soviétique socialiste du logement parisien si Emmanuel Grégoire est élu, contre la mise en place d’un système mixte pour Rachida Dati.

 

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Georges Le Breton
Haut fonctionnaire en activité, spécialiste des politiques publiques.

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Faute de pouvoir révolutionner le sysstème, R. Dati se contenterait d’y mettre un coup d’arrêt ? Ce ne serait déjà pas si mal.

  2. autrement dit, dati, même chose que la gauche avec quelques petits ajustements…..
    la gauche a installé un parc locatif social pour avoir des voix….dati n’y touche pas !!!!!
    encadrement des loyers « ajusté » mais elle n’y touche pas !!!!!
    et elle veut avoir la confiance des bailleurs privés !!!!……qui sont déjà partis…ailleurs
    dati est un mirage de changement

    • @Monic

      Les parisiens qui raisonnent comme vous voteront Grégoire. ils voteront pour, à coup sûr, la poursuite de 25 ans d’errements socialistes aux conséquences qui sautent aux yeux. Ceux qui votent Dati peuvent s’attendre à un coup d’arrêt des pires excès socialos gauchistes. Ce sera insuffisant pour redresser une situation catastrophique mais si cela stoppe la descente aux enfers, ce sera déjà cela! entre deux maux il faut choisir. Entre le pire et le moins mauvais, il faut choisir le moins mauvais! Si j’étais Parisien je voterais Dati pour stopper la folie socialo gauchiste! mais les parisiens ont le droit de voter pour ceux qui sont dans une fuite en avant qui amplifiera le désastre…

  3. Quarante pour cent des logements sociaux de toute l’U.E. sont situés en France. Ça explique beaucoup de choses…

  4. La gauche, pour se faire des électeurs, a multiplié les logements sociaux à Paris pour y faire venir une population qui vote pour elle mais n’est pas imposable. Cela fait fuir ceux qui, eux, paient des impôts. Le meilleurs moyen de faire de Paris une ville en faillite. Le problème est qu’elle est la capitale de la France. l’État peut il laisser sa capitale devenir une ville du tiers monde sans intervenir. On parle de placer la ville sous tutelle compte tenu de sa Bérézina financière. Il y a urgence avant qu’elle ressemble à Bombay ou Calcutta. Déjà des villages de tentes en bordure des canaux, à quand les bidons villes, superbe réussite de la gauche ? Philippe de Villiers (le visionnaire) a dit : « La gauche aime tellement les pauvres qu’elle s’efforce d’en faire d’avantage ». Paris en est la preuve.

  5. Il y en a qui vote pour ce Mr Grégoire ; engager même le Président, il fallait le faire. Quel menteur, ils vont élire à Paris, cela promet pour ses promesses faites pour ces élections.
    Bravo Sarah.

  6. Il ne manque pas d’audace E. Gregoire, incluant le Président de la République.Au moins, Sarah, a tenu sa promesse, bravo Madame.

    • « Monsieur Macron aurait téléphoné à Sarah Knafo pour lui demander de se retirer… » et elle aurait obéi… Heureusement pour ce pauvre Grégoire que le ridicule ne tue pas… Il faudrait que la gauche se trouve un nouveau candidat. Il ose tout, lui aussi…

  7. Quand on importe le tiers monde on le devient…
    500.000 par an qu’il faut loger .
    Et pourquoi forcément a Paris et sa région ?

    • Parce que ces gens, naturalisés à tour de bras, font des électeurs pour la gauche… Peu lui importe qu’ils soient dans la misère du moment qu’ils votent pour elle. Un peu comme la CGT syndicat de « défense des travailleurs » qui par son intransigeance fait fermer des usines qui pourraient sauvées, mais ça fait des chômeurs, donc de futurs adhérents au Syndicat…

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