[LIVRE] À la France, faut-il un roi ?, de Paul Melun et Philippe Viguié Desplaces

République ou monarchie constitutionnelle ? Un livre relance un débat qui tend à disparaître.
Le trône du sacre. © Samuel Martin
Le trône du sacre. © Samuel Martin

Pour ceux qui aiment les idées politiques, la parution, chez Mareuil Éditions, de Et si le prochain président était un roi ? est une bonne nouvelle. Dans un ouvrage stimulant, l’essayiste et chroniqueur Paul Melun réfléchit avec le journaliste Philippe Viguié Desplaces sur nos institutions. Tous deux prolongent un débat qui, à la lecture de leurs arguments, s’avère plus d’actualité qu’on ne le croit. La France doit-elle revenir à une monarchie constitutionnelle ou demeurer en république ? La question est ouverte et revigore l’esprit pour ceux qui aiment s’élever au-dessus d’une actualité politique dont le niveau, parfois, est consternant. Que le lecteur ne s’effraie pas, le livre s’inscrit dans la longue histoire des idées politiques, mais son écriture le rend parfaitement accessible à tous.

Vive le roi ?

Pour Philippe Viguié Desplaces, il ne s’agit pas d’un retour à un « Ancien Régime, aux privilèges et à la religion d’État ». Non, la monarchie constitutionnelle a certes en « clé de voûte » un roi, mais ses pouvoirs sont « limités par une Constitution » et le pouvoir exécutif revient au seul « régime parlementaire ». Alors, ce sont les symboles de la royauté qui apparaissent comme un besoin pour la France, d’autant que le journaliste du Figaro l’assure, « la monarchie constitutionnelle est une forme institutionnelle neuve au service de la démocratie ». Le roi est détaché de la « conquête du pourvoir », car la transmission de la fonction de chef de l’État se fait « exclusivement par la naissance ». L’auteur revient aussi, par exemple, sur l’attachement du symbole de la figure royale à laquelle tous les Français pourraient se rattacher, à l’instar des autres monarchies européennes. Les cérémonies royales sont autant d'événements fédérateurs, à l’image des funérailles, au Royaume-Uni, de la reine Élisabeth II ou du couronnement du roi Charles III : la magnificence du cérémonial a frappé les yeux du monde entier. Philippe Viguié Desplaces s’amuse de tous ces emblèmes aujourd’hui républicains qui sont un héritage de la monarchie : « Quand la République française veut impressionner ses visiteurs, c’est naturellement au château de Versailles qu’elle se rend », raconte-t-il en soulignant subtilement que les privilèges, que les révolutionnaires pensaient avoir abolis, continuent de hanter les sphères du pouvoir.

« La République est un legs précieux »

Paul Melun, quant à lui, défend les principes républicains avec beaucoup d’attachement et de convictions. Sur un plan plus philosophique, il vante un régime qui est une « philosophie de la dignité humaine ». Chaque homme, en effet, est acteur de sa vie et non le « sujet d’un monarque qui ne le dominerait que par son sang ». L’hérédité du monarque le laisse de marbre. Il préfère « l’expérience humaine », « véritable apprentissage du pouvoir ». « En république, on ne naît pas roi mais on peut devenir président, non par hérédité, mais par la force du mérite et de la volonté », explique-t-il. Pour l’essayiste, la force de la république tient en sa légitimité, qu’elle tient elle-même de la « souveraineté populaire », source de stabilité. Il revient sur les enjeux d’un régime déstabilisé par ses défis migratoires qui bousculent l’unité de la nation et sa capacité à assimiler les individus arrivant sur son sol. L’exemple de la IIIe République qui réussit à doter « chaque village d’une école » est une référence pour Paul Melun, car le régime ne se « contentait pas d’enseigner la lecture et l’écriture, apprenant la citoyenneté, l’appartenance à un destin commun ».

À la fin de l’ouvrage, les auteurs se félicitent mutuellement pour la possibilité qui leur fut offerte de confronter des opinions divergentes en bonne intelligence. C’est effectivement à souligner, la chose se raréfie.

 

Et si le prochain président était un roi ?, Paul Melun, Philippe Viguié Desplaces, Éditions Mareuil, 205 pages, 20 euros.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 10/06/2025 à 14:32.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Moi je trouve que ce serait beau d’avoir un Roi derrière lequel tout le pays serait uni comme dans les autres monarchies constitutionelles européènnes car détaché de la conquète du pouvoir ; au lieu d’avoir ces présidents que 50% des Français detestent et qui sont cause de cette rupture dans le pays qui ne peut qu’être nuisible à tous.Car la lutte pour la conquète du pouvoir ne se fait jamais sans dégat .Pour que la France soit uni avec son peuple mais aussi avec son histoire re droit ancien il nous faut un Bourbon Français : Jean comte de Paris

  2. C’est plus que jamais ce qu’il faut à la France.
    La république a été fondée sur le génocide Vendéen n’oubliez jamais cela.

  3. Et dire qu’on a coupé la tête à Louis XVI pour en arriver là !!! Pour avoir aujourd’hui un pays en faillite à tous les niveaux et un président haï comme jamais personne ne l’a été . Et tout ça sous les regards béats des Français ! Allez comprendre .

  4. Un roi catholique, sacré, serait une bonne chose pour la France. On voit le désastre qu’a produit la franc-maconnerie depuis la révolution.

  5. Et des prétendus républicains osent s’interroger sur un retour à ce parasitisme illégitime qu’est une royauté? Une famille inutile indéboulonnable et dispendieuse comme pantin programmé dans les cortèges officiels est-elle sincèrement utile et intéressante ? Non. Il faut préserver la République et la Souveraineté du Peuple à la condition d’en contrôler la composition la cohérence et la solidarité. Liberté Égalité Fraternité.,

  6. Dans l’ancien testament le peuple réclamait un Roi pour être comme tout le monde et Élohim ( Dieu) disait un prophète de ne pas s’offusquer car « in fine » c’est de Lui Élohim ( depuis c’est le Christ Roi) que le peuple ne veut pas comme roi…rien n’est changé sous le soleil ! Tout le reste n’est que bavardage ! la conclusion de Bertholt Brecht dans sa pièce Maitre Putiila et son valet Matti restera éloquente : « ils n’auront un bon maitre que lorsque chacun sera son propre maitre ! »

  7. Selon M. Viguié Desplaces le roi serait donc le chef de l’Etat. Mais qui aujourd’hui serait le roi de France ? En quoi la naissance peut-elle conférer les qualités humaines et la compétence indispensables pour cette fonction suprême ? Quand on constate la difficulté aujourd’hui à trouver un responsable qui fasse consensus pour diriger le pays, alors bon courage pour désigner un roi dans lequel se reconnaîtrait le peuple ! Ce débat me paraît surréaliste.

  8. Les rois de nos jours n’ont plus aucun pouvoir ! Voyez partout ou il en reste ! Ils font de la déco ! Ce système héréditaire est de toutes façon obsolète !

    • Nous sommes déjà en République monarchique, avec le train de vie royal du locataire de l’Elysée et celui de Matignon.
      Qu’apporterait de plus un roi juste pour  » inaugurer », et parader ?
      Quant au pouvoir exécutif revenant au seul régime parlementaire…..au vu de la composition médiocre, inculte, vulgaire de l’ensemble des parlementaires opportunistes et absenteistes, ce serait une gouvernance catastrophique.
      Il faut à la France un personnel d’État patriotique qui aime et défende le pays, et lui redonne sa grandeur.

  9. « En République, on ne naît pas roi mais on peut devenir président, non par hérédité mais par la force du mérite et de la volonté »,

    Si on obtenait ce résultat, je tenterais encore de comprendre la république .
    Mais vu le résultat que l’on subit en ce moment, et depuis 8 ans déjà (et depuis de nombreuses années, vu que ses prédécesseurs n’étaient pas franchement géniaux) , je préfère véritablement les Rois.

  10. L’histoire enseigne que la Gaule était un pays de guerre civile constante. Ce qui a permis sa conquête rapide par César. Elle a été nommée France du nom de ses principaux conquérants germaniques et doit son unité et un semblant d’ordre, entre deux désordres, à ses rois d’origine germanique. Ils ont fini par s’épuiser à la tâche. La Révolution française a été à la fois une dictature, une guerre civile et une conquête stupide de l’Europe. Pour remettre de l’ordre il a fallu un dictateur Corse. Bref l’histoire continue avec en plus une immigration. Ce n’est pas l’histoire de la Suisse, ni des Pays Bas.

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