[MUNICIPALES] Face à l’extrême gauche, Jordan Bardella favorable à des alliances au second tour

Pendant ce temps, chez LR, Michel Barnier ne transige pas : « Entre Mélenchon et Bardella, je ne vote pas. »
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Chaque semaine qui passe voit le rapprochement entre les droites opérer un nouveau virage. Alors que Jordan Bardella a annoncé ne pas exclure des alliances au second tour pour contrer l’extrême gauche, quelques ténors à droite se sont d’ores et déjà insurgé sur l’incompatibilité d’une alliance entre Les Républicains et le Rassemblement national.

« Nous ferons du cas par cas », a indiqué le président du Rassemblement national, ce samedi 7 février, sur BFM TV, précisant « ne pas être fermé à ce qu’il y ait des discussions sur de potentiels listes d’union ou de rassemblement au second tour, s’il y a un danger de voir l’extrême gauche s’emparer d’un certain nombre de municipalités ». Une ouverture nouvelle au sein du Rassemblement national qui n’était guère enclin, ces dernières années, à concevoir une alliance avec une liste de droite. Les situations où un rassemblement effectif au second tour pourrait voir le jour devraient être rares. Car le RN semble écarter toute stratégie d'alliance avec un profil LR ayant trempé de près ou de loin avec le macronisme. Une perle qui se fait rare, dans le parti que préside Bruno Retailleau.

Prenons l'exemple de Paris. Thierry Mariani, candidat RN de la capitale, et les porte-parole du parti de Marine Le Pen n’ont de cesse de fustiger un accord impossible avec Rachida Dati, tête de liste LR à Paris, qui, notamment en raison de sa place de ministre de la Culture au sein du gouvernement Lecornu, représente pour le RN cette frange des Républicains dont le bilan est accolé à celui du président de la République. C’est pourquoi Jordan Bardella insiste sur les situations très différentes d’un territoire à un autre. Le choix du RN se ferait localement en fonction des profils des candidats a priori et de la menace réelle d’assister à une victoire de l’extrême gauche.

Mélenchon, Bardella : même combat

Après les propos de Jordan Bardella, le président de la région Hauts-de-France s’est empressé de réagir. « Notre famille politique, présidée par Jacques Chirac, a toujours refusé les compromissions avec l’extrême droite », a indiqué, le lendemain, Xavier Bertrand, sur le plateau de BFM TV. Un « idéal » qui doit empêcher les Républicains d’être « le marchepied de l’extrême droite ». Pour l’ancien ministre sarkozyste, « l’union des droites n’existe pas », il préfère parler, pour sa part, de « l’union de la droite avec l’extrême droite », une disposition qui entraînerait « la disparition de la droite républicaine ». L’élu, qui en a profité pour annoncer « se préparer à l’élection présidentielle », a une obsession ou, du moins, une mission sur cette Terre : s’opposer aux dirigeants du RN. « Je les combats », a-t-il souligné, car « leur enjeu n’est pas de sortir le pays de l’ornière mais de conquérir le pouvoir à tout prix en profitant du désarroi économique et social ». La semaine dernière, le président de la région Hauts-de-France appelait Bruno Retailleau à une « clarification » au sein de l’appareil des Républicains, notamment en demandant l’exclusion de l’eurodéputé Christophe Gomart, qui a apporté son soutien à Éric Ciotti dans sa campagne niçoise.

Ce même 8 février, c’était au tour de Michel Barnier d’enfoncer le clou. « Je ne plaide pas et ne plaiderai jamais pour une alliance avec les formations d’extrême droite », explique l’ancien Premier ministre, qui refuse de choisir en cas de duel entre le chef de La France insoumise et le patron du Rassemblement national. « Entre Mélenchon et Bardella, je ne vote pas », a-t-il indiqué. Pour éviter de se retrouver dans une telle impasse, le Savoyard désormais député de Paris veut mettre toutes ses forces pour « absolument éviter cette situation ».

Le nouveau visage droitier du RN

Ces positions manifestent un peu plus encore les lignes de fracture au sein du parti LR. Tactiquement, Jordan Bardella prend le contre-pied de Marine Le Pen, qui n’a jamais supporté l’idée de s’allier avec une droite qu’elle méprise car elle a, selon elle, trahi le camp national depuis trente ans. En ce sens, le président du RN pousse les Républicains dans leurs retranchements. S’ils se démasquent et continuent de dresser un « cordon sanitaire » maintenant le RN hors du « champ républicain », ils peuvent être les artisans de la victoire de l’extrême gauche, dans certaines communes, le mois prochain, et de Jean-Luc Mélenchon dans un an.

Une ligne que certains interpréteront comme de la schizophrénie, au point de leur donner des velléités de rejoindre l’UDR, ce que montrent les nombreux ralliements d’élus LR qui n’hésitent pas à rejoindre les listes RN-UDR pour ces municipales. En témoignent deux ralliements significatifs, ces 48 dernières heures : à Nice, Françoise Monier, adjointe du maire sortant Christian Estrosi, rejoint Éric Ciotti, tandis qu’à Nîmes, Monique Boissière, conseillère municipale LR, démissionne et rejoint la liste RN-UDR emmenée par l’eurodéputé Julien Sanchez.

Pris en étau, les Républicains risquent gros sur le scrutin à venir. Ils doivent démontrer que le créneau de la droite dite républicaine existe toujours, sous peine de disparaître.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

120 commentaires

  1. Il n’y a plus de LR. Le combat à venir : les souverainistes contre les mondialistes. En gros, le RN contre tous les autres…

    • Le choix des mots..les seuls « souverrainistes « declares sont fillipot et asselineau..voire nda..sûrement pas le RN..qui pantoufle a Bruxelles

  2. Le Rassemblement national sera dans peu de temps confronté à une gravissime révolution de palais, entre d’une part Marine Le Pen (la véritable et légitime cheffe) qui, sauf avec l’UDR de son allié Ciotti, ne veut pas entendre parler d’union des droites (LR, Reconquête), et d’autre part Jordan Bardella, son louveteau aux canines très longues lequel manœuvre depuis des mois en catimini pour faire l’union des droites contre le refus de sa patronne à laquelle il doit tout. On risque de se retrouver avec un scénario à la Brutus Bardellus poignardant dans le dos Julia Césaria Marina. Chaud devant !

    • Ah oui,l’union des droites,de quelles droites parlez vous?des droites de Larcher,Wauquiez,Copé,Tabarot,Jeanbrun,Bertrand,Barnier…..?Vous allez être déçu,car le binôme MLP/BARDELLA fonctionne à merveille.
      RDV aux municipales et plus tard.

      • La droite que vous décrivez, c’est la vraie fausse droite soumise à la gauche, compromise avec Macron et même avec les socialistes. Et tout le monde désormais le sait. Merci Ciotti. Les LR embarqués dans la macronie sombreront avec Macron. Les autres rejoindront l’UDR. N’enterrez pas trop vite non plus RECONQUETE qui va surprendre. N’oubliez pas enfin la gravité extrême de la situation du Pays qui induira des débats de fonds où TOUT comptera : Sécurité, pouvoir d’achat, Islamisation, Immigration, Economie, Finances, Education et encadrement de la jeunesse, Famille, Agriculture et ruralité, Industrie etc, etc, Et il faudra être CREDIBLE pour remettre de l’ORDRE (partout et dans les comptes) et les Français au TRAVAIL.

      • N’oubliez pas non plus un point capital. Quand il faudra choisir entre la droite -car l’existence incontestable de la gauche implique l’existence non moins contestable de la droite- et la gauche, c’est à dire qu’il faudra barrer la route à l’islamo gauchisme et aux amis des Arnault, Delogu, Rima Hassan et consorts, les Français voulant rester Français n’hésiteront pas. Sauf les traîtres et les aveugles à la Bertrand-Barnier &C°

      • Bonjour Monsieur. Je ne veux pas vous contrarier, mais à de très nombreuses reprises depuis 2016, Marine Le Pen a publiquement déclaré que le RN n’est ni de gauche, ni de droite. Cela signifie qu’elle veut rallier les citoyens de toutes sensibilités, sans exclusive ni rejet. Cette citation ni gauche-ni droite, qu’on trouve partout dans les médias, est l’exact contraire de la position du jeune Bardella qui se pose comme appartenant à la droite et rien d‘autre, et veut s’allier avec les autres partis dits de droite. D’où un gros risque de clash avec Marine, la seule vraie et légitime cheffe du RN.

    • Vous trouvez ca grave vous? Mlp n’aurait jamais gagné la presidentielle,et si le jeune peut remettre un peu de droite dans ce parti,ca pourrait aider…

    • Comparer un grand homme, contestable sous bien des aspects,de l’Histoire universelle avec M.Le Pen, il faut oser.Cette fille à papa qui a trahi le programme de restauration de la France, fait la chasse à tous les nationalistes dans le parti, sombré deux fois de suite dans un face à face avec le pourtant médiocre Macron.

  3. L’alliance, c’est le bon sens même. Il faut se débarrasser des nuisible de gauche candidats , puis de ceux qui ont noyauté et gangrènent l’administration de ce pays depuis trop longtemps.

    • Le bon sens maintenant. Et quand l’heure décisive viendra, le choix entre la vie et la mort. Rester Français ou non. On continue de chipoter ?

  4. Dans la mesure où Reconquête ne semble pas être concerné par ce projet de ralliement,j’en déduis que ce parti est déclaré infréquentable.C’est qu’étant de droite nationaliste,il est incompatible avec le positonnement de centre gauche de la Tata de Maréchal.

    • C’est évident.. Reconquête est trop sérieux et droit dans ses bottes…nous sommes rejetés par la fausse droite..

    • La « Tata de Maréchal » n’est pas parfaitement claire. Sur l’islamisation, sur la famille et les questions sociétales. La « dédiabolisation » a beaucoup brouillé les cartes. Or comme le dit Philippe de Villiers, il faut relever les murs porteurs. Asseoir l’autorité des Pères, des Maîtres et de l’Etat ! Et cesser d’être un pays de consommateurs pour redevenir un pays de producteurs. Il faut régler le compte des narcos (avec toutes les forces disponibles y compris l’armée) et soigner, au besoin sous la contrainte, les drogués. Il faut stopper l’immigration extra européenne. Mais il faut aussi stopper l’assistanat et remettre TOUT LE MONDE au travail. Les discours de Tata sur tous ces sujets ne sont pas toujours « percutants » et les derniers votes du RN autour du PLFSS sont très discutables pour ne pas dire critiquables.

  5. Si la droite « républicaine » (laquelle ne l’est pas ? la royaliste ?) se résume à Barnier et à Bertrand, pas besoin de s’inquiéter : leurs électeurs se départageront, sans leur avis, entre ceux de droite réalistes… et macroniens, y’a donc pas lieu de faire des risettes à ces vieux tocards, survivants momifiés de la chriraquie.

  6. Mr Bardella a le costume du president mais c’est tout. Ils ont paye beaucoup d’argent pour qu’il puisse paraitre un csndidat serieux. Tout ca c’est du cinema. Non il n’en a pas la carrure. Fait arrreter d’esperer avec le RN. Ils sont d’extreme droite oui…. mais quand on regarde la gauche. Je les trouve orgueuilleux. Ils sont comme les autres. Et maintenant on parle d’alliances possible… enfin pas avec Reconquête… l’horreur… c’est pas serieux et ca degoute de la politique… ils ne sont pas la pour la France mais pour eux. Ils n’ont apparemment pas toujours bien vote a l’assemblee….un debut

    • A diego:Dans la mesure où MLP elle même situe son RN comme étant  » ni de droite ni de gauche »,difficile d’affirmer qu’il est d’extrême droite.Vu ses positionements sociétaux et économiques et son recentrage,je dirais qu’il est plutôt de Centre Gauche.A cet égard,le ralliement de Maréchal,aux convictions plutôt droitistes, à sa Tata favorite ,est une incongruïté qui n’a pas d’autre objectif que de resserrer ses liens familiaux.

      • Bien sur qu’elle ne l’est pas. Tout sa c’est de la fumisterie politicienne pour cacher le vrai danger… le socialisme. Il est la le vrai probleme. Avec eux on ne risque pas une revolution ( ils l’ont faite) on risque la fin des libertes

  7. Beaucoup de commentaires sur les partis politiques et surtout sur les hommes « politicards ». Leur avis respectif ne m’intéresse pas. Si tous les français avec obligation de voter et en leur âme et conscience allaient déposer un bulletin, ce serait déjà bien. En 2022, plus de 13 millions ont votés pour le R.N. Imaginez 10 à 12 millions de plus. Je crois que je suis en plein rêve !

    • Au législatives 2eme tour 10 millions pour le RN et 2 millions pour udr..sur 49 millions d » inscrits ..il en faut au moins 10 ou 12 de plus pour avoir la majorite…si le nom re de votants reste identique …sans révision de son programme plus a droite ou annonces d’alliances c’est quasi impossible…Bardella veut peut etre gagner…lui..
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  8. Ne pas voter est la pire des lâchetés. Refuser de choisir, c’est se soumettre au diktat des autres. Merci M Barnier.

    • Si l’offre électorale ne me convient pas, ou plus,je ne me déplace pas ,je m’abstiens.C’est souvent le cas au second tour Et dans la mesure où seuls les suffrages EXPRIMES servent à désigner le vainqueur,je ne me sens pas coupable d’avoir refusé de participer à une mascarade, à l’issue de laquelle sont réélus les mêmes convictions de gauche ou de centre gauche . Y compris ceux qui aujourd’hui pavoisent en tête des sondages.

      • C’est vrai ça!!!
        Les banlieues,les écolos ,les bobos….la CGT,SUD,la Cimade,Terre d’asile,utopia,LFI….tout ce « beau monde » se déplace pour voter pour l’anti France.
        Restez chez vous,c’est un moindre mal pour nous patriotes votant RN.
        Vous ne voulez pas Bardella/Marine,vous aurez Mélenchon.

      • Oui au 2eme tour avec ce mofe électoral il faut choisir le moins pire..meme si pour moi voter RN est très loin de mes convictions..patriotiques…

  9. Je remercie barnier de bien vouloir prendre sa retraite le plus vite possible car la France de demain ne peut pas être diriger par des politiques de droite comme de gauche qui ont mis la France à genoux depuis 1981

  10. Barnier, Bertrand, Philippe (qui a appelé à voter communiste au 2ème tour des dernières législatives), la liste est longue des dinozaures de LR. Tous s’inspirent du général De Gaulle en oubliant que ce dernier a tout fait pour empêcher les communistes de prendre le pouvoir en 1945 et donc d’amener Moscou à Paris. Alors que LFI est encore pire que les cocos, on voit bien que les mous du genou sont encore bien là.

    • Rappel d’un peu d’histoire véritable: DE GAULLE a amené les communistes au pouvoir dés 1944. Il les a libérés en 1943 des des prisons algériennes où les avaient enfermés Daladier. Il est allé faire allégeance à Staline en décembre 1944 et a ramené le déserteur THOREZ au gouvernement ainsi que bien d’autres qui ont tout noyauté, l’enseignement ,l’Université, le monde du travail. Il a été obligé de dégager en janvier 1946, lâché par ses complices communistes.

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