« Les commerçants grenoblois se révoltent contre un maire qui les asphyxie »

Alain Carignon soutient les commerçants grenoblois contre la politique urbaine de l'écologiste Éric Piolle.
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Depuis plusieurs jours, le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, fait face à une véritable révolte des commerçants de sa ville, qui estiment que sa politique urbaine les ruine. En cause, notamment, les difficultés de stationnement évoquées par BV, récemment. L'ancien ministre et ancien maire de Grenoble Alain Carignon, aujourd'hui chef de file de l'opposition au sein du conseil municipal, nous livre sa réaction sur cette affaire.

 

Étienne Lombard. Quelles sont les motifs de la révolte des commerçants grenoblois contre le maire de la ville ?

Alain Carignon. Depuis une dizaine d'années, il y a un cumul de mesures de la ville qui a abouti à l'asphyxie de la métropole en termes de déplacement, d'attractivité, de propriété et de sécurité, qui font que les commerces baissent leur rideau. Nous sommes a minima à un taux 12 % de vacance commerciale, dans Grenoble, c'est-à-dire le chiffre le plus élevé de toutes les grandes villes de France. Et il y a donc une révolte parce que la municipalité est totalement dogmatique et refuse d'adapter, de corriger, de faire des compromis qui permettraient de prendre en compte l'activité commerciale et les attentes des professions libérales et artisanales.

 

É. L. Et parmi les mesures que demandent les commerçants, quelles sont celles qui ressortent particulièrement ?

A. C. En fait, c'est de faire en sorte qu’il puisse y avoir une cohabitation entre les modes de déplacement, c'est-à-dire que ça ne doit pas être exclusivement le vélo, par exemple. Ils veulent que cesse la suppression systématique du stationnement. On est à 1.600 places supprimées et le stationnement est devenu un calvaire. Or, il y a des personnes qui sont dépendantes de la voiture, des habitants à mobilité réduite ou âgées qui ne peuvent plus accéder à leur domicile, ou dans des conditions très difficiles. Et il y a aussi des consommateurs qui ne peuvent plus se garer pour accéder aux commerces.

Les commerçants grenoblois réclament donc des compromis sur ces sujets. Ils comprennent très bien la situation, et ne demandent pas que l’on permette à la voiture de s’approprier tout l’espace, mais que l’on reconnaisse qu’elle est un moyen d'accès et de mobilité qui doit être pris en compte.

 

É. L. Avez-vous pris des initiatives sur ces sujets, en conseil municipal ?

A. C. Bien sûr. La municipalité a décidé de supprimer un parking relais de 400 places, à l'entrée de la ville. Au départ, sa contenance était de 1.100 places. Par la suite, elle a été réduite à 600 puis à 400 places. Et la municipalité décide maintenant de passer à zéro. Pourtant, construit à l'entrée nord de la ville, ce parking permet de déposer sa voiture puis d’accéder au centre-ville via les transports en commun grâce aux arrêts de trams situés à proximité. La suppression de ce parking aboutit au fait que de nombreux travailleurs et consommateurs, qui se garaient là jusqu’à présent pour ensuite pénétrer dans la ville, ne le pourront plus. Nous avons donc déposé un amendement, ce lundi 19 mai, qui disait : « Si vous réaménagez ce secteur, introduisez la présence d'un parking silo végétalisé, qui permettrait de sauvegarder cet outil utile au service des Grenoblois. » Notre amendement a évidemment été rejeté, comme la totalité des amendements que nous avons déposés depuis cinq ans.

 

É. L. Dans la perspective des élections municipales de l'an prochain, comptez-vous présenter des mesures concernant les commerçants, et si oui, quelles en sont les grandes lignes ?

A. C. Ce que nous proposerons, c'est de rétablir une cohabitation entre les modes de déplacement qui soit respectueuse de chacun avec, pour objectif, une ville apaisée, protectrice de la qualité de l'air, mais qui permette de prendre en compte le rôle du centre de la métropole de la ville de Grenoble, parce qu'en vérité, on est en train de supprimer ce centre. Et j’ajoute que le président du collectif des commerçants, Olivier Curto, qui conduit la lutte actuelle, a rejoint mon équipe et travaille officiellement avec moi sur ce dossier.

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Comme disait Fernand Raynaud, il y a 60ans : » Ne me parle pas de Grenoble !… que des prétentieux ! »

    • Oui mais il faut des places de stationnements , comme les écolo veulent nous envoyer a l’époque de Mao ou les chinois ne ce déplaçaient qu’en vélo…… les écolo ne remettrons pas de places de stationnements.

  2. Que les Grenoblois ne viennent pas pleurer : plus de 64% d’abstention au 2e tour des municipales de 2020… Piolle a été élu par 18% des inscrits. De plus il avait déjà fait un mandat. Ils l’ont donc RÉ-ÉLU… On verra ce qu’ils feront en 2026…

  3. L’équipe de Piolle prend toutes ses décisions sans concertation en amont et les conseils municipaux se déroulent dans une ambiance délétère, méprisant toute intervention venant de l’opposition. Le vélo est roi sur les boulevards à vélo, normal, mais sur les trottoirs, sur les routes ; à cela, ajoutons les trottinettes, et le piéton est le dindon de la farce, qui en plus se fait insulter lorsqu’il demande un peu de respect du code de la route ! Puissent les bobos grenoblois se réveiller aux prochaines élections !

    • Il ni y a pas qu’a Grenoble ou le piéton est insulter mépriser par les vélocipédistes , c’est dans toutes les villes ou le vélocipédiste est roi que cela ce passe.

  4. Ce sont les maires qui sont responsables de la fermeture des commerces en centre-ville au nom de l’écologie, cette idéologie qui emmerde les Français ! le prix des places de parking est élevé, je suis pour le retour des « bagnoles » en ville, des places gratuites les samedis, des navettes gratuites, si parking aux abords du centre, n’en déplaise à certains !

    • Tant que les transports en commun ne circuleront la nuit qu’à de grands intervalles et que la liaison avec les communes alentours sera interrompue la voiture restera le moyen privilégié. Une approche avec cette IA tant vanté serait de mettre en place des modules plus petits mais automatisés disponibles en permanence la nuit. Ceci n’est qu’une piste de réflexion .

  5. Bientôt dans ces centres ville il n’y aura plus de commerces et ce ne seront plus que des no man’s land ou des nid a schnouf. J’ai quitté Mulhouse il y a 29 ans pour un petit village perdu mais je n’y retournerais jamais pour y vivre. je descend de temps en temps a Mulhouse pour voir ma sœur qui est dans un coin encore correcte mais le centre que j’aimais bien du temps de mes 20 ans c’est fini a l’heure actuel ça craint.

  6.  » Quelles sont les motifs de la révolte  »

    Vous avez oublié un HaaannnHeuuuuuu à la fin de motifs.

    Mon Dieu que j’en ai marre de passer derrière tous ces PLOUCS, qui me traitent de plouc avec mon accent pourtant Français…

Commentaires fermés.

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