[MEDIAS] Réforme de l’audiovisuel public : beaucoup de bruit pour rien !
Cette nouvelle tentative (la quatrième !) sera-t-elle la bonne ? La réforme de l’audiovisuel public, qui vise à créer une holding chapeautant France Télévisions, Radio France et l’INA, sera débattue à l’Assemblée nationale à partir de ce lundi 30 juin. Validé en première lecture au Sénat en 2023, le projet avait manqué d’aboutir, au palais Bourbon, par trois fois. Il avait été repoussé pour cause de dissolution, de chute du gouvernement Barnier puis d’obstruction parlementaire combinée à un calendrier restreint. Rachida Dati compte désormais se rattraper et, enfin, mener à bien sa réforme. « 62 % des Français s'informent sur les réseaux sociaux. L'audiovisuel public doit s’adapter à ces nouveaux usages par des investissements massifs dans le numérique, estime le ministre. Le statu quo n’est plus une option ! Le statu quo, c’est le déclin. »
L’audiovisuel public appartient à tous les Français, pour près de 4 milliards d'euros.
Pourtant, les jeunes et les catégories populaires s'en détournent. 62% des Français s'informent sur les réseaux sociaux.L'audiovisuel public doit s’adapter à ces nouveaux usages par des… pic.twitter.com/zXX0kMzq1z
— Rachida Dati ن (@datirachida) June 26, 2025
L’objectif annoncé de la future holding serait d’« adapter » le service public audiovisuel aux usages, sans pour autant remettre en cause « l’indépendance des rédactions ». « Il est urgent de rassembler les forces de l’audiovisuel public, c’est notre combat pour éviter son affaiblissement et son déclin que certains espèrent », jure Rachida Dati. Nul doute qu’à moins d’un an des élections municipales, la candidate à la mairie de Paris souhaite marquer les esprits et faire de cette réforme une victoire personnelle…
En grève !
Pas de quoi enterrer les traditions... Sans attendre le début des discussions parlementaires, une grève « illimitée » a débuté, à Radio France, dès le 26 juin, à l’appel de six syndicats. Ces derniers dénoncent un projet qui « reste la plus grande menace pour nos missions de service public ». « Sous prétexte de réforme, c’est une déstabilisation et un affaiblissement organisés », dénoncent-ils. Ces syndicats sont très critiques envers un « montage bureaucratique et politique » qui « menace gravement l’indépendance de Radio France, sa mission de service public et l’existence même de certaines antennes ». Des rassemblements de contestation sont d’ores et déjà prévus.
Radio France : six syndicats appellent à une grève illimitée à partir du 26 juin contre les mesures d'économie et contre la réforme de l'audiovisuel publichttps://t.co/2GufBmy6bx
— franceinfo (@franceinfo) June 19, 2025
Sur X, de nombreux contribuables voient au contraire l'interruption des programmes du service public d’un bon œil. « Excellent. C'est quand ils sont en grève qu'ils ont les programmes les moins pourris ! », observe ainsi un internaute. « Les contribuables vont faire grève aussi pour arrêter d'alimenter un service public pas à la hauteur, très partial, qui ne fait que de la propagande gauchiste ! », abonde un autre, tandis qu’un troisième appelle à « privatiser ce pseudo service public qui n'est plus qu'un outil de propagande gauchiste ».
À quand la privatisation ?
Les internautes ne sont pas les seuls à exiger la privatisation de l’audiovisuel public. Cela fait plusieurs années que le Rassemblement national le demande. La restitution de l’audiovisuel public au secteur privé figurait dans le programme porté par Marine Le Pen, lors de la campagne présidentielle de 2022. Sarah Knafo y est également favorable. Lundi 30 juin, en direct sur CNews, l’eurodéputée Reconquête a remis en question la légitimité de l’État à « financer Cash Investigation, Fort Boyard, les salaires de Patrick Cohen ».
L'eurodéputée Sarah Knafo revient sur la réforme de l'audiovisuel et affirme avec sarcasme que «L'Etat, avec l'audiovisuel, me fait penser à un homme au RSA» #HDPros pic.twitter.com/RHd9z84xQE
— CNEWS (@CNEWS) June 30, 2025
On peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de la réforme proposée par Rachida Dati qui, si elle souhaite mettre fin au « statu quo » ou à un certain « élitisme », semble passer à côté du sujet. Certes, la création d’une holding permettrait sans doute de supprimer certains doublons et réaliser à terme quelques économies, mais le problème majeur de l’audiovisuel public est ailleurs : il s’agit de son militantisme politique. Depuis de trop longues années, les Français de droite majoritaires en France financent à grands frais des chaînes et des radios de gauche, aux opinions opposées aux leurs.
En quoi la fusion des antennes permettra-t-elle de lutter contre cette mainmise idéologique ? En rien, hélas.
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72 commentaires
Qu’ils restent en grève jusqu’en 2027, celà fera des économies de masse salariale conséquentes
Moralité, il faut arrêt totalement l’usage de la télé
Si vous saviez comme c’est bon !
Je ne suis absolument pas surpris, lorsque ce ne sont pas les parlementaires qui refusent une réforme, c’est le Conseil d’Etat ou le Conseil Constitutionnel qui bloque .
C’est un autre « mammouth » dans son genre qu’il va être difficile à démanteler , les privilégiés de ce système de « l’odieux visuel du sévice public » (comme se plait à le nommer ce cher maitre Goldnadel, cette formule me ravit) ne vont pas lâcher de sitôt la manne providentielle des « moutons contribuables ».
C’est une Armée « d’hommes de Neandertal » qu’il va falloir tellement la FRANCE retourne en arrière ! …
Cela restera donc, comme je l’ai lu ici, « l’odieux visuel du sévice public »
Cela fait longtemps que la télé ne fait que reprendre les infos des réseaux sociaux, soit pour les confirmer, soit pour les contredire…
J’espère qu’ils ne seront pas payés de leur grève …
Qu’ils fassent grève des années, on aura la paix et bien sur non payée