[MUNICIPALES] Écologie punitive : à Reims, le maire Horizons fait pire que les Verts
Les municipalités dites « Écologistes » n'ont pas le monopole de l’idéologie hors-sol. À Reims (Marne, près de 180.000 habitants), la multiplication des mesures vertes décidées par le maire Horizons Arnaud Robinet, candidat à un troisième mandat, fait grincer des dents opposants et commerçants.
Il aura fallu attendre janvier 2026 ! Après plus d’un an et demi de chantier, les travaux de rénovation de la Voie des Sacres s’achèvent enfin. Lancée à l’été 2024, la transformation de cette artère emblématique reliant la cathédrale Notre-Dame à la place d’Erlon devait incarner la « requalification » et la végétalisation du centre-ville de Reims. Pour les commerçants riverains, elle aura surtout représenté deux années de circulation entravée, d’accès compliqués, et une chute brutale de la fréquentation, parfois fatale à leur activité. Mois après mois, la célèbre Voie des Sacres a été le symbole de la politique de mobilité menée tambour battant par Arnaud Robinet.
Réfections de voirie inutiles, extension du tramway, déploiement de lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) et réduction drastique de la place de la voiture : Reims vit désormais au rythme des grues et des déviations au point d’en perdre lisibilité et attractivité. « Stop à la politique à la Hidalgo de Robinet », martèle Stéphane Lang, exclu de la majorité municipale en juin 2024, aujourd'hui candidat d’union de la droite et du centre. Pour l’ancien adjoint au maire, cette transformation marque une rupture avec l’histoire même de la ville.
Fermeture de commerces !
Détruite pendant la Première Guerre mondiale, puis reconstruite dans les années 1920, Reims a été pensée pour une circulation automobile fluide, avec de larges avenues. « C’était l’idéal pour la voiture », rappelle Stéphane Lang, fustigeant une politique qui nie la morphologie rémoise. Victimes collatérales de ces « plans de mobilité », les commerçants ont été les premiers à faire entendre leur voix. Les suppressions de places de stationnement, les nuisances prolongées et l’absence de concertation ont entraîné un effondrement du chiffre d’affaires et la fermeture définitive de certains commerces. Et si, en juin dernier, Robinet s’était opposé à la proposition d’un conseiller municipal Rassemblement national visant à verser une avance d’indemnisation aux commerçants étranglés par les travaux, l’édile a ensuite rétropédalé en évoquant « une compensation future » que beaucoup jugent encore incertaine.
Une même logique avant-gardiste prévaut sur le dossier des zones à faibles émissions (ZFE), qui restreignent l’accès aux centres-villes aux véhicules jugés polluants. Dès septembre 2021, Arnaud Robinet avait alors fait le choix d’une application anticipée, sans y être contraint nationalement. Une décision vivement critiquée par Anne-Sophie Frigout, députée RN au Parlement européen et elle aussi candidate aux élections municipales, qui pointe des « zones à forte exclusion » pénalisant les classes moyennes et populaires. Face à l’impopularité croissante de cette mesure, le maire a renoncé à la verbalisation, sans pour autant revenir sur le principe. À mi-mandat, Robinet, qui vient d'obtenir le soutien de LR, vantait une ville « plus durable », où chaque habitant disposerait d’un espace vert « à moins de 300 mètres de chez lui », et une circulation repensée pour « améliorer la qualité de l’air ».
Le Hidalgo local
Peu importe le coût. Ces dernières années, plus de 150 millions d’euros ont été mobilisés pour développer les transports dits alternatifs, 20 millions pour la construction d’une passerelle piétonne, 19 millions pour les BHNS et près de 6 millions pour la végétalisation de l’espace public. Pour les opposants, cette orientation illustre un glissement idéologique assumé aux effets comparables à ceux observés dans les municipalités écolo-socialistes. Stéphane Lang a d’ailleurs fait de la circulation « l’axe central » de son programme, estimant que l’attractivité économique et la sécurité passent par la fluidité des déplacements. Engagée contre « l’écologie punitive », Anne-Sophie Frigout s’interroge : « Arnaud Robinet est le Hidalgo local. Il veut chasser les automobiles du centre-ville ! Peut-on se revendiquer de droite en faisant cela ? J’en doute. » À Reims, la Voie des Sacres n’est plus seulement un axe rénové : elle est devenue le révélateur d’une politique qui fracture la ville et pose une question centrale, celle de la liberté : de circuler, de consommer et d’entreprendre.
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32 commentaires
Le montant des différentes factures, en dit long sur la folie qui s’est emparée de certains élus.
Article très intéressant et percutant. Vous mettez le doigt sur un sujet central et souvent éludé : l’impact concret des politiques de mobilité sur la vie économique et sociale locale. L’angle est clair, argumenté et documenté, et il a le mérite de donner la parole aux commerçants et aux opposants, trop souvent oubliés dans ce type de projets. Aborder ces choix urbains sous l’angle de la liberté de circuler, de consommer et d’entreprendre est pertinent et nécessaire. Un sujet de fond, traité avec justesse, qui nourrit réellement le débat.
L’écologie est un virus ……. pire que le covid ! Beaucoup d’élus (de tous bords) ont été infectés.
C’est plutôt l’inverse qui est vrai, en termes de politique publique.
Comme quoi y a pire que les I-coulos (I pour imbéciles)
Et n’est-il pas juste et surtout normal de rendre aux piétons la place qu’ils méritent ? Pourquoi toujours vouloir défendre la voiture ? Les automobilistes peuvent garer, un peu à l’extérieur du centre ville et y venir à pied, ou en mini-bus. Quel manque de courage !
Vous avez raison dans un sens et tort dans l’autre pour la promenade les mains dans la poche OK, mais lorsque nous faisons des courses avec des sacs chargés et qu’il faut les porter certaines personnes ne peuvent le faire. Malheureusement ont ne peux plus avoir 20 ou 30ans éternellement, il faut réfléchir de temps en temps.
Exact et pour répondre à Lé Elisabeth en plus : les handicapés en fauteuil roulant peuvent-ils monter avec le fauteuil, dans les minibus pour aller en centre ville ????
Voila un article qui pose problème, et je ne suis pas le dernier à avoir critiqué M. ROBINET avec mon analyse au vitriol de sa stupide ZFE (je ne suis pas concerné car mes voitures entrent dans ses critères). Mais la critique n’en est que plus efficace quand elle est objective. La Voie des Sacres ne relie pas la Cathédrale à la Place d’Erlon. Il n’y a pas eu d’extension du tramway. Quant à la réduction drastique de la place de la voiture, et pour aller souvent à Reims en voiture, elle a encore beaucoup de place la voiture. De ce que j’ai pu en voir des propositions de M. LANG concernant la mobilité, c’est à pleurer (du même niveau que celles de Mme KNAFO pour Paris). Rappelons que M. Hubert CARPENTIER, socialiste, avait mis en place dans les années 70 un remarquable plan de circulation pour le centre ville, limitant un peu la place de la voiture au profit des bus qui étaient devenus parmi les plus fréquentés de France, plan qui a intégralement perduré pendant près de 30 ans, c’est dire. Alors, cette Voie des Sacres, l’automobile y a encore (trop) largement accès, la raison, sans doute avec d’autres, d’une vitesse commerciale ridicule du BHNS (12 km/h) car la voiture y a encore accès sur les 2/3 des 2200 mètres de sa longueur. PS : démolir un pont existant pour le remplacer par une passerelle piétonne neuve, oui cela pose question sur l’utilisation de l’argent des contribuables.
La mégalomanie de ces élus de gauche ou de la droite molle n’a aucune limite. Leur utilisation totalement abusive et anarchique des impôts est scandaleuse.
Avec ces « plans » de circulation et autres pistes cyclables ou il passe un vélo toute les heures, les commerces locaux trinquent et c’est tout bénéfice pour les grands centres commerciaux qui à la périphérie proposent du parking aisé ! Les centres villes vont devenir des déserts commerciaux ! Bravo les écolos !
@Maurice Joly : Lorsqu’il faut tourner des « heures » pour garer, aprè paiement pour une durée limitée , sa voiture à dix minutes à pied du magasin convoité, l’utilité de la voiture devient toute relative…Les centres commerciaux ne sont pas une meilleure idée car vidant les centres villes. Alors que reste il ? Parking souterrains, certain diront aide aux malfrats et ça coûte, zone piétonne certain diront comment feront les « vieux » etc…Une raison supplémentaire, de ne pas briguer un poste de Maire, d’immigrer à la campagne.