L’Hermione, le vaisseau de la liberté en péril
Symbole de l’amitié franco-américaine, l'Hermione est l’une des frégates les plus célèbres de l’ancienne marine royale française. Construite à la fin du XVIIIe siècle, elle permit au célèbre marquis de La Fayette de rejoindre les insurgés américains en 1780 pour combattre l’Angleterre et obtenir leur indépendance. Tombée dans l’oubli après son naufrage, l'Hermione renaît à l’aube du XXIe siècle grâce à un chantier titanesque mené à Rochefort. Malheureusement, cette icône du patrimoine maritime est aujourd’hui menacée de disparaître prochainement, faute de financements pour achever une restauration devenue urgente.
L'Hermione originelle, le navire de La Fayette
Construite à Rochefort et lancée sur les flots en 1779, l'Hermione originelle était une frégate rapide et bien armée, conçue sous le règne de Louis XVI. Longue de 66 mètres, elle embarquait environ 300 hommes et 26 canons et connut ses heures de gloire lorsqu’elle fit franchir l’Atlantique au jeune marquis de La Fayette en 1780, désireux de rejoindre les insurgés américains en lutte contre la couronne britannique. Ce soutien militaire, voulu par Louis XVI et incarné par ce navire, fut alors porteur d’espoir pour les Patriots, qui se sentaient soutenus au-delà des océans.
L'Hermione prit part ainsi à plusieurs campagnes, notamment à la bataille décisive de Yorktown, en 1781. Après cette période glorieuse, elle continua de voguer à travers les mers du globe avant de revenir en France pour servir les intérêts de la Révolution. Cette dernière la missionna notamment pour protéger l’estuaire de la Loire et ses environs. Malheureusement, confiée à un pilote peu expérimenté, la frégate s’échoua sur des hauts fonds au large du Croisic, en septembre 1793, avant de sombrer définitivement. Elle tomba alors dans l’oubli jusqu’à la découverte de son épave par des archéologues en 1984.
Une renaissance au cœur de Rochefort
En 1997, l’association Hermione-La Fayette se donna pour ambition de reconstruire le navire à l’identique. Le chantier débuta ainsi dans l’arsenal de Rochefort, sur le site même où fut construite la première Hermione. Il mobilisa alors de nombreux acteurs locaux, nationaux et internationaux : des artisans passionnés, des charpentiers, des gréeurs, des voiliers ou encore des forgerons. À partir de plans d’époque et de frégates similaires, la coque fut façonnée en chêne français selon les méthodes traditionnelles du XVIIIe siècle, tout en intégrant des équipements modernes indispensables à la sécurité en mer.
En 2012, la nouvelle Hermione fut mise à l’eau pour la première fois et, en 2015, elle entreprit un voyage transatlantique symbolique, faisant escale à Yorktown, Boston, Philadelphie et New York. Ce périple la consacra alors comme ambassadrice du patrimoine vivant français et du lien historique entre notre nation et les États-Unis. Le commandant de l’USS Mitscher, qui accompagna la frégate dans les eaux territoriales américaines, déclara : « C’est un honneur de naviguer à vos côtés et de partager l’histoire de nos deux nations. L’Hermione est un symbole de l’alliance franco-américaine durant la guerre d’indépendance, une alliance qui subsiste encore aujourd’hui. Les Américains n’oublieront pas que l’Hermione ne fit pas qu’amener La Fayette mais également une promesse et un esprit de liberté partagés par nos pays. »
Une restauration cruciale et une course contre la montre
Après ce premier périple, l'Hermione continua de naviguer entre la France et les États-Unis. Mais en 2021, un constat alarmant est dressé : la coque présente des signes de dégradation rapide en raison de champignons xylophages. Placée en cale sèche dans le port de Bayonne, la frégate attend une restauration devenue indispensable.
Le coût total des travaux, initialement estimé à 3 millions d’euros, atteint désormais 5 millions d’euros, dont 1,5 million sont nécessaires immédiatement. Sans quoi, selon l’association Hermione-La Fayette, « après le 30 juin 2025, ce sera très certainement trop tard si tout n’est pas mis en œuvre pour financer la fin des travaux. La frégate renaviguera ou disparaîtra. »
Pour éviter cette issue dramatique, un appel national aux dons a été lancé auprès des élus, des citoyens et des grands mécènes. En effet, le maire de Rochefort, Hervé Blanché, expliquait, dans Le Figaro, que les collectivités locales et départementales ne pourraient assumer seules le coût du sauvetage, n’ayant « plus les moyens de faire face au coût de la remise à flot de la frégate ». En effet, d'autres chantiers de restauration ont actuellement lieu en Charente-Maritime, comme celui du fort Boyard, et nécessitent également l'attention et le soutien financier des pouvoirs publics ainsi que des autres acteurs de la sauvegarde du patrimoine. Afin d’aider le projet du sauvetage de l'Hermione, plusieurs personnalités, telles que l’animateur Stéphane Bern ou les anciens ministres Dominique Bussereau, Hervé Berville et Annick Girardin, ont alors signé un manifeste pour sensibiliser les Français sur ce sujet.
Espérant parvenir à remettre ainsi l’Hermione à la mer d’ici 2027, ses défenseurs affirment vouloir « soutenir ce symbole historique qui doit continuer à transmettre un savoir-faire, un savoir-être précieux, un savoir-vivre au gré des vents et de la houle ».
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36 commentaires
Une simple question. Comment se fait-il que ce bateau soit si gravement « malade » après si peu de temps à la mer? Pas tout à fait reconstruit à l’identique donc. Nos anciens savaient mieux faire.
« Vaisseau de la Liberté »: non, c’est une réplique. Ensuite, je serai en désaccord complet avec cet appel aux dons pour sauver ce bateau: les membres de l’association le laisser à flot, et quoi de mieux pour continuer leurs petites croisières peinardes, leurs jolies sorties en mer, que d’appeler l’argent des gogos? Aucun bateau en bois ne peut tenir la mer éternellement; ils veulent le garder? Qu’ils fassent comme les sages Anglais, qui ont mis le Victory – le bateau « de la Victoire » – en cale sèche où il coule des jours heureux avec moult visiteurs du monde entier. Et qu’ils paient leurs croisières, comme tout le monde.
Signalons que l’Hermione tire son nom d’un personnage d’Iphigénie dans la pièce du même nom de Racine, ce qu’ignorait la totalité des représentants de l’équipe de restauration lors d’une émission de télévision. Racine était un misogyne, c’est bien connu. ‘
Plus d’argent pour notre histoire mais de l’argent pour une flopée d’associations qui font rentrer l’ennemi par voie maritime.
Il faudrait trouver un bateau barbaresque , et là on aurait plein de pognon venu des pays du Golfe pour le restaurer , une galère serait la bienvenue , pour faire ramer les chrétiens Blancs réduits en esclavage , comme pendant treize siècles .
On ne peut pas financer à la fois la restauration de l’Hermione que des bénévoles ont mis 17 ans à construire, et la restauration et le logement des « mineurs » isolés, plus majeurs que vous et moi, et de toute façon n’ayant aucune légitimité à être sur NOTRE sol. J’ai fait mon choix, et vous ?-
Pour ceux qui veulent faire un don , aller sur : » fondation Hermione « . Les Dons sont Défiscalisés .
Il n’y a pas que l’Hermione qui soit abandonnée. Le charpentier constructeur de l’Hermione vient d’être condamné sur des motifs fallacieux, dans un déni de justice. Ce chef de l’entreprise, François ASSELIN, est le patron que tout salarié rêve d’avoir (moi le premier si j’avais encore l’âge).
Après une instruction qui a duré plus de 10 ans, au cours de laquelle des pièces du dossier ont été perdues, ce représentant ce qu’il y a de meilleur dans notre pays a le choix entre accepter l’infamie, et faire appel en risquant une interdiction de marchés publics qui tuerais son entreprise.
J’ai peur que l’Hermione soit définitivement perdue…
Les fossoyeurs de la grandeur de la France ont encore gagné une bataille.
Un bateau magnifique qu’il faut préserver à tous pris, symbole d’une époque glorieuse et de notre histoire
À tout prix ? Comme vous y allez ! un bateau vermoulu 13 ans après sa mise à l’eau : c’est se moquer des donateurs.
S’il vous plait, mes chers compatriotes, ce bateau représente la fierté concrète de nombreux volontaires et donateurs depuis des dizaines d’années. Il représente aussi la fierté de notre pays qui sait encore trouver chez lui les artisans pour le construire et les marins pour le conduire. Alors collectivement ne le laissons pas mourir de maladie et soyons nombreux à lui verser la petite obole qu’il attend pour revivre et de nouveau fendre les espaces où nos ancêtres étaient conquérants. A deux reprises je l’ai fait, au tout début pour le construire à Rochefort, et aujourd’hui pour le soigner à Bayonne, faites comme moi car, grace à vous et tout comme notre France qu’il représente, il le mérite. Merci !
Lancer une souscription sous l’égide de la fondation du patrimoine est-elle envisageable?
Donateur historique, j’ai le sentiment très net de m’être fait avoir, car apprendre que 10 ans après le voyage symbolique, le bateau est en péril, car vermoulu, m’insupporte au plus haut point. Et mon courroux enfle lorsque je découvre à la faveur de cet article que le bois n’a délibérément pas été traité ! Mais enfin faut il être borné, voire jusqu’au-boutiste, pour avoir perdu le bon sens élémentaire qui aurait dû prévaloir, d’autant que le traitement contre les champignons n’aurait nullement altéré la fière silhouette de la frégate ! Je ne sais où sont situées les responsabilités. Qui de l’association ou de la sphère publique dans toutes ses composantes, avec des financements adossés à des contraintes et normes folles, est responsable, mais ce que je sais, c’est que l’on ne m’y prendra plus.
Oui, vous avez raison. Vermoulu treize ans seulement après sa mise à l’eau, c’est inacceptable, et ce bateau est devenu une éponge à dons et subventions.
» Malheureusement, confiée à un pilote peu expérimenté » mais politiquement correct. C’est une tradition bien établie en France de confier les commandements à des personnalités bien dociles, la compétence n’étant pas retenue. Bis repetita en 1914 où les généraux francs-maçons ont failli perdre la grande guerre (au prix de centaines de milliers de troupes sacrifiées) avant de réussir leur coup en 1940.
Mais , que fait Stéphane Bern ?
Alors que l’on distribue de l’argent a des pays qui nous méprisent et ils sont nombreux, Mali Burkina Niger Algérie, distribution d’argent qu’on emprunte, qu’on ferme des services publiques a tour de bras on ne trouve pas d’argent pour entretenir notre patrimoine l’Hermione en fait bien parti.