[MUNICIPALES] De la « vague écolo » de 2020 ne reste que l’écume

En 2024, pour le Conseil fédéral EELV, "le bilan des élu-e-s écologistes est reconnu bien au-delà de notre mouvement" !!
écolos élections municipales EELV

Souvenez-vous : en 2020, les élections municipales avaient été bousculées par la pandémie. Premier tour le 15 mars, second tour le… 28 juin suivant, à grand renfort de masques et de gel hydroalcoolique. Nous étions en pleine Greta-Thunberg-mania, sur fond d’inquiétude pour la santé de la planète et des hommes. Favorisés par une abstention à 60 % liée au Covid-19, les candidats écologistes (EELV) avaient emporté six villes de plus de 100.000 habitants et quelques autres plus modestes. Si, si, souvenez-vous : « Une vague verte historique déferle sur les grandes villes françaises », titrait Le Monde. Le Figaro filait la même métaphore : « La déferlante écologiste ressuscite la gauche. »

La maturité politique a fait flop

On allait voir ce qu’on allait voir ! « Ce soir, c’est historique, déclarait le président du parti écolo Julien Bayou. Depuis 40 ans, jamais les écologistes n’ont été en mesure de peser autant sur le cours des choses et de pouvoir engager dès demain la transition écologique dans la justice sociale dans tant de villes. » Les deux dadas du moment avaient séduit les électeurs. Pas besoin d'être candidate à Miss France pour préférer la justice à l’injustice, la végétation au béton…

Abel Mestre l’écrivait avec la solennité de rigueur, dans les colonnes du Monde : « Toutes ces villes devront être les vitrines de cette écologie politique qui est entrée dans sa phase de maturité. » La maturité des écologistes ? Le concept est amusant. Leur « justice sociale » est basée sur les aides, la gratuité (qui coûte cher), les subventions généreuses et autres petits bonheurs municipaux. Six ans après, la vague a effacé les scores inscrits dans le sable. Elle n’est plus qu’un clapotis. Si les électeurs de Lyon, Tours, Saint-Égrève ou Saint-Pierre-du-Vauvray ont souhaité en reprendre une louche pour un septennat, le parti perd ses fleurons : Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy, Besançon, mais aussi Colombes et Auray tournent le dos à l'écologie…

Les écolos ? Des déni-oui-oui

Ont-ils senti le coup venir ? Dès la présidentielle de 2022 et l’effondrement du candidat EELV Yannick Jadot (4,63 % des suffrages), le déni était de mise. « La présidentielle n’a jamais été l’élection la plus favorable aux écologistes, expliquait Pierre Hurmic, maire de Bordeaux. Là où nous sommes forts, c’est sur les territoires, et notamment dans les villes comme Bordeaux » (sic).

En octobre 2024, une motion du conseil fédéral EELV officialisait le déni : « De la vague verte de 2020 à celle de 2026 ». La motion partait du principe que « le bilan des élu-e-s écologistes est reconnu bien au-delà de notre mouvement ». Et d’aligner les motifs de satisfaction : « Des transports à l’alimentation, de la petite enfance à la gestion de l’eau, du logement à la biodiversité… les réussites écologistes sont nombreuses et nous pouvons être fier-e-s de nos maires, adjoint-e-s et élu-e-s. » Dommage que les électeurs n’en aient pas été aussi fiers.

Entre nichoirs et sécurité, il faut choisir

À Auray, le maire EELV sortant (et perdant) a défendu en vain son bilan écolo, cantine bio et lutte contre les îlots de chaleur. Une politique passée, notamment, par l’incitation puérile à créer des « oasis de nature » en posant, par exemple, un nichoir à oiseaux ! Dans le même temps, Ouest-France constatait la croissance du fameux « sentiment d’insécurité » (février 2024) et Le Télégramme notait la hausse de la délinquance à Auray (mai 2025). La taille de la ville ne fait rien à l’affaire. Que ce soit à Bordeaux (265.000 habitants) ou à Auray (14.800 habitants), même gadgets écolos, même ville abandonnée aux incivilités et agressions.

Après ces défaites, les écolos en rabattront-ils ? Non. On verra encore et toujours les idées écologistes inspirer des lois et Sandrine Rousseau et Marine Tondelier livrer leurs expertises dans les médias. Invitée sur France 2, Marine Tondelier ne voit d’ailleurs, dans ces échecs électoraux, qu’« un problème de communication ». Le déni, encore.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Au croisement de l’écologie et de l’actualité ; je ne peux m’empêcher de penser que Jospin et sa complice Voynet furent les fossoyeurs du nucléaire français. On pensera aussi aux 35 heures… L’homme était sans doute un faible qui n’a jamais osé avouer qu’il fut trotskiste, courant Lambertiste. Sa première femme les appelait les « trop-tristes ». Ce mot résume bien ce que fut Jospin et c’est triste pour la France qui en porte aujourd’hui tout le poids. Il ne s’est jamais repenti que je sache…. Dommage, c’eut été digne.

  2. Les vert nous ont pourri et nous pourrissent la vie avec les pseudos normes pour les voitures . On ne les entend pas sur les pétroliers en feu dans le détroit Ormuz !!!! Là ,c’est des années et des années de pollution ! Vous les entendez vous ? J’ai une aversion pour ces petites gens .

  3. Les écolos sont les grands perdants de cette élection locale. Un juste retour des choses qui renvoie ces amateurs à leurs dingueries idéologiques. Si seulement cette défaite pouvait nous épargner les fadaises des dames Tondelier et Rousseau, l’air serait encore plus respirable !

  4. J’ai du mal avec ce mot d ‘écologistes concernant ces « politiques ». Ecolo ( càd idéologues wokisés, on l’a vu pour les Fêtes… homme déconstruit, Ste Soline etc ) est déjà mieux, car moins sérieux, et s’approche du quolibet. La véritable écologie, responsable, sérieuse devrait être l’apanage de tout le monde ( je parle de la véritable ! écologie et non des élucubrations actuelles… ). Alliés souvent à LFI ( « la police tue », « tous blanc tous moches » etc etc ) pour moi, ils sont totalement discrédités.

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