Manif antiraciste de Saint-Denis : Bagayoko lance la campagne de Mélenchon
La manifestation antiraciste de ce samedi 4 avril convoquée par le nouveau maire de Saint-Denis, qui s'estime victime de propos racistes, corrobore la stratégie présidentielle de Mélenchon décryptée par Alexandre Dumaine pour Boulevard Voltaire. Toute la semaine, les petits soldats de la gauche LFIste et antiraciste, comme Lilian Thuram, ont soufflé sur les braises. CNews comme Jean Kast, dans Boulevard Voltaire, ont dénoncé la déformation et l'instrumentalisation de propos sortis de leur contexte et qui permettent à M. Bagayoko de se victimiser. La gauche, surtout sur ces questions-là, n'en est pas à sa première manipulation.
Bagayoko rabatteur de Mélenchon
Ce samedi, Mélenchon est donc venu à Saint-Denis, avec sa garde rapprochée (Guiraud, Delogu, etc.), en roi de sa nouvelle France, accueilli sur scène par Bally Bagayoko. C'était donc bien un meeting LFI pour 6.000 personnes environ, selon les chiffres de la police. Ce dont s'est défendu Bagayoko le matin, sur France Info : pour lui, ceux qui réduisent cette marche « à l’étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes, finalement, de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie et toutes les formes de discriminations ». M. Bagayoko joue le rabatteur de Mélenchon, tentant de faire reprendre la mayonnaise de la lutte antiraciste qui a si bien fonctionné pour Mitterrand. Il ne faudrait d'ailleurs pas le sous-estimer : c'est un vrai politique, pas comme Assa Traoré, elle aussi présente à cette manifestation et qui, évidemment, a pris la parole.
Le PS hué, la gauche fracturée
Mais voilà : nous ne sommes plus en 1985, Julien Dray est devenu un féroce opposant de Mélenchon et, si tout le ban et l'arrière-ban de l'extrême gauche était venu, il y avait aussi des absents : Olivier Faure et Fabien Roussel, Marine Tondelier (pour des raisons médicales). Et Mélenchon pouvait actionner son autre levier, confié à un autre maire LFI issu de l'immigration, Aly Diouara, pour fustiger ce PS qu'il traite en serpillière et dont il siphonne les voix. Le maire de La Courneuve a ainsi dénoncé « l’inconséquence du Parti socialiste et de SOS Racisme qui a fait que nous en sommes là aujourd’hui ». Tout en rappelant l'agenda du chef : « En 2027, il n’y a qu’un seul bouclier face à l’extrême droite, c’est celui de l’insoumission. Les socialistes sont des traîtres "H24". Soit ils se ressaisissent, soit nous devrons les dégager. » Les socialistes, instruits par leur 1,7 % de 2022 et les évictions brutales de leurs mairies, il y a quinze jours, devraient commencer à comprendre ce que signifie « dégager ». Nous sommes donc partis pour un an de labourage en tous sens de sa nouvelle France par Mélenchon, puisque c'est sa stratégie assumée pour gagner la présidentielle, avant d'attirer les socialistes plumés, « ces gros combinards qui ne vont pas nous coûter trop cher, je pense, à acheter pour le deuxième tour », comme il le disait pour les municipales.
Et le soutien à la Jeune Garde !
Quelques raisons, tout de même, pourraient limiter le succès de cette stratégie : la présence d'Assa Traoré, donc, et le soutien affiché par M. Bagayoko lui-même à la Jeune Garde, la milice fondée par Raphaël Arnault et dont des membres seraient impliquées dans le meurtre de Quentin Deranque. Après le retour, comme si de rien n'était, du député contesté à l'Assemblée, la semaine dernière, ce nouveau soutien en dit long sur le jusqu'au-boutisme de Mélenchon. Tout comme le nouvel appel de M. Bagayoko, bien décidé à capitaliser sur sa victimisation, à une mobilisation nationale à Paris, le 3 mai prochain. L'édile a enfin clairement mis le cap sur 2027 : « Nous avons une opportunité très claire. C’est 2027. » Rien ne serait pire, pour la droite nationale et ses alliés - comme pour tous les Français légitimement inquiets de l'ascension du leader insoumis -, de se reposer sur des sondages flatteurs et de sous-estimer l'adversaire Mélenchon, au premier comme au second tour. En 2022, fort de ses 22 %, il n'était qu'à un point derrière Marine Le Pen.
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91 commentaires
Ne vous inquiétez pas Macron va s’arranger pour un 3 eme mandat ne vous déplaise avec un peuple d’oie et de mouton il a le tapis rouge devant lui
C’est quand même curieux que l’extrême gauche anti religions, athée, mécréante, se disant pacifique, soutienne la religion la plus sectaire, exigeante, violente qui existe actuellement!