[LIVRE] Une reine et rien d’autre : et si la France avait élu une reine ?
« Je n’arrive toujours pas à y croire, dit Perceval, j’ai l’impression d’être dans un roman.
- Allons donc, quel romancier serait assez fou pour imaginer ce qui arrive ? » Effectivement, une jeune fille, myopathe, clouée dans un fauteuil, dont la vie ne tient qu’à un fil, tout juste diplômée, se voit élire puis sacrée reine de France… Le livre d’Hélène Raveau, Une reine et rien d’autre, publié en octobre 2024 aux Éditions Ovadia, semble plus tenir du conte que du roman.
Il était une fois Henriette Martin, née handicapée dans une vieille famille bretonne aimante et soudée. Rien ne prédestinait cette jeune fille, élevée dans une famille à la fois commune puisqu’elle « portait le nom le plus répandu de France », mais loin d’être banale, à porter sur son front la couronne de France. Imaginez qu’en 2017, face au « jeune fondateur de la République en Route », Henriette remporte l’élection présidentielle et est ensuite élue reine de France par référendum. Fraîchement diplômée de la rue d’Ulm, la jeune fille a su convaincre le peuple de France bafoué par le mondialisme, blessé par le terrorisme, vidé de son identité : « L’Hexagone, […] sillon imaginaire que les nouveaux Modernes, dans leur méfiance pour le mot France affectif, folklorique, passéiste, avaient creusé sur les montagnes et sur les mers, effaçant sous cette pureté virtuelle toutes les scories de l’Histoire : l’Hexagone, devant elle, redevenait un pays. »
Tous les maux de notre société sont évoqués par Hélène Raveau et, selon elle, tous prennent leur source dans la Terreur : « Depuis cinq fois cinquante ans en France, le sacré s’est retiré de l’exercice du pouvoir, depuis ce matin de janvier où le couperet de la guillotine est tombé sur le dernier roi. » Alors, pour Henriette, sous la protection du vieux royaliste comte de Kercambre, la solution est toute trouvée : « Si Dieu le veut, [elle sera] reine de France. » Incroyablement romanesque, voire romantique, presque féerique, en tout cas frôlant le merveilleux, Une reine et rien d’autre imagine une autre voie : « une renaissance du conservatisme », celui qui « […] contrairement à l'arrogance du bien-nommé progressiste, se voit modestement comme l'héritier de ses ancêtres. Il ne possède rien en propre. Il reçoit, protège, fait fructifier, et transmet à ceux qui le suivent. [Avec son] inscription dans une cité, un pays, une manière de concevoir le monde et les rapports des hommes entre eux et avec ce monde. »
En quête d'idéal
Hélène Raveau suit le trio formé par Henriette, son frère Perceval et leur ami Pierre, trois jeunes étrangers au monde qui les entoure, comme l’explique l’un d’eux : « Avez-vous comme moi l’impression d’être seul dans notre génération ? D'être étranger ? De croire en des valeurs qui ne signifient plus rien pour les autres ? […] Je n'ai pas aimé le collège, je n'ai pas aimé le lycée. On ne m'a rien donné à admirer. Je suis quelqu'un du dévouement, et on m'a enlevé toutes les raisons de me dévouer. Je voudrais ressentir pour quelque chose ou pour quelqu'un l'envie de donner ma vie, et il n'y a rien ni personne. J'ai l'impression d'être là, avec mon bagage qui ne sert à rien. J'ai en moi de la dévotion, j'ai besoin d'admirer, j'ai besoin de révérer, et il n'y a rien qui réponde à ce besoin. Je voudrais respirer haut, et tout est bas ! » Assoiffés d’idéal, en errance dans une France qui ne représente plus rien et sans repères, c’est aussi un récit initiatique que propose l’auteur d’Une reine et rien d’autre. Chacun, au fil du récit ponctué de questionnements, de doutes et d'épreuves, se réalise en se sacrifiant. Loin de la quête consumériste, du culte de l’argent, du confort et de la possession, leur accomplissement personnel, concept trop à la mode, passe par la quête d’un idéal, par le dévouement à une cause. Bercés par les récits de l’Histoire de France, élevés au rythme des Pardons bretons et dans l’admiration des grands personnages qui ont fait notre Histoire, ces trois jeunes-là sont de vrais marginaux et le narrateur se plaît à décortiquer et analyser leurs atermoiements.
Conte philosophique, récit initiatique… Hélène Raveau propose un exercice d’équilibriste qui suit une ligne de crête aiguë entre réalité et imaginaire presque merveilleux. En creux, le récit d’Hélène Raveau force le lecteur à s’interroger : si le résultat de l’élection de 2017 avait été différent, les agriculteurs auraient-ils continué à se suicider, le mondialisme aurait-il continuer d’écraser les peuples, se serait-on obstiné à combattre le terrorisme armé de nounours et de fleurs ?
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7 commentaires
Une Reine à la tête du pays ?
Il y aurait sans doute eu moins de guerres assassinés.
Fervent féministe, j’aimerais lire cette ouvrage qui doit remettre en cause les dangers des sociétés patriarcales trop violentes.
Ramené au monde contemporain, on peut citer notre Renaud national lorsqu’il chantait dans « Miss Maggie » :
« C’est pas d’un cerveau féminin qu’est né la bombe atomique et aucune femme n’a sur les mains le sang des indiens d’Amérique. »
Ces paroles résonnent encore aujourd’hui.
Elire une reine, c’est une idée à creuser. Nous on a élu un roi quia oublié (entre autres choses) de protéger ses frontières au nom des grands principes de la Sainte Union Européenne. Je vais lire ce livre.
Il aurait fallut que ce soit vrai, la France ne serait sûrement pas dans l’état de délabrement qu’elle est sur tous les plans, chômage, finance, éducation, représentativité et influence dans le monde rien ne pouvait être pire que « l’ELU »
Si en 2017 nous avions élu une reine, c’aurait été le même résultat que la Grande Bretagne, nous avons vu ce que ça donne avec Charles: Grande Bretagne arabisée !
Occupons-nous vite de la France avant de faire des suppositions qui risquent de nous faire perdre encore plus de temps pour relever la France qui n’en peut plus de ce qui lui arrive et donc ce qui va arriver arriver à son Peuple: le Grand Remplacement !!!
Et en plus, imaginez que Van der Leyen se porte candidate…
Charles n’a pas été élu en Grande-Bretagne! Et s’il l’avait été, il aurait eu le pouvoir de redresser son pays comme l’évoque ce roman pour la France. Une union des royaumes d’Europe pourrait-elle éviter l’intronisation de l’impératrice Ursula d’Europe .. von der Leyette und der Korruptie?
Merci pour votre article, vous m’avez donné envie de lire ce livre…