[MEDIAS] Réforme de l’audiovisuel public : beaucoup de bruit pour rien !

Vivement critiquée par les syndicats, la réforme de l’audiovisuel public ne pourra malheureusement pas changer la donne.
© Wikimedia Commons / Zairon
© Wikimedia Commons / Zairon

Cette nouvelle tentative (la quatrième !) sera-t-elle la bonne ? La réforme de l’audiovisuel public, qui vise à créer une holding chapeautant France Télévisions, Radio France et l’INA, sera débattue à l’Assemblée nationale à partir de ce lundi 30 juin. Validé en première lecture au Sénat en 2023, le projet avait manqué d’aboutir, au palais Bourbon, par trois fois. Il avait été repoussé pour cause de dissolution, de chute du gouvernement Barnier puis d’obstruction parlementaire combinée à un calendrier restreint. Rachida Dati compte désormais se rattraper et, enfin, mener à bien sa réforme. « 62 % des Français s'informent sur les réseaux sociaux. L'audiovisuel public doit s’adapter à ces nouveaux usages par des investissements massifs dans le numérique, estime le ministre. Le statu quo n’est plus une option ! Le statu quo, c’est le déclin. »

 

 

L’objectif annoncé de la future holding serait d’« adapter » le service public audiovisuel aux usages, sans pour autant remettre en cause « l’indépendance des rédactions ». « Il est urgent de rassembler les forces de l’audiovisuel public, c’est notre combat pour éviter son affaiblissement et son déclin que certains espèrent », jure Rachida Dati. Nul doute qu’à moins d’un an des élections municipales, la candidate à la mairie de Paris souhaite marquer les esprits et faire de cette réforme une victoire personnelle…

En grève !

Pas de quoi enterrer les traditions... Sans attendre le début des discussions parlementaires, une grève « illimitée » a débuté, à Radio France, dès le 26 juin, à l’appel de six syndicats. Ces derniers dénoncent un projet qui « reste la plus grande menace pour nos missions de service public ». « Sous prétexte de réforme, c’est une déstabilisation et un affaiblissement organisés », dénoncent-ils. Ces syndicats sont très critiques envers un « montage bureaucratique et politique » qui « menace gravement l’indépendance de Radio France, sa mission de service public et l’existence même de certaines antennes ». Des rassemblements de contestation sont d’ores et déjà prévus.

Sur X, de nombreux contribuables voient au contraire l'interruption des programmes du service public d’un bon œil. « Excellent. C'est quand ils sont en grève qu'ils ont les programmes les moins pourris ! », observe ainsi un internaute. « Les contribuables vont faire grève aussi pour arrêter d'alimenter un service public pas à la hauteur, très partial, qui ne fait que de la propagande gauchiste ! », abonde un autre, tandis qu’un troisième appelle à « privatiser ce pseudo service public qui n'est plus qu'un outil de propagande gauchiste ».

À quand la privatisation ?

Les internautes ne sont pas les seuls à exiger la privatisation de l’audiovisuel public. Cela fait plusieurs années que le Rassemblement national le demande. La restitution de l’audiovisuel public au secteur privé figurait dans le programme porté par Marine Le Pen, lors de la campagne présidentielle de 2022. Sarah Knafo y est également favorable. Lundi 30 juin, en direct sur CNews, l’eurodéputée Reconquête a remis en question la légitimité de l’État à « financer Cash Investigation, Fort Boyard, les salaires de Patrick Cohen ».

On peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de la réforme proposée par Rachida Dati qui, si elle souhaite mettre fin au « statu quo » ou à un certain « élitisme », semble passer à côté du sujet. Certes, la création d’une holding permettrait sans doute de supprimer certains doublons et réaliser à terme quelques économies, mais le problème majeur de l’audiovisuel public est ailleurs : il s’agit de son militantisme politique. Depuis de trop longues années, les Français de droite majoritaires en France financent à grands frais des chaînes et des radios de gauche, aux opinions opposées aux leurs.

En quoi la fusion des antennes permettra-t-elle de lutter contre cette mainmise idéologique ? En rien, hélas.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

72 commentaires

  1. quand on vet noyer les poissons on crée des structures, qui se superposent, et, au bout du compte, ça coute plus cher donc les économies d’échelles ça ne tient pas.
    les 2 problèmes de cet audiovisuel public ce sont les coûts et l’orientation systématique gauchiste de pure propagande
    c’est la propagande que nous ne voulons plus payer, d’abord : des salaires scandaleusement inacceptables et des subventions pour des emissions de propagande exclusivement
    que soient déjà recadré ce que doit être le service public de l’audiovisuel, son contenu avec un cahier des charges strict qui ne soit pas qu’un recueil de voeux pieux et sujets à toutes les interprétations. Tout débordement doit entrainer l’exclusion de l’émission, du présentateur ou présentatrice etc….tout doit être neutre y compris le choix des émissions elles-mêmes ; des infos sans commentaire d’abord et exclure tous débats
    les gauchistes n’ont qu’à se payer leur chaine TV, privée et s’ils n’ont pas de fonds, ils se débrouillent

  2. L’audiovisuel public doit être maintenu mais à condition d’être restructuré et contrôlé. Il est inadmissible qu’il soit un organisme idéologique, en conséquences, déjà « privatisé »! Le « céder » à des « holding » ne ferait qu’aggraver son pouvoir de manipulation idéologique et le contribuable paira quand même mais à des sociétés privées qui feront la loi!

    • Je ne comprends pas comment les français continueraient de payer si le sévice public de l’audiovisuel était privatisé ?…

  3. Et pourtant une réforme est nécessaire, j’ai écouté l’édito hier soir dans face à l’info, tout l’audiovisuel nous coute plus de 4 milliards, cela a même augmenté en un an, quand on voit le salaire de certains et notamment d’une certaine » journaliste  » 25.000 euros par mois ! Je n’écoute ni la radio et regarde très peu les chaines publiques, silence ça pousse, slam et question pour un champion, le reste ne m’interesse pas, donc mes impôts servent à financer un truc qui ne m’intéresse en rien, quand on voit les idées qui y sont véhiculés, ce n’est pas normal ! Il faut privatiser et s’ils font grève, et bien qu’ils le fassent, franchement ….

  4. Evidemment que ces braves gens ne veulent être privatisé syndicats en tête ils ont trop d’avantages et pourtant il faudra bien donner un bon coup de balai dans ces services dit public

  5. Une seul chaîne et une seul radio public suffit pourquoi ce foisonnement de chaînes et de radios

  6. Audio visuel public qui nous coûte 4 milliards par an , pour quois pour nous gaver de pub , maintenant ils ont même inventé la coupure de la page pub par une page pub lamentable ou passe notre argent?

  7. Trop de « planqués » politisés dans ce « Mammouth » qui n’est pas prêt à « maigrir » !!

  8. La réforme, c’est sémantiquement la mise au rebut d’outils devenus obsolètes, inutiles, inadaptés…
    Pour la ministre de macron et maire de Paris en devenir, SA réforme des étranges lucarnes et cornets, est tout le contraire. En ajoutant un niveau hiérarchique à l’empilement des chefs de France-télé et autres médias, l’outil « public » de manipulation des masses se rapprochera encore plus de l’exécutif, il coutera encore plus cher et ce sera encore plus difficile de le supprimer.
    4 milliards par ans et plus de 10.000 collaborateurs grassement payés par le contribuable, c’est PLUS que TOUTES les CENTAINES de télés et radios privées en France.
    En plus du coût exorbitant de tous ces gens, il y a le niveau culturel proposé.
    Avec Dati ministricule de la sous-culture, « France » 2 continue… et continuera à insulter les Citoyens avec ses « cap’taine marleau, mélange de ce qui peut se faire de pire. Vulgarité, grossièreté, insultes permanente faites aux policiers, mépris affirmé du téléspectateur.
    Et Dati laisse faire!
    « La France n’a pas (ou plus) de culture! » avait décidé péremptoirement macron.
    Alors à quoi bon une ministre de ce qui n’existe pas?

  9. L’Etat qui tient cette puissante machine capable d’influencer à sa guise des millions d’électeurs , ne va pas la laisser sortir de ses griffes dorées . Encore un leurre macroniste pour apaiser quelques temps la grogne populaire contre le service public.

  10. Tellement le service public de l audiovisuel est nauséabond avec sa propagande gaucho inouïe qu on boycotte la. TV on s informe ailleurs Privatiser ce service qui nous coûte un pognon de dingue et qui pratique le lavage de cerveau

  11. Tout le monde est contre cet audiovisuel partisan, mais trop de gens l’écoute ou la regarde encore !
    Seul le boycotte peut faire changer la donne.

  12. Et évidemment, ces privilégiés majoritairement d’extrême gauche, peuvent se permettre de faire grève, eux. Ces propagandistes professionnels jouissent de privilèges indécents pour diffuser une propagande immonde plutôt qu’une information objective. Même les émissions récréatives sont des creusets de propagande immonde. Et ces gensa bénéficient de privilèges d’une indécence crasse sur le dos des Nicolas spoliés pour payer ces incompétents propagandistes. Au moment où l’on parle du financement des retraites, on omet, pour cette categi6aisdi, de parler et d’envisager un alignement juste du régime de retraite. Un peu de justice, d’égalité, pour commencer !

  13. 7 chaînes financées par l’impôt sur les 25 de la TNT, c’est inadmissible dans un état qui se veut être libéral et démocrate. Elles ne sont pas au service du public et de la pluralité qui les financent, ne sont pas neutres; le militantisme prime sur récréatif et l’information. Elles sont au service de l’ARCOM dont le rôle de modération et de censure est contestable. Sauf à garder une chaîne nationale et régionale, les autres doivent être privatisées, mais à part les canaux, qui en voudrait? Ces chaînes peuvent se mettre en grève illimitée, cela peut faire des vacances, mais surtout des économies !

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